XXX° LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DES MOLLUSQUES
sanguins respirateurs qui les pénètrent et qui y forment un réseau capillaire dans ce but fonctionnel.
Ces productions affectent toutes sortes de formes et de positions.
Quand le Gastéropode a une coquille, l'organe de respiration est toujours contenu, en partie ou en totalité, dans une cavité que protège cette coquille, et sa position est constamment à la face dorsale du corps. La branchie peut encore, dans ce cas, être considérée comme une production de la peau ; mais de la peau rentrée en elle-même, pour former la cavité respirairicé
La forme, la structure, le dévelopement proportionnel de la branchie varient beaucoup , ainsi que nous venons de le voir; moins cependant que lorsqu'elle reste à découvert.
Enfin , quand l'organe de respiration est aérien, c’est une cavité simple, à paroi non divisée, ne donnant appui aux vaisseaux respirateurs que par son plafond et ses côtés ; mais pas du tout par son plancher. Celui-ci, comme mous le verrons dans le paragraphe suivant, est une sorte de diaphragme qui sépare la cavité pulmonaire de Ja cavité viscérale. ] !
$ I. Du mécanisme de la respiration pulmonaire ou
branchiale.
Dans les gastéropodes pulmonés, l'orifice de la cavité pulmonaire peut s'ouvrir et se fermer au gré de l'animal ; et la cavité se dilatant ou se contractant en même temps, admet l'air ou l'expulse. Comme toutes ses parois sont charnues, et qu'il n’y a aucune char-
pente osseuse, il n'y a d'autre mécanisme que laction musculaire ; il ne peut guère abaisser son diaphragme. b
{ Nous ajouterons à ces réflexions de M. Cuvier, que les muscles des téguments communs, dans les pulmonés à coquille intérieure (la lümace), ou sans coquille (l’onchidie), doivent agir pour resserrer la cavité pulmonaire.
Le même mécanisme doit servir à dilater ou à resserrer la cavité branchiaie. dans les Gastéropodes T'ectibranches , Pectinibranches, T'ubulibranches, Scutibranches et Cyclobranches.
Le diaphragme qui forme le plancher de la cavité pulmonaire et le plafond de Ja cavité des viscères, produit en partie par sa contraction la dilatation de la cavité pulmonaire. Il s’aplatit dans ce moment et refoule en dehors les viscères qui sont au-dessous, par un mécanisme analogue à celui de notre diaphragme.
Sans doute qu’il y a encore des actions musculaires d’un autre genre, particulièrement dans les pulmonés qui ont une coquilie ; car d’une part l’animal respire et fait gonfler son poumon, même lorsque la portion de coquille qui le recouvre est enlevée ; d'autre part il respire aussi lorqu'il est entièrement rentré dans sa coquille (1).
Pour les décrire spécialement il faudrait entrer dans des détails anatomiques qui font plutôt partie de l’histoire des téguments et des organes du mouvement.
Quant aux Vudibranches, et même aux Fnférobran-
(4) Sur la Limace et ie Colimaron, Mé:oire cité, de M, Guvier, p. 28.
376 xxx° LECON. SECT. I. RESPINATION DES MOLLUSQUES. ches, leurs branchies étant entièrement découvertes, ou très-peu couvertes, ce sont encore les téguments, les parties du manteau auxquelles elles sont attachées qui doivent les agiter. D'ailleurs , tous les mouvements de natation de ces animaux ou ceux de l’eau salée qui est leur séjour, renouvellent autour de ces organes le fluide respirable. ]
$ IT. D'un système de canaux aquifères, considéré comme moyen accessoire de respiration et de mouvement.
[Ce que nous avons dit des branchies accessoires dans les Cephalopodes, ayant quelque analogie avec ce qui a été publié par M. Delle-Chiaje, sur le système des canaux aquifères sous-cutanés et abdominaux des Gastéropodes et des Ptéropodes, nous donnerons, dans ce paragraphe, un résumé des descriptions de ce savant.
Nul doute que les Gastéropodes aquatiques, et sans doute les Ptéropodes, n’ayent plus ou moins la faculté que M. Cuvier attribue aux Gastéropodes hétéropodes, de pouvoir gonfler leur corps en le remplissant d’eau, d’une manière qui n’est pas encore bien éclaircie (1). M. Laurillard a vu les Zolides, qui sont des Nulibranches, se mouvoir dans l’eau, comme en glissant sur un plan solide et résistant. Il pense que la faculté dont parle M. Cuvier leur sert à rendre leur corps spécifiquement moins pesant, et facilite leurs mouvements dans l’eau ; de même que la pénétration de l'air dans toutes les parties du corps de l'oiseau facilite ses mou-
(4) Zëgne animal, t, 1, p. 57.
vements dans l'air. Il pense aussi que ces colonnes de liquide qui pénètrent entre les diverses parties du corps, empêchent celles-ci d'être refoulées les unes contre les autres, lorsque ces animaux, arrivés à une grande profondeur, sont soumis à une pression Considérable.
Mais de mème qu'on a expliqué que cette pénétration du fluide respirable dans d’autres cavités que celles des poumons, que son contact avec d’autres organes pouvait aussi servir à l’oxygénation; ainsi pourrait-on envisager les effets de cette pénétration de l’eau dans les différentes parties du corps des mollusques. Cette vue pourra me justifier peut-être d'en traiter avec les organes de la respiration.
Selon M. Delle-Chiaje (1), le système des canaux aquifères commencerait à la surface du corps, par un nombre variable d’orifices percés en avant, sur les côtes et en arrière du pied. Ces orifices seraient les embouchures extérieures de canaux qui conduiraient le fluide ambiant principalement dans la cavité abdominale. Rien, dans cetie disposition, ne parait s'éloigner beaucoup de ce que nous avons décrit comme cavités branchiales accessoires dans les Céphalopotes. Les canaux en question seraient même, dans les Gastéropodes aquatiques, tout-à-fait analogues aux canaux péritonéaux des Sélaciens, des Lamproyes, des Saumons, etc.
C'est à tort, cependant, que M. Delle-Chiaje suppose que dans les Doris le canal excréteur que nous
(4) Descripzione di un nuovo apparato aquosi, etc. Memorie, etc., 1, 1825, et Instituzioni Gi Anaivmia comparata, t, 1, p. 478-284, et noti p. 287. Napoli, 41536.
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avons fait connaître , d’après M. Cavier, avec le foie de cet animal, et qui s'ouvre à côté de l'anus, pourrait bien être un canal aquifère. Mais cet anatomiste expérimenté dit avoir reconnu, dans le même animal, divers orifices ovales sur les côtés du pied.
Chez les Théthys qui se gonflent d’eau, il n’a pu découvrir les voies par lesquelles entre ce liquide. C’est, il le suppose , sur le bord du pied où l’on voit, dans les aplysies, une série d’orilices ovales.
La carinaire de la Méditerranée a évidemment la faculté de se gonfler d’eau, sans qu’on ait pu trouver. jusqu’à présent, les voies par où pénètre ce liquide. Mais elles sont indiquées, dans l'ouvrage que nous venons de citer, pour une ou plusieurs espèces des genres Buccin, Murex, Cône, Nérite, Ormier et Patelle.
M. Delle-Chiaje a vu pénétrer le mercure, qu'il avait injecté par ces orifices, dans le Buccinum galea, à travers le pied , jusque dans la cavité abdominale.
Meckel (1), qui a constaté souvent, dans beaucoup d'espèces, l'existence d’une quantité d’eau remarquable entre les téguments et les viscères, principalement dans les interstices des faisceaux musculaires, n'a jamais pu faire sortir cette eau, quelque pression qu’il ait fait subir à l’animal vivant ou mort, par des ouvertures naturelles. Mais elle s’écoulait rapidement lorsqu'il faisait des piqûres dans quelque partie du Corps, surtout à la face dorsale. Ses observations ont été faites particulièrement sur des Nudibranches, des /nférobranches et des T'ectibranches.
(4) Système d'anatomie comparée, vi, p. 72 et suiv., de l'édition allemande.
Il en conclut que l’eau est absorbée par toute la surface des corps, et qu'il n'existe pas, chez ces mollusques , de système de canaux aquifères, ayant à l’extérieur des orifices distincts.
C’est done encore une question indécise, que la détermination des voies précises par lesquelles pénètre l’eau dans le corps de ces animaux. |
ARTICLE IV
Dans les Acéphales.
$ 1. Des branchies.
Les Acéphales ont leurs branchies en forme de feuillets, composés chacun d’une double lame et d’une double série de vaisseaux, très-régulièrement serrés les uns près des autres, comme les dents d'un peigne fin, tous transverses à la longueur des feuillets. Les uns de ces vaisseaux sont artériels, et viennent d’un gros tronc qui rampe sur toute la base du feuillet; les autres sont veineux, et rentrent dans un autre tronc qui rampe le long du premier. Les deux genres de vaisseaux sont perpendiculaires à leurs troncs respectifs.
a. Des branchies dans les Acéphales testacés.
Les Acéphales testacés ont quatre feuillets branchiaux,
deux de chaque côté, enfermés entre les deux lobes
de leur manteau, et entre lesquels passe le pied quand il en a un.
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La face interne des quatre feuillets triangulaires qui entourent la bouche, et tiennent lieu Ge lèvres ou de tentacules, est aussi striée par des vaisseaux semblables à ceux des branchies, et pourrait bien servir de même: à la respiration, ou à l'oxygénation du sang. [Ce ne serait jamais, à la vérité, qu’un moyen très-accessoire ; le principal usage de ces feuilleis étant de servir au toucher, comme l’exprime le mot de tentacules par lequel M. Cuvier les désigne. Meckel observe à ce sujet que leurs proportions sont en quelque sorte inverses des branchies.
Les branchies des Æcéphales testacés montrent une grande uniformité dans leur nombre et leur disposition symétrique.
La forme des feuillets branchiaux varie avec celle du manteau et de la coquille, et conséquemment avec la forme générale de tout l'animal.
Nous traiterons dans le paragraphe suivant de la manière dont ces feuillets sont enveloppés par le manteau, et des modifications que le mécanisme de la respiratüuon en recoit.
Leur structure est généralement lamelleuse, c'està-dire que les deux surfaces de chaque feuillet sont divisées par des plis longitudinaux et transverses plus ou moins saillants.
Mais cette structure se change quelquefois en une forme plus divisée; ce sont alors, au lieu de plis, des filaments très-nombreux flottants dans l'eau; telles sont les branchies des spondyles, des peignes et des arches (1).]
(4) Meckel, op. cit, p. 60, et Régne anünal, nouvelle édition ; Hollusques, pl. 74, fig. 2, a.
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b. Dans les A céphalcs sans cogttille.
Dans les Biphores où Salpa et Thalia, Va branchie ne fait qu’un ruban étroit, traversant obliquement l’intérieur du corps. [ Elle est composée &’une double membrane formée par un repli intérieur de celle qui tapisse l'enveloppe générales ce repli s'élève obliquement de Ja partie ventrale de la grande cavité du corps, un peu en arrière de l'orifice p ostéricur de cette cavité, vers la partie dorsale et antérieure de cette même cavité, jusque très-près de l'orifice buceal, Ce feuillet branchial est, de même que ceux des acéphales testacés, garni d’un réseau vasculaire dont les ramifications sont en grande partie transversales et parallèles (1). ]
Dans les A scidies, les branchies forment de même un seul feuillet, ou plutôt un très-grand sac à réseau vasculaire extrémement fin, au fond duquel est la bouche. [Cette cavité, ou ce sac branchial, varie beaucoup pour letendue, pour la profondeur et pour la forme. Les parois montrent constamment, dans leurs best us, une infinité de petits vaisseaux qui se croisent
1 droits, et interceptent des mailles quadrangu- Lido 5 au microscope, On remarque des vaisseaux plus petits qui Hat sen encore ee mailles.
Les petits vaisseaux verticaux viennent des vaisseaux transverses, et ceux-ci tiennent, par leurs extrémités, à deux troncs, aussi verticaux, qui occupent chacun
(£) Mémoire de M. Curier, sur les Thalies et sur les Pipkores,
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une des arêtes du sac. L'un des deux aboutit au cœur, c’est la veine branchiale ; l’autre tient lieu d’artêre. Le plus souvent les parois du sac branchial sont étendues et sans plis; mais, dans quelques espèces, ces parois forment des plis profonds et réguliers, premiers indices des quatre feuillets branchiaux des bi-
valves (1).] S IL. Du mécanisme de la respiration.
[ Ce mécanisme est très-différent dans chacun des ordres de cette classe.
a. Dans les Arcéphales testacés.
di
Pour le comprendre, dans les piles il faut se rappeler les différentes formes qu'aitecte eu manteau, et les iobes dans lesquels il se divise. Lur
Lorsqu'il est largement ouvert, écmme dans les Ostracés, | l'animal fait parvenir l’eau sur ses branchics, en entrouvrant simplement sa coquille et les bords antérieurs de son manteau ; il l'en fait ressortir en refermant cette coquille. F. MP
[ Dans la seconde famille, celle des Mytilacés, Vouverture branchiale du manteau est déjà plas circonserite par le pied, qui est en avant, et par l'anus, qui est en arrière, et par sa communication extérieure à travers l'enveloppe commune. ] |
Bans la moule, où la plus grande ouverture de la co-
(1) Mémoire de M. Cuvier, sur les ascidies.