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, ARP. IV. DANS LES ACÉPHALES. 383 quille est en arrière, c’est de ce côté que se fait l'entrée et la sortie de l’eau; on voit à la surface de celle-ci un petit tourbillon produit par le mouvement imprimé au fluide par la respiration.
[Le genre dreissena, que M. Van Beneden place dans cette famille entre les moules et les anodontes, a même son ouverture branchiale en forme de tube court; cette ouverture est d’ailleurs la seule par laquelle la cavité branchiale reçoive ou rejette l’eau de la respiration; le manteau étant fermé partout ailleurs, comme dans les enfermés, excepté pour l'issue des excréments (1).
La troisième famille; celle des Cumacés, est à peu près dans le même cas que la plupart des mytilacés ; mais, dans les deux familles suivantes, le manteau se prolonge en arrière en deux tubes séparés ou soudés, dont l’intérieur donne issue plus particulièrement à l'eau de la respiration, et le supérieur, qui répond à l'anus, porte les excréments au dehors.
Il y a à cet égard une différence sensible entre la quatrième et la cinquième famille. Dans la premiére, le manteau reste ouvert par devant, et quand l'animal n’est pas enfoncé dans Ia vase, l’eau peut sortir par cette ouverture. C’est ce qu’on voit dans les cœurs, les venus , les mactres , les tellines, qui ont leurs tubes séparés, et d'autant plus longs, que ces mollusques s’enfoncent davantage dans le sable des rivages.
Mais dans la cinquième famille, celle des Enfermes, qui comprend les pholades, les solens, les tarets, le manteau est complétement fermé, et les branchies, ne
(4) Annales des Sciences Naturelles, deuxième série, 1. 8, pl. 8, 6g. 1, a,
384 xxx° LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DES MOT USQUES.
communiquant au dehors que par le canal inférieur du double tube, rejettent ou reçoivent l'eau par ce canal (1).]
Ces animaux peuvent, en partie, reurer leurs tubes dans la coquille, au moyen de deux muüscies rétracteurs plats, en éventail, attachés aux lobes du manteau; mais ce n’est pas par l’action musculaire seulement qu'ils les dilatent; nous avons souvent observé dans les pholades qu’elles les étendent à la fois en longueur et en largeur ; il faut qu’il y ait alors un gonîlement vasculaire, ou une sorte d’érection.
b. Dans les Acéphales sans coquille.
[ Dans la famille des Biphores , le manteau ou l’enveloppe commune forme un grand sac ouvert par ses deux extrémités ; les contractions ou les dilatations alternatives de ce cas produisent un courant d’eau dans son intérieur, lequel est dirigé de l'ouverture qui répond à l’anus vers celle qui répond à la bouche; ce courant, qui sert aux mouvements de l’animal, à son alimentation, etc., sert encore à sa respiration. En effet, il renouvelle l’eau mise en contact avec la branchie en ruban, étendue obliquement dans la longueur de ce sac. |
Dans les ascidies, les choses se passent comme dans
(4) Ces rapports des deux tubes , même lorsqu'ils ne sont séparés que par une cloison, sont entre autres très-clairement indiqués dans la pl. 45, fig. 3 du Mémoire de M. Audouin, sur l'animal de la glycimère ( Annales des Seicnces Naturelles, & 28), Nous verrons dans le paragraphe suivant, l'anus avoir aussi, dans le manteau des ascidies, un orifice qui lui cet propre.
ART. IV. DANS LES ACÉPHALES. 385 les testacés de l'ordre des Enfermés ; c'est-à-dire, que l'eau qui va dans ce sac branchial par l'ouverture supérieure du manteau, et qui s’y trouve précipitée par la dilatation de celui-ci, n’a d'autre issue que cette même ouverture. Ce sont les contractions du manteau qui l'en font ressortir.
Il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs que c’est au fond du sac branchial que se trouve la bouche, et que la cavité branchiale est la seule par laquelle entrent les substances alimentaires. ]
$ IL D'un systeme de vaisseaux aquifères dans les Acéphales.
[ Plusieurs anatomistes admettent, comme dans les classes précédentes, un système de vaisseaux ou de canaux aquifères, pouvant être considéré comme un moyen accessoire de respiration.
C'est à ce sujet que À. Cuvier s'était exprimé comme il suit dans notre première édition: ]
M. Poli admet de petits canaux respirateurs, ductus respiratorii, qui auraient leurs orifices dans les petits tentacules placés d'ordinaire au bord postérieur du manteau, ou autour de l’ouverture du tube branchial; qui de là pénétreraient jusqu’à un certain réservoir, d'où le mercure injecté passe dans l'intérieur des branchies. Je n'ai rien pu voir de pareil, et la respiration m'a semblé se faire dans les acéphales, comme dans les autres mollusques et comme dans les poissons,
Fa AL
386 xxx° LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DES MOLLUSQUES. par le simple afflux de l’eau à la surface extérieure des branchies (1).
[ Personne, que je sache, parmi les anatomistes actuels qui ont autorité dans la science, ne conteste aux feuillets branchiaux la fonction de la respiration telle que M. Cuvier la leur assigne ; mais plusieurs anatomistes, renommés par leur savoir et leur expérience, annoncent un système de canaux aquifères dans plusieurs bivalves.
Suivant M. Bær, il y aurait, dans les mulettes et les anodontes, jusqu’à trois orifices, à la surface du pied ; l’un tout prés de la bouche, l’autre au milieu du bord tranchant de ce même pied. 1 sort beaucoup d’eau par ces orifices, à l'instant où l'on sort l’animal de l’eau. Is conduisent dans des canaux qui seramifient dansle pied, et qui pénètrent jusque dans la cavité abdominale (2).
C’est, suivant M. Delle-Chiaje, au moven de ce système, que l'animal est susceptible de s’enfler beaucoup, et de mettre en érection différentes parties, entre autres son pied. 0
:Meckel(5) n'a pu, malgré desrecherches réitérées,constater l'existence d’orifices et de canaux aquifères réguliers, tout en convenant de là faculté qu'il a remarquée, dans ces animaux, de comprendre une certaine quantité d’eau dans les lacunes du tissu musculaire de leur pied. N'ayant pas eu l'occasion de faire nous-même
des recherches à à-ce sUüjets au bord de la mer et sur des
animaux frais, ni sur les mollusques de nos rivières, nous bornous ici notre rôle à celui d’historien. ] à
(4) Testacæ utrinsque Siciliæ, t, 1, p. 42.— (2) Froriepss Notizen, Band. xur. — (5) Op. cil., p. 64.
Un usage accessoire des branchies, bien extraordinaire, est celui qu'elles ont dans les #céphales testacés, de servir, pendant quelque temps, de réceptacle aux œufs, et même aux petits déja éclos.
ARTICLE V
Des crganes de la respiration dans la classe des Brachiopodes.
S I. Des branchies.
[Les branchies des genres peu nombreux de cette classe ont une grande simplicité, en ce qu’elles font partie intégrante de leur manteau, dont les lobes ont la face interne et libre modifiée pour l'acte de la respiration.
Dans les lingules, la moitié du manteau, du côté opposé au pied qui répond à chaque valve, forme un lobe libre et détaché de la valve correspondante. C’est dans le fond de l’écartement de ces deux lobes que se trouvent la bouche, au milieu, et les bras, de chaque côté.
C'est sur leurs faces qui se regardent que les branchies forment une cercle de petits feuilletstriangulaires.
Les vaisseaux branchiaux ou respirateurs qui les pénètrent proviennent de deux vaisseaux principaux, d’où partent, du côté externe, des ramuscules paral-
__ Jéles qui figurent un peigne(r). Dans les intervalles des
(4) Mémoire de M, Cuvier, sur la Lingule, pl, vi, fig. 40, etc.
388 xxx° LECON. SECT. I. RESPIRATION DES MOELUSQUES.
premiers, il en revient d’autres qui entrent dans un vaisseau veineux parallèle au vaisseau artériel. Les deux vaisseaux veineux du même côté, c’est-à-dire
celui d’un lobe et celui qui lui est opposé, entrent dans
le cœur correspondant.
Ainsi que l'avait présumé M. Cuvier, c’est aussi le manteau des térébratules, et non leurs bras, qui leur sert d’organe de respiration.
La partie libre de ce manteau montre, du côté de la valve perforée, quatre vaisseaux principaux, et du côté opposé un seulement (1). C'est surtout vers la circonférence des lobes du manteau qu'on aperçoit du côté interne leurs ramifications vasculaires. Le pourtour de ces lobes est d’ailleurs finement traversé par un grand nombre de cils vibratiles.
Dans les orbicules, ce sont encore les lobes du manteau, restés ici, comme dans les térébratules, tout unis et sans plis, qui servent d'organes de respiration. Les vaisseaux sanguins y étalentleurs ramifications vasculaires, lesquelles vont en se réunissant de la circonférence vers les parties centrales et viscérales de ces lobes (2). ]
S Il. Mécanisme de la respiration. ‘
[Les Brachiopodes étant fixés aux corps sous-marins, n'ont que les mouvements très-bornés de leurs valves, ceux de leurs bras, et l’action des cils qui bordent les lobes de leur manteau pour renouveler l’eau autour
(4) Nous lie avons décrits, ainsi que les cœurs, ?, v, p. 384, d'après M. Owen ; voir pour les Branchics le Mémoire cité de ce savant, p, 55 et 56,
(2) Voir le second Mémoire de M. Cwen, sur l'anatomie des Térébratules çt Crbicules , Annales des Scieuces Naturelles, 2e série, &, 3, pi. 4 çt 2.
LS
ART. VI, DANS LES CIRRHOPODES. 389 d'eux, éloigner ainsi les excrétions qui sortent de leur corps, et attirer à cux les substanecs alimentaires et l'eau aérée ou respirable. ]
Jusqu'ici on peut dire que, dans tous les mollusques, le système respiratoire est aussi complet que celui de le circulation.
ARTICLE VI
Des organes de la respiration dans les Cirrhopodes.
SE Des branchies.
Dans les animaux singuliers nommés anatifes et balanes , qui composent cette classe, il y a de chaque côté, à la base des bras, ou tentacules, des feuillets coniques, en nombre pareil à celui des bras, mais dirigés en sens contraire, c’est-à-dire vers le dos, et couchés contre le corps sous le manteau.
[ Le nombre de ces productions pyramidales adhérentes au dehors de la base des tentacules varie selon les espèces. On distingue les vaisseaux qui se rendent des branchies versle dosde l'animal, où se trouvelecœur (1).
Nous avons déjà dit que le système vasculaire semble interrompu dans l'intérieur des pyramides branchiales, qui forme une lacune, comme la vessie, la lame ou le tube branchial des crustacés, et ne montre point de réseau capillaire (2). ]
(4) Mémoire de M. Cuvier, sur les Anatifes ct les Da fanes. (2) Voir let. vr, p. 884 de cci vuvrage.
390 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
I paraîtrait cependant que, dans la famille des Balanes il y a des différences très-grandes dans les bran-
chies, comparées à celles des anatifes. M. Burmeis-.
ter (1) décrit celles de la coronule diadême, comme placées symétriquement de chaque côté du corps, et trèsremarquables par leur grande proportion. Elles se composent chacune de deux lobes, situés au-dessus l'un de l’autre, dont le supérieur est plus grand que l'inférieur ; chaque lobe est plissé en travers, et ces plis principaux en ont de plus petits qui croisent Îles premiers. Ïs divisent la cavité principale qu'intercepte la membrane branchiale ainsi plissée ; c’est une forme qui à de l’analogie avec celle que nous décrirons dans les sphéromes parmi les Zcopodes. On voit régner le long de leur bord interne, un cordon qui paraît contenir les vaisseaux afférent et efférent; il part des parties latérales du corps, avec un muscle qui se déploye sous les branchies et qui est enveloppé, comme ces organes, par le manteau. ]
S Il. Mécanisme de la respiration.
[ Ce mécanisme, dans les anatifes, n’a rien de particulier à l'organe qui, étant extérieur, se trouve baigné dans le fluide respirable, toutes les fois que l'animal sort de sa coquille, ou seulement lors que celle-ci devient bäillante. Il dépend donc des mouvements des valves et de ceux des tentacules auxquels ces pyra-
(1) Mémoire pour servir à l'Histoire Naturelle des Girripèdes, p. 38. Berlin, 4834. En allemand.
mides branchiales sont annexées. J'ignore si elles sont mises en mouvement par des muscles particuliers. |]