LECON: .SECT. II. RESPIRAT. DE3 ANIM. ARTICULÉS
Les trachées des larves à métamorphose complète ne ressemblent pas toujougg, à celles des Insectes parfaits; les différences à cet égard vont méme quelquefois à un point plus étonnant encore, il est possible, [que celles des autres organes.
Toutes les larves ont des trachées tn bulaires ; mais nous verrons beaucoup d’ insectes parfaits qui ont des trachées vésiculaires, qui sont même pourvus d’espèces de vessies natatoires, lorsqu'ils vivent dans l’eau (les népes), ou de poches pneumatiques considérables, lorsqu'ils sont destinés à se transporter au loin dans les airs avec un corps dont la pesanteur spécifique devait être allégée à cet effet; tels sont les truxales.
Les de systèmes respiratoires, dont l’un est uniformément constitué par des tubes cylindriques, ramifiés dans toutes les parties du corps; dont l’auire est composé de ces tubes, dont les ramifications sont plus ou moins interceptées par des poches pneumatiques, par des vessies ou des vésicules, quelquefois à peine perceptibles à l'œil nu; ces deux systèmes, dis-je, montrent non-seulement des degrés différents dans la respiration, mais encore une fonction différente à remplir. Celle-ci consiste à diminuer la pesanteur spécifique de l’insecte dans le vol ou la natation.
. Les détails dans lesquels nous allons entrer nous confirmeront dans l'existence réelle de ces rapports intéressants.
La disposition générale des trachées tubulaires présente deux grandes différences.
Dans l’une, il y a autant de systèmes irachéens que de stigmates. Une sorte de trachée-artère fort courte, avec ses bronches, se ramifiant et décroissant jusqu'à
ART. 1H. DANS LES INSECTES. 473 ce qu’elles deviennent plus que capillaires, forme comme un poumon de mamimnifère, dépouillé de vaisseaux sanguins. Il y a donc dans ce cas autant de poumons indépendants, que d’'embouchures respiratrices (c’est le cas, entre autres, des glomeris, etc, etc.).
Le plus souvent les arbres respirateurs symétriques, ouverts du même côté, ont des branches de communication, soit transversales, soit longitudinales, qui font un ensemble de toutes ces parties, séparées seulement à leur naissance dans les stigmates; de sorte que l'air respirable qui entre par un stigmaie, peut se répandre dans tout le système aérien intérieur, et qu’une grande partie de ces embouchures pourrait être oblitérée momentanément sans danger pour la vie. ]
Les trachées communiquent au dehors par de petits trous, [ou par des ouveriures plus sensibles, | percées de chaque côte du corps. [ dans un organe distinct et de structure assez compliquée, |] et nommé stigmate ; ou quelquefois par un ou deux tuyaux [qui se prolongent plus ou moins à l'extérieur, depuis le dernier anneau du corps. ] Ce dernier eas est celui des Insectes purement aquatiques, [ qui viennent par intervalles respirer l'air atmosphérique à la surface de l’eau. C’est encore ce qui a lieu chez les larves dont le corps est enfoui dans des substances irrespirables; elles avaient également besoin d’un appendice conducteur de l'air respirable, qu’elles prolongent à volonté hors de ces substances, jusque dans l’atmosphère, ou jusque dans une voie de communication avec ce grand réservoir de la vie (1).
(4) Tel est le cas des larves d'ecv; 'éres, dont nous parlerons dans le paragraphe des Diptères ; elles placent leer tube respirateur dans un stigmate de l’insecte dans le corps duquel elles vivent.
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D'autres larves aquatiques ne sortent pas de l’eau pour respirer. Elles ont des organes que les uns appellent branchies, les autres fausses branchies, que nous désignerons par la dénomination de branchies-pneumatiques. Telies sont les larves et nymiphes des aeshnes et des libellules proprement dites, parmi les Demoiselles, qui ont dans le rectum un appareil particulier pour cet objet. Tel est le genre agrion de la même famille, qui a des feuillets respirateurs extérieurs, suspendus à l’extrémité de l'abdomen. Telles sont les larves d'éphémeres, de semblides, qui ont de semblables feuillets rangés symétriquement de chaque côté des anneaux de l’abdomen. Telles sont les larves des Perlides, des Plicipennes, qui ont un appareil semblable formé de vésicules siimples ou ramiliées.
Tous ces organes, placés en dehors ou dans le rectum, sont essentiellement composés de ramuscules trachéens en communication avec les troncs intérieurs principaux, et recevant des membranes qui les enveloppent, dans les parois desquelles ils rampent, lair que ces membranes prennent dans l’eau, comme de véritables branchies. Mais ces organes diffèrent essentiellement des branchies, en ce qu'ils n’ont qu’une partie de la fonction de la respiration, celle des’emparer du fluide respirable et de le faire passer dans ses réservoirs intérieurs. En effet, ils ne renferment pas le fluide nourricier ; et ce n’est pas dans leur mécanisme qu'a lieu immédiatement la respiration proprement dite, ou la combinaison de l'air respirable avec le sang. Ils absorbent cet air respirable, le versent et le renouvellent dans ses réservoirs, dont les ramificationsle distribuent, dans l'intérieur des parties où la respiration s'opère, comme dans le cas le plus général parmi les insectes.
Nous allons parcourir successivement les organes de la respiration dans tous les ordres de la classe, et dans les familles les plus remarquables, lorsque nous aurons à signaler, dans ces derniers groupes, des particularités intéressantes. Nous étudierons successivement, d'après le plan général que nous avons adopté, 1° l'appareil de la respiration ; 2° son mécanisme.
En considérant d’abord cet appareil en lui-même, et indépendamment de son mécanisme, nous aurons à décrire, dans chaque ordre : 1° les capacités aériennes qui portent l'air respirable dans toutes les parties, ou l'appareil de la respiration interne; 2° les voies par lesquelles cet air respirable pénètre dans ces capacités, ou les organes externes de la respiration. Ces derniers organes font partie, à la vérité, du mécanisme de cette fonction ; mais comme, d’un côté, ils ne constituent pas tout ce mécanisme; que de l’autre, ils sont intimement liés avec l'appareil interne de la respiration, nous n’avons pas dü séparer leur histoire.
Enfin, nous examinerons successivement, et comparativement, chacun des appareils interne oa externe de la respiration, dans les larves etles nymphes et dans l’Insecte parfait, toutes les fois qu'il y aura des différences importantes à indiquer. |]
| $ 1. Des organes proprement dits de la respiration. | A. Dans les Myriapodes.
| 1. De l'appareil respiratoire interne.
| [L'ordre des Myriapodes a généralement des trachées tubulaires dont la disposition varie d’une famille à