‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 106 sur 133 · LL · texte numérisé non relu

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456 xxx‘ LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

formant la partie essentiellement motrice de cette rame branchiale.

Chaque feuillet branchial est composé d’une double membrane, interceptant une sorte de poche à cavité très-divisée par des adhérences partielles et nombreuses de ces deux lames.

H en résulte, surtout dans un espace ovale de la partie centrale de chaque feuillet, une sorte de réseau dont le cordon est formé de canaux s’anastomosant fréquemment entre eux, soit immédiatement, soit par des branches latérales plus petites; les apparences de mailles de ce réseau répondent aux adhérences que nous venons d'indiquer. Ces mémes canaux forment des ares concentriques transverses, parallèles au bord libre, et paraissent s’anastomoser moins fréquemment hors de cette partie centrale, qui semble plus essentiellement respiratrice. :

Ils sont plus ou moins remplis, après la mort, de sang blanc, grumelé, semblable à celui que j'ai trouvé dans les sinus veineux {le prétendu foie} et dans le cœûür ou le vaisseau dorsal des squilles. Les branchies, comme les rames branchiales, sont au nombre de cinq paires.

On peut juger, par le norbre des feuillets qui composent chaque branchie, et par l'étendue de leur sur face, combien cette fonction doit étre importante dans les limules.

Je dois faire observer ici que la structure qui vient d’être décrite est semblable, pour l'essentiel, à celle des branchies des crabes. La seule différence bien caractéristique est qu'ici les feuillets sont arrangés sur deux rangs ; tandis que dans les limules ils sont disposés sur

ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. 407 un seul rang. Le réseau de canaux que j'ai examiné plus particulièrement dans le crabe tourteau est plus serré et plus fin; mais il m'a paru résulter, au fond, de la même composition organique.

Le sang arrive des différentes parties du corps dans un sinus veineux qui répond à chaque branchie. L’artère branchiale descend le long du bord interne de la nageoire, en diminuant à mesure de diamètre. C’est le long de cette artère que se voient douze ou treize plaques cornées, la plupart en carène, qui la protégent. Le sang qui a respiré est verse, des feuillets branchiaux de chaque branchie, dans une veine située du côté opposé à l'artère; elle se continue vers le cœur, qui en reçoit ainsi cinq de chaque côté. ]

S Il Du mécanisme de la respiration.

Pour terminer cette description des branchies, il ne nous reste plus qu'à faire connaître les muscles qui les mettent en mouvement. Ce sont proprement les muscles de la rame qui les supporte. Chaque moitié de cette rame, qui forine une nageoire distincte, a deux muscles, l’un protracteur, qui la déploie en la tirant en avant dans la direction perpendiculaire, et l’autre retracteur où adducteur, qui la porte en arrière et la relève, où replie ainsi les branchies dans leur cavité.

1° Le premier ou le muscle protracteur s'attache en avant sous la ligne vertébrale du bouclier, en dehors des apophyses en forme de lames, qui descendent de cette ligne.

Il est considérable, et se divise en nombreux faisceaux, qui se dirigent en rayonnant vers le bord exté-

458 xxx° LEÇON. SECT. IL. RESPIRAT. DES ANIN, ARTICULÉS. rieur de la rame, et croisent la direction des feuillets à Ja base desquels ils adicrent; ils pénétrent même entre ces feuillets et les pièces cornées sur lesquelles ils se terminent.

11 résulte, de cette double attache, que ce muscle, en portant énergiquement en avant la rame branchiale, déploie en même temps les feuillets branchiaux, en les écartant les uns des autres.

2° Le muscle rétracteur, moins considérable, se fixe, en arrière, à la base des mêmes apophyses, et se porte de dehors en dedans pour s'attacher à la partie interne de la nageoire, et agir plus directement sur la série du même côté des pièces cornées. On peut suivre sa direction, à la face postérieure de cette partie, à travers la peau transparente qui les revêt.

5° Il existe un troisième muscle, on ne peut pas plus singulier par la structure de son tendon.

On observe à la peau de l'abdomen, de chaque côté et au milieu de l'intervalle qui se voit entre deux paires de rames, un enfoñcement très-prononcé, qui est l’orifice assez large d’un tube conique, dans lequel on peut facilement introduire un stylet jusqu'à environ deux centimètres de profondeur (1). Ce tube, en forme

(4) L'abbé C. Ranzani (Osservazione sul Limulo Polifemo. Mémoire compris dans le Recueil intitulé : Opuscoli Scientifici, Bologna, ASAS ) a vu cet enfoncement, ct pense, comme Clusius qu'il cite, qu'il répond à de petits osselets dont l'emploi est de soutenir les branchies. Ces prétendus osselets sont les tendons ossifiés que nous décrivons. Clasius (Exotic. lib. vi, cap. xiv) avait déjà trouvé ces tendons ossifiés. « Media prona parte, seu lacunerum anguslarum, quasi »cullri mucrone impressarum bini ordines apparebant, quibus interna testæ » parte, totidem plana ossicula, veluti abruptarum costarum fragmeuta, res- » pondebant. »

AUT. LE DANS LES CRUHTACÉS. 459 d'entonnoir, est un tendon creux. adhérent à une assez grande étendue de Ja peau de Faldomenr, par suite de cette singulière erganisation, qui a sans doute pour but d'augmenter ses points d'attache ; il appartient à un muscle qui remonte, avec le protracteur. sous la voûte du second bouclier, et réunit ses faisceaux à ceux de ce muscle, pour se terminer aux apophyses descendantes de la ligne médiane dorsale de ce bouclier. Si la paire correspondante de ces muscles appartenant au même intervalle agissait isolément, elle devrait sans doute rapprocher les deux nageoires entre lesquelles.elle se trouve, en tirant en haut la peau qui les unit, et en la raccourcissant d'avant en arrière ; inais les muscles de tous ces intervalles devant agir ensemble, leur action se balance, et doit avoir un effet contraire, celui de maintenir les rames dans la direction perpendiculaire, et conséquemment dans l’abducetion. Ce serait done, si je ne me trompe, un abducteur où ua abaisseur des rames. Je compare ces enfoncements que produisent dans les téguments , les attaches de ces tendons creux, aux faux stigmates dorsaux des arunéides. C’est un rapport de plus à signaler entre ceite classe et les li-

mules (1).]

(4) La description qu’on vient de lire des branchies des Limules, faisait partie d'un Mémoire que j'ai lu à l’Académie des Sciences, le 7 septembre 4858, et qui a été imprimé par extrait dans le compte rendu de cette séance. Ce Mémoire a pour titre : Sur quelques points de l’organisation des Linules, €{ Acscription plus particulière de leurs branchies ; en même temps que mes recherches, qui datent de 1837, me conduiseient à la connaissance de la véritable organisation des branchies de ces animaux, de leurs principaux vaisseaux sanguins et de leur cœur. M. le professeur Van DER-Horvex, à Leyde, parvenait à des résultats analogues et les publiait dans ses Aecherches sur ©’ Histoire Naturelle et l'anatomie des Limules. Leyde, 1858.

460 xXXIX° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

ARTICLE IT

Des organes de la respiration dans la classe des Arachnides.

[La classe des Ærachnides se distingue de la précédente par ses organes de respiration. Ce sont des capacités destinées à recevoir l’air en nature, qui montrent que les arachnides sont des animaux essentiellement aériens, dont quelques-uns ne vivent dans l’eau que par exception.

Ces capacités peuvent avoir la forme circonscerite de petites poches, plus ou moins compliquées, dans lesquelles le sang vient chercher l'élément respirable; elles caractérisent en général l’ordre des Arachnides pulmonaires. Chez d’autres arachnides, elles prennent la jorme de vaisseaux ramiliés, recevant l'air par des ouvertures symétriques de la surface du corps, et le portant dans toutes Les parties, à la manière des trachées des insectes; c’est ce qui a lieu pour l’ordre des 4rachnides trachéennes. Ces deux groupes, à la vérité, sont moins séparés l’un de l’autre qu'on ne l'avait cru d’abord par la considération de ces différences dans les organes de la respiration.

On a découvert (1), il y a peu d'années, que deux espèces d’arachnides à poumons, appartenant à deux senres différents, ont, avec une paire de capsules pul-

(4) Mémoire de M. Dugès, sur les arachnides, Annales des Seiences Naturéelles, deuxième série ,t. vr, p. 488. |

5 si

ART. II. DANS LES ARACHNIDES. 461 monaires, une paire de troncs trachéens, se divisant en faisceaux de tubes simples, qui porteut l'air dans toutes les parties.

Cette circonstance de l'existence simultanée de deux sortes d'organes de respiration, dont l'une est circonscrite et localisée, comme dans toutes les autres espèces du même ordre, et dont l’autre sorte se déploie dans toutes les parties pour y favoriser l'action du fluide respirable sur le fluide nourricier, annoncerait que les réservoirs de ce dernier fluide sont moins achevés dans ces espèces exceptionnelles que dans les autres arachnides.

Nous étudierons successivement les organes de Ja respiration, puis le mécanisme de cette fonction dans les deux ordres de la classe. ]

$ I. Des organes de la respiration.

A. Dans les Arachnides pulmonaires.

[La plupart des arachnides de cet ordre n’ont que des organes de respiration circonscrits.

Dans ia première famille, celle des Arachnides fileuses ou des Aranéides, ce sont deux ou quatre poches situées de chaque côté de la partie la plus avancée de l'abdomen, qu'on peut regarder comme une suite du thorax, parce qu’elle renferme ces organes, et qu'elle est souvent séparée du ventre proprement dit, du moins en-dessous, par une rainure profonde et transversale. 1

Les myzgales et la plupart des sous-genres qu'on a

462 xxx° LEÇON. SECT. 11. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

réunis à ce grand genre ont quatre poches pulmonaires.

On n'en trouve que deux dans les genres nombreux démembrés du genre Aranea de Lixné. La partie des téguments thoraciques ou thoraco-abdominaux qui répond au plancher de la cavité pulmonaire forme une tache operculaire ovale, écailleuse, de couleur différente du reste de la peau, dénuée de poils, qui distingue au dehors la position de ces sacs.

C'est un peu plus en arrière qu’il faut chercher l'ouveriure oblique et transversale, ou le preumostome (1) en forme de fente qui y conduit.

Les épeires, les drasses, etc., l'ont dans ceite fente profonde, dont nous avons déjà parlé, qui règne tout à travers cette partie du corps en dessous, et qui distingue, dans ce cas, la partie thoracique de l’abdomen, de la partie ventrale proprement dite.

Dans les mygales et dans les atypes, les pneumostomes ne sont plus cachés dans la profondeur d’une rainure transversale ; ils apparaissent comine autant de boutonrieres à la surface des téguiments. Moins grances à proportion que dans le premier type, on peut dire, qu’en général, ces ouvertures n’ont pas la inême étendue proportionnelle, relativement à la poche pulmonaire.

La paroi opcreulaire, ceailleuse, a souvent sa surface extérieure comme guillochée ; ce qui lui donne la fausse apparence d’un crible.

(4) Nous adoptons, mais seulement pour les arachnides pu {monaires, celte dénominalien significative que Latrcille à proposé de substituer à celle de stigmate, qui est, à la vérité, consacrée par l'usage. h LT

Lorsqu'on pénètre dans le preumostome, il y a d’abord une sorte de vestibule plus ou moins distinct, qui conduit dans les divisions de Ja poche principale.

Dans les épeires, par exemple, en écartant les deux bords de la rainure profonde, qui forme, de chaque côté, le pneunomostome, on découvre, en avant, une série de lames verticales, écailleuses comme l’opercule, et de même couleur; ces lames sont fixées en bas, à une barre étroite transversale, situce en arrière de la lame operculaire.

Cette série de lames a absolument l'aspect d’un peigne de tisserand. Elles donnent attache, en avant, à autant de lames membraneuses respiratrices, contenues dans une capsule commune, à parois très-minces, qui les sépare des viscères abdominaux.

Les intervalles des lames cornées ne m'ont pas paru répondre aux intervalles des lames membraneuses. En écartant celles-ci, je trouvais un obstacle membraneux qui m’empêchait d'arriver entre les lames cornées. De même, en écartant les lames cornées, il m'a paru que mon instrument pénétrait entre les deux feuillets de la lame membraneuse, qui formerait conséquemment une poche pneumatique, ainsi que M. J. Muller Va dé-

| Les poches membraneuses pneumatiques sont libres * dans tout leur pourtour, excepté en arrière, où elles | tiennent aux lames cornées.

: Deux de celles-ci formeraient, d’après notre marière de voir, l'entrée d’une de ces poches lamelleuses. La poche coumune a pu étre injectée par les branches vasculaires qui partent du cœur, et cette injection a montré, sur les parois de cette poche, un réseau vas- L?

464 xxx° LECON. SECT. IT. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

culaire remarquable ; mais ce réseau n’a pas paru se

. . 0 | | continuer sur les parois des lames ou des petites po- ! ches (1). 11

Deux exceptions singulières, relativement au nombre : et à la structure des organes que nous décrivons, com-

pléteront leur histoire pour ies aranéides.

Relativement à la structure, les dysderes, qui font partie des aranéides dites tétrapulmonaires, ont leurs deux stigmates postérieurs aboutissant dans un gros tube, à parois résistantes, lequel conduit immédiatement dans un certain nombre de faisceaux de tubes capillaires simples, non ramifiés, qui se portent dans diverses directions, soit vers le thorax, soit dans la moitié abdominale correspondante. Ces tubes sont de véritables trachées (2).

Dansla ségestrie perfide, qui appartient aux aranéides bi-pulmonaires, il y a à la fois exception de nombre et de structure ; puisqu'on y trouve, comme dans les précédeuts, outre les deux poches pulmonaires antérieures, deux stigmaltes postérieurs qui conduisent dans une premiere cavité cylindrique, à parois solides, oricine de nombreuses tiachées, telles que nous venons

de les décrire dans Îles dysdères lab .

La seconde famille des arachnides pulmonaires, celle

4) Mémoire pour servir à l Anatomie des insecies, par M. le docteur H. M. Gacde. Nova acta, A. N. Cur. L. C.,T. x1, P. 1, p. 535, et pl. xuiv, fig. 3.

(2 Voir la nouvelle édit, du Aégne animal, pl. 5 des arachnides, fig. 4, b, pour la disdére érithrine. Les deux preumostomes sont dans la rainure transversale thoraco-ubdominale ; les deux stigmates trachéens se voyent plus en arrière, à la surface ce l'abdomen. à

(3) Règne animal, Aréchnides, pl. 5, fig. 4, et Mémoire cité de Dusés, Annales des Sciences Naturelles, deuxitme série, . vr. p. 488. .

des Pédipalpes, n’a que des poumons, situés symétriquement sous les premiers anneaux de l'abdomen, au nombre de quatre ou de huit.

Ainsi, dansles scorpions, i y a quatre paires de prneumostomes qui apparaissent comme des boutonnières un peu obliques et transversales, sur les côtés des quatre premiers anneaux de l'abdomen. Le pourtour du pneumostome donne attache à une sorte de vestibule trèsdistinct, qui conduit dans les petites poches lamelleuses dans lesquelles cette première cavité se divise. Leur série, obliquement verticale, repose en avant dustigmate, sur la paroi abdominale correspondante ; mais elle n’y adhère pas, et le pourtour de chaque lame est libre dans toute la partie qui ne tient pas au vestibule,

Nous adoptens, pour la structure de ces organes, la manière de voir de M, J. Muller, qui est aussi celle de M. Siraus (1).

Le premier de ces anatomistes a réussi à gonfler ces poches d’air, et les représente ainsi enflées (2).

Cependant Treviranus et Meckel affirment que l’air pénètre enire ces poches lamelleuses, qui ne seraient, dans ce cas, que des feuillets branchiaux ; et que le sang arrive dans leur épaisseur, Duges (5) ajoute qu’il a réussi à les remplir d’injections par le vaisseau dorsal ou le cœur, tandis que M. Gaede n’a pu injecter que le réseau vasculaire de la poche commune.

Nous pensons qu'on pourrait concilier ces opinions contradictoires, en considérant chaque lame pulmo-

(4) Considérations sur les animaux articulés, p. 316. — (2) Archives alle mandes d'anatomie et de physiologie, par Aeckel, année 4828, pl. 17, fig. 42 (3) Traité de Physiologie comparée, t. 2, p. 568. . be 7 30

466 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS

naire comme une double poche, laissant un vide entre elles deux, dans lequel le sang pourrait pénétrer, et en admettant que la poche intérieure reçoit l'air par le vestibule commun.

Mais je sens que cette explication, conforme d’ailleurs à la description de ces organes, que j'ai faite d’après nature, aura besoin d'être confirmée par des recherches ultérieures (1). ]

B. Dans les Arachnides trachéennes.

[La forme générale du corps, le nombre des pieds, l’absence des antennes, ont été considérés, par Cuvier et Latreille, comme des caractères plus importants que les différences qui existent entre les poches pulmopaires et les trachées; entre des cavités respiratrices circonscrites ou s'étendant sous forme de vaisseaux dans toutes les parties du corps. Aussi ont-ils laissé dans

"RE n

(4) Nous conserverons ici en note, pour l'Histoire de la science, les seules lignes sur les organes de respiration des aranéides, que M. Cuvier avait rédigées, il y a trente-six ans, pour notre première édition.

« Quelques insectes paraissent manquer de trachées, et ce sont précisément »ceux où nous avons cru apercevoir une espèce de cœur, c’est-à-dire les ara- »néides. 1} y a cependant un sligmate de chaque côté à la base de l'abdomen de » l'araignée ; mais il ne donne que dans une vésicule, qui ne paraît point fournir »ûe vaisseaux aériens. Sercient-ce ses poumons ? et des vaisseaux sanguins ram- »peraient-ils sur ses parois ? »

Mechel avait ajouté, ca note, à ce texte, dans sa traduction allemande, qui est de 4810, que ce sont en effet des poumons, mais plus compliqués que M. Cuvier ne l’a cru. il avait découvert, dans cette cavité, un amas d’envi ron vingt feuillets triangulaires, d’un blanc jaunätre, qu'il conipare aux lames branchiales des crustacés, et il en avait conclu que les arauéides forment une classe intermédiaire entre ces derniers et les insectes. [! avait vu la même structure dans l’araignée diadème et düns plusieurs espèces de scorpions.

a même classe les Ærachnides pulmonaires et les Arachnides trachéennes.

Nous ne faisons qu'indiquer ici l'existence des trachées dans ces animaux, nous réservant de décrire ces vaisseaux aériens respirateurs en parlant de ceux des insectes.

Les Galéodes , parmi les faux scorpions, ont un grand orifice trachéen ou stigmate de chaque côté du corps, entre la première et la seconde paire de pieds.

Les Pycnogonides, qui constituent la deuxième famillle de cet ordre, n’ont pas de trachées connues, ni de stigmates. Aussi les regarde-t-on comme des crustaces.

Dans la troisième famille des Arachnides trachéennes, celle des Holètres, on a bien constaté l’existence des trachées chez les faucheurs , parmi les Phalangiens, qui forment la première tribu de cette famille.

Les deux stigmates de leurs troncs principaux sont cachés par la hanche des pieds postérieurs. On voit ces deux troncs porter de là leurs ramifications danstoutcs les parties.

La seconde tribus des Holètres, celle des Acarides, qui répond à la famille des Æcariens de D'igès, comprend des animaux qui vivent dans l’air, qui pullulent dans toutes sortes de substances, ou sur le corps d’autres animaux, ce sont les Æacarides propres. D’autres, les Hydrachnelles, sont essentiellement aquatiques, et cherchent leur nourriture dans l’eau, où ils se multiplient.

Cependant les uns et les autres paraissent avoir des trachées, ou des vaisseaux respirateurs contenant de l'air, autant du moins que l'extrême petitesse de ces

468 xxx° LEGON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. animaux à permis de les découvrir. Les principaux troncs de ces vaisseaux aériens ont de même leur embouchure à la surface du corps, |

Ainsi, parmi les Acarides propres, G. R. Treviranus a décrit deux stigmates sous-abdominaux dans une espèce d’irode (acarus nigua, DE GÉer). Ïls sont percés assez en arrière de la dernière paire de pattes, et ils aboutissent chacun à un tronc de trachées qui se ramifient dans tout le corps (1). Ces mêmes stigmates avaient été reconnus, vers le milieu du corps, dans d’autres espèces de ce genre par De Géer et Lyonet (2).

Parmi les Hydrachnelles, Dugès à vu une couche de trachées sous la peau transparente de l’atax lutescens. Ce perspicace investigateur des acaridiens décrit, en général, les trachées des hydrachnelles comme filamenteuses, argentines et nacrées par l'air qui les remplit, provenant de deux troncs principaux ayant leur embouchure sur les flancs (5). es stigmates seraient recouverts par une plaque percée en écumoire, Dans d'autres cas il y en aurait deux paires qui apparaissent comme des points. La paire postérieure, plus sûrement déterminée, est derrière les hanches; l’antérieùre serait plus avancée que les yeux (4).]

(4) Sur la structure de lacarus nigua, De Géer. Journal de Physiologie, par F. Tiedemann, etce., t.1v, prem. cahier, Heidelberg, 4831. — (2) Voir les Mémoires posthumes de ce dernier. Mémoire du Muséum de Paris, t. xvanr, pl. 5, fig. 3,c.c.

(3) Physiologie, t. 2, p. 549.

(4) M. Dugés, deuxième Mémoire sur les Acariens, Annales des Srience Naturelles , 2° série, t, 1, p. 447, 150, 455 et 463.

S IT. Du mécanisme de la respiration dans les Arachnides.

[Nous ne pourons, dans l’état actuel de la science, qu'indiquer, pour ainsi dire, le sujet de ce paragraphe, n'ayant pas des données suffisantes pour le traiter specialement et en détail.

Sans doute, pour les arachnides trachéennes, ce mécanisme est le même que dans la classe des insectes, au sujet de laquelle nous aurons l’occasion de le décrire.

Cependant nous devons faire remarquer ici que les hydrachnes, qui vivent la plupart du temps submergés, ou ne respirent l'air en nature à la surface de l'eau que de loin en loin, possèdent la faculté de le séparer de ce liquide aéré, par leurs três-fins stigmates, et peutêtre aussi, comme le pense Duges, par les pores de leur peau.

Ce sont les muscles sous-cutanés qui dilatent ou resserrent les parois mobiles de leur corps, qui doivent attirer, dans les trachées des Ærachnides trachéennes le fluide respirable, et l'en expulser, en dilatant ou en resserrant la cavité viscérale.

Le même mécanisme doit servir à faire entrer l’air dans la poche respiratrice des Ærachnides pulmonaires, cette poche ayant des parois molles qui ne peuvent que suivre tous les mouvements des viscères de la grande cavité avec lesquels elles sont en contact, ou en rapport mmédiat. |

470 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

ARTICLE HE

Pal

Des organes de la respiration dans la classe des Insectes.

Nous avons déjà dit plusieurs fois que dans les 7nsectes, c'est l'élément ambiant, l'air qui, se distribuant par une infinité de canaux, va exercer son action sur tous les points de l’intérieur du corps.

Ces canaux ont recu le nom de trachées, à cause de leur analogie avec la trachée-artère des animaux à poumons. Leur structure est singulière; leur tube est assez généralement composé de trois membranes très-évidentes, une interne [que l’on peut comparer à la muqueuse des bronches des animaux supérieurs ], et l’autre externe, de nature celluleuse. L’intermédiaire est formée d’un fil élastique [plat ou rond, suivant les espèces ], d’un beau brillant métallique, se roulant en spirale ou en tire-bourre, et pouvant se dérouler pour peu qu'on y mette d’adresse. De cette manière, les parois de la trachée se soutiennent toujours, et le passage de l'air n’y est point obstrué. ù

[Ce fil, dont l’analogie avec celui qui forme les trachées des plantes est manifeste, peut encore être justement comparé aux cerceaux cartilagineux qui entrent dans la composition de la trachée-artère, ou des bronches, des trois classes supérieures des vertébrés; et si l'on se rappelle que nous avons montré, en parlant de cette composition, que ces cartilages se développaient dans une membrane fibreuse ou fibro-élastique, qui constitue proprement la base, la charpente de ces

canaux; on sera disposé à admettre une semblable membrane dans les tubes aériens des insectes, et même dans les parois de leurs £apac ités aériennes vésiculeuses, dont il va être question.

Toutes les trachéés’ n ont pas de fil élastique dans toute leur longueur. 11 y en a que je nomme trachces vésiculaires, qui se dilatent d’espace en espace pour former de petites vessies purement membraneuses, et dépourvues, le plus souvent, de ce soutien élastique.

[Ces dernières ne seraient composées que de deux membranes, une interne et l’autre externe. Cependant, comme il se développe des demi-cerceaux dans celles qui acquièrent le plus de volume (1), on doit supposer, dans ce cas, une membrane fibro-élastique dans laquelle cette formation a lieu. Qu'il me soit permis de présumer à priori, en attendant une démonstration intuitive, que cette membrane moyenne existe toujours, et qu'il n’y a de différence que relativement à son activité nutritive; faible, quand elle ne compose ni cerceaux, ni fil élastique; plus prononcée, quand ces corps durs se forment dans son épaisseur. Cette unité de composition dans les tubes aériens de toutes ces classes est très-probable.

Nous verrons, dans les détails de nos descriptions, | qu'on a reconnu dans certaines parties des trachées, ou dans les plus grandes poches pneumatiques, des faisceaux ou des couches musculeuses.]

(1) M. Marcel de Serres appelle côtes ces demi-cerceaux, et les a décrits dans les poches pneumatiques des Truxales, etc. Sur les usages du vaisseau dorsal , etc. | Mémoires du Muséum de Paris,t .1v, p. 845.

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