ART. LI. DES REINS
l’urine, et envoie dans la substance du rein des prolongements plus ou moins nombreux, qui sont trèsdistincts jusqu’à la corticale. Dans ce cas, le bassinet ne se voit pas hors du rein ; il présente dans son milieu l'embouchure de l’uretère ; c’est ce qui se voit très-bien dans les chats. Dans l’échidné , on trouve de même le bassinet confondu avec les calices, quoique les reins aient quatre mamelons. Dansles ours, la loutre commune, les phoques, ete., il y a autant d'entonnoirs ou de calices que de petits reins; ils se réunissent successivement en troncs qui se confondent en un réservoir ou en un bassinet. On n’en compte que trois dans l'éléphant, dont les deux antérieurs forment un premier canal, auquel vient bientôt se joindre le troisième. Il n’y a donc point de bassinet.
Quant à l’uretère, il a généralement la même direction, la méme marche et la méme terminaison, Sa structure, son diamètre et sa longueur proportionnés paraissent également constantes.
Le marsouin et le dauphin manquent de même de bassinet ; l’uretère semble commencer dans le sinus par la réunion des branches que fournissent les calices antérieurs ; il se porte de là jusqu'à l'extrémité postérieure du rein par où il sort, et grossit à mesure qu'il recoit des branches d’autres petits reins, entre lesquels il reste enfoncé pendant ce trajet ; il est accompagné par une branche principale de l'artère rénale, qui diminue de diamètre à mesure qu’elle se porte en arrière, en donnant des rameaux aux petits reins.
En général, dans tous ces reins extremement divisés, ceux des ours, de la loutre, des Carnassiers amphibies, des Cétaces, toutes les branches des artères rénales ne
568 xxx1° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES. s’y introduisent pas par le sinus ; plusieurs d'entre elles vont au contraire par un chemin direct aux petits reins auxquels elles sont destinées. 1! en est de même des veines ; les dernières ont dans les chats une disposition remarquable : sept ou neuf branches principales remplissent, en partie, les sillons qui séparent les bosselures qui se voient à la surface de chaque rein, et vont en convergeant eten augmentant de diamètre dans le sinus, où elles se terminent dans le tronc de la rénale. Ces veines ressemblent aux sinus cérébraux ; leur canal présente, du côté du rein, un angle criblé d'orifices des veines qui s’y rendent de l'intérieur de cet organe.
Tels sont à peu prés les particularités les plus remarquables que les vaisseaux sanguins des reins nous ont offertes, dans les mammiferes.
Position, forme, grandeur relative, couleur. Les reins des oiseaux diffèrent, à beaucoup d’égards, de ceux que nous venons de décrire. Ils sont logés à la même hauteur, derrière le péritoine, [immédiatement en arrière des poumons et dans les régions lombaire et pelvienne], où ils occupent plusieurs fosses creusées le long de la face supérieure du bassin. Leur forme est assez irrégulière, plus ou moins allongée, dépendante des os et des autres parties contre lesquelles ces organes sont appliqués et se moulent pour ainsi dire,
[ Dans beaucoup d'oiseaux cependant on peut y reconnaître trois parties, plus ou moins séparées par des scissures. Nous appellerons iléo-lombaire la portion la plus avancée, à cause de sa position constante dans
ART. II. REINS DES VERTÉBRES. 569 cette région; c'est assez souvent là plus large. La moyenne est la plus étroite ; elle se contourne dans la région iléo-sacrée pour entrer dans le bassin. La postérieure s’y trouve enfoncée; elle est de nouveau plus large. Nous désignerons ces deux dernières par les dénominations de pelvienne antérieure ou supéricure,
et de pelvienne inférieure ou profonde. Ces portions pelviennes ont souvent leur bord interne et supéricur __ échancré par une série de scissures transversales, pro- duites par la saillie des apophyses transverses des vertèbres sacrées ; absolument comme les poumons, par les saillies des côtes.
La forme type que nous venons d'indiquer, et quiest assez comparable, pour les deux reins pris ensemble, à celle d’un biscuit, peut être modifiée de bien des manières, ou même tout-à-fait changée ; sans doute par suite de modifications et changements correspondants des lombes et du bassin.
Ces différences, bien appréciées, pourraient aider à reconnaître le genre etméme l'espèce à laquelle tels reins ontappartenu, ou contribuer à caractériser ces groupes,
Nous citerons quelques exemples de ces différences :
Dans le vautour brun a portion lombaire est très- | Jarge; elle est réunie à la pelvienne supérieure, qui | est très-étroite en arrière et repliée en dehors ; l’une et l’autre forment ensemble une massue. La pelvienne profonde est détachée de la précédente, irrégulièrement globuleuse, profondément échancrée en avant, et presque aussi grande que la premiere.
Dans le sarcoramyrhe royal, au contraire, cette portion pelvienne est contiguë et adhérente à la pelvienne supérieure, également plus étroite que les deux autres,
570 xxxi° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
Si l’on examine les reins de l'aigle commun par leur face dorsale, en même temps que les poumons, on trouve qu'ils occupent, dans le tronc du squelette, un plus long espace que ces derniers ; qu’ils sont composés
de trois lobes bien distincts, à peu près d’égale gran- É
deur, et que le dernier lobe est régulièrement échancré par son bord supérieur et interne, à peu près comme celui des poumons.
Le milan commun à de nouveau les reins de cette forme, que nous appellerons en massue, dans laquelle le lobe antérieur est trés-grand et se continue avec le lobe moyen, qui est beaucoup moins large. La portion postérieure reprend presque la largeur de la première.
Les lobes pelviens sont d’ailleurs sous-divisés en lo-
bules. .
Le merle, parmi les Passereaux, à la portion lombaire de ses reins large, courte et massive; les deux pel-
viennes ont des scissures à leur bord interne ; l’anté-
rieure est très-petite.
Dans le gros-bec commun, ces trois portions sont con-
tigués, à peu près de même largeur ; leur ensemble forme un rectangle allongé, plus long que les poumons, auxquels les reins aboutissent.
Cette forme rectangulaire, aplatie en dessous, continue, sans division bien distincte, est très-ordinaire dans cet ordre. Ainsi, le padda ( loxia orizivora) a les reins aplatis en dessous, de forme rectangulaire et sans divisions.
Cependant le tisserin lacté à ses reins un peu en massue par la plus grande largeur de la portion lombaire et la saillie qu’elle forme en dehors. Les trois portions sont continues, sans scissure.
Dans le geai, ils ont encore plus sensiblement la forme en massue par le gros volume et la saillie en dehors de la partie lombaire ; la pelvienne superficielle est étroite et courte ; la pelvienne profonde est plus large.
Les deux formes que nous venons de signaler parmi les passereaux se retrouvent chez les Grimpeurs.
Le pic-vert, d’un côté, a les trois portions de ses reins confondues, ou du moins réunies, en un parallélograme, à face inférieure unie. Le perroquet vasa, de l’autre, a des reins en massue, à peu près comme ceux du geai, sauf que les portions pelviennes y sont plus longues et plus développées, proportionnément à la partie lombaire.
ParmilesGallinacees, je trouve troislobes arrondis bien distincts, dont le dernier .est cependant le plus grand, dans le Locco (crax alector), qui commence à peu près la série de cetordre, et dans le pigeon couronné, qui la finit.
Dans une pénélope femelle, les deux portions pelviennes forment un triangle très-allongé, à surface découpée en dessus, dont le sommet vient joindre la portion lombaire courte et large.
Le coq de bruyère a le lobe pelvien inférieur le plus grand, comme cela est assez général dans cet ordre, et le lobe pelvien supérieur étroit et sous-divisé en lobules.
Cependant le Ilobe lombaire est plus grand dans la | pintade que le pelvien postérieur.
Les gangas ont les reins d’une forme toute particulière ; leur portion lombaire est petite, bien séparée du reste et n’en paraissant qu'une partie accessoire. Les portions pelviennes supérieures des deux reins, petites et triangulaires, et les pelviennes profondes beaucoup plus considérables, sont presque confondues en une
572 xxx LECON. DE L'URINE ET DES GAGANES URRINAIRES. seule masse ; elles figurent ensemble un polygone irregulier, ayant dans Îe milieu deux séries de sillons iransverses.
Parmi les Echässiers, nous devons distinguer, en premier lieu, les Brévipennes, dont les reins ont leurs trois portions peu séparées. Dans l'autruche, la portion Jombaire est petite et rhomboïdale, la pelvienne supérieure étroite et longue, la pelvienne profonde beaucoup plus large et assez longue. La masse des reins est profondément divisée en un grand nombre de lobules très- distincts, réunis par un tissu cellulaire lâche. On dirait, à voir leur surface, que la substance du rein se compose de couches ou de lames irrégulières s’enchevétrant les unes dans les autres ; sous d’autres aspects, ce sont comme des circonvolutions cérébrales. I y a donc ici, dans l'adulte, la même apparence de structure observée dans les reins des embryons ou des très-jeunes oiseaux, et qui disparaît gene ets avec l’âge.
L'outarde à les reins petits ; les trois lobes bien separés, et les postérieurs plus grands.
Ceux de la grue sont très-allongés, très-étroits dans leur partie moyenne, et divisés en lobules dans leurs portions pelviennes. Ïls sont moins allongés, et leur portion lombaire est plus large chez l'oiseau royal.
Dans la cigogne à sac, les reins ont une forme courte et ramassée ; les portions pelviennes en forment la trèsgrande partie ; la pelvienne antérieure est sphérique, et se continue avec Ja postérieure, qui est triangulaire ; en avant de ja preruiere est une petite sphère que je regarde comme la portion Jombaire, sans l'avoir vue en place.
La spaluls a secs deux reins contigus et leurs trois
ART. II. REINS DES VERTÉBRÉS. 97 portions presque confondues ; la pelvienüe prufonde se distingue cependant par sa plus grande masse et par sa largeur, et la pelvienne superficielle, parce qu'elle répond à la partie échancrée ou la plus étroite de ces reins ; elle n’a, réunie à la lombaire, guère plus de longueur que la pelvienne profonde.
Je citerai immédiatement, parmiles Palmipèdes, une forme opposée à la plupart de celles que je viens de décrire dans les deux ordres précédents. C'est celle des reins d'un manchot (le manchot bleu oule grand manchot), qui sont rapprochés en arrière, plus séparés en avant, sans portions distinctes, larges et arrondis en avant et en dehors; se courbant en S par leur bord externe, et se rétrécissant beaucoup en arrière. Nous avions déjà dit, dans notre ancien texte, qu'on ne distingue plus leurs lobes dans le cormoran et le pélican.
Ces exemples suffiront pour montrer combien les reins des oiseaux différent dans leur forme ; quoiqu'on puisse leur assigner pour type général d’être plus larges en avant, dans leur portion lombaire et en arrière dans leur portion pelvienne profonde, et plus étroits dans leur partie moyenne; et d’avoir généralement ces trois parties plus ou moins distinctes, ainsi que nous l'avons exprimé en commencant cette esquisse générale. | Leur masse nous a semblé plus grande à proportion que dans les mammifères, et leur consistance beaucoup moindre.
Cr
[On a voulu expliquer leur plus grand volume, par la nécessité de suppléer par la sécrétion urinaire à l'exhalation pulmonaire et à la transpiration cutanée, qui n'existeraient pas chez les oiseaux. Mais où n'a pas réfléchi que leur urine n'est que très-peu ou mére pas
574 xxxI° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
du tout aqueuse, et que ce n’est que sous le rapport de l’eau qui entre dans leur composition que ces trois
excrétions se balancent et se suppléent chez l’homme.
La couleur des reins, chez les oiseaux, est d’un rouge brun, et contraste avec celle des poumons, à la suite desquels nous avons déjà dit qu'ils sont placés. ]
b. Vaisseaux sanguins. Les artères des reins viennent, pour le premier lobe de l’aorte même, et pour l’autre partie, de la fémorale.
Les veines se joignent aux fémorales pour former la veine cave, ou vont immédiatement à cette veine.
[Ce sont les premières, que nous avions bien distinguées, comme l’on voit, dans notre ancien texte, qui sont considérées par M. J'acobson comme des veines afférentes, comme constituant, pour les reins, une sorte de veine-porte (1).]
c. Structure intime des reins. On ne peut y reconnaître deux substances, quel que soit le sens dans lequel on les coupe. Aussi n’y trouve-t-on plus , comme dans les reins des mammifères, deux sortes de canaux excréteurs; car on doit distinguer, dans ces derniers, les canaux qui forment la substance médullaire, de l’uretère , qui commence proprement avec les calices. Ici ce dernier canal prend son origine dans l'épaisseur des reins [ à la vérité, près de leur surface, ] par une foule de petites racines très-déliées [ qui sont les tubes urinifères |. 11 nait de leur rassemblement successif, des rameaux et des branches qui concourent à former et à grossir l’uretère. .
(4) Voir notre t. vr, p. 241-244 et p. 265.
ART. Il. REINS DES VERTÉBRÉS. 573
[Notre manière de voir les tubes de Bellini dans les oiseaux, comme se continuant avec les uretères, dont les ramifications se changeraient insensiblement dans ces tubes, est celle adoptée par M. Huschke (mémoire cité). Ce savant pense qu'il n’y a de papilles distinctes, et conséquemment de calices, que lorsqu'il existe deux substances. Cependant il ne disconvient pas que l’on trouve, dans la classe des oiseaux, des iraces de papilles.
En effet, Ferrein avait déjà démontré que, chez les pigeons, les tubes de Bellini convergent par faisceaux séparés en s’approchant de luretère; qu’un certain nombre de tubes, se réunissant successivement par paire, dans chacun de ces faisceaux, semblent se terminer dans le sommet d’un cône très-petit, allongé, sorte de mamelon qu’un rameau court de l’uretère vient emboîter comme un bassinet, M. £. H. Weber a décrit cette structure dans la pintade , et M. J. Muller l’a reconnue dans le faucon (1). |
Elle est sans doute plus évidente dans les grands oiseaux (2). Ainsi, Meckel à distingué dans le lobe antérieur des reins du casoar de l'Inde, des papilles et des calices.
La surface des reins, observée à la loupe, ou même li la vue simple, surtout chez les jeunes sujets, montre ‘comme des circonvolutions cérébrales. Ce sont des lobes plissés, repliés, se terminant à cette surface par un bord un peu en relief, C’est le long de ce bord, dans
(4) Op. cit., pl. xurr, fig. 42.
(2) Archives d’ Anatomie et de Physiologie, pour 4835, p. 339,
576 xxxI" LEÇON. DE KE VRINE ET D@8 ORGANES URINAIEKS.
ces circonvolutions, que commencent les tubes urinifères par des ramuscules en cœcum, simples ou bifurqués, ou montrant dans leur trajet, à droite et à gau= che, de courtes branches également terminées en cul: de-sac. Ces tubes d’origine sont ordinairement disposés en deux séries opposées, de chaque côté de la ligne ondulée des lobules ; Ferrein les représente dans la perdriæ, comme formant beaucoup de sinuosités à la surface des reins. Suivant Auschke ils seraient plus droits.
Les principaux faisceaux de ces tubes sont séparés par le réseau vasculaire sanguin, qui montre, comme dans les mammifères, des coipuscules de Malpighi.
1 n’y a pas plus que dans les mammifères, de communication directe entre les tubes urinaires d'origine et ces pelotons artériels, ou même avec le réseau capil laire sanguin.] |
d. Canal excréteur des reins. Les rameaux de ce canal et les branches qui sortent de la partie antérieure des reins, concourent successivement à former et à grossir son tronc unique ou l’uretère, dont la structure paraît la même que chez les mammifères ; il se porte d'avant en arriére, le long de la face inférieure et un peu interne de chaque rein, en recevant à mesure les branches de chaque portion de cet organe ; puis il continue son chemin d'avant en arrière jusqu’au cloaque, à la paroi supérieure duquel il s'ouvre. 4
{Ordinairement il paraît à découvert, à la face infé- } rieure des reins ; mais il peut être comme € :nfoui dans cet organe. | C’est ainsi que dans l'autruckhe, il reste cas ché jusqu'à l'extrémité postérieure du rein, dans un sillon profond de sa face inférieure.
[ Celui du casoar à la même disposition ; à son issue
du rein, il n'éprouve aucune dilatation qui formerait une sorte de bassinet. |
D. Dans les Reptiles.
Les reins se distinguent de ceux des mammifères, et ressemblent aux reins des oiseaux, et à ceux des poissons, par l'impossibilité d’y reconnaître deux substances, et par le défaut de calice ou de bassinet.
a. Leur situation, leur forme, leur grandeur relative, variant dans les différents ordres, [nous allons chercher à indiquer, sous ces différents rapports, leurs principaux caractères de ressemblances ou de différences. |
1° Ceux des Chélontens sont très-en arrière dans la cavité abdominale, [ dont ils occupent une très-petite partie, en se portant plus loin dans le bassin. Dans cette position reculée, ils peuvent encore avoir au-dessus d’eux une partie des poumons (dans la tortue marquetée, testudo tabulata, Walb.) (1), ou bien se montrer immédiatement apres eux, comme chez les ciseaux (la chéloné caret. ) ]
Leur forme est courte et ramassée [ovale, prismatique ou plate et triangulaire, avec l'angle tronqué et arrondi (la chéloné caret est dans ce dernier cas ).]
On les trouve très-divisés, du moins dans leurs deux faces ; car tous les lobules se réunissent au centre,
(4) Voir la pl. 2 des Reptiles que j'ai publiée dans la nouvelle éditio® du Régne aninal, où la plupart des viscères de cette espèce, et non de la tortue eoui, comme la souscription le porte par erreur, ont été représentés en position.
578 xxx1° LEÇON. DE L'URINE ÊT DES ORGANES URINAIRES. |
[D’autres fois les divisions sont profondes dans un de leur côtés ( l'emys lutaria ) ; | ils forment, du côté infé= rieur, des espèces de circonvolutions comparables à à celles du cerveau, et qui donnent à ces organes un aspee singulier. É 2. [Les Sauriens les ont aussi très-reculés dans la < ce vité abdominale ;] chez plusieurs (les za rd ( compris entierement dans la cavité du ba l ils sont, pour ainsi dire, collés à côté l’un de Ta sous Ja voûte du sacrum, au-dessus du cloaque, ets’ en: 1 foncent même jusque sous la queue. | [ Leur forme est généralement plus allongée, comme celle du corps, que dans l’ordre précédent. Elle y est. en cône, en navette ou en massue, c’est-à-dire que leur partie la plus avancée estremarquablementplus épaisse, dans ce dernier cas, que le reste de leur étendue. F Leur volume proportionnel m'a paru trés-petit chez | ceux qui ne vont pas à l'eau, tels que les £zards pro) prement dits , etc. PJ Le caiman a lunettes, Parmi les Crocodiliens, les a #8 oblongs, obtus en avant, plus larges dans leur partie moyenne , rétrécis en arrière. | Îls sont aussi plus ou HA moins divisés en lobules, dans cette famille. [ Le erocodile à deux arêtes et le caiman, à la vérité, ne m'ont offert qu’un petit nombre de lobules, surtout à la fe ce dorsale ; | tandis + si en avons vu peut dans le crocodile du Nil - ra [Les reins sont en massue, épais et arrondis en avant, ; très-eflilés en arrière et divisés en travers en un grand nombre de lobules, dans le vurun du Nil, Dunée. et Biser. Dans le varan big garré ils sont enfoncés dans le bassin, s'élèvent peu das les lombes et présentent
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ART. Il. REINS DES VERTÉBRÉS. 579
aussi la forme en massue.. [ls sont ovales, très-rétrécis en arrière, ayant leur bord externe Pr en lobules, dans le caméléon. .
D'autres Sauriens, tels que les {ézards, les ont peu divisés. Le tétradactyle Décrès les a enfoncés dans le bassin, courts, épais et ovales, comme les autres Sauriens,
F Cette positio reculée, à la même hauteur, se voit encore dans le ipède, dont les reins sont cependant plats et étroits, ou en ruban. |
5. Chez les Ophidiens, le rein droit est sensiblement plus avancé que le gauche ; et ils ne sont assujettis de chaque côté de la colonne vertébrale, que par un prolongement du péritoine, qui les enveloppe et les suspend sans les y coller; disposition qui dépend sans doute de la grande mobilité de cette colonne.
Leur forme est généralement plus ou moins allongée, étroite et deprimée. Ils sont composés de lobes distincts, séparés, qui sont comme enchaînés l’un devant l'autre.
[Il y a cependant quelques différences de forme, de volume et de position qui paraissent devoir distinguer les reins de plusieurs familles.
* Ceux de l’orvet sont reculés, comme chez les Sauriens ; Mais comme ils sont plus volumineux à proportion, ils s’avancent davantage dans la cavité abdominale. Ils se composent de cinq lobes imbriqués l’un derrière l’autre, et sont situés à la même hauteur. Chez les tortrix (le ruban), ils ont la position asymétrique des serpents proprement dits. 1ls sont oblongs et prismatiques, composés de beaucoup de lobules, le droit plus avancé que le gauche de moitié de sa lon= gueur ; l’un et l’autre peu éloignés de l'anus.
580 xxxI° LECON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
Ils sont au contraire très-éloignés de l'anus dans les | boas, J'ai trouvé le droit en te de massue, le gros bout en avant, et le gauche en forme de navette ; l’un et l’autre composés de lobes lâchement unis et dispo-. sés en travers. Le serpent à sonnette les à très-rapprochés | de l'anus, le droit moins que le gauche ; tous deux sont composés de lobes serrés, leur donnant la forme étroite : et déprimée, qui est la plus générale dans cet ordre. Leur substance est compacte, avec deux ou trois lignes … transversales peu apparentes, indiquant de rares divi- … sions ou lobes, dans les chersydres ( acrochordus fas- à c'atus }: f
Les cécilies les ont étroits, allongés, très-rapprochés l’un de l’autre, très-reculés, à peu prés à la même hauteur; ils sont un peu échancrés le long de leur bord interne dans la cécilie à ventre blanc.
4. Enfin, chez les Batraciens, les reins varient encore beaucoup, dans leur forme et leur volume proportionnel ou leur division en lobules, suivant les familles et surtout suivant la forme du corps et le séjour.
Les Batraciens anoures les ont oblongs ou un peu en massue, proportionnément grands, occupant, rapprochés l’un de l’autre, une grande partie de la longueur de la cavité viscérale (1). Leur substance est peu divisée, assez compacte, d’un rouge clair.
Ceux des salamandres (des tritons) sont oblongs, rapprochés dans le bassin et la région lombaire, non divisés en lobes , d’un rouge brun. Leur volume proportionnel n'a paru moindre dans la salamandre terrestre.
(4) Première édition. 1. v, p, 284 et 232,
Parmi les autres Batraciens, j'ai trouvé les reins étroits et plats, médiocrement longs et se portant jusqu’à cinq centimètres environ au- at de l'anus, dans un
mphiuma tridactylum, Cuv., dont la longueur était de 0,85 m.
Dans le menopoma alleghaniensis, ils sont dans la partie la plus reculée de l'abdomen, rapprochés l’un de l’autre derrière le péritoine, et ne s’avancant guère que jusqu’à la moitié de la hauteur du rectum. Leur bord interne a quelques échancrures profondes.
Le menobranchus les à épais en arrière, minces en avant, reculés et enveloppés dans le mésentère de chaque oviducte, leur substance est molle et homogène.
Dans la sirène, ils occupent le fond de l'abdomen de chaque côté du rectum, ont un volume peu considérable et recoivent à proportion beaucoup de vaisseaux sanguins (1).
*- Le protée les a longs, et s’avançant Jusqu’au-dessus du foie, en forme de ruban qui s’amincit et se rétrécit à mesure qu'il se porte en avant.
| b. Structure intime des reins. Dans les reins du crocodile nous avons vu (2)les canaux urinaires se rendre successivement dans un canal commun, l’uretére. ]
On apercoit de même facilement, dans les Ophidiens, Jes principales ramifications de ces canaux aboutir successivement,en sortant de chaque lobe, à un tronc comwun qui suit le bord externe du rein, et forme l’uretère. [Chaque tronc de cesmêmes canaux urinaires qui vien-
(4) Recherches Anatomiques sur les Feptiles douteux, par M, G. Cuvier ; Er 4807, p. 44 et 45.
2) Déjà dans mes observations de 4805, dont j'ai conservé les note
is HE LÉ RARES 2 | N°12 à Nr
582 xxxi° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
nent ainsi se terminer à l’uretère, placé dans la scissure qui sépare deux lobes, se divise très-régulièrement dans leurs moitiés correspondantes ; de sorte q les ramifications sont divergentes et penniformes (1).
Les canaux urinaires ne se distribuent pas aussi uni- | formément dans les reins des Batraciens anoures (2). Is. sont flexueux à la surface inférieure ; tandis que ceux de la surface supérieure se portent presque en ligne droite, et en faisant très-peu de sinuosités , dans une. direction transversale, du bord externe vers le bord interne du rein; si on les suit depuis leur embouchure dans l’uretère. Dans ce trajet ils sont presque parallèles, se divisent péu, tout au plus en deux branches, et ils aboutissent à une dilatation vésiculaire, qui est pro-. prement leur origine. »:, 40
Les reins des Pre et des ] jeunes Le se COmM- É |
simples affectant la même direction (3).
c. Vaisseaux sanguins des reins. Les artères des reins pénètrent dans ces organes par leur bord interne. Le À les Ophidiens, entre autres, il sort de l'artère rénale, à mesure qu’elle se porte en arrière , en longeant le côté interne du rein, une branche qui pénètre entre deux lobes, et qui fournit pour chaque lobe deux rangées de rameaux superficiels et divergents.
Les corpuscules de Malpig She se voient même à la
(4) M. Huschke, mémoire cité, (2) Thid. — (5) Voir M, J, Muller, op. cit., tabl. x1r, fig. 7-15.
urface inférieure des reins, dans les Batraciens anoures (la grenouille rousse ). Leur rapport avec le système sanguin artériel, dont ils font partie, a été démontré ici par les injections, comme dans les autres vertébrés ù ils existent.
Les veines ont leurs troncs sur le bord opposé. Il y en a deux : l’un antérieur, celui des veines efférentes, qui, réuni à son symétrique, forme l'origine de la veine-cave postérieure ; l’autre, postérieur, va en diminuant d'arriere en avant, etcommunique avec les veines ui rapportent le sang des extrémités postérieures et de aqueue ; c’est la veine de Jucobi, que ce savant regarde comme la veine-porte des reins {voir ce que nous en avons ditt. VI, p. 245-256, et 266 à 268, passim).
En général, les veines forment un grand réseau à etites mailles qui recouvre la surface des reins, etreçoit les capillaires de leur substance interne. Cependant T. Huschke a remarqué, et nous avons constaté que la veine de Jacobi montre plutôt des ramifications dans es divisions, et que la veine rénale antérieure a ses divisions plus disposées en réseau. |
d. Canal excréteur des reins. Les uretères, dont l'origine est analogue à celle que nous venons de décrire dans les oiseaux, sont plus ou moins longs, suivant la situation avancée ou reculée des reins.
Dans les Chéloniens, ils se terminent dans l’urètre, d’où l'urine reflue dans la vessie.
| Jis sont courts, gros et à parois très-épaisses dans Îles crocodiles, et percent la paroi supérieure du cloaque à une assez grande distance l’un de l’autre.
Parvenu au-dessus du cloaque. dans ies Ophidiens, chaque uretère se dilate assez généralement en une
584 xxxI° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
petite vessie de forme ovale, avant de s’v aboucher par à
un orifice séparé.
En général ils se terminent dans ce cloaque à proxi- …
mité de la vessie, ou sans ce rapport, suivant que ce dernier réservoir manque ou qu'il existe; ce que nous dirons plus en détail en le décrivant.
E. Dans les Poissons.
a. [ Position, forme, volume, couleur, substance. Nous examinerons successivement ces différentes circonstances dans les deux sous-classes des poissons osseux et des poissons cartilagineux. |
1. Les reins des Poissons [osseux] ont généralement un volume proportionnel plus considérable que ceux des classes précédentes. Ils sont souvent étroits, collés l’un à l’autre [dans unepartie de leur étendue, principalement en arrière] et ne formant en apparence qu'une seule masse.
Fixés de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la plus grande partie ou même dans toute la longueur de la cavité abdominale, ils pénétrent chez quelques poissons, dans des sinus de cette cavité qui s’avancent audessus des branchies, jusque sous la base du crâne.
Chaque rein montre | quelquefois] dans sa moitié antérieure, un large lobe du côté externe qui donne à la masse des deux organes la forme d’une croix. C'est ce qui a lieu dans les cyprins, chez lesquels ils se renflent vis-à-vis de l’étranglement de la vessie natatoire.
[Généralement séparés et distincts l’un de l’autre dans leur partie antérieure, qui peut être étranglée avant de se terminer, puis dilatée en massue à sa derniere extre-
mite (le cottus scorpio) (1); ils se rapprochent et se confondent en apparence en une seule masse dans leur partie postérieure. Il en résulte que l'ensemble des deux reins paraît fourchu. «
Nous devons dire de la forme des reins ce que nous avons exprimé sur le foie; que ces organes, n'étant pas
des instruments physiques, mais chimiques, leur forme
ne leur est pas aussi essentielle que leur composition intime. F4
Aussi est-elle évidemment sous l'influence de la forme générale du corps, et plus particulièrement de celle de la cavité abdominale, et de l’espace qui leur est laissé par les autres viscères. Cette dernière proposition est facile à démontrer chez les cyprins, où l'étranglement de la vessie natatoire et la place qui en te permettent aux reins d’y développer un lobe latéral, ainsi que nous venons de le dire. ] :
| Leur substance est molle, d’un rouge brun, et très- ‘uniforme ou homogène dans toute son étendue.
[ Elle est recouverte par une membrane propre, de nature fibreuse , extrémement mince, qui s’en sépare difficilement. |] | Le péritoine est tendu sous leur face inférieure et sert à les assujettir, [ ainsi que la vessie natatoire quand elle existe, et dont les prelongements qu’elle envoie (souvent aux côtes, traversent la face inférieure des reins.] | Cette description convient au trés-grand nombre des
{4) A. J. D. Toussaint, Commentatio de systemate uropoetire piscinm, Uab}, 1; fig. 5-6. Lugéun! Batav., 4835.
être leur volume proportion nel, qui nr varier.
2. [ Dans la sous-classe des Poissons Cartiagint L Parmi les poissons de cette sous-classe, les deux familles des Sélaciens et des Suceurs présentent des différences caractéristiques, à cet égard comme à beaucoup d’autres.] Ainsi on les trouve sense ent moins grands dansies raies [et surtout dans les chimères],que dans les autres genres de toute la classe. [Ils ysont divisés plus ou moins profondément en un nowbre variable de lobules.
Presque toujours séparés dans toute leur étendue, il est plus rare qu'ils se réunissent en arrière, comme dans la chimère, la raie Lbouclée, la mourine narinart. |
Dans cette dernière espèce, je les aitrouvés composés d'un grand nombre de lobules irréguliers, lâchement unis. Les deux reins étaient confondus dansleur moitié postérieure, et comme séparés en deux grands lobes dans leur moitié antérieure.
La raie ronce les a étroits, allongés, composés d'une série de lobules appliqués sur chaque côté de la colonne vertébrale, dans la partie la plus reculée de l'abdomen;ayant ,dans les mâles, les canaux déférents contre leur bord interne.
Dans les lamproyes (la lamproye marine), les reins sont étroits, aplatis en rubans, très-longs, étendus depuis la partie la plus reculée de la cavité abdominale jusqu'au-delà de sa moitié antérieure, et comme suspendus et complétement enveloppés par les replis du péritoine, de chaque côté du sinus veineux génital, sous la veine-cave.
= Leur substance a paru en général moins molle, plus compacte dans les familles de cette sous-classe que
ans la sous-classe précédente, surtout dans les estureons et les sélaciens.]
b. Structure intime des reirs. Les nombreuses racines | des canaux uriniféres ,- «qui prennent leur origine dans la substance des reins, à la manière de celles de canaux iliaires, ont des parois d’abord transparentes, qui deviennent opaques en grossissant, et montrent souvent une couleur argentée. Leurs rameaux et leurs branches se r . enfin, comme dans les deux classes précédentes, en un tronc unique, l’uretêre, qui suit la face inférieure du rein, [et dont nous exposerons plus bas la marche ultérieure et les différents modes de terminaison.
Les canaux urinifères ont paru très-flexueux , intestiniformes dans les reins de la carpe et de la torpille. Ils sont très-peu flexueux , presque parallèles, transverses, en cœcum à leur origine, dans les /amproyes (1). L’ammocète les a très-flexueux (2).
Quelques poissons (les gades, les brochets. les pleuronectes) montrent, dans la substance de leurs reins, de petits grains noirs, qui paraissent plus où moins évidemment adhérents aux circonvolutions des vaisseaux sanguins et urinaires (5).]
d. Vaisseaux sanguins. Leurs artères se détachent de l’aorte ou de ses premières branches, ordinairement des intercostales, en rares et très-petits rameaux. La veine-cave est cachée dans leur masse, qu'elle sépare. | Elle y reçoit beaucoup de petites rénales; mais une
(4) J. Muller, op. cit., tabl. xr1, fig. 4, 2, 3 et 4. — (2) M. Rathhe, mémoire pour servir à l’histoire du liègne animal; Halle, 4827, 40° partie, p. 93. (3) M. Toussaint, mémoire cité, p. 44.
588 xxxI° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
autre partie de ces veines se jette dans un tronc principal, qui se joint à la veine-cave au-delà du rein.
[Au reste, le système veineux des reins, qui est généralement très-considérable, varie beaucoup dans ses rapports et sa distribution. suivant les familles.
I est indubitable que, dans un grand nombre de poissons (1), plusieurs petits troncs veineux, après avoir rassemblé le sang des parois abdominales, se rendent successivement dans chaque rein, ets’y distribuent à la manière des artères.
Dans ce cas les veines caudales, en longeant les reins, reçoivent à mesure leurs veines efférentes.
Dans d’autres poissons (2), la partie moyenne des reins recoit, dans un sillon de sa face inférieure, un sinus veineux, dans lequel viennent aboutir les veines efférentes des reins; tandis que les veines caudales, et même celles de la partie moyenne du corps, s’y distribueraient à la manière d’une veine-porte soit en totalité, soit en partie.
L'autre partie, dans ce dernier plan, se rendrait dans la veine-porte hépatique (3). «
Dans les lamproyes c'est encore un tout autre plan. Ici, les reins n’ont point de veine-porte, et le sang veineux des autres parties du corps n’y pénètre pas. Ils ont, tout le long de leur bord interne, un sinus caverneux, qui reçoit leur sang et le transmet dans la veinecave correspondante (voir notre t. VI, p. 260, 262 et
(4) La perche, la blennie v'vipare ; les cyprins, les clupés ; les gades, suivant MM. Jacobson, Rathke et Toussaint, — (2) Les trigles, les esoces , les pleuronectes, les sélaciens. — (3) Les murènes et la baudroye, suivant M. Jarobson ; de Systemate venoso peculi ri; Mafnix, 4824,
ART. Lil. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBAES, 589
e. Canal excréteur des reins. L'uretère peut être
formé par les premiers canaux de la partie la plus
avancée du rein,et paraître déjà sous cette partie, d’où
il se porte d'avant en arrière, comme nous l'avons dit,
dans toute la longueur du rein, en recevant à mesure les branches des canaux urinaires de tout l'organe.
Dans d’autres cas plus rares, ce n’est que sous la partie la plus reculée du rein que de très-petits canaux urinifères , sortis des différentes parties des reins, se rassemblent en un seul tronc (les gades. les pleunectes).
Les deux uretères se réunissent le plus souvent en un seul canal, avant de se terminer. Par une exception rare, les épinoches ont cinq canaux urinaires, de chaque côté, qui se rendent séparément à la vessie. Dans la raie bouclée femelle, j'ai vérifié que les canaux urinaires qui sortent de chaque lobe convergent d’avant en arrière ou d’arrière en avant, pour se réunir à deux troncs, qui s’inserent près l’un de l’autre, sur le côté du lobe vésical correspondant (1).]
ARTICLE III
De la vessie urinaire et des autres aboutissants, ou reservoirs de l’urine dans les animaux vertébrés.
Une partie seulement des animaux vertébrés possède une vessie urinaire, sorte de réservoir musculo-membraneux qui retient pendant quelque temps l'urine que
(A4) M. Tonssaint, mémoire cité, p. 46 et tabl. 44 , fig, 2-e, et 5,
590 xxx1° LEÇON. DE L’URINE ET DES ORGANES URINAIRES. ‘Jui versent les uretéres, et la transmet au dehors à des intervalles plus ou moins rapprochés.
[Chez d’autres animaux de ce type supérieur, l'urine peut s'arrêter dans l'extrémité dilatée des uretères (les Oplhidiens, entre autres, parmi les Reptiles); chez beaucoup d’autres (les Oiseaux, plusieurs Sauriens, parmi les Beptiles ; elle est déposée par les uretères dans le cloaque, qui lui sert de réservoir. Chez quelques peissons enfin, qui n’ont ni cloaque, ni vessie urinaire, l’urine est évacuée immédiatement par l’orifice unique d’un court canal, commun aux uretères, quelquefois même aux conduits de la génération, lequel s'ouvre en arrière de l'anus. |
Remarquons ici qu’une pareille disposition, qui permet à des poissons de se débarrasser de leur urine, pour ainsi dire à mesure de sa sécrétion, n’a lieu que chez les animaux aquatiques.
Nous allons examiner ces différents modes de terminaison des uretères, ces différents réservoirs de l'urine, et les moyens divers de la transmettre au dehors, tels qu’ils ont été départis à chacune des classes des animaux vertébrés. à
Pour bien apprécier ces ‘différences, ‘il faudra se rappeler ce que nous avons dit de la nature del urine, qui peut ètre liquide et plus ou moins aqueuse, ou réduite à ses principes essentiels, l'ürée ou l'acide urique et quelques sels, et former une pâte, épaisse.
il faut encore avoir présent à l'esprit une. considération sur laquelle nous aurons l’occasion de nous étendre en faisant l’histoire du développement du
fœtus, dans le volume suivant. C’est que la vessie uri= naire de l'embryon de beaucoup de vertébrés, à une
ART. III. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBRÉS. 591 certaine époque de Ja vie d’incubation, est à la fois une enveloppe de cet embryon, un organe de respiration, et un réservoir d'urine, de même que l'intestin est le réservoir du méconium. C’est qu’elle a été une partie de l’allantoïde, à cette première époque de la vie, avant d’être réduite à son rôle de simple réservoir de l'urine , durant le reste de l'existence. ]
A. Dans les Mammiftres.
[C'est toujours par l'intermédiaire d’une vessie urinaire, ou d’un réservoir musculo-membraneux, que l'urine très-liquide des mammiftres est rejetée hors du corps, après avoir séjourné dans ce réservoir. Le ligament qui va de son sommet à l'ombilic, et qui conserve, dans quelques cas, un canal intérieur, est le seul reste du pédicule de l’allantoïde, de cette vessie enveloppe du fœtus des mammifères, qui subsiste au-delà de la vie embryonnaire.]
1. Chez l’homme, la vessie urinaire, lorsqu'elle n’est pas très-remplie, est contenue dans la cavité du petit bassin, et ne dépasse pas le niveau des os pubis. Elle est située au-devant du rectum dans l'homme, et du vagin dans la femme. On y distingue un fond qui est supérieur, et qu on appelle encore son sommet; un bas-fond, qui est postérieur etinférieur, et forme sa partie la lus évasée, tt un col qui est antérieur et inférieur. Le péritoine ne recouvre qu'une partie de la face postérieure de son ska et de ses côtés. Elle est d’ailleurs assujettie par deux ligaments latéraux et un médian, restes des artères ombilicales et de l'ouraque, qui vont des côtés
et du sommet de la vessie à 1 ‘ombilic, et par deux petits
592 XAxXI" LECON, DE L'URINE ET PES ORGANES LPRINAIRES,
ligaments qui se portent des os pubis vers son col. Sa membrane interne a tous les caractères communs aux membranes muqueuses, et se continue dans l’urêthre. Elle présente quelquefois des rides permanentes, inter-
ceptant des sinus plus ou moins profonds, qui ont fait
donner aux vessies où elles se remarquent, le nom de
vessies à colonnes. La membrane interne de la vessie
est réunie par une couche celluleuse, plus ou moins épaisse et serrée, à la membrane musculeuse ; cette dernière est composée de faisceaux plus ou moins marqués, dirigés en différents sens, mais dont un grand nombre semblent converger vers le col, où ils forment une couche plus épaisse que dans tout le reste de l’étendue de la vessie. Enfin, une dernière couche celluleuse affermit encore extérieurement les parois de celle-ci.
La vessie urinaire recoit des vaisseaux artériels de l'hypogastrique sous les noms de vésicales et d’ombilicales. Les veines sont remarquables par le plexus trèscompliqué qu'elles forment, particulièrement autour de son col. Elle a de nombreux vaisseaux lymphatiques et des nerfs qui lui viennent du plexus hypogastrique.
Nous avons déjà dit, en décrivant les uretères, que ceux-ci percent obliquement le bas-fond de la vessie pour y conduire l'urine qu'ils reçoivent des reins. Ce liquide passe de la vessie dans le canal de l’urèthre. Celui de l’homme sera décrit dans la lecon où nous traiterons des organes de la génération, avec la verge dont il fait partie.
Nous verrons, dans la même lecon, que celui de la femme se termine dans le haut de la vulve ; il est court, dirigé presque horizontalement du col de la vessie, sous la symphise des os pubis, accollé en partie à la face
ART. II. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBRÉS, 593 antérieure etsupérieure du vagin, ayant intérieurement des plis longitudinaux et des sinus, et extérieurement un tissu vasculaire.
2. Chez les autres mammifères. La proportion de la vessie n'est pas la même dans tous les mammifères. On à dit qu'elle est généralement beaucoup plus vaste dans les herbivores que dans les carnivores ; mais cela ne nous paraît pas absolument exact. Si son volume est en effet beaucoup plus petit dans les carnivores, c’est en partie parce qu’étant beaucoup plus musculeuse, ses parois se sont plus fortement contractées à l'instant de la mort. Elle paraît également petite dans ceux des herbivores qui l'ont très-museuleuse,
Sa structure varie à cet égard, dans la classe des mammifères, d’une manière frappante. Les carnassiers ont généralement d’épaisses colonnes musculeuses dans les parois de leur vessie. Ges colonnes ou ces faisceaux sont dirigés en travers, ou selon la longueur de cet organe, depuis son fond jusqu'à son col. Les carnassiers ne sont pas les seuls à la vérité chez lesquels cette structure existe ; on la trouve dans le cheval, parmi les herbivores ; tandis que dans les autres genres de cette division , et dans les omnivores, tels que les singes, les makis, le cochon, la membrane musculeuse n’est pas à proportion plus épaisse que chez l'homme,
L'insertion des uretères est toujours placée à quelque distance du col, comme dans ce dernier, à l’exception de l'échidné et de l'ornithorkynque, chez lesquels cette insertion a lieu au-delà d'un bourrelet qui semble séparer la vessie de l’urèthre ; de sorte que les uretères semblent plutôt s'ouvrir dans ce dernier canal que dans
594 xxx1° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES
la vessie. C'est une ressemblance avec ce qui a lieu dans les chéloniens. L
Les femelles n’ont de l’urèthre que ce qui répond à la portion musculeuse de ce canal dans les mâles. Sa longueur varie beaucoup ; mais en général elle nous a paru en rapport avec la portion correspondante dans l’autre sexe. Ainsi, l'urèthre est fortlong dans les femelles de carnassiers, eten particulier dans les chats. Une couche plus où moins épaisse de fibres musculaires transversales, qui doivent en resserrer les parois avec force, pour en expulser l'urine, l’entoure dans toute son étendue.
B. Dans la classe des Oiseaux.
[in parlant de l’ürine des oiseaux nous avons dit que les espèces de Ia famille des Brévipennes, ont seules, dans cette classe, une urine liquide et abondante, qui peut s’accumuler dans leur cloaque, comme dans une vessie urinaire. | L'autruche d'Afrique, V'autruche d’Amérique où le nandou, le casoar à casque, celui de la Nouvelle-Hollande, qui constituent cette famille, sont conséquemment les seuls oiseaux qui urinent | d’une manière bien sensible. ]
On pourra voir (t. IV, part. If, p. 409 et 410) la description de leur cloaque et comprendre comment les urines peuvent y être arrêtées, en même temps que les matières fécales sont accumulées dans la derniére portion du rectum. Lorsqu'un oiseau de cette famille veut se débarrasser des unes et des autres, il urine en premier lieu, et il rend immédiatement après ses matières fécales, expulsées, au moment même, de l’extré-
ART. Il. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBREÉS. 595
mité du rectum, ou de leur réservoir intestinal, et ne
faisant que traverser rapidement ie cloaque.
Chez les autres oiseaux il y à, à l'égard des fonctions du cloaque, telles que nous venons de les indiquer rapidement chez les Brévipennes, moins de différence qu'on ne le pense généralement , et que nous ne l’avions exprimé dans notre première édition (1).
| Ce n’est pes non plus dans le cloaque que les matières fécales sont tenues en réserve , mais dans le rectum et les cœcums. Le cloaque ne fait de même que leur livrer passage, au moment de la défécation. Mais les uretères y déposent, chez les granivores, une urine dont la partie aqueuse est bientôt absorbée ; de sorte qu'il ne reste que la partie solide, qui adhère aux parois de ce réservoir, et qui recouvre les excréments, lorsqu'ils traversent le cloaque, de cet enduit blanchâtre qu'on y remarque. Cependant il paraît que l'effort qui comprime les viscères, pour la défécation, fait sortir et exprime des uretéères une urine liquide, qui sort après les excréments.
Chez les oiseaux carnassiers, les urines sont plus liquides ; elles sortent les premières, lors de la défécation, et forment ce liquide blanc comme de la chaux délayée, qui blanchit tous les corps sur lesquels il tombe et s'étend.
Il résulte de ce que nous venons de dire que, dans la
(1) Ce que nous y avions écrit, en décrivant le cloaque de l’autruche, et reproduit dans cette nouvelle édition (t. 1v, 2®e partie, p. 409). « Que les matières » fécales ne passent du rectum dans le cioaque qu’au gré de lanimal, » doit s'étendre à tous les oiseaux. Il n’était pas exact de dire (mème page) que le cloaque des autres oiseaux sert de véritable réservoir aux excréments ct aux urines qui s’y mélangent.»
596 xxxl° LECON, DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES,
Classe des oiseaux, le eloaque tient lieu de vessie urinaire, du moins pour une partie de ses fonctions. Nousexaminerons, dans l’histoire du développement, qui fera, entre autres, le sujet du tome suivant et dernier, jusqu’à quel point on peut conclure avec M. Carus (1}, que si les oiseaux n’ont pas de vessie urinaire, c’est que l'allantoïde s’oblitère complétement dans cette classe. Nous verrons du moins, dans cette lecon du développement, les rapports évidents, dans le plan général d'organisation des vertébrés, entre l’allantoïde, cette vessie conductrice des vaisseaux ombilicaux du fœtus qui ne se développe pas dans l’eau et qui manque de branchies, et la vessie intérieure que nous décrivons. ]