ART. HIT. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBRÉS
tortues de mer. Elle a un volume intermédiaire entre les unes et les autres, chez les tortues d’eau douce.
Je l’ai trouvée, dans la chéloné caret, oblongue, à parois épaisses, contractées, ayant en longueur trois fois son diamètre transversal ; celui-ci n’excédait tout au plus qu'une fois celui du rectum, qui était proportionnément petit. Au contraire, dans la tortue bordée, la vessie urinaire peut s’avancer lorsqu'elle est pleine, jusque derrière le cœur et le dépasser sur les côtés (1).
Cette différence dans la capacité de ce réservoir, si grande dans les tortues de terre, qui n’ont pas d’eau à pomper autour d'elles; tandis que ceite même vessie a beaucoup moins de capacité dans les fortues de mer, qui pourraient y attirer l’eau dans laquelle elles vivent, à la manière des larves de Demoiselles, n’est pas favorable à l’idée que le liquide contenu dans cette vessie serait de l’eau aérée et respirable, plutôt que le produit de la sécrétion des reins.
Les analyses de ce liquide, que nous avons fait conpaître, démontrent, par la présence de Purée ou de l’acide urique, à la vérité, dans de faibles proportions, qu'il a les qualités essentielles de l'urine.
La forme de la vessie urinaire des Chéloniens est très-variable. Elle est oblongue dans le caret ; pyriforme, à fond très-large, dans l’émyde concentrique ; les chélydres serpentine et lacertine, Scaweic : en cœur dans l'émyde d'Europe et plusieurs tortues proprement dites; transversale dans la tortue de Perrauit, qui compare sa
(4) Voir dans la nouvelle édition Au Régne animal de M. Cuvier, lanl. ? des Reptiles, exécutée sous mes veux.
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forme à celle de l’ailantoide de certains mammifères ; profondément bilobée dans l’emys ornata ; de telle sorte qu'elle simule deux vessies. 1 arrive même dans le cas de vessies urinaires bilobées, que les deux lobes ne sont pas toujours symétriques, et que l’un des deux est resté três-petit ; ces dernières différences se montrent, selon l'observation de M. Lesueur, dans des individus de la même espèce. J’ai remarqué, dans ce cas, que le petit lobe avait, en même temps, les parois plus minces et moins musculeuses.
Cependant les vessies urinaires des tortues terrestres, qui sont extrêmement vastes, paraissent avoir généralement des parois très-minces et très-peu musculeuses.
Un urèthre extrêmement court s'ouvre dans la paroi inférieure du eloaque dont la cavité présente de chaque côté deux bourrelets en avant l’un de l’autre ; l’antérieur est percé de l’orifice du déférent ou de l’oviducte, et le postérieur est traversé par l’uretère. ]
a. [Wessies anales accessoires. Nous croyons devoir faire connaitre, à la suite de cette description de la vessie urinaire, deux vessies symétriques déjà indiquées par Perrauit (1), et figurées par Bojanus, dans l’émyde d'Europe (2), mais sur lesquelles mon ami M. Lesueur vient de donner des renseignements précieux (3). Ges vessies, qui sont trèés-considérables, et dont la capacité excède celle de la vessie urinaire, n'existent ni dans les tortues de terre, ni dans les tortues de mer ; elles manquent aussi dans les trionyx. Douze espèces d’é-
(1) Mém. de lAead. des Se., t, 111, troisième partie, p. 183.— (2) Op. cit., pl. xxvn, fig. 156 et 157. — (3) Compte rendu des séances de l'Académie des Setences, séance du 7 octobre 4839, p. 456.
ART. III. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBRES. 599 mydes que M. Lesueur à eu l’occasion d'observer dans l'Amérique Septentrionale, en étaient pourvues. I les a encore trouvées dans deux espèces de chélydres, les serpentine et lacertine de SCuWrIGER. “ |
Ces vessies lombaires où auxiliaires, c’est ainsi que les désigne M. Lesueur, ont été comparées aux vessies anales de beaucoup de mammifères carnassiers. Cette comparaison est soutenable pour la forme et la posi= tion, et peut-être relativement au plan de composition générale de tout l'organisme ; mais elle n'est plus exacte si l’on entre dans les détails de leur structure et de leurs usages. Ce ne sont nullement des organes à parois glanduleuses, interceptant un réservoir de l'humeur sécrétée.
Dans les Chéloniens que nous venons d'indiquer, les vessies accessoires ont une grande capacité qui excède ordinairement, pour chacune d'elles, celle de la vessie urinaire. Leur forme est ovale ou cylindrique, et leur position est telle qu'elles doivent être comprimées par les muscles du bas-ventre. Les muscles transverses les entourent immédiatement, comme une ceinture, soit de leurs fibres musculaires, sur les côtés extérieurs, soit de l’apontvrose médiane, qui réunit ces deux muscles par leur bord interne et inférieur, et qui recouvre Ja face inférierre de ces vessies.
Elles peuvert encore être comprimées par les extrémités postérieures, lorsque l'animal retire ces extrémités dans sa carapaie. M. Lesueur a expérimenté, qu'en insufflant de lai chez l'animal vivant, par le eloaque, il gonflait tellenent ces vessies, qu’elles obligeaient l'animal de sortirde sa carapace ces mêmes extrémités et de les déploye au dchors.
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J’ai trouvé que ies parois de ces vessies sont extrémement minces et formées de deux membranes seulement, l’une externe, péritonéale, sur laquelle se montrent un grand nombre de vaisseaux sanguins, y dessinant un réseau admirable, extrêmement fin. L'autre est une membrane muqueuse. Je n'ai pu découvrir entre les deux aucune fibre musculaire.
Les vessies auxiliaires s'ouvrent dans le cloaque, chacune par un large orifice, dans lequel on passe facilement le doigt, chez des émydes de médiocre grandeur ; ces orifices sont percés de chaque côté, mais au-delà de ceux de l’uretère et de celui du rectum.
L'animal remplit ces vessies d’eau (1), peut-être aussi d'air, et paraît devoir s’en servir pour diminuer la pesanteur spécifique de son corps. Cette explication fait comprendre pourquoi elles manquent aux tortues de terre, qui ne vont pas à l’eau, etaux tortues de mer, dont le corps plus large, plus aplati, et dont les extrémités en forme de rames, pouvaient les dispenser de ce moyen auxiliaire de natation; d'autant mieux que la pesanteur spécifique de l’eau de mer est plus grand» que celle de rivière. °
On comprendencore, parles mêmes mctifs, pourquoi les trionyx en sont privées. Leurs extrémités forment des rames plus puissantes que celles les émydes, et leur corps est plus large et plus aplati.
La cistude commune de l'Amérique Septentrionale ou la cistude de la Caroline, Duuér. et Bs., a, suivant
(4) L'émyde d'Europe, que Townsor a mise dans de l’eau elorée, puis dans de l’eau limpide, et qu'il a vue rendre daps celle-ci l'eau colortear le cloaque, avait sans doute absorbé cette cuu dans ses vessies accessoires.
ART. JII. VESSIE URINAIRE DES VERTÉBRES. 601 M. Lesueur, de très-petites vessies accessoires; ce qui semble annoncer que ses mœurs sont intermédiaires entre celles des tortues de terre et celles des émydes. ]
2. Dans l’ordre des Sauriens, nous allons indiquer, en suivant la série des familles, les genres où l’existence de la vessie urinaire à été constatée, et ceux où elle manque. |
Les Crocodiliens n’en ont point; les uretères n’éprouvent pas même de dilatation avant de se terminer dans Je cloaque. Cependant, outre l'urine concrète que ces animaux produisent au dehors, j'ai vu une eau blanche assez abondante que venait de rendre un jeune caiman.
Dans la seconde famille, celle des Lacertiens, on trouve chez les monitors une vessie urinaire très-prononcée; il y en a une petite globuleuse avec un long col chez les {zards proprement dits; tandis que je n’en ai pas trouvé dans les suuve-gardes.
Parmi les Zguaniens, les stellions, les dragons, les iguanes, les marbrés ont une vessie urinaire ; les agames en manquent.
On en trouve une dans les familles de Geckos et des Caméléons ct des Scincoidiens (le tétradactyle , Décris?).
Lorsqu'elle existe, c’est toujours une poche simple, oblongue, à parois minces, et très-peu musculeuses | dont la capacité proportionnelle est variable, et qui | s'ouvre dans le cloaque (1).]