Dans ce cas le poumon semble avoir plus de ca
pacité pour l’air et moins pour le sang. Aussi les mam-
mifères plongeurs ont-ils tous, hors des poumons, des réservoirs de ce fluide pour 1e moments d'immersion, durant lesquels son passage à travers les vaisseaux sanguins de ce viscère est embarrassé (1).
7. Enfin un des caractères distinctifs des poumons des mammifères, c’est d’être complétement enveloppés par une partie de la plèvre, dont l’autre partie, se repliant pour tapisser les parois thoraciques, laisse libres les poumons dans leurs mouvements de dilatation et de contraction.
B. Poumons des Oiseaux.
L'ensemble de l'appareil de la respiration des oi-
seaux se compose des poumons proprement dits et
des grands réservoirs d’air qui sont en rapport de con- = PP
tinuité avec ces organes, et doivent être considérés à la rigueur comme ls appendices. é
C'est dans les poumons proprement dits que se fait l’hématose, ou le changement complet du sang veineux en sang artériel. lis renferment essentiellement, dans ce but, les divisions des artères et des veines pulmonaires. Leur petit volume proportionnel tient surtout à une faible capacité des voies aériennes qui
(4) Voir mes Fragments sur les organes de la respiration dans les animaux vertébrés. Compte rendu de Ja séance de l’Académie des Sciences, du 7 janvier 4829.
APPENDICE. 629 les pénètrent en tous sens. Ces voies, quoique communiquant toutes les unes dans les autres, sont cependant de trois sortes. La première est la continuation de la branche dans laquelle se divise la trachéeartère pour chaque poumon; c’est la bronche intrapulmonaire. La seconde catégorie est celle des canaux secondaires non respirateurs, qui conduisent l’air immédiatement de cette bronche dans les cellules de toutes les parties du corps. Enfin la troisième catégorie se compose des canaux secondaires et tertiaires respirateurs. Les premiers tirent leur origine de la bronche, comme les canaux aériens non respirateurs; les derniers ont leur embouchure dans les canaux secondaires. Chez les uns et les autres, toute la partie de leurs parois qui n’est pas percée par les communications nombreuses que ces canaux de différents degrés ont entre eux, présente des cellules nombreuses et très-petites, à travers les parois desquelles s'aperçoit le réseau très-fin des vaisseaux sanguins respirateurs. Un filet élastique, à cordon plus ou moins délié, borde et soutient les ouvertures nombreuses de communication de tous ces canaux (ici les mailles sont ouvertes et rondes); ou limite les très-petites cellules de leur partie respirante (ici les mailles sont fermées et polygonales).
L'autre section de l'appareil de respiration des oiseaux, celle qui se compose uniquement de capacités aériennes ou de cellules qui reçoivent l'air des poumons et le répandent dans toutes les parties du corps de l'oiseau, est cependant une portion essentielle de cet appareil. Elle supplée , par sa grande capacité, à la faible capacité des voies aériennes intra-pulmo-
naires. La grande quantité d’air qu’elle renferme a pu passer en partie pour arriver dans les cellules sur les. surfaces respirantes, ou peut y passer à son retour. C’est peut-être dans cette double possibilité, dans cette grande proportion d’air respirable mis en contact avec les vaisséaux pulmonaires, qu'il faut attribuer laplus grande mesure de respiration, la plus grande consommation d’oxigène, dans un temps donné, observée chez les oiseaux.
L'air des cellules qui contiennent des viscères a-t-il encoré pour emploi, de produire une sorte de respiration dans les vaisseaux sanguins capillaires superficiels de céux-ci, ainsi qu’on le dit généralement? Les oiseaux ont-ils ainsi réellement les moyens d’une double hématose? J'ai i déjà élevé des doutes, à ce sujet, dans le texte de ce volume, et je pense que cette opinion, établié surtout à priori, devrait être mise encore à l'épreuve, par de nouvelles expériences.
Le mécanisme de la respiration se fait essentiellement par le mouvement de l’air des cellules, qui donne une impulsion nécessaire, indispensable, à celuicontenu dans les canaux aériens des poumons; dont l'immobilité, ou le très-peu de mobilité, les rend à peu près également incapables d’expulser celui qu'ils renferment, où d’attirer celui du dehors.
Nous comptons pour bien peu de chose, en effet, dans ce mécanisme, chez la grande majorité des oiseaux, et dans les mouvementsordinaires de respiration, l'action du diaphragme costal (p. 208), sur la plèvredela face viscérale des poumons, pour les dilater; ou celle de l'élasticité du filet qui compose la trame de ces Gr= sanes. Cette élasticité ne pourrait être mise en jeu, que
dans la supposition d’une dilatation effective des capacités intra-pulmonaires, dans les moments ordinaires d'inspiration ; ce qui me paraît à présent très-douteux,
Nous avons donc eu raison de dire, déjà dans notre ancien texte, que l'air est entrainé hors des poumons, principalement par celui qui est chassé des grandes cellules (v. p. 207 et 208), ou qu'il est attiré dans ces organes, par le vide qui se fait dans ces mêmes cellules (p. 206).
Un dernier usage des appendices celluleux et aériens des poumons, chez les oiseaux, est relatif à leur pesanteur spécifique, et conséquemment pour faciliter leurs mouvements dans l'air.
C’est ici un nouvel exemple de la multiplicité des fonctions que peut exercer un même organe ; qui nous donne en même temps un apercu du changement possible de ses usages, comme cela a lieu Re lavessie natatoire des poissons. PAT