Dans les Mammifères
Dans l’homme et les autres mammifères, la forme générale des poumons est cônique comme celle de la cavité qui les renferme. Ils ont leur base large et concave pour s'adapter à la convexité du diaphragme, et
la plus grande partie de leur circonférence convexe,
pour remplir la concavité des côtes. On les trouve le plus souvent séparés en lobes, qui reçoivent l’une des deux bronches, ou l’un des rameaux formés de leurs premières divisions; ou bien ils sont plus ou moins divisés par des scissures légères. Ces lobes sont ordinairement plus nombreux dans les mammifères que dans l’homme; mais cette règle n’est pas sans beaucoup d’exceptions, comme on peut le voir dans le tableau ci-après. I y en a toujours plus au poumon droit qu'au poumon gauche. Il paraît que leur nombre varie quelquefois, même dans les individus d’une seule espèce. A plus forte raison peut-il varier dans les espèces d’un même genre, et dans celles de genres et d'ordres différents. [Cependant, s’il n’y a pas un rapport constant entre la forme des poumons et les familles et les ordres naturels, on pourra voir dans les tableaux que nous avons
2% xxIX‘ LECON. ART. II. POUMONS DES VERTÉBRÉS.
dressés, que ce rapport existe généralement.] Les mammifères ont, de plus que l’homme, un petit lobe accessoire appartenant au poumon droit, qui s’écarte de ce poumon, et se place en arrière du cœur entre ce viscèreetle diaphragme [en s’avancant danslacavité gauche de la poitrine.
Le plus grand nombre des divisions du côté droit est constant dans tous les mammifères chez lesquels les poumons sont partagés en lobes. Elles nous ont paru dépendre, en partie, du plus grand volume du poumon droit, lorsque le cœur est déjeté à gauche ; en partie de la veine cave ascendante, qui le rencontre et le divise en sortant du diaphragme, pour s'élever ou s’avancer jusqu’à l'oreillette droite. Cependant ces deux causes n’expliquent pas toutes les différences.
La première est extrèmementremarquable dansbeaucoup de mammiféres, au point qu'on pourra, en considérant notre tableau, mesurer pour ainsi dire d’avance le degré de déviation du cœur à gauche, par l’absence ou le petit nombre des divisions du poumon de ce côté. Elle m'a surtout frappé dans les Znsectivores, qui ont le cœur très-oblique du côté gauche, et dont le poumon correspondant n'a pas de division, tandis que le droit a quatre lobes. Beaucoup de Rongeurs sont dans le même cas. ;
En général le résultat auquel m'ont conduit mes dernieres recherches, est que la forme et les divisions des poumons se rapportent assez bien aux genres et aux familles naturelles ; je pense même que plusieurs des exceptions apparentes que je n'ai pu encore vérifier par de nouvelles observations, viendront se ranger dans la règle commune.