I. SITUATION, FORME, ETC. 39 4. Les Batraciens
Nous retrouvons dans les Batraciens, soit la symétrie complète des deux sacs pulmonaires, soit des proportions qui se rapprochent beaucoup.
Un autre caractère de la forme générale de cet organe dans les Batraciens, c’est l'extrême brièveté ou l'absence totale de la trachée, du moins dans la plupart des genres.
Quant à son volume et à la quantité proportionnelle d’air. qu'il peut contenir, il y a des différences qui paraissent aussi en rapport avec la voix. C’est ainsi que, dans la grenouille mugissante, les vessies pulmonaires ont un plus gros volume que dans les autres espèces ; mais nous verrons qu'elles manquent de cellules.
Les poumons celluleux des crapauds sont beaucoup moins volumineux à proportion; ceux des rainettes de même.
Leur forme est plus large, plus dilatée dans les Salamandres; plus grèle, plus resserrée, comme cylindrique, dans les Tritons. Nous verrons des différences de structure non moins remarquables.
Dans l’Amphiuma means, les poumons sont trèsconsidérables et fort vasculeux. Nés immédiatement de la glotte, sans trachée et sans bronches, ils s'étendent eu forme de cylindres allongés, dans presque toute la longueur de l’abdomen, se renflant cependant un peu vers leur extrémité postérieure (1). Le poumon droit était de deux pouces plus long que le gauche.
(4) Sur le genre de reptiles batraciens nommé Amphiuma, etc., Mémoire lu à l'Académie des sciences le 143 nov. 1826, par M, le baron Cuvier, p. 12, et Mém. du Muséum, t. xrv.
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J'ai trouvé les poumons du Menepoma alleghaniensis très-courts en comparaison, formant deux sacs de volume inégal; le droit se dilatant beaucoup plus
que le gauche, surtout dans son fond; l’un et l’autre
n’atteignent pas le bord postérieur du foie.
Dans l’Axolotl, les poumons sont deux longs sacs à parois simples, unies, sans cellules (1).
Ceux du Menobranchus lateralis ont aussi une forme allongée.
Ce sont dans le Protée deux canaux membraneux très-minces, terminés par un léger renflement (2).]
Les poumons de la Sirène lacertine sont deux longs sacs cylindriques qui s’avancent presque aussi loin que la cavité abdominale.
D. De la membrane commune qui revêt les poumons. 1. Dans l'Homme et les Mammifères.
Les plèvres, dans l’homme, se comportent, relati-
vement aux poumons, comme le péritoine relativement aux viscères de l'abdomen. Ce sont deux sacs mem-
braneux de la nature des membranes séreuses, qui ta-
pissent les parois du thorax, et se replient sur chaque poumon en l’enveloppant de toutes parts, excepté à sa racine. Les deux plèvres se rencontrent sur la ligne médiane pour former une sorte de cloison mitoyenne appelée mmédiastin, qui divise la cavité thoracique en deux moitiés latérales, et dont les deux lames s’écar-
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(4) Rccherches anatomiques sur les reptiles regardés comme douteux, par F. G. Cuvier, p. 34. Paris, 1807, in-fol. — (2) Ibid, p. 43.
1. SITUATION, FORME, ETC. 43 tent, en avant, pour comprendre le cœur dans leur intervalle , en arrière pour la place que doivent occuper, entre autres, l'aorte, la trachée artère, l’'æœsophage, la veine azygos et le canal thoracique. Les vaisseaux aériens où sanguins, qui forment la racine du poumon, interrompent cette cloison vers le milieu de la poitrine.
La face adhérente des plèvres est un peu rugueuse par le tissu cellulaire qui la fixe, soit aux parois de la poitrine, soit à la surface externe de chaque poumon, tandis que la face interne, lisse et glissante, forme les parois libres de deux sacs fermés , dont les cavités se contournent autour des deux poumons, et ne communiquent pas entre elles. Il s’'exhale de cette dernière surface une vapeur séreuse qui, en la maintenant constamment humectée, favorise les mouvements des poumons, et s'oppose aux adhérences inflammatoires que ces mouvements tendent à produire, entre les poumons et les parois de la poitrine. Cette membrane présente absolument la même structure et la même disposition dans l’homme et les autres mammifères, seulement elle varie beaucoup en épaisseur; celle qu'elle acquiert dans les grands mammiféres, sans changer toutefois de nature, est très-remarquable.
La plèvre n'est plus un sac fermé de toutes parts qui se replierait autour de chaque poumon, de manière à l’envelopper dans sa totalité. Il n’y à que la partie de ces viscères qui ne touche pas aux parois de la poitrine , c'est-à-dire leur face inférieure ou ventrale, qui en soit recouverte, et, dans cette petite étendue, la
42 xxIX* LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTÉBRÉS. plèvre pulmonaire forme une paroi de cellule, percée
par six grands orifices, qui conduisent l'air immédiate-
ment de la bronche de chaque poumon et de ses premières divisions, dans les grandes cellules. Ilexiste done ici une communication immédiate entre la membrané qui à tapissé les bronches, et qui est analogue aux muqueuses, et celle que nous décrivons, et qui est rangée au nombre des membranes séreuses. Dans ce cas singulier , les deux structures doivent se confondre comme les deux membranes. Nous verrons de plus, dans l’article 1v, que plusieurs de ces cellules, qui seront décrites, quant à leur disposition, dans le $ 3 du présent article, et qui ne sont proprement que des productions de cette membrane, ont évidemment leurs parois fortifiées par des fibres tendineuses et même musculeuses.
{La face dorsale des poumons adhère à la voûte du thorax par un tissu cellulaire assez lâche, dont les cellules admettent même une certaine quantité d'air qui s'échappe par les six ou sept grands orifices de cette surface.