CANAUX AÉRIENS EXTRA-PULMONAIRES
… mâle (1). Elle s’introduit dans un creux du sternum. … Dans la grue commune le commencement de ce canal,
composé des quiuze ou dix-huit premiers anneaux, est
. déprimé et présente un enfoncement longitudinal mé-
dian antérieur et postérieur, qui lui donne l'apparence
d'être composée de deux cylindres placés à côté l’un
de l’autre; ces premiers anneaux sont mous, surtout à
la ligne de dépression. Au-delà, ce canal a un calibre égal, cylindrique et des anneaux qui se recouvrent par moitié ; ilssont durs, résistants, élastiques, en partie ossifiés. Les bronches sont membraneuses dans un large espace de leur face interne; leurs cerceaux sont écartés, grêles et mous. C’est la composition la plus ordinaire. Il est intéressant de suivre, dans lé mâle de cette espèce, la marche de la trachée dans la cavité que lui fournit la saillie médiane du sternum. Les deux lames de cette saillie s'écartent et s'ouvrent en avant. La trachée descend presque verticalement depuis les dernières vertèbres cervicales, jusque dans l’angle de la fourchette ou de l'os claviculaire, se glisse dans la partie la plus basse de la carène du sternum , la parcourt d'avant en arrière jusqu’à sa partie la plus reculée; s’y coude d’arrière en avant, y suit dans cette direction le plafond de cette même cavité, le soulève enavanteten arrière de manière à y faire saillie dans la cavité thoracique; se coude verticalement en bas dans le vide qu’interceptent les os coracoides en haut, et l’os claviculaire en bas ; se porte de nouveau en arrière, forme un w renversé et vertical entre les deux premiers plis; se coude et se replie d’arrière en avant; continue de se diriger dans
(4) Cuvier, Règne animal, t. 1, p. 506.
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ce dernier sens, d’abord au-dessus de la première branche, puis à droite ou à gauche de l'os et de la branche supérieure, dont elle est le prolongement; pour se couder une dernière fois en avant, et pénétrer dans le thorax entre les os coracoïdes. |
Dans tout ce trajet, les anneaux sont larges, immobiles. Leur intervalle se remplit, en partie, d’un diploë très-lâche et très-léger, et le premier coude qu’elle fait en avant hors de la carène du sternum, se trouve enveloppé par une lame osseuse très-mince, qui s’avance au-delà de cette carène. La pénétration de Ia branche supérieure de la trachée, à travers le plafond de la: carène qui la reçoit, prouve, il nous semble, que l’ossification de cette partie du sternum est postérieure à celle du canal aérien.
Plusieurs autres espèces de grues ont la trachée-artère faisant un pli dans le sternum, avant de pénétrer dans le thorax. Perrault avait décrit depuis long-temps cette particularité dans la demoiselle de Numidie (1). M. Wigors l’a indiquée récemment dans une espèce voisine (2).
Dans le héron commun la trachée est partout cylindrique, à calibre égal; ses anneaux ont la forme type, et leur substance est dure, résistante, quoique demitransparente. Les bronches sont, comme dans la Composition type, très-membraneuses dans leur face interne ; leurs demi-cerceaux sont grêles et distants, mous, quoique très-saillants.
(4) Perrault, Mém. pour servir à l'hist. des anim. Paris, 1676, in-fol., p. 160 : et 161. — (2) Antropoidea staubyanus. Zoologie : journ., vol. 11, p. 234.