II. CANAUX AËRIENS EXTRA-PULMONAIRES
Le butor présente absolument le même plan d’organisation, sauf que les bronches sont plus larges, malgré la différence de taille, plus aplaties, et présentent un espace membraneux beaucoup plus grand. Elles s’élargissent beaucoup depuis leur sortie des poumons jusqu’au larynx inférieur, et leurs demi-cerceaux s’ouvrent de plus en plus.
Dans la cigogne blanche la trachée-artère est un peu déprimée, surtout à sa face vertébrale; son calibre est d’ailleurs égal et sa composition ordinaire, c’est-à-dire qu'elle a des anneaux plats, qui se recouvrent akternativement par moitié latérale, Is sont minces, élastiques, seulement cartilagineux , mous dans la ligne médiane postérieure. |
Les bronches ont, par exception, des anneaux complets, étroits, arrondis, assez distincts l’un de l’autre, soudés entre eux par une lame cartilagineuse, beaucoup plus mince, qui disparaît lorsque ces anneaux se rétrécissent ; dès ce moment leurs cerceaux deviennent incomplets.
[11 résulte de cette composition que les bronches, ainsi que nous l'avons déjà annoncé, ne peuvent changer de dimensions; tandis que la trachée a, comme à l'ordinaire, la faculté de se raccourcir beaucoup.
La Spatule a la trachée-artère légèrement recourbée avant de pénétrer dans la poitrine.
5) Parmi les Longirostres, la bécasse a sa trachée-artère déprimée dans toute son étendue le long de la ligne médiane vertébrale; les cerceaux en sont étroits et saillants de ce côté, comme des cerceaux de bronches; sur la face opposée, ils sont alternativement plus larges et plus étroits dans leur moitié latérale,
78 xxIX° LECON. ART. if. POUMONS DES VERTÉBRÉS.
Les bronches ont la composition type.
n) Parmi les espèces des deux genres Räle et Fou que, qui sont distincts des familles précédentes, le réle d'eau d'Europe à la trachée-artère déprimée, surtout du côté vertébral, ainsi que le premier tiers de la ligne médiane de cette même face; ses cerceaux ont la . forme type; ils sont élastiques et cartilagineux. Les . À bronches n’ont rien de particulier. Dans le foulque ou morelle d'Europe la forme de la trachée-artère est déprimée dans toute sa largeur, et plus fortement dans la ligne médiane antérieure et postérieure, de sorte 4 qu’elle a l'apparence de deux cylindres accollés. Un peu avant sa terminaison, son calibre diminue et sa vi forme change; elle est comprimée latéralement; Re
po À: type. ] 6. Les Palmipèdes à ET
[ Nous fourniront de nouveaux exemples exception= nels des prolongements de la trachée, et la plupart des … exemples connus des dilatations considérables de ce canal. | «Xe
æ) Les Plongeurs où Brachyptères comprennent, entre autres, le grébe huppé dont la trachée-artère est déprimée, surtout à la face vertébrale; son diamètre diminue sensiblement dans sa dernière partie; ses anneaux ont la forme du premier type. Les cerceaux des bronches sont en relief, et soudés en ‘partie à une lame osseuse, qui remplace la mem-
Il. CANAUX AÉRIENS EXTRA-PULMONAIRES. 79
brane ordinaire de la face interne de chaque bronche; celle-ci existe, comme à! l'ordinaire, dans le petit grébe ou castagneux, dont la trachée est aussi déprimée et un peu dilatée dans sa partie moyenne. Les bronches ont un très-petit diamètre dans les espèces de ce genre et dans les Pingouins (1), qui contraste avec leur -dilatation dans le pélican, etc.
Le grand plongeon a aussi sa trachée déprimée ; mais les anneaux en sont mous et presque membraneux; les bronches ont la forme et la composition la plus commune. |
B) Parmi les Longipennes ] la trachée artère de l’a/batrosse (diomedea, 1.) présente, en commencant, la forme d’un entonnoir; d’abord assez dilatée, elle va en se rétrécissant jusqu'à la distance de quelques centimétres. [ Celle des Goëlands (le G. 4 manteau noir) est déprimée ; ses anneaux sont mous, à peine cartilagineux ; les anneaux des bronches sont presque complets, membraneux.: Dans les Sécrnes (sterna hirundo) la forme de la trachée est aussi déprimée; ses anneaux sont également mous. Les bronches ont la forme et la composition ordinaire.
Si nous passons aux y) Totipalmes, nous trouverons la même forme, un peu déprimée, dans la trachéeartère du cormoran. Les anneaux des bronches sont incomplets, en relief, rentrants par leurs extrémités. La forme de ces derniers canaux est dilatée au milieu et d’un diamètre beaucoup plus grand que celui de la trachée-artère, dans le pélican. Dans le cormoran je ne trouve pas les bronches dilatées ;
(4) Meckc!, op. eit., p. 258.
80 xxIX° LECON. ART. IT. POUMONS DES VERTÉBRÉS.
elles sont longues, composées de trente cerceaux en relief, cessant même avant la fin de la bronche extra-pulmonaire, qui n’est plus que membraneuse avant son entrée dans le poumon. Ces cerceaux ont leurs extrémités roulées en dedans et formant de chaque bronche, par cette disposition, deux canaux cylindriques, apparents du côté interne.
d) Les Lamellirostres sont la famille des palmipédes dont la trachée-artère et les bronches nous offriront le plus de particularités. Elles sont relatives à la longueur de la trachée, à sa forme, à celle des bronches et aux tambours osseux, cartilagineux où membraneux qui s’observent dans leur larynx inférieur; mais nous ne décrirons ces derniers qu'avec ce larynx, et les, organes de la voix.
La trachée-artère du cygne à bec noir mâle est. repliée dans son sternum, comme celle de la grue commune; elle n’y fait qu'une seule anse coudée en arriére, s’y avançant moins profondément, dont la branche d'introduction est inférieure et celle de sortie supérieure; elle produit une dépression contre le plafond de la carène sternale. Cette dernière branche, en se coudant pour pénétrer dans le thorax, a un diamètre très-sensiblement plus grand que celui ‘du reste de la trachée, et ne perd que très-peu de son gros calibre, avant de se terminer au larynx inférieur. Un peu aplatie ou déprimée dans sa partie supérieure, la trachée du cygne devient cylindrique au-dessous de sa première moitié. Les anneaux en sont osseux, ils se recouvrent réciproquement; leur forme peut servir de type pour comprendre la forme la plus générale qu'ils ont dans la classe.
If. CANAUX AÉRIENS EXTRA-PULMONAIRES. 81
Les bronches ont, comme à l'ordinaire, leurs premiers arceaux de moins en moins ouverts et incomplets, puis se repliant sur eux-mêmes par leurs extrémités, qui sont toujours séparées par un intervalle membraneux ; ces arceaux sont unis entre eux par autant de lames osseuses, ou seulement cartilagineuses, qui ne permettent pas leur rapprochement. Chaque bronche un peu évasée et aplatie dans son principe, se rétrécit peu à peu et devient cylindrique; puis forme une dilatation qui se change plus vite en une dernière portion cônique, dont le diamètre finit par être très-petit, dont les arceaux incomplets conservent de la mobilité, et dont toute la face interne n’est que membraneuse. ]
Dans le cygne à bec noir, les bronches se dilatent lésèrement vers leur portion inférieure, et se rétrécissent immédiatement avant de pénétrer dans les poumons. | Les deux bronches ne sont pas toujours symétriques, soit pour la longueur, soit pour leur forme et leur capacité. | .
Dans l’eider (anas mollissima ) la bronche droite a un diamètre inégal, tandis qu'il est égal dans la bronche gauche.
{ Meckel cependant.a trouvé celle-ci également renflée dans sa partie moyenne et d’un diamètre plus considérable d’un tiers que la droite (1). Cette disproportion s’observe encore dans le garrot, le canard musqué, le canard domestique, dont le tambour osseux du larynx inférieur est du même côté. Elle ne se remarque plus
Dr
ee
(4) Op. cit.,t. vr, p, 298.
82 XXIX° LECON. ART. il. POUMONS DES VERTÉBRÉS. dans le tadorne commun , dont le tambour osseux est double et presque égal des deux côtés.] fi
L'anas semi-palmata, Larn., appelé encore melanoleuca, à de même plusieurs replis à sa trachée, mais qui se font, comme dans les gallinacés, au dehors du sternum et non dans la carène de cet os.
[ Quant aux dilatations de la trachée-artère nous
allons les faire connaître en décrivant ce canal et ses
deux divisions. |
Celui du garrot (anas clangula) éprouve, vers son tiers inférieur, une dilatation considérable de forme ovale, au-delà de laquelle il conserve un plus grand diamètre qu'auparavant. Les anneaux qui for-
ment cette dilatation sont minces, étroits, dirigés obli-
quement d’avant en arrière, et de haut en bas, mobiles et rentrant les uns dans les autres, quand ce canal se raccourcit. [La portion trachéenne qui précède ce renflement est grêle et composée d’anneaux qui se re-
couvrent alternativement par moitié latérale. Au-delà :
de ce même renflement, ce canal conserve un plus grand diamètre, qui augmente ensuite en se dilatant en cône, pour se fondre dans le larynx inférieur. Les anneaux en sont grêles, égaux, rapprochés; ce sont des anneaux de bronches. Ils sont bientôt remplacés sur les deux faces, par une lame osseuse qui appartient au larynx inférieur; tandis que sur les côtés ils sont partagés en deux séries de petits cerceaux bronchiques. Au-delà du larynx inférieur, les deux bronches sont très-inégales, la grande étant plus large et plus grosse que la droite.
Dans la femelle [a trachée est cylindrique, le tam-
ai SSSR ER RE
JT. CANAUX AËRIENS EXTRA-PULMONAIRES, 83
bour osseux du larynx inférieur manque, et les bronches sont symétriques. |
Dans la double macreuse ( anas fusca), la trachée présente, dans son commencement, une première dilatation de forme ovale, puis une stondé vers son tiers
‘inférieur, de forme entiotlats e,convexe en avant et plate
en arrière. On ne distingue aucun anneau dans la face antérieure de la première dilatation, et les parois de cette sorte de tambour sont solides et osseuses de ce côté; sur la face opposée on reconnait toutes les traces des anneaux qui se sont soudés. Elles sont sensibles sur les deux faces de la seconde dilatation. {Dans leur intervalle, la trachée a un calibre très-inégal, diminuant d’abord peu à peu d'avant en arrière ; puisse dilatant de nouveau en s’approchant du second renflement. Au-delà de celui-ci, jusqu’au larynx inférieur, la trachée est cylindrique dans la plus grande partie de son étendue, et un peu évasée en sortant de ce second renflement. Ses anneaux, plus ossifiés, plus épais dans leur moitié recouvrante, trèsminces dans leur moitié recouverte, semblent interrompus, si on les observe dans une trachée desséchée.
Hermann avait remarqué une dilatation inférieure beaucoup plus petite, oblongue, composée de cerceaux distincts dans un individu qu'il croyait appartenir, à cause de cette différence, à une autre espèce (1), mais qu'il a reconnu plus tard en être la femelle (2).
Les bronches sont longues, cylindriques, composées
4) Observ. 200l02., p. 440, — (2) Suivant une étiquette écrite de sa main, CLER 4 \ 1 sous le support d’un exemplaire du Musée de Strasbourg.
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d’arceaux gréles, assez rapprochés, très-minces, peu résistants, ayant leurs extrémités repliées en dedans. Une autre espèce de macreuse, celle à large bec, a, dans sa trachée, une dilatation qui commence et qui finit brusquement, de forme carrée, composée de cer. ceaux amincis sur la ligne médiane; en avant et en arrière de cette dilatation, les anneaux de la trachée sont étroits, grêles, égaux, distants, comme des anneaux de bronches (1). MT Les millouins ont aussi la trachée d’un diametre inégal ; ily a même deux renflements successifs, outre la capsule du larynx inférieur, dans le séllouin huppé (2); ils sont composés d’anneaux qui s’'enchevètrent comme ceux de la trachée. 4 Dans le millouinan (an. marila, L.) la trachée, d’abord étroite, prend de suite un gros calibre qu’elle conserve jusqu’après son second tiers, pour devenir trèsétroite avant de se terminer. Les cerceaux en sont mous dans toute la longueur de la ligne médiane vertébrale. Les tadornes n'ont pas la trachée dilatée dans son trajet du larynx supérieur à l’inférieur; son calibre est égal dans presque toute son étendue; se resserrant un peu, dans le tadorne commun, avant de se terminer dans la double dilatation osseuse qui constitue son larynx inférieur, cylindrique ou aplatie suivant les espéces ; de cette dernière forme dans le canard musqué, de la premiere dans le canard ordinaire. Elle est com-
(4) Je la décris d'après un fragment déjà recueilli par Hermann, sous le nom danabis leucolidis dilatatio laryngis. Elle est d’ailleurs clairement indiquée dans ses Observationes z00lo$icæ, p. 114, trachæa veutricosa, — (2) Règne animal,
II. CANAUX AÉRIENS EXTRA-PULMONAIRES. SD posée d’anneaux rapprochés, s’enchevêtrant et se recouvrant par moitié latérale , osseux dans les males, cartilagineux et presque membraneux dans les femelles. Ceux de la femelle du canard musqué sont comme interrompus sur la ligne médiane vertébrale, tant ils sont amincis vers cette partie de leur circonférence.
Les cerceaux des bronches de la même espèce sont complets au-delà du cinquième, plus larges et moinsen relief qu’à l'ordinaire. Dans le canard ordinaire, ils sont incomplets, et se replient en dedans par leurs extrémités; leur forme est plus étroite et plus en relief.
Les dilatatious de la trachée existent encore dans les espèces du genre Harle. | Dans le arte vulgaire il y en a deux très-allongées, assez rapprochées l’une de l’autre, [dont la première est la plus large; elles sont elliptiques dans le sens de leur longueur et aplaties d’avant en arrière ou de haut en bas. Leurs anneaux se recouvrent et s’'enchevêtrent comme à l'ordinaire, ainsi que tous ceux de la trachée, qui sont pourtant osseux.| On ne trouve qu'unedilatation dans le Aarle huppé (merg. serrator.,L.), très-grande, de forme ovale, et répondant à la fin de la moitié supérieure de la trachée. Cette dilatation est particulière aux mâles. Les anneaux qui la forment sont mobiles comme dans le garrot; ils sont même interrompus, en partie, du côté inférieur ou antérieur, et presque membraneux du côté supérieur ou postérieur. Plus bas, ils ne forment qu’une anse étroite de ce premier côté, et sont très-larges dans leur moitié opposée. il en résulte que la trachée est très-membraneuse dans la moitié antérieure de sa portion inférieure, tandis qu'elie est toute cartilagineuse dans l’autre portion,
86 xxIx° LECON. ART. II. POUMONS DES VERTÉBRÉS. $ CS À
[Les bronches, dans la première espèce, ont des cerceaux grêles presque complets, en relief.] 15
mn
D. Dans les Reptiles.
a. Structure générale.
[Les Chéloniens et les Crocodiliens ont ces organes à la fois plus développés, à proportion, et plus complets que les autres reptiles, et se rapprochant davantage de ceux des oiseaux.
La trachée se fend de bonne heure dans [quelques espèces de | chéloniens, qui ont conséquemment ce canal aérien très-court; les bronches sont longues, d'autant plus qu’elles ne vont pas directement aux poumons, mais se replient dans la poitrine [avant d’atteindre le sommet de chaque poumon.
Nous verrons cependant que cette organisation, qui appartient à la tortue grecque, n’est pas la même dans toutes les espèces de ce genre, et que les emydes et les chélonées ont la trachée plus longue que les bronches. ]
La division de la trachée a lieu plus tard dans les Crocodiliens, chez lesquels il y a, dans quelques espèces, un coude à l'extrémité de ce canal et dans les bronches. Celles-ci sont extrêmement courtes chez la plupart des autres reptiles qui en sont pourvus. È
[ Elles n'existent même pas du tout dans un certain nombre de Sauriens, chez lesquels la trachée s’insinue. entre les deux sacs pulmonaires, très-rapprochés, et s'ouvre inimédiatement dans leur cavité. ]
On pense bien que ce canal ne se divise pas en bronches dans les Ophidiens, chez lesquels il n'y a qu’un poumon. [Parti ceux qui ont deux poumons, les bronches