CANAUX AÉRIENS EXTRA-PULMONAIRES
Dans l’axolotl les deux sacs pulmonaires aboutissent de même dans une trachée membraneuse opaque, assez large, mais sans anneaux Cartilagineux (1).
Le merobranchus lateralis, HarLAN, a, comme l’axolotl, un simple sinus membraneux entre la glotte et les poumons, qui se confond avec le larynx et tient lieu aussi de trachée.
Suivant M. Cuvier, l’amphiuma means n'aurait ni trachée ni bronche, comme les grenouilles (2).
Tandis que dans le menopoma alleghaniensis, HARrAN, il y a une trachée-artère fibro-cartilagineuse, c’est-àdire que sa paroi membraneuse est soutenue par des cerceaux de cette dernière nature, Il y aurait même de très-courtes bronches (5).
J'ai trouvé de même, dans la sirène lacertine, une trachée formée d’une membrane fibreuse blanche, opaque, laquelle est soutenue par une série de petits cerceaux rudimentaires , soudés entre eux dans leur partie moyenne. Ce canal se porte, de la glotte, le long de la face supérieure du sac qui tient lieu de péricarde, jusque vis-à-vis la pointe du cœur, où il aboutit aux deux embouchures des sacs pulmonaires.
Le protée montre de nouveau le type des salamandres, en ce qu'il n'a qu'un sinus membraneux, qui conduit immédiatement de la glotte dans les poumons par les deux extrémités du croissant dont il a la forme (4).
(4) Recherches sur les Reptiles regardés comme douteux, par M. G. Cuvier. Paris, 1807. — (2) Sur {e genre de reptiles Batraciens nommé Amphiuma, par M. le beron Cuvter, in-4°, Paris, 1826, p. 12; et Mcm. du Muséum, t. x1v. — (3) M. le cccteur A. F. J. C. Mayer, Analecten, Fiér vugheichende anatomic, in-4°. Bonn, 1855, p. 76 et 77. — (4) Cuvier, Recherches sur les reptiles douteux, etc. Paris, 1807, p. 43,
400 xx1x* LECON. ART, 11. POUMONS DES VERTÉBRÉS.
On voit dans cet ordre tous les degrés de dégradation des conduits aériens extra-pulmonaires. Les bronches, ou les branclies de la trachée disparaissent les premieres. La trachée et ses cerceaux sont encore distincts dans deux genres, dont l’un est sans branchies, le menopoma, et l'autre à des branchies permanentes {sirena, L.). L'autre genre à branchies permanentes, le protée, l'axolotlet le menobranche, chez lesquels elles subsistent long-temps, sinon toute la vie, les tritons et les salamandres, n’ont plus qu'un canal membraneux intermédiaire entre les poumons et la glotte, dans lequel deux organes, le larynx et la trachée , se confondent dans leur dégradation commune.
Enfin, l’amphiuma et la grande famille des grenouilles n’ont ni bronches ni trachée ; mais la tête de ce dernier canal, le larynx, y conserve une organisation com-
pliquée. ] $ HI. De la structure des Poumons.
Les poumons sont composés essentiellement: 1° de capacités de différentes formes et structure. dans lesquelles l'air pénètre pour agir sur le sang qui circule dans les vaisseaux étalés contre leurs parois ; 2° de vaisseaux sanguins dont les ramifications plus où moins compliquées tapissent ces parois ; [5° de vaisseaux Iymphatiques qui pénètrent leur tissu intime et rampent à leur surface ; 4° de nerfs qui les animent. ] Nous exai:nerons ici successivement, sous ces trois premiers points de vue, les poumons des manuniferes, des oiseaux €t
des reptiles.
lil. STRUCTURE DES POUMONS. 401
A. Des canaux, des celiules el des sacs aériens, où des capacités de différentes formes, dans iesquelles l'air agit sur le sang pour la respiration.
EL Dans l’homme et dans les Mammiftres.
[Nous avons vu les premieres bronches se sous-diviser en autant de rameaux qu'il y à de lobes pulmopaires avant de s’y introduire; ou pénétrer dans le poumon, sans se diviser, lorsque ce viscére n’est pas partagé. Une fois que le rameau bronchique s’est insinué dans le tissu pulmonaire, la manière dont il s’y distribue dépend de Ia forme du poumon où du lobe auquel il appartient. Quand celle-ci est étroite et allongée, son rameau bronchique le pénètre comme un axe, dans toute sa longueur, en perdant à mesure de son calibre, et en fournissant, de chaque côté, des rameaux et des ramuscules bronchiques.
Quand le lobe est large, sa bronche se divise et se ramifie dès qu'elle s’est enfoncée dans ce lobe, de manière à fournir immédiatement des rameaux et des ramuscules dans toutes ses dimensions.
Nous verrons, tout-àa-l’heure, que cette division arborescente des canaux aériens intra-pulmonaires, continue jusqu’à leur terminaison, qui finit par un trespetit cul-de-sac; mais auparavant nous devons dire jusqu’à quel point la structure des bronches intra-pulmonaires ressemble à celle des bronches extira-pulmohauires, Où par quels caractères organiques elle s’en distingue.
Les arceaux cartilagineux, assez irréguliers aus les
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bronches extra-pulmonaires , le deviennent davantage encore lorsqu'elles ont pénétré dans le poumon. Alors, dans un grand nombre de cas, principalement dans les petits animaux, les bronches se dépouillent de ces arceaux, aussitôt qu'elles se sont enfoncées dans le tissu. pulmonaire.
D'autres fois elles les conservent dans leurs principales ramifications. Nous n'avons pu encore apprécier d’après quelle loiles bronches intra-pulmonaires se dépouillent subitement, ou restent armées des plaques, ou d’arceaux Cartilagineux, ou même osseux; seulement nous avons lieu de croire que la vie aquatique à une influence particulière sur la présence d’arceaux solides intra-pulmonaires, ainsi que nous l’expliquerons plus bas. Le petit nombre d'exemples que nous citerons à l’appui de cette assertion, la rendra plus évidente.
Parvenus dans le tissu pulmonaire, les canaux bronchiques, dans les makis, se dépouillent subitement de leurs cerceaux et ne sont plus que membraneux. ]
Dans l'ours, ces cerceaux disparaissent lorsque le diamètre des bronches est encore de 0,003 ”"*.
Dans l’ichneumon, ces anneaux se perdent bientôt après que les bronches ont pénétré dans les poumons.
[Dans le chat les bronches intra-pulmonaires principales sont encore cerclées d’arceaux cartilagineux ]
Parmi les marsupiaux et les didelphes en particulier, nous avons vu les arceaux cartilagineux disparaitre dès l'entrée des bronches dans les poumons du sarigue à oreilles bicolores, du phalanger de Cook, de V’hypstprimnus; tandis que dans le kanguroo géant ils accom-pagnent les premières ramifications des bronches, où ils sont très-irr gulicrs.