LIT. STRUCTURE DES POUMONS
[Dans le cochon, les cerceaux (1) des bronches intrapulmonaires se distinguent encore par leur substance cartilagineuse, dans les petites divisions bronchiques pulmonaires.
Les cerceaux cartilagineux dans le bœuf se voient assez avant dans les bronches intra-pulmonaires.
Les mammifères plongeurs ont généralement les bronches intra-pulmonaires à parois plus solides, plus généralement soutenues par des arceaux cartilagineux ou osseux. ]
Meckel les a trouvés osseux dans l’ornithorhynque(2).]
Dans les phoques, on peut les suivre jusque dans les petites divisions des bronches, où ils sont cependant rares et grêles.
[Chez les Cétacés herbivores, ils conservent, dans l’intérieur des poumons, une structure en spirale qui se voit déjà hors des poumons. ]
Dans le dauphin, de petits rameaux bronchiques pulmonaires, dont le diamètre est à peine d’un millimètre, sont encore garnis d’arceaux solides.
[On dirait qu’ils étaient nécessaires pour empêcher, dans les animaux plongeurs, l’affaissement et la compression de ces canaux, lors de l’accumulation du sang dans le réseau vasculaire sanguin des poumons, par suite de la suspension de la respiration, durant les fréquentes submersions de ces animaux.
Jusqu'à quel point les parois des bronches intra-pulmonaires continuent-elles d’être revêtues des fibres
(4) C’est bien à tort que Meckel (op. cit., p. 389) dit que les cerceaux disparaissent presque aussilôt après l’entrée des bronches dans les poumons. (2) Op: cit., p. 336.
LA
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L'observation directe a montré à Reisseissen, ces fibres se continuant dans les bronches, s’alongeant à mesure que celles-ci deviennent pluspetites [et queles arceaux cartilagineux, quand ils subsistent, se raccourcissent |; elles semblent enfin envelopper entièrement les conduits aériens [soit qu'il n’y ait plus que des rudiments de cerceaux, soit qu'ils aient entièrement disparu |.
Les bronches des mammifires, après s'être ramifiées plusieurs fois dans le tissu des pounions, dont elles composent une grande partie, et lorsqu'elles n’ont plus qu’un très-faible diamètre, se terminent enfin par un petit cul-de-sac sans que celui-ci éprouve constamment une dilatation bien sensible. Il en résulte que ces dernières ramifications , dont les terminaisons portentle nom de vésicules, ne communiquent entre elles qu'au moyen des rameaux bronchiques dont elles sont la terminaison. Un certain nombre de ces ramifications vésiculeuses, provenant d’un rameau unique, réunies entre elles d’une manière plus intime qu'avec les rameaux voisins , par le tissu cellulaire inter-vésiculaire dans lequel ils sont plongés, forment ce que l’on appelle un lobüle pulmonaire. [La réunion de plusieurs lobules , où d’un plus grand nombre, par le tissu cellulaire interlobulaire, compose un lobe, ou tout un poumon, quand celui-ci n’est pas divisé. | Les vésicules de chaque lobule n'ont d’autres communications que celles que nous venons d'indiquer.
[De même les vésicules et les ramifications des lobules qui se touchent ne communiquent pas immediatement entre elles, mais seulement par l'intermédiaire du ra-
III. SIRUCTURE DES POUMONS. 105 meau bronchique auquel elles aboutissent, ou qui les produit.
Le tissu cellulaire qui rassemble ces lobules en un seul lobe, forme des lignes à la surface des poumons, qui dessinent des polygones irréguliers ; ces lignes indiquent les limites des lobules. En suivant leurs traces on parvient à séparer les lobules par la dissection, et si l’on insuffle de l'air dans le ramuscule bronchique principal, il est facile de s'assurer qu'il restera dans les ramifications du lobule ainsi isolé, et qu'il ne s’échappera pas par des sections qu’aurait faites le scalpel des communications d'un lobule à l’autre, si elles eussent existé (1).
= On peut très-bien voir à l’aide d’une simple loupe, dans un poumon de veau, les petits cœcums terminaux qui paraissent à la surface des lobules, pressés les uns vers les autres et comme imbriqués. Il suffit de faire macérer dans l’eau pendant un ou plusieurs jours, ou d'abandonner à l’air une portion de poumon, et de la plonger ensuite dans l’eau chaude pour dilater Pair contenu dans les dernières ramifications bronchiques. Reisseissen s'est servi de ce procédé, qu’il dit meilleur que les injections au mercure, pour confirmer les résultats obtenus par ce dernier moyen (2).
li condamne le procédé d’Helvélius, qui consiste à couper une tranche superficielle de poumon frais ou desséché ; procédé par lequel on met en évidence de petites cavernes irrégulières dont la figure etla grandeur
(A) Reisseissen, de Structurà Pulmorum, eic., op. cit. 12) Dissertation citée, p.6 et 7, et de Fabrica Pulmonum Coninentatio, Bero- Bui, 48 22, p. 7 et 8, et tabl. 1x, F. 2, a.
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varient dans cette opération. Le scalpel détruit les culsde-sacs bronchiques, et ouvre une communication directe entre les dernières ramifications bronchiques du tissu cellulaire intervésiculaire , dans lequel rampent les vaisseaux sanguins et les mailles que forment ces vaisseaux (1).
Les canaux labyrinthiques décrits récemment (2), me paraissent absolument la même chose que ce tissu caverneux d'Helvétius, formé à la fois par les mailles du réseau vasculaire sanguin, par le tissu cellulaire inter-vésiculaire , ou par les vésicules tronquées par le scalpel. L'auteur les démontre sur une tranche de poumon séché à l’état d’insufflation (5); ce procédé, ainsi que le pensait Reisseissen et Al Lauth, ne peut donner une idée exacte de l’organisation de ce viscère (4). ®
Soemmering (5) avait aussi décrit les canaux aériens des poumons comme aboutissant dans des cellules dont les parois seraient formées par une membrane extrêmement mince, et le plus souvent par les mailles du réseau vasculaire sanguin seulement.
Cette opinion est aussi celle de M. Magendie (6). Il y a peut-être moins de différence qu'il ne le paraît d’abord entre la manière de voir de l’anatomiste et du
(4) Quis vero est quin intelligat, HEeLvETIUM, illos ipsos, quos inquirebat, extremos fines, administratione suà destruxisse, et trunculis avulsisse ? op. cit., page 6. — (2) Traité complet de l’ Anatomie de l’homme, par M. le docteur Bourgery, avec planches lithographiées d’après nature, par N. H. Jacob, t. rv, pag. 59, et pl. 7. — (3) Ibid. , p. 57. — (4) Manuel d’ Anatomie, ete. — (5) F. Th. Soemmering, de Corporis Humani Fabricä, L. vx, p.15. Trajecti ad maœnum, 4801. — (6) Journal de Physiologie expérimentale, 1. x, p. 78, 1821, et Leçons sur les phénomènes de la vie, L. 11, p. 88 et 89, 1837.