DU MÉCANISME DE LA RESPIRATION DANS LES AN IMAUX QUI ONT DES POUMONS
Les phénomènes mécaniques de la respiration, dans les animaux qui ont des poumons, consistent dans la contraction et la dilatation alternative de ce viscère, et, en même temps, dans l'introduction et la sortie d’une certaine quantité d’air, ce qui constitue proprement l'inspiration et l'expiration. Chez les animaux à circulation pulmonaire complète, ces deux mouvements se succèdent constamment à de courts intervalles. I n’en est pas de même dans les reptiles, dont le sang n'a pas besoin d’avoir traversé les poumons pour retourner aux parties ; les mouvements de la respiration sont beaucoup moins fréquents dans ces animaux, et n'ont lieu que de loin en loin. Les puissances qui les produisent ne sont pas absolument les mêmes dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Examinons-les successivement dans ces trois classes,
198 xx1x° LEÇON. ART. IV. MÉCANISME DE LA RESPIRATION.
A. Dans l'Homme et dans les Mammiftres.
a. Du mécanisme de l'inspiration.
Ce mécanisme est entièrement hors des poumons. Ces viscères, resserrés de tous côtés dans la cavité de la poitrine , ne peuvent résister à l’air qui s’y précipite par la trachée-artère, à mesure que les parois mobiles de cette cavité tendent, en se dilatant, à faire un vide entre elles et la surface extérieure des poumons ; alors l'air agit, par sa pesanteur, contre les parois des vésicules pulmonaires , développe ces vésicules et augmente leur volume. Le mécanisme de l'inspiration réside conséquemment dans les parois de la cavité thoracique, dont nous connaissons déjà la composition par ce qui a êté dit dans la troisième leçon de cet ouvrage, et dépend en même temps de la pesanteur de l'air.
L'agent qui, dans l’homme et les mammifères, contribue Île plus à dilater la poitrine, est, sans contredit, le diaphragme (1). Cette cloison a, dans tous ces animaux , la même nature et les mêmes rapports. [ Ses piliers, ou sa portion lombaire, ont généralement un développement remarquable. Sa partie tendineuse centrale a constamment ia même forme, même dans les monotrêémes ; et sa partie charnue costale a une force proportionnée à la plus grande étendue de ses attaches et de son action. Cependant le diaphragme des mam-
(4) Voirt. 1, p. 321 du présent ouvrage, où nous nous sommes réservé de revenir sur sa description ef ses usages.