‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 83 sur 133 · DANS L'HOMME ET DANS LES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

DANS L'HOMME ET DANS LES MAMMIFÈRES

telés postérieurs supérieurs (dorso-costiens) ; tous decrits dans l’art. 1v de la troisième lecon (t. 1, p. 519 et suivantes ). | Dans les fortes inspirations , ces muscles agissent avec plus d'énergie et d’effet; ils développent plus sensiblement les parois de la poitrine , aidés alors par d’autres muscles; les grands dentelés (scapulo-costiens ), et les grands et petits pectoraux (sterno-costiens et costocoracoidiens), dont l’action, dans les efforts, peut se porter sur la poitrine, lorsque l'extrémité antérieure est immobile. |

ce. Du mécanisme de l'expiration.

Il n’est point, comme celui de l’inspiration, entièrement hors des poumons, et dépend encore de l’organisation de ces viscères.

La portion de ce mécanisme qui est hors des poumons, est due principalement aux muscles du basventre, qui sont, à cet égard, les vrais antagonistes du diaphragme. Leur action alterne en eïfet avec celle de ce muscle; lorsqu'il a refoulé en bas et en dehors les viscères abdominaux pendant l'inspiration, les muscles de l’abdomen compriment, à leur tour, ces viscères , les repoussent avec le diaphragme, vers la poitrine, dont ils diminuent la cavité, et produisent ainsi l'expiration ou l'expulsion de l'air des poumons.

Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de ces muscles, leçon troisième, art. 1v. Leur action esttellement importante dans expiration , comme celle du diaphragine dans l’inspiration, que c’est particulierement par le gonflement et la contraction alternative

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du ventre, produit par ces deux puissances, que l’on juge , dans les mammifères comme dans l’homme , des mouvements de la respiration.

D'autres puissances accessoires servent encore à l’ex-

piration , et en composent le mécanisme.

1° L'élasticité des côtes mise en jeu dans l’inspiration par les muscles releveurs ; dès que ces muscles cessent de se contracter, les côtes qu'ils ont relevées , et dont ils ont ouvertles ares, reprennent, par cette force,

leur état naturel, s’abaissent, ferment leur arc, et

diminuent le diamètre transversal de la poitrine.

2° Tous les muscles qui abaissent les côtes ont le même usage. Tels sont les muscles droits du basventre, et les obliques, que nous venons de considérer comme ayant un autre effet, servant au même but; le triangulaire du sternum , le carré des lombes, le sacrolombaire et le trèes-long du dos.

Toutes ces puissances sont communes à l’homme et aux mammifères, et ne présentent pas de différences bien remarquables, si ce n’est celles que nous avons déjà décrites (leçon nx, art. 1v) ; entre autres relativement au long-dorsal et au sacro-lombaire, qui sont très-petits dans les chauve-souris, ainsi que les autres muscles de l’éoine, et dont l'influence dans la respiration est conséquemment nulle, ou à peu près.

La seconde portion de ce même mécanisme, qui réside dans les poumons, consiste :

1° Dans l’élasticité des tuyaux aériens mise en jeu par l'air qui les dilate.

2° Dans la coutraction de ces mêmes tuyaux déterminée par les fibres musculaires qui les entourent.

Il résulte de cette histoire, que les poumons des

mammifères sont purement passifs dans l'inspiration , tandis qu'ils participent, par leur propre force, aux mouvements de l'expiration.

B. Dans les Oiseaux.

Le mécanisme de la respiration doit produire , dans ces animaux, l'entrée de l’air, non-seulement dans les poumons, mais encore dans les grandes cellules, et sa sortie de ces mêmes parties. [Il ne peut donc plus être absolument le même que dans les mammifères.

La situation reculée des poumons qui sont enfoncés dans les intervalles des côtes, de chaque côté de la co- Jonne vertébrale, et par conséquent près de la portion des parois de la poitrine, qui ne jouit de presque aucune mobilité pour les dilater ou les resserrer, en est la premiére cause principale. [Il faut se rappeler encore que les poumons sont adhérents dans toute leur face vertébrale et costale par du tissu cellulaire, organisé en cellules et en canaux aériens et recevant beaucoup de vaisseaux sanguins respirateurs ou pulmonaires; qu'ils ne sont recouverts par la plèvre que dans leur face viscérale, et que la dilatation dont ils sont susceptibles de ce côté, comme nous le verrons tout-à-l’heure, est plutôt relative aux canaux qui conduisent dans quelques cellules. ]

La seconde différence est la dispersion des grandes cellules dans la cavité commune, Il en résulte, en effet, que la respiration des oiseaux ne pouyait avoir pour principal agent un diaphragme semblable, pour la situation et pour la structure , à celui des mammifères,

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qui n'aurait jamais pu dilater à la fois les poumons et les grandes cellules. |

Aussi avons-nous dit, dans notre premier volume, que les oiseaux n’ont pas proprement de diaphragme ; ce qui ne doit pas s'entendre d’une maniere absolue, car nous verrons bientôt que ces animaux ont quelque chose d’analogue.

{Pour se faire une idée juste de ce mécanisme , il ne faut pas perdre de vue que les tubes aériens qu’intercepte le tissu pulmonaire proprement dit, s'ouvrent et se continuent dans les grandes cellules qui divisent la grande cavité viscérale, et qui pénètrent jusque dans les os. Les poumons proprement dits et ces cellules forment un ensemble, dans le mécanisme de la respiration, qu'on ne peut séparer pour comprendre ce mécanisme. |

a. De l'Enspiration.

Elle est, comme dans les mammifères , une suite de la dilatation des cavités aériennes, déterminée par des puissances qui sont hors de ces cavités. Ce sont :

1° Pour les poumons, des muscles qui ont, relativement à ces viscères, les mêmes fonctions que le diaphragme des mammifères, mais qui l’exercent ‘avec beaucoup moins d'effet.

Chacun de ces muscles, dans l’autruche, s'attache intérieurement aux cinq côtés qui suivent la première, par autant de portions distinctes.

La première de ces portions est fixée à l'extrémité inférieure de la deuxième côte ; la deuxième, à celle de la troisième côte, et le long de son bord supérieur ou

DANS LES OISEAUX. 205 antérieur; la quatrième et la cinquième , à la cinquième côte , et la sixième , à la côte suivante. Chacune d’elles, de forme large et plate, remonte en dedans de la poitrine , jusqu à la face inférieure des poumons: les quatre premières en se joignant, les deux dernières en se réunissant de même, Arrivées sous ces viscères, leurs fibres musculaires s'y terminent en une large aponévrose, qui tapisse leur face inférieure, ou plutôt la paroi de la cellule qui répond à cette face, se fixe à cette paroi, et se continue de dehors en dedans jusqu’à la colonne vertébrale, où elle se confond avec celle de l’autre côté. On voit que ces muscles répondent, en quelque sorte, au diaphragme des mammifères; en se contractant, ils doivent tirer en bas la membrane qui recouvre la face inférieure des poumons, entraîner avec elle les poumons qui lui adhèrent, les dilater de ce côté, et obliger l’air à s’y précipiter. Ces muscles, à peu près semblables dans le casoar, ne nous ont paru, à proportion, aussi forts dans aucun autre oiseau. Serait-ce que leur action devenait plus nécessaire à cause de la moindre mobilité des côtes, et devait suppléer à ce défaut?

Leurs portions sont ordinairement séparées dans les autres oiseaux, et forment quatre ou cinq petits muscles. Il y en a quatre dans l'aigle, qui s'élèvent de l'angle postérieur des troisième , quatrième etcinquième côtes, jusqu'à la face inférieure des poumons.

Tel est le seul agent qui produise immédiatement la dilatation des poumons; [ encore son action doit-elle être très-bornée et particulièrement limitée aux canaux aériens qui s'ouvrent à la partie inférieure des poumons et à leurs orifices conduisant l'air dans les cellules,

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parce que l’aponévrose de ces muscles adhère particulièrement aux parois de ces canaux, et près de leurs oriüices. Cependant cette aponévrose est très-peu mobile, et en s’abaissant, elle doit comprimer l'air des cellules qui sont au-delà. On ne peut donc pas comparer l'effet de ce rudiment de diaphragme costal, relativement au mécanisme de l'inspiration, avec celui des mammifères. Il faut plutôt l’étudier comme faisant partie d’un plan d'organisation, très-prononcé dans les mamiféres, et qui tend à s’effacer dans les oiseaux. |

2° Les parois de la poitrine sont trop peu mobiles, dans la partie qui touche à ces organes, pour déterminer immédiatement leur dilatation ; mais dans Île reste de leur étendue, ceite mobilité est considérable, elle sert puissamment, en augmentant la capacité de la poitrine, à dilater les grandes cellules. L'air, forcé par ce mécanisme, de se préciviter dans ces cellules, s’introduit dans les poumons. La mobilité des côtes est donc encore un agent indirect de l'inspiration des poumons

Ainsi, pour ce qui est des grandes cellules que renferme la cavité commune, il est clair qu’elles doivent se remplir d’airet se gonfler à mesure que les parois de cette cavité sont dilatées. Nous avons déjà vu la composition de ces parois dans la troisième lecon, art. 11 et IV.

Nous observerons seulement, à l'égard des côtes, que leur composition favorise singulièrement fa dilatation et leresserrement de la grande cavité, par l’articulation mobile qui réunit les deux portions osseuses des côtes sternales. L’angle que forment ces deux portions s'ouvre dans l'inspiration, ce qui écarte le sternum de la colonne vertébrale, et augmente considérablement

le diamètre antéro-postérieur de la eavité commune, en même temps les côtes se portent en dehors, et agrandissent de chaque côté, ou transversalement, la même cavité. On peut voir, dans notre troisième leçon, les agents ou les muscles qui produisent ce mouvement,

Il doit être, à proportion , moins considérable dans l'autruche et le casoar, dont la plupart des côtes n’ont pas leurs deux portions réunies à angle capable de s'ouvrir ou de se fermer, et jouissant par conséquent de beaucoup de jeu, mais formant un arc dont les mouvements doivent éte beaucoup plus difficiles.

[ Le vide produit par l'ouverture des côtes, et par la dilatation de toutes les cellules de la cavité commune quien résulte, rompt l'équilibre entre l'air contenu dans ces cellules, dans celles des os et dans les poumons, et l'air extérieur; le poids de celui-ci l’entraîne immédiatement dans toutes ces parties. |

En se précipitant dans les cellules de la cavité commune, l'air doit passer, en partie dans les poumons, en partie hors de cette cavité, dans les cellules de toutes les autres régions, et spécialement dans celles des os, et s’y mélanger avec celui qui s’y trouvait auparavant. L'oiseau peut d’ailleurs l’y presser avec force, en fermant sa glotte, et en contractant en méme temps ses muscles abdominaux.

b. De l'Expiration.

Les poumons des oiseaux peuvent, comme ceux des mammiferes, se débarrasser, en partie, par leur propre force { l’élasticité de leur tissu], de l'air qui s’y est introduit dans l'inspiration. Aucun autre agent n’expulse immédiatement l'air de ces viscères ; mais ce fluide est

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entraîné hors des poumons, principalement par l’impulsion de celui qui est chassé des grandes cellules.

Ce dernier effet a lieu au moyen de l’action des muscles du bas-ventre, dont la contraction ne sert pas simplement à diminuer immédiatement les parois de la cavité commune; ce qui aurait moins d'effet que dans les mammiferes, à cause du peu d’étendue des parois purement musculeuses de cette cavité; mais en soulevant l'extrémité postérieure du sternum, et en rapprochant cet os de la colonne vertébrale, les muscles de l’abdomen resserrent considérablement la cavité viscérale. Le sternum obéit d'autant plus facilement à cette impulsion, que la portion sternale des côtes sur laquelle il s'appuie est, ainsi que nous l'avons dit, trèsmobile sur la portion vertébrale. Leur angle se ferme dans l'expiration, comme il s'était ouvert dans l'inspiration. Le sternum des oiseaux est en cela trèscomparable au côté d'un soufflet dont les côtes représenteraient le cuir, et dont l’autre côté [ répondant à la face vertébrale de la cavité thoracique] serait à peu près immobile.

Les muscles du bas-ventre qui meuvent particulièerement ce soufflet, en soulevant le sternum et en dimipuant l'ouverture de l’angle des côtes, sont :

1° L'analogue du grand oblique, dont les fibres charnues recouvrent les côtés seulement de l’abdomen, et ne s'étendent pas en dessous de cette partie. Elles sont plus iransversales qu'obliques, quoique l’on puisse y reconnaître un peu d’obliquité d'avant en arrière, et de dehors en dedans.

Le même muscle se prolonge à l'extérieur des côtes jusqu’à la première, et tient à ces côtes, du côté ex-

terne, par autant de languettes, tandis que son bord interne répond à une aponévyrose qui est fixée au sternum. Cette portion costale du grand oblique, beaucoup plus étendue que la portion abdominale, a ses fibres charnues également plus obliques.

On voit que ce muscle doit comprimer avec force, non-seulement les parties molles de l'abdomen, mais encore toutes les côtes, et servir ainsi à l'expiration,

2° Le second des muscles du bas-ventre, l’analogue de l'oblique ascendant, sert moins que le précédent à déprimer les côtes ou à relever le sternum (1). Il occupe, comme le grand oblique, les parois latérales de l’abdomen, et s’avance de dehors en dedans de l'iléon à [toute la partie vertébrale de ] la derniére côte. Ses fibres sont très-obliques.

3° L’analogue du transverse parait également contribuer à relever cet os; ses fibres charnues , absolument transversales, sont recouvertes par les précédents et par le suivant; elles s’attachent en arrière à la concavite de l'arc que forme le pubis, s'étendent sur les côtes et en dessous de l'abdomen, et tiennent à une aponévrose qui va joindre le sternum [et se continue dans la ligne médiane avec celle du côté opposé ].

&° L'analogue du muscle droit, pour la situation, mais non pour la direction des fibres [dontles plus internes se portent un peu obliquement vers la ligne blanche ]. Celles qui composent sa partie externe sont dirigées d'avant en arrière, et s'étendent du bord postérieur du

(4) Son attache à une senle côte montre la justesse de cette proposition, que Meckel critique à tort, en afirmant que nous lui refusons la fonction d’être un abaisseur des côtes, ce que nous n'avons pas dit, comme on vient de le voir,

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sternum, où elles s’attachent, d’une part, à la partie correspondante du pubis, à laquelle elles sont fixées en arrière ; ce muscle n’a pas d’intersections tendineuses. [C'est par cette raison sans doute, et parce qu'il manque dans la corneille, que MM. Cuvier et Duméril ont infirmé l'existence des muscles droits dans les oiseaux (t. 1, p. 220, de la 1" édition). On vient de voir, par l'ancien texte, que je les avais décrits (t. IV, p. 364). Meckel les a vus dans l’autruche , et reconnait leur existence, en général. ] Le muscle droit a la figure d’un rectangle allongé; il recouvre, ävec son semblable, toute la face inférieure de l'abdomen. Son action est de comprimer les parois de cette cavité, et de relever l'extrémité postérieure du sternum.

Tels sont du moins les muscles de l’abdomen dans les canards. Le dernier ne parait pas exister toujours, ainsi que nous venons de l’exprimer.

Les muscles de l'abdomen ne sont pas les seuls agents qui diminuent la capacité des grandes cellules ; plusieurs de celles-ci ont une partie de leurs propres parois évidemment musculeuse et capable de se contracter.

Nous allons décrire cette structure d’après l’autrüche, où elle est la plus évidente; elle est encore visible dans les autres grands oiseaux, surtout lorsque, par l’action de l'esprit de vin, on à donné plus d’opacité à ces fibres musculaires. y a dans cet animal une sorte de cloison transversale, où de diaphragme, qui sépare la cellule des estomacs, de celles du foie et du péricarde, et les premières, des grandes cellules latérales. I tient Inférieurement, et dans sa partie moyenne, au sternum, aux côtes, au péritoine, et aux muscles du bas-ventre. Sux les côtés, il est uni à Ja paroi interne de la grande

DANS LES OÏSEAUX. 211 cellule, ou plutôt il forme cette paroi; ses fibres se joignent supérieurement à toute la circonférence de l’æœsophage, et se prolongent, des deux côtés, en deux espèces de piliers qui s’attachent à la colonne vertébrale, immédiatement après la derniére côte, par quatre petits tendons.

Dans toute cette étendue, le diaphragme est composé de faisceaux musculeux très-évidents, qui se dirigent de bas en haut. et convergent en arrière vers les piliers. On y remarque aussi des fibres tendineuses entremêlées avec les premières.

Mais son étendue ne se borne pas à ce que nous venons de dire : ses fibres enveloppent toute la circonférence externe de chaque lobe du foie, contournant cette partie de bas en haut, et d’arrière en avant , aboutissent supérieurement à l’aponévrose commune des muscles pulmonaires; et, en avant, aux deux côtés du péricarde. Dans cette portion, le diaphragme sépare la grande cellule latérale de celle de chaque lobe du foie, et contribue à former la cloison commune de ces deux cellules. La partie moyenne de sa portion transversale est encore unie fortement à la pointe du péricarde, qui se place entre les deux lobes du foie.

Il résulte de cette structure , que chaque lobe de ce dernier viscère peut être comprimé fortement par cette sorte de diaphragme, qui doit, en même temps, expulser l’air des cellules qui renferment ces lobes. 11 peut encore tirer en arrière, où il a un point fixe, le péricarde et le foie, agiter par ce mouvement l'estomac, resserrer sa cellule et en chasser aussi l’air.

{ Si l’on étudie cette cloison dans le canard, on aura une idée très-claire de ses dispositions et de ses appa-

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