‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 88 sur 133 · XXIX° LEGÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE · texte numérisé non relu

XXIX° LEGÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE

c. Jssue extérieure de chaque cavité branchiale.

[L'issue extérieure de chaque cavité branchiale est limitée en dehors et en avant par le bord libre de l'opercule membraneux et osseux, et en arrière par l'os en ceinture qui sert de chambranle à l'espèce de valvule, ou de porte, que forme ce double opercule. Cette ouverture varie par son étendue proportionnelle ; par sa position avancée ou reculée ; supérieure et rapprochée de la face dorsale (les callionymes ) ; inférieure et descendue jusqu’à la face ventrale. Dans certains cas les deux ouvertures branchiales sont rapprochées l'une de l’autre sous la gorge (les sphagebranches ). Dans les synbranches, il n’y en a même qu'une, située sous la gorge et à laquelle aboutissent les deux cavités.

Les Poissons osseux ont généralement leur cavité branchiale très-ouverte en dehors, et le bord libre de l’'opercule très-étendu. Le contour de cette ouverture dessine un arc de forme et de mesure très-variées, dans lequel on peut distinguer une partie verticale qui s’élève sur les côtés du corps, au-devant ou au-dessus de la nageoire thoracique, suivant la position de celle-ci ; et une partie horizontale, qui s’avance sous la gorge en s'approchant plus ou moins de l'angle rentrant de la mandibule et de la même portion de l'ouverture opposée. C’est cette partie horizontale de la fente branchiale qui est plus particulièrement limitée, par l'opercule membraneux et les rayons branchiostèges ; tandis que l’opercule osseux est plus en rapport avec la partie verticale. C’est aussi la portion horizontale qui disparait la première, par la réunion de l'opercule

membraneux aux téguments, lorsque la fente branchiale doit être rétrécie.

Il arrive en effet que la fente branchiale change de forme ou de position et qu’elle est raccourcie, avancée ou reculée, soit pour modifier le mécanisme de la respiration; soit que la forme du museau, ou celle d’autres parties voisines (les Auméraux) , aient entraîné ces changements. Ces différences, particulièrement celles qui servent à modifier, plus ou moins, le mécanisme de la respiration, étant physiologiques, nous les indiquerons sommairement, La précision et les vues que nous cherchons à mettre dans nos descriptions pourront peut-être servir à mieux déterminer les caractères zoologiques tirés de cette partie.

Nous allons examiner, sous ce rapport, toute la sousclasse dont nous nous occupons, et premièrement :

1. Les Æcanthoptérygiens. Dans les Percoïdes, la partie horizontale de la fente branchiale extérieure qui borde l’opercule membraneux, est généralement plus étendue que la partie verticale. Les Jugulaires de cette famille ont cette dernière partie assez éloignée de la nageoire pectorale.

Parmi les Joues cuirassées, les dactyloptéres n’ont point de fente branchiale sous la gorge ; il n’y a qu’une fente verticale peu étendue au-devant de la nageoire thoracique ; cet arrangement est en rapport avec leur faculté de s’élancer hors de l’eau. Cette fente verticale est bordée par un très-petit opercule et par la membrane bronchiostège ; elle répond à l'extrémité des trois rayons supérieurs, tandis que les inférieurs sont compris dans la partie de l’opercule qui est soudée avec le derme. Dans le chabot de riviere il y a déjà un

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acheminement à cette forme raccourcie de la fente branchiale, par l'absence de la partie horizontale ou jugulaire. Dans l’agriopus torvus, cette partie horizontale est de même complétement fermée, et les rayons branchiostèges compris dans le derme. La partie verticale est courte et située au-dessus et en avant de la nageoire pectorale. Cette ouverture peu étendue est en rapport avec la petite bouche de ces poissons.

Les Squammipennes ont toujours la partie horizontale moins étendue que la partie verticale ; la première est très-ouverte (les chætodons, hœniochus), ou nulle (le genre zancus). Dans les genres drapane , ephippus, holacanthus, pomacanthus, elle se rapproche davantage du type général.

Au reste, on voit dans les Scombéroides, que le développement de l’une ou l’autre partie dépend beaucoup de la forme du corps. En général, ils ont la fente branchiale très-orande; mais ceux qui ont le corps allongé ont les deux parties de cette fente très-étendues ; tandis que ceux qui ont le corps très-court et très-haut ont toute cette fente dans une direction verticale.

Parmi les Pharyngiens labyrinthiformes, V'anabas à une fente branchiale extérieure beaucoup plus étendue que l'ouverture proprement dite de la cavité branchiale, Cette fente s’élève très-haut dans sa partie verticale. En dedans de l'angle où elle se termine supérieurement, on voit une bride membhraneuse qui empêche l’opercuie, qui est irès-mobile, ainsi que le préopercule , de se porter dans l’abduction au-delà d'un angle qui serait tout au plus de 85°. On trouve plus bas une autre membrane qui recouvre la chambre supé-

TR DT ONE re Fi PET En À

rieure de la cavité branchiale, quand l’opercule est tout-à-fait ouvert ; ce n’est qu’au-dessous de cette dernière membrane que les branchies sont à découvert ; elle forme une seconde bride, étendue de l’opercule à l'os huméral, dont l’effet doit être encore de limiter les grands mouvements d’abduction de l’opercule et du préopereule. En bas, les deux fentes branchiales se joignent sous la gorge, et les branchies, de chaque côté, se trouvent très-rapprochées, ainsi que les chambres inférieures qui les renferment.

L’arrangement que nous venons de décrire en détail nous a fait comprendre comment ce singulier poisson peut se servir de ses opercules pour s’accrocher, comme on l’assure, aux branches d'arbres, sans découvrir et dessécher absolument ses branchies. Pour avoir une idée complète de sa faculté de vivre hors de l’eau, il faudra lire ce que nous disons plus bas de ses os pharyngiens.

Parmi les Gobioides, les blennies proprement dites et les clinus ont les deux fentes branchiales grandes, verticales et réunies sous le corps, par suite du développement de la partie libre de l'opercule membraneux. Les gobous ( gobius niger, L.) ont au contraire les fentes très-séparées, ne se prolongeant pas en-dessous, ayant une direction toute verticale et une étendue très-médiocre.

Les ouvertures branchiales dans les callionÿymes (c. lyre, L.) sont réduites à deux petites ouvertures semicirculaires, percées chacune derrière l'angle supérieur de l’opercule, dans la face dorsale du corps et sur les côtés de la nuque. Leur peu d’étendue, le petit volume des branchies relativement à la cavité branchiale, qui

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est très-grande et leur position, sont très-remarquables.

Les Pectorales pédiculées sont organisées sous ce rapport comme les callionymes. Dans les malthées, c’est aussi à la face dorsale, mais beaucoup plus en arrière, dans l’angle que fait la nageoire pectorale avec le corps, que serait l'ouverture branchiale, qui est très-petite relativement à la grande capacité des cavités de ce nom. Dans les chironectes, qui ont une forme comprimée, au lieu d’être déprimée comme les précédents, la position de l'orifice branchial, qui est aussi trèspetit, est inférieure, rapprochée de la face abdominale, sous la nageoïire pectorale et derrière elle. Dans la baudroye, l'ouverture branchiale est de même trèsreculée et formant un assez grand orifice à rebord membraneux, situé sous la nageoire pectorale.

Les autres Acanthoptérygiens ont leur orifice branchial de forme ordinaire.

2. Les Malacoptérygiens abdominaux présentent généralement ce même type, à peu d’exceptions près. Tantôt la partie horizontale ou jugulaire de la fente branchiale est plus longue que la partie verticale, comme dans les ésoces, les aloses ; tantôt elles sont à peu près égales. |

Dans la grande famille des Silures, les genres $ilure, pimélode, hétérobranche, porcus , shilbé, bagre, ont la fente branchiale prolongée sous la gorge, et tellement bordée par lopercule membraneux, que celui d’un côté croise le plus souvent celui de l’autre. Mais dans les synodontes , les loricaires, les asprèdes, les calichthys, Youverture branchiale est petite, toute située au devant de la pectorale, et n’a plus de partie jugulaire,

‘ Ces différences indiquent des mœurs différentes ; d’un .côté l'habitude des eaux profondes et courantes ; de l’autre la faculté de vivre dans des eaux moins profondes, et dans des lieux exposés à être mis à sec, de se retirer dans la vase, comme cela arrive aux loches. Ce dernier genre, si rapproché des cyprins sous plusieurs rapports, en diffère par une petite ouverture branchiale, formant une courte fente verticale au-devant de la nageoire pectorale.

Les mormyres ont aussi une courte fente verticale pour l'issue de leur cavité branchiale.

3. Nous ferons remarquer seulement, parmi les Malacoptérygiens subbrachiens, les cycloptéres, qui ont aussi, pour orifice externe de leurs branchies, une fente verticale de grandeur médiocre, au-devant et au-dessus de leur nageoire pectorale. Les autres poissons de cet ordre ont les branchies très-ouvertes sur les côtés et sous la gorge, d’après le type ordinaire.

4. C’est ce que l’on voit aussi, mais par exception, dans plusieurs Malacoptérygiens apodes, tels que les donzelles (ophidium, L.) et les equilles (ammodytes, 1).

Dans la plupart des poissons de cet ordre, particuliérement dans la grande famille des anguilles, chaque cavité branchiale ne communique au dehors que par un orifice étroit, ayant une position reculée au-devant de la nageoire pectorale , quand elle existe (les anguilles vraies, les ophisures); ou à la même place, quand elle n'existe pas (les murènes). Les sphagebranches ont ces deux orifices rapprochés sous la gorge. Ils n’y à qu’une cloison qui les sépare dans une fente extérieure unique chez les monoptères. Is sont réunis, avant leur terminaison, dans les synbranches,

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5. Dans tous les Lophobranches Vouverture est large et de forme type.

6. Mais dans les Plectognathes, elle ne consiste de nouveau qu'en une courte fente verticale, ouverte audevant de la nageoire pectorale. Ce caractère, extrêmement important, confirme dans beaucoup de cas, et dans celui-ci en particulier, les rapprochements qu'on a pu faire dans la vue de former des groupes naturels. ]

S IT. De l’opercule osseux et membraneux qui recouvre l'orifice extérieur de la cavité branchiale, et des muscles qui le meuvent.

a. Considérations générales.

Les £chtyologistes ayant pris, dans la forme des pièces de la partie osseuse de l’opercule et dans le nombre des rayons osseux de sa partie ostéo-membraneuse, plusieurs des caractères qui leur ont servi à distribuer méthodiquement les poissons, ces parties sont par-là même assez bien décrites dans leurs livres, pour nous dispenser de nous y arrêter. Remarquons seulement qu'ils ont cru quelquefois que l’opercule manquait, lorsqu'il n’était que fort petit, comme dans les mormyres. [ L'opereule des poissons osseux se compose essenticliement et constamment de deux parties, l'opercule osseux et l’opercule ostéo-membraneux, que les Ichtyologistes appellent encore membrane branchiostège. Leur réunion ne forine proprement qu’un seul organe, mais ces deux parties offrent de très-grandes différences dans leur développement respectif.

Dans la composition la plus générale, la structure

type, c'est l’opercule osseux qui est Le plus étendu, et l'opercule membraneux n’en forme que le bord inférieur, qu’il prolonge un peu de ce côté. Un mécanisme très-simple ferme et ouvre largement la cavité branchiale, dont les parois ne sont pas extensibles. Mais quand elles doivent le devenir, afin d'augmenter au besoin la capacité de la cavité branchiale, c’est au contraire la partie membraneuse de l’opercule qui se développe extraordinairement, et qui se soude à la peau, en ne laissant qu'une faible solution de continuité pour l’issue de l’eau branchiale. Dans ce cas, l’opercule osseux reste petit et comme enfoui dans l’opercule membraneux, au point qu’on l’a méconnu dans plusieurs poissons ainsi organisés. Cet arrangement se voit, entre autres, dans l’anguille de rivière.

Ainsi, toutes les fois que l'ouverture extéricure des branchies doit être étendue, la partie osseuse de l’opercule est très-grande, relativement à sa partie membraneuse.

Le contraire a lieu lorsque l’orifice branchial est resserré, et que la cavité branchiale est, en même temps, considérable. Cette double circonstance organique, faite à la fois pour contenir et retenir beaucoup d’eau, entraîne le développement des parois extensibles de la cavité branchiale, c’est-à-dire de la partie dermoiïde ou membraneuse de l’opercule, et des rayons osseux qui la soutiennent ; tandis que la partie osseuse se rapetisse et devient même rudimentaire. Îl est remarquable encore que la vitalité des poissons hors de l’eau dépend de l’étroitesse de cette ouverture, de la faculté qu'ils ont de fermer leur cavité branchiale et d’y retenir une certaine quantité d'eau,

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Les Labyrinthiformes seuls jouissent au plus haut degré, parmi les poissons, de fa même faculté, par un autre artifice que nous décrirons avec les arcs branchiaux.]

b. De l’opercule osseux.

[La partie osseuse de l'opercule se compose de quatre pièces dont la forme et les proportions varient suivant les familles; elles ont été indiquées comme caractères zoologiques. Nous avons décrit ces quatre pièces (t. 1v, 1" partie, p. 159) dans les poissons ordinaires. Nous avons même fait connaître la plus remarquable des modifications qu'elles éprouvent dans leur nombre, dans leur volume et dans leurs usages, en déterminant les parties analogues dans les Plectognathes. ( Ibid. , p. 160.)

Nous ajouterons ici que les pièces operculaires existent, au moins en partie, dans tous les poissons osseux, ainsi que nous l’avons exprimé en commençant cet article ; mais qu'elles sont petites et minces dans tous les poissons dont l'orifice branchial est étroit; e ntre autres dans les anguilliformes, où l’on avait cru qu’elles n’existaient pas. ] |

c. De l’opercule mem braneux. ù

[ L'étendue de la partie membraneuse de l’opercule est, comme nous l’avons déjà exprimé, en raison inverse de celle de la partie osseuse, et elle se confond d'autant plus avec cette dernière, qu’elle est plus développée et moins accessoire.

Cette partie membraneuse est soutenue par des xayons osseux courbes en ares, dont la force, la lon-

gueur et] le nombre diffèrent beaucoup d’un genre à l’autre. [Les Zchtiologistes ayant pris soin d'indiquer ces différences, surtout celles de leur nombre, nous ne nous y arrêterons pas. Nous dirons seulement ici, que ce nombre nous a paru assez généralement en rapport avec l'étendue de la partie horizontale de la fente branchiale, que la membrane branchiostège recouvre plus particulièrement, Dans d’autres cas, le nombre des rayons, ainsi que leur longueur, s'explique par l’étendue de la partie membraneuse des parois de la cavité branchiale ; l’anguille en est un exemple. ]

Ces rayons s’appuyent toujours et s’articulent par leur extrémité antérieure sur la face externe des deux premières pièces des branches hyoïdes, de manière à pouvoir s’écarter ou se rapprocher par leur autre extrémité.

d. Des muscles de l'opercule csseux.

[ Celle des quatre pièces operculaires qui porte plus particulièrement le nom d’opercule et qui se meut comme un volet sur un de ses angles articulé avec le temporal (t. iv, 1 partie, p. 159), a deux muscles, l’un qui la ferme et l’autre qui l’ouvre. Nous avons déjà indiqué (ibid., p. 180) la disposition générale de ces deux muscles. Nous laissons cependant subsister ici l’ancienne description que nous en avons faite. ]

1. L'abducteur est fixé, d'un côté, dans la fosse temporale, au-dessus de l’abducteur de l’arcade palatinotympanique, et de l’autre, à l'angle antérieur et supérieur de cet opercule. En tirant cet angle en hauteten dedans, il fait faire à ce dernier un mouvement de bascule qui écarte des branchies son bord libre. [ Ce mus-

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cle n’est pas toujours unique ; ily a des espèces oùiiy a deux ou trois abducteurs distincts (1).]

2. L'adducteur s'attache à la face interne et supérieure de l’opercule, en arrière de l'articulation, et va se fixer, par l’autre extrémité, à la base du crâne; il est court et large.

[Ce muscle peut être aussi multiple. Il n’y en a qu'un court et large dans les cyprins. d’en trouve deux bien séparés dans la perche : l'un antérieur, plus large et plus court, recouvre en partie l’autre qui descend plus obliquement en arrière, et s'attache plus bas en dedans eten arrière de cette plaque osseuse. Ils sont également distincts dans le brochet, avec cette différence que le dernier ne descend pas autant et se porte plus obliquement en arriere. |

e. Muscles de l’opercule membraneux.

(La partie membraneuse de l’opercule présente des différences remarquables dans le mécanisme de ses mouvements, suivant qu’elle est grande, développée et plus ou moins réunie sous la gorge et dans la ligne moyenne de cette région avec celle du côté opposé, ou qu’elle en reste séparée par le prolongement*de la partie horizontale de l'ouverture branchiale.

Dans ce dernier cas, celui où les membranes operculaires sont entièrement séparées et où le bord inférieur de l’isthme qui est entre les deux cavités bran-

(4) MM, Cuvier et Valenciennes , Hist, Nat. des Poissons, t, 4, p, 407.

chiales est tout-à-fait à découvert, comme dans la perche, la truite, le brochet, il y a de chaque côté :

1. Un muscle releveur des rayons. Il se compose de petits rubans musculeux qui descendent en avant de dessous l’opercule ou plus en arrière du sub-opercule, et se portent dans une direction transversale à celle des rayons, en dedans de ceux-ci. Leur point fixe étant à l’opercule osseux, ces rubans doivent produire le plissement de la membrane et découvrir les branchies du côté inférieur (1).

Lorsque les branchies sont moins ouvertes en avant et que les deux opercules se réunissent sous la gorge , ce muscle releveur des rayons, qui n’est autre chose qu'un mylo-hyoïdien divisé, devient impair, prend ainsi le caractère de ce dernier et change d'usage.

On le voit déjà dans les cyprins, où cette réunion des deux membranes operculaires est cependant peu étendue. C’est alors, pour la partie antérieure du moins, le muscle que nous avions nommé] adducteur-commun ; il s'attache en dedans des rayons et même des pièces de chaque opercule; ses fibres passent d’un opercule à l'autre et se continuent dans l'épaisseur de la membrane branchiostège. I applique les deux opercules à la fois sur les ouvertures branchiales, [ tout en déployant les rayons auxquels il s'attache et la partie

iembraneuse des opercules.

Dans le {ump il y à un ruban rusculeux épais et large, qui va de la portion la plus reculée d’une branche hyoïde à l’autre. Ce muscle, analogue à la portion postérieure du mylo-hyoïdien des tortues, entraine

(4) On trouvera une bonne figure de ce muscle dans la perche. Histoire Naturelle des Poissons, pl, vi, T, 28,

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tous les rayons branchiostèges avec les branches hyoides vers la ligne moyenne, et applique l’opercule membraneux contre l’ouverture branchiale. I y a même une bande encore plus reculée, qui s'attache par un tendon médian, à l’os en ceinture, et qui se porte en dehors sur les derniers rayons branchiaux de chaque côté; c'est une sorte de sterno-cératoidien.

On conçoit que ce muscle acquérant beaucoup d'extension, avec l’opercule membraueux, et une épaisseur plus marquée, il doit resserrer les cavités branchiales avec assez d'énergie. C’est ce qui a lieu dans l’anguille, où ses faisceaux de chaque côté aboutissent à une ligne médiane adhérente aux muscles qui tiennent lieu de sterno-hyoïdiens. Les plus reculés de ces faisceaux, ceux qui viennent jusqu’au bord de l'ouverture branchiale et qui la ferment, sont immédiatement sous la peau et pourraient être comparés à la portion la plus reculée du mylo-hyoïdien des tortues; tandis que la portion la plus avancée de ce muscle recouvre en-dessous les géni-hyoïdiens.

On peut considérer avec M. Cuvier (1) comme un seul muscle, analogue à celui que nous venons de décrire dans l’anguille, l’opercule charnu des moles ; ou comme formé, ainsi que nous l’avions exprimé dans notre première édition] de plusieurs muscles remarquables. Le principal, qui forme presque entièrement cet opercule, est composé de plusieurs couches de fibres parallèles, qui vont d’une portion de l’os en ceinture (l’huméral) à l’autre, et s’amincissent beaucoup vers le bord libre de cet opercule.

(1) Ibid. , p. 409.

Ce bord est appliqué contre l'ouverture des branchies, par deux petits muscles qui en partent de chaque côté, et remontent sur la face interne de los en ceinture, l’un en avant, l’autre en arrière.

2 L'abducteur des rayons. Les rayons sont écartés les uns des autres, et la membrane branchiostège est développée et appliquée contre l'ouverture des branchies, par un muscle [que nous regardions d’abord comme l’analogue de l’hyoglosse ou du cératoglosse des reptiles, mais sa disposition le rend iei un abducteur des rayons]. Nous l’avions vu, dans la truite, composé de deux portions ; l’une est attachée au bord inférieur de la grande pièce antérieure de lhyoide; l’autre se déployant sur la face interne des cinq rayons antérieurs, et se joignant aux autres par de longs filets tendineux qu'elle leur envoye. Toutes deux se réunissent en avant à un tendon qui passe sous l'extrémité antérieure de la branche hyoïde opposée, [entre cette branche osseuse et le muscle géni-hyoïdien ] et va s'épanouir sous l'os lingual. Le tendon du muscle gauche passe devant celui du droit. La seconde portion du même muscle a l’usage indiqué d’abord, tandis que la première ne peut servir qu'à abaisser la langue. [ La disposition de ce tendon, qui s’entrecroise avec celui du côté opposé, pour aller se terminer à la langue, rappelle l’arrangement que j'ai décrit pour le cératoglosse du crocedilen(t. 1,1% partie, pr 70 1

L'abducteur des rayons existe, avec quelques petites différences, dans tous les poissons osseux, [Sa grandeur relative varie beaucoup ; dans l’anguille, par exemple , il est bien moins développé que dans la truite, le brochet ou la perche. ]

248 xXIX° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

5° La membrane branchiostège est écartée du corps par le grand abaïsseur @e la mâchoire inférieure ou le géni-hyoidien, dont les fibres s’attachent en partie, de chaque côté, sur les rayons de cette membrane.

4 [ Cet effet est encore produit par la portion du grand muscle latéral qui tient lieu de sterno-hyoidien ; de sorte qu’on peut considérer ces deux muscles | comme les antagonistes de celui que nous avons appelé l’adducteur commun des opercules, [et que nous aurions pu désigner également sous le nom de constricteur commun ; mais dont l’analogue dans le plan général des vertébrés est le mylo-hyoïdien.

« D° Il y à aussi de petits muscles particuliers à chaque » rayons branchiostège, qui ont leur autre attache à la » partie voisine de la branche de l'os hyoiïde, et qui, sui- » vant les espèces et leur direction, contribuent à dila- »ter où à contracter la membrane ; mais ils n'existent » pas toujours. Je ne les vois pas dans la perche ; mais »ils sont aisés à découvrir dans la baudroie et le cyclop- » Lère (1). »

Ces muscles ont pour analogues les cératoïdiens latéraux des reptiles (décrits t. iv, 1° partie, p. 530 de cet ouvrage. }]

S IL. De lhkyoide considéré dans ses rapports avec l'äppareil branchial proprement dit, et supplément à ce qui a déjà été dit sur sa composition.

[Nous avons cherché à déterminer toutes les pièces de l’appareil hyoïde (+. 1v, 1'° partie, p. 559 et suiv.)

(1) M, Cüvier, op. cit., &. 1, p. 410.

et nous avons indiqué rapidement leurs principales différences de forme, de proportions et de rapports.

Ce que nous devons en dire ici pour faire comprendre le mécanisme de la respiration des poissons, servira de supplément à ce premier article, sur les organes de déglutition dans cette classe.

L'hyoïde des poissons se compose essentiellement des cornes antérieures de cet appareil, qui ont pour emploi de le mettre en liaison avec la tête dans les quatre classes des animaux vertébrés; ce sont les branches hyoïdes. Dans l’angle rentrant que leur extrémité buccale forme en arrière, est placé un os impair que nous avons comparé à la queue ou plutôt au corps de l'hyoïde des trois autres classes (ibid. , p. 540). Nous nous arrêtons à cette dernière détermination que M. Cuvier a d’ailleurs adoptée (1), non-seulement parce que cette pièce donne attache aux muscles analogues des sterno-hyoïdiens ; mais parce que nous croyons devoir regarder comme la queue de l’hyoïde une piéce osseuse qui sert plus particulièrement de liaison entre l'appareil hyoiïde et l’appercil branchial; c'est le prenier des osselets de la chaîne intermédiaire.

Cet osselet, que nous décrirons bientôt avec les autres qui le suivent, et qui appartiennent plus particulièrement aux arcs branchiaux, est placé derrière ou sous l'os lingual, entre les extrémités de ces arcs ; il les unit au premier osselet intermédiaire qui forme la symphyse de la paire antérieure des arcs branchiaux,

(1) Histoire Naturelle des Poisèons , t. 1, p. 408.

250 xxIX° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANEHIALE ,

de même que cet uro-hyal (1), c’est ainsi que nous le désignerons dorénavant, forme la symphyse des cornes hyoïdes.

En résumé, l'appareil hyoiïde des poissons se compose plus essentiellement : des cornes antérieures (les branches hyoïdes) qui existent toujours ; du corps hyoide ( notre basi-kyal ), qui peut exister seul, par exemple, dans la lamproie ; de la queue de l’hyoide (notre uro-hyal), dont l'existence est beaucoup moins générale, et dont la fonction est d’unir l'appareil hyoide, comme dans les autres classes, à l’appercil de la respiration. |

Les branches ou les cornes hyoïdes se joignent intérieurement au premier des os formant la chaine intermédiaire à laquelle aboutissent aussi les extrémités inférieures des arcs branchiaux ; ces branches suspendent d'autre part la masse des branchies au crâne par l’intermédiaire de l’os analogue au carré des oiseaux, [c’està-dire de l’os tympanal, ou du temporal, auxquels elles sont attachées par leur extrémité supérieure.

Les branches hyoïdes limitent toujours, en avant, la première ouverture branchiale. Nous avons vu que ces branches se composent au plus de cinq pièces, deux principales ou moyennes beaucoup plus grandes que les autres, sur lesquelles s’appuyent les rayons branchiaux ; une articulaire supérieure et postérieure ou styloïde, et deux préarticulaires l’une supérieure et l'autre inférieure, qui sont réunies par le moyen du premier os de Ja chaine intermédiaire ( non compris

(4) C’est le basi-hyal de M. Geoffroy-Saint-Hilaire,

l'os lingual) ou par notre uro-hyal. Les deux préarticulaires peuvent être remplacés par une seule pièce, comme nous l'avons dit (t. 1v, à" partie, p. 943). Dans d’autres cas, ils manquent absolument.

Considérons encore quelques instants l’ensemble de cet appareil, tel que nous venons de le décrire, et les différences qu'il présente dans ses trois parties essentielles , les branches, le corps et la queue de l’hyoïde, et dans la composition des premieres.

1° Les Acanthoptérygiens.

a. Chezles Percoïdes en particulier, l'hyoïde de la perche a un uro-hyal qui lie l'os lingual au premier synbranchial, et qui réunit ses deux cornes ; celles-ci ont cinq pièces dont deux préarticulaires, deux principales ou radiales et une styloïde. Le basi-hyal ou corps hyoïde est tranchant en socle de charrue.

Dans l’uranoscope, le basi-hyal est très-petit; les cornes hyoïdes sont formées d’une seule grande pièce radiale, large, plate et échancrée dans son bord inférieur, avec une petite pièce styloide ; les pièces préarticulaires manquent , ainsi que l’uro-hyal. Nous verrons que les synbranchiaux manquent aussi.

b. Parmi les Joues-cuirassées, les trigles (le rouget commun) manquent aussi d’urohyal ; le basi-hyal est une lame verticale mince ; les cornes ont les cinq pièces des perches ; les préarticulaires de chaque côté ont une partie horizontale qui, par leur rapprochement, forme le plancher le plus avancé de la cavité buccale; ils se joignent en arrière avec le premier synbranchial.

Les chabots (le chabot de rivière) ont un hyoïde sem-

252 xxIX° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

blable, avec cette différence qu’il m'a paru avoir un très-petit uro-hyal.

c. Parmi les Sparoides, la daurade à petites dents n'a pas d'uro-hyal; les préarticulaires des branches hyoïdes les unissant à l'appareil branchial par le premier synbranchial. L’os lingual est au-dessus de la symphise des cornes hyoïdes.

2° Les Abdominaux.

Dans les cyprins les préarticulaires sont placés l’un devant l’autre, et le lingual est hors de rang, appliqué sur la symphise des préarticulaires de chaque côté; le basi-hyal est petit, et l'uro-hyal n’est qu'un rudiment de cartilage.

Le brochet à l'appareil hyoïde composé comme celui de la perche ; mais l’ossification en paraît plus tardive, du moins pour les pièces impaires.

Les silures (silurus glanis, L. ) n'ont point de lingual; le basi-hyal est très-petit, rudimentaire , cartilagineux ou très-peu ossifié, comme presque tout l’appareil hyo-branchial, principalement dans les petits poissons de cette famille. L’uro-hyal manque; le premier synbranchial le remplace en s’engrenant un peu entre le préarticulaire de chaque côté, le seul qui existe.

L'alose à deux préarticulaires, dont le supérieur sert à rapprocher à angle aigu les deux premières pièces principales de chaque corne et s'articule à leur face interne. Les deux articulaires supérieurs se joignent en haut, comme les inférieurs en bas ; ils portent, en avant, un petit os grêle qui soutient le cartilage

de la langue, et se joignent, en arrière, à la première paire d’arceaux par un uro-hyal.

5° Les Subbrachiens.

La morue, parmi les Gades, a deux préarticulaires l’un devant l'autre, et un très-petit uro-hyal ; le basihyal est une lame verticale.

L'uro-hyal est plus prononcé dans la lote ; il se voit en-dessous de l'articulation des deux cornes hyoïdes, qu'il lie aux deux premiers arceaux.

4° Les Apodes.

L'anguille, parmi les Apodes, à des cornes hyoïdes très-simples ; je n’y trouve point de styloïde, Les préarticulaires sont soudés et confondus avec l'extrémité antérieure de ces branches, qui se joint au lingual ; elles forment un arceau très-fort. Le lingual est un os long s’avancant bien au-delà de l'articulation des branches hyoïdes, qu'il réunit; il représente à la fois un uro-hyal et un glosso-hyal.

La murène hélène n’a pour représenter tout l’hyoïde qu'une pièce de chaque côté, grêle comme un filet, suspendue dans les chairs, assez loin des ares branchiaux. Il est bien remarquable que les pièces médianes manquent les premières, dans tout l'appareil hyobranchial.

5° Les Plectognathes.

Les balistes (balistes rin gens, Bloch) s’éloignent moins

254 xxIX° LEGON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

du plan général que nous ne l'avions dit (t. 1v, 1°° partie, p. 545). L'os qui forme le pavé de la cavité buc- ‘ale est le préarticulaire supérieur. I y en a un inférieur au-devant du radial, qui est unique.

Quant à l'osselet grêle et cylindrique qui est enchâssé comme un coin en arrière des préarticulaires supérieurs des branches hyoïdes, ce n’est autre chose que l’'uro-hyal. Nous avons eu tort de le regarder comme le lingual (Zbid.).

Le basi-hyal est une lame verticale ayant en arrière un tranchant en forme de faux, qui se termine en pointe. |

$. IV. Des arcs osseux qui forment la charpente des branchies.

a, Îdée générale de ces arcs et de leur revêtement du côté de la cavité buccale.

[Leur nombre est égal à celui des branchies]. 1 y en a le plus souvent quatre [de chaque côté, rangés symétriquement sous le crâne ou sous les premières vertèbres, de manière que leur concavité regarde en dedans, et répond à la cavité buccale, et que leur convexité est tournée en dehors en arrière, et répond à ka cavité branchiale du même côté. ] Ces arcs sont formés chacun de deux portions, une supérieure, plus courte, l’autre inférieure, ordinairement plus longue ; jointes par une articulation mobile, qui leur permet des mouvements de charnière par lesquels l'arc s'ouvre ou se ferme.

Leur forme varie beaucoup ; larges et épais dans les poissons cartilagineux, ils sont plus étroits dans les

poissons osseux, et quelquefois singulièrement grêles, comme dans la murène commune. Leur convexité est creusée en canal pour loger les vaisseaux des branchies ; c’est sur cette partie que sont fixées, comme autant de rayons, les lames sur lesquelles s’étalent les vaisseaux, ou qui soutiennent d’autres lames vasculaires.

La concavité de ces mêmes arcs est généralement hérissée de dentelures ou de papilles plus ou moins dures, dépassant ses bords de chaque côté, ou d’un côté seulement, et qui sont placées de manière qu’elles garantissent plus ou moins les branchies, des corps que l'animal avale, et qui pourraient passer dans leurs intervalles ; elles sont en cela très-comparables aux papilles qui se rencontrent sur les bords de la glotte dans les oiseaux. Rarement font-elles corps avec l'os (1); le plus souvent elles ne tiennent qu’à la membrane qui se prolonge de l’intérieur de la bouche, pour le revêtir de ce côté. [Nous en avons déjà fait une description assez détaillée, au sujet des fentes branchiales, pour nous dispenser d'en parler davantage. ]

b. Composition des arcs branchiaux.

[Quant à la composition osseuse ou cartilagineuse de la charpente formée par les ares branchiaux, elle présente plusieurs différences dans lesquelles nous chercherons à distinguer ce qui appartient au type princi-

pal, de ce qui n’en est qu’une modification.

(4) Après un nouvel examen , je pense qu'elles tiennent toujours au derme, et qu’on peut le démontrer sur toutes les pièces fraiches ; mais qu'après la dessicalion du derme , elles paraissent quelquefois adhérentes à l'os,

On peut reconnaître dans cette composition de chaque arc, lorsqu'elle est complète :

Deux pièces moyennes jointes au-dessus l’une de l'autre par une articulation mobile ; nous les appellerons aussi branchiale principale ({V'inférieure ) , et branchiale articulaire (la supérieure); parce que la première a pour fonction unique de porter les lames branchiales, et que c’est en partie celle de l’autre.

Une pièce articulaire inférieure située entre la branchiale principale et les pièces médianes de conjugaison, ou qui s’unit à sa symétrique, lorsque ces dernières n'existent pas.

Des pièces médianes de conjugaison qui sont impaires et réunissent les extrémités inférieures de deux paires d’arceaux, ou les paires d’arceaux entre elles et avec les branches hyoïdes.

Une pièce sur-articulaire, servant à suspendre l’extrémité supérieure de l'arc à la voûte du crâne.

Pour compléter l’histoire de la charpente osseuse des branchies, il faut y comprendre les pharyngiens supérieurs , qui sont hérissés de dents, et les pharyngiens inférieurs ; puisque , dans quelques cas, les plaques du même nom sont soudées aux derniers arcs branchiaux, et que leurs mouvements sont liés à ceux des branchies.

1° De la pièce branchiale principale des arceaux ou de leur pièce moyenne inférieure. 5

Les pièces moyennes des arcs branchiaux complets sont au nombre de deux, une supérieure et une inférieure, articulées de manière que l'arc qu'elles composent ensemble est comme brisé à l'endroit de leur jonction, et forme un angle saillant en arrière et en

dehors, et rentrant en dedans et en avant, qui s'ouvre ou se ferme plus ou moins par suite de la mobilité de cette articulation. Ces pièces ne manquent. Jamais, voilà pourquoi je les appelle aussi principales ; la dénomination de pièces moyennes ne leur convient plus lorsque les sur-articulaires n'existent pas pour leur donner cette position moyenne. Elles ont encore pour caractère de s’ossifier les premières, et de supporter les lames branchiales par leur partie convexe, qui est creusée d’un profond sillon pour recevoir les principaux vaisseaux des branchies.

L'inférieure limite plus généralement, par ses côtés, la fente branchiale qui la précède et celle qui la suit. Cette pièce est à peu près d’égale largeur, dans chaque arceau, chez la plupart des poissons osseux. Je l'appelle branchiale principale, parce qu’elle supporte la plupart des lames branchiales, avec la pièce articulaire inférieure qui la continue.

Dans l'aulostoma chinense, les pièces branchiales inférieures sont grèles et longues. La supérieure du premier arc est la seule qui soit réunie à l’inférieure (1); les trois autres en restent séparées, si tant est qu’on puisse déterminer ainsi de petites pièces osseuses qui restent attachées sous le crâne, comme les articulaires.

2 De la pièce branchiale articulaire.

La pièce branchiale articulaire, qui se meut par un mouvement de charnière avec la branchiale principalé, est toujours beaucoup plus courte. On peut ordinairement la distinguer en deux parties, l’une bran-

(4) Raïhke, op. cit. pl. 1, fig. 4 LÉ 47

2958 xxIx° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

chiale, qui supporte la continuation supérieure de Ja double série de lames branchiales, et l’autre articulaire, qui est dépouillée de ces lames et s'applique plus ou moins contre la voûte du crâne. L’une et l’autre peuvent donner attache à des muscles qui meuvent les arcs, ou à des ligaments qui les fixent; mais c’est la portion articulaire de cette pièce qui se joint avec d’autres pièces auxquelles nous réservons le nom de sur articulaires ou d’articulaires supérieures.

Cette pièce s’écarte encore de la branchiale principale, en ce qu’elle varie beaucoup d’un arceau à l’autre, non-seulement dans ses dimensions, mais surtout dans sa forme. Elle présente assez généralement dans chaque arceau, surtout dans les trois derniers, un angle saillant ou une forte apophyse pour lattache des muscles.

Dans la perche, cette pièce est longue, étroite et bifurquée, ou tout au moins anguleuse en arrière dans le premier arceau ; moins longue, anguleuse sur son bord postérieur dans le second arceau ; courte et grêle dans le troisième et présentant une longue apophyse en arrière ; courte, arquée ou pliée en équerre, ayant un angle saillant en forme d’apophyse dans le quatrième arceau (1).

Les trigles et beaucoup d’autres acanthoptérygiens présentent la même organisation.

Dans le brochet, les quatre pièces branchio-artieulaires ont une large apophyse vers leur extrémité supé-

(4) Voir la pl. 44, fig. vr et vit, 61 de l'His'oire Naturelle des Poissons, de MM. Cuvyier et Valenciennes,

rieure , elles vont en diminwant beaucoup du premier au quatrième.

Dans le silurus glanis, la première pièce branchioarticulaire est plus longue que les trois autres, qui sont aussi plus rapprochées, surtout les deux dernières, par leur longue apophyse, comme cela a lieu assez généralement.

Dans la truite, le pièce branchio-articulaire va graduellement en diminuant, du premier arceau au quatrième, et présente, en arrière, une lame anguleuse dans celui-ci et une apophyse dans les trois premiers.

Cette organisation est encore plus évidente dans le saumon ; il faut ajouter que la proportion relative de 1 apophy se supérieure n’est pas la même dans chaque pièce, non plus que son emploi. Elle donne attache dans le premier arceau à un ligament qui l’unit au surarticulaire du second arceau ; tandis que dans les arceaux suivants elle donne attache aux muscles abducteurs. |

Dans l’alose, les portions articulaires des deux premiers branchio-articulaires se soudent en un seul cartilage formant la pointe d’un triangle en avant des branchies. Les articulaires de la seconde paire sont distincts, osseux, rapprochés, mais non soudés, Le troisième branchio-articulaire à sa seconde partie prolonsée en un long stylet grêle, qui glisse sur les pièces ar- Fe Note Le quatrième branchio-articulaire forme une large plaque rhomboïdale percée d’un trou rond. Cette forme singulière tient aux rapports de cet osselet ; il s'articule par son angle inférieur et postérieur avec le branchial inférieur correspondant; par son angle postérieur et supérieur du même côté avec le

260 xx1ix° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE, pharyngien inférieur ; il se prolonge par son angle inférieur et antérieur, en un cartilage articulaire qui est attaché comme à l'ordinaire, par son apophyse montante, à articulaire de l’arc précédent.

Dans l’anguille, la pièce que nous décrivons est particulièrement courte; elle ne supporte que très-peu de lames branchiales, dont la briéveté est d’ailleurs remarquable. Dans la murène hélène, la charpente des ares branchiaux ne se compose que des pièces branchiales principale ou inférieure, et branchio-articulaire , qui sont grêles, restent séparées et comme suspendues dans les chairs, excepté les dernières, auxquelles se soudent les pharyngiens supérieurs et inférieurs.

3° De la pièce articulaire inférieure.

La pièce articulaire inférieure et latérale qui joint la pièce principale aux pièces médianes de conjugaison, qui peut elle-même en tenir lieu et réunir une ou plusieurs paires d’arceaux, varie d’un arc à l’autre et n'existe pas généralement dans le quatrième arc branchial.

Cette pièce semble ajoutée aux deux premiers arceaux, où elle a la même direction que les pièces branchiales qu'elle continue, pour augmenter la longueur de ces arceaux. Son articulation avec la pièce principale et avec la pièce médiane est peu libre, principalement la première (1).

Dans le troisième arceau elle est en partie hors de rang. Articulée en arrière, où elle est large, avec le

(1) M, Cuvicr, op. cit., pl. or, fig. vret var, 57

SON MÉCANISME DANS LES POISSONS. 2641 branchial de cet arceau, elle devient grêle, se porte dans cette direction, se courbe en dessous et s'incline à la rencontre de sa symétrique, pour former un anneau dans lequel entre et glisse l'extrémité libre du deuxième synbranchial. En dessus, ces troisièmes articulaires se joignent de même; ils ne tiennent que par des ligaments laches au deuxième articulaire et au second synbranchial.

Telle est du moins la disposition de cette pièce des branchies dans la perche, et conséquemment dans le type le plus général. Elle subsiste toutes les fois qu'il doit y. avoir une certaine mobilité dans la partie moyenne et inférieure de l'appareil hyo-branchial. Elle disparait avec la plus grande fixité, le moindre jeu des pièces de cette partie.

Les trigles, dont les articulaires sont larges et plats, n’ont pas le troisième ainsi détaché.

Dans l’uranoscope, les trois articulaires sont grêles, ont la même forme, présentent peu de diminution dans leur longueur, du premier au troisième, et se joignent par paire sur la ligne moyenne, sans l’intermédiaire d’un synbranchial ; c’est donc encore un autre plan.

Le maquereau, dont les branchies sont très-ouvertes, a des dispositions analogues à celles que nous verrons dans l’alose. :

Dans la baudroye, le quatrième arceau, qui n’a pas de lames branchiales, à une partie articulaire qui se réunit à sa symétrique; tandis que dans les trois arceaux précédents, les pièces articulaires sont rudimentaires et ne se joignent pas à celles du côté opposé, ni à un synbranchial qui n'existe pas.

262 xx1x° LECON. ART. V. RIESPIRATION BRANCHIALE ,

Dans les cyprins, les articulaires des deux premiers arceaux sont très-courts et plats. La première paire, très-rapprochée, se joint en arrière au premier synbranchial. La seconde , plus petite, se joint à la symphyse du premier et du second synbranchial. La troisième a la forme et la disposition que nous avons décrite dans la perche. Il v a, par suite de cette disposition, une grande mobilité dans les mouvements de protraction et de rétraction de tout l’appareil branchial inférieur. Ges mouvements sont bornés cependant par de forts ligaments; deux de ces ligaments vont, de la base ou de la partie large, et de la partie grêle de chaque troisième articulaire, à l’articulaire correspondant du second arceau; l’un réunit les extrémités grêles des troisièmes articulaires pour en former un anneau; l'autre va du second articulaire au premier. De même, ‘de simples ligaments unissent les quatrième branchiaux, dont en extrémités restent écartées.

Dans le brochet , le premier articulaire est fort long, le second l’est moins et le troisième est encore raccourci. Il forme, de même que dans le saumon, en avant et en dessous, une apophyse descendante.

Dans le silurus glants, les pièces articulaires du troisième arceau sont communes au quatrième, dont la paire vient se joindre derrière ces pièces réunies. Elles se soudent en avant avec le synbranchial, et n'ont aucune partie horse rang.

Dans le pimélode octocirrhus, j'ai trouvé les articulaires cartilagineux ; tandis que les pièces latérales étaient déjà ossifiées ; ce sont des plaques courtes et larges, dont la troisième paire se joint dans la ligne moyenne,

et sépare ainsi le premier synbranchial du second. Elle recoit en arrière le quatrième branchial principal comme dans les silures propres.

Dans le saumon , les articulaires inférieurs des deux premiers arceaux sont larges et courts, le second plus que le premier ; ils prolongent ces arceaux vers la ligne moyenne et se joignent au premier branchial. Les articulaires de la troisième paire sont rapprochés par leur base, quise joint à la symphyse des deux synbranchiaux. Ils se détachent plus avant de la ligne de conjugaison, s’avancent l’un vers l’autre sous cette ligne, pour former une apophyse et donner attache au musele branchio-articulaire de leur arceau ; à un muscle rétracteur qui vient du pharyngien inférieur; à un fort ligament qui s'attache en arrière au coracoïdien ; à un autre ligament qui s'attache au second articulaire ; enfin à un troisième ligament assez long, qui appartient au premier articulaire. Îl y a dans ces modifications du type le plus général, beaucoup plus de fixité dans la partie moyenne de l’appareil branchial, beaucoup moins de jeu; ce qui tient aussi à la force des synbranchiaux. Ici cet appareil est mieux armé et plus solide pour la déglutition d’une proie.

Dans l’alose, on trouve encore un autre type; la première paire d’articulaires séparée, en ayant, par l'extrémité du premier synbranchial, vient s’articuler derrière l’uro-hyal. La deuxième et la troisième paire se joignent derrière le premier et le second synbranchial. Cette disposition tient à l'étendue des fentes branchiales et à la nécessité de fournir un appui à la double série de lames qui fait le tour de ces fentes. Le mécanisme change avec le but.

964 xxIX° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE ,

Dans les gades il y à un petit cartilage (la Lote) ou un osselet (la morrhue) pour l’articulaire du quatrième arceau. Le troisième articulaire a une apophyse descendante, et forme anneau avec son symétrique ; aussi toutes les pièces moyennes sont-elles assez mobiles dans l'appareil hyobranchial.

Dans l’anguille il y a trois petits articulaires, dont le dernier est rudimentaire.

4. Des pièces médianes inférieures de conjugaison, ou des Synbranchiaux. .

Les deux séries d’arceaux se joignent par leur extrémité inférieure correspondante, soit immédiatement par des ligaments plus ou moins serrés ou lâches, soit par l'intermédiaire d’osselets impairs, occupant la ligne médiane inférieure de cet appareil. Ces osselets de coxjugaison, que j'appele ainsi à cause de leur emploi, varient pour le nombre, la forme et la disposition. Ïls sont généralement au nombre de deux, qui suivent l’uro-hyal ; mais on n’en rencontre quelquefois qu’un seul; d’autres fois il y en à trois. Ils varient d’ailleurs pour la forme et la disposition , suivant que les fentes branchiales s’avancent profondément vers la ligne moyenne, ou qu'elles s'arrêtent assez loin de cette ligne; suivant que l’appareil branchial moyen doit ayoir beaucoup de jeu dans cette partie, ou conserver une certaine fixité. ]

Leur ensemble, avons-nous dit dans notre première édition, forme une sorte de sternum , qui est du moins aux ares branchiaux ce que cet os est aux côtes des mammifères, des oiseaux et des reptiles; [ cependant eette première apparence, qui avait frappé Îles anatomistes qui nous ont précédé, entre autres Duverney,

SON MÉCANISME DANS LES POISSONS. 265 (Mémoires de l’Académie des Sciences de 1705, p. 227), ne soutient pas un examen approfondi.

Il y aurait plus de motifs pour comparer cette chaîne d’osselets au corps de l’hyoïde des oiseaux et des reptiles (1).

Cependant, l'exactitude de cette dernière comparaison pourrait être contestée par ceux même qui l'ont adoptée, et qui considèrent en même temps les arcs branchiaux comme un développement de certains cartilages bronchiques intra-pulmonaires des oiseaux. Une conséquence de cette manière de voir devrait être, il nous semble, de considérer cette série d’osselets réunissant les ares branchiaux, comme une portion médiane ajoutée aux arceaux latéraux de quatre cercles qui se suivent et comme faisant partie essentielle de ces cercles.

L'appareil hyoide, qui est toujours subordonné à l'appareil respiratoire dans les animaux à poumons, se compose, dans les poissons, des branches hyoïdes et de l'os impair placé dans l’angle de ces branches, sous l'appareil respiratoire que nous venons de déterminer. L’os qui suit le lingual (le basi-hyal de M. Geoffroy ) appartient essentiellement à l’hyoïde, dont il réunit les deux branches ; mais son emploi principal semble être de joindre l'appareil hyoïidien à l'appareil branchial ; c'est donc, sous ce rapport, un uro-kyal, puisque dans

Cm

{4) C’est dans celte vue que M, Gecffroy-Saint-Hilaire ( Philosophie Anatomique, t. 1, p. 259) nomme la première pièce, ou los lingual, géosso-hyal ; la seconde pièce basi-Lyal; la troisième ento-hyal, et la quatrième ero-hyal; ces quatre dénominations supposent l'existence régulière de quatre osselets ; le texte ci-après indique des variations dans ce nombre.

266 xx1x° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCAIALE ,

les ovipares, et principalement dans les reptiles, la queue de lhyoïde à surtout pour usage d’unir ces deux appareils (4).

Les os de conjugaison qui viennent ensuite servent essentiellement à réunir les arcs branchiaux correspondants, de chaque côté, ou les paires qui se suivent. Nous les appellerons synbranchiaux, et nous les distinguerons par les numéros 1, 2, etc.

Le plus généralement il n’y en a que deux (l’entohyal (2) et V'uro-hyal de M. Geoffroy ).

Dans la perche, le premier synbranchial est plus court que le second, dont l'extrémité postérieure libre glisse dans l’anneau des troisièmes articulaires (3).

Notre uro-hyal (4) a bien ici la fonction importante d’unir les deux appareils de déglutition et de respiration.

La baudroye à, sous ce rapport, une organisation très-particulière ; il n’y a pas du tout de synbranchiaux, et les articulaires des trois premières paires d’arceaux restent libres du côté de la ligne moyenne. Il n’y a que ceux de la quatrième paire qui se joignent.

Dans les Cyprins il n’y a de même que deux synbranchiaux, qui sont grêles, allongés et comme formés d’un double cône. Le premier joint en avant l’uro-hyal; le

(4) Le basi-hyal serait dans cette vue, et c’est celle que nous adoptons en ce moment, l’os impair et hors de rang qui forme en avant l’isthme qui sépare les branchies, et qui donne attache au muscle que nous avons indiqué comme le sterno-hyoïdien. — (2) Nous observerons que dans les figures 84 et 82, pl. 8, de ia Philosophie Anatomique, la pièce marquée L est celle de conjugaison de la première paire d’arceaux, et non des branches hyoïdes ; c'est donc l’entohyal d’après ses rapports, et non le basi-hyal. — (3) Voir la pl. ur, fig. vret vos 54 et 55 de l'Histoire Naturelle des Poissons .— (4) Ibidem , 51.

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second a son extrémité postérieure libre, en glissant dans l'anneau des articulaires du troisième arceau.

Dans le saumon Vuro-hyal et les deux synbranchiaux sont soudés ensemble, et forment une pièce médiane solide à laquelle viennent se joindre les deux premières paires d’arceaux. Son extrémité se meut assez librement entre la troisième paire. Celle-ci et les os pharyngiens inférieurs sont joints solidement à une troisième pièce synbranchiale, qui est suivie d’une quatrième, étroite, s’avançant en pointe libre en arrière et dans l’angle rentrant des pharyngiens (1).

La truite n’a que trois synbranchiaux ; le quatrième n'a paru manquer. Il est vrai qu’il est très-petit dans le saumon.

Dans le brochet les deux synbranchiaux sont longs, développés, fixés surtout par les plaques dentaires dont ils sont couverts.

Dans le silurus glanis on ne trouve qu’un synbranchial, qui est comme enchâssé entre les trois paires d’articulaires. |

Dans le pimelodes octocirrhus, il y a un premier synbranchial grêle et long, qui réunit les deux premières paires d’articulaires, et aboutit au-devant de la troisième. Le second synbranchial, situé entre la quatrième paire d’arceaux, présente une lame verticale saillante qui donne attache à des muscles abducteurs ou rétracteurs de l’appareil branchial.

(4) M. Rathke indique six osselets intermédiaires, non compris l'os lingual, dans le Salmo Wartmanni. Op. cit. pl. 1, fig. 5 ; c’est le nombre, moins un, que nous venons de trouver dans le saumor, puisqu'il y a encore un uro-byal et un glosso-hyal.

268 xxIx° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE ;

Dans l’alose, les synbranchiaux sont au nombre de trois, de forme allongée et grêle; les deux premiers vont, comme des piliers, d’une paire d’arceaux à la suivante, ei ne servent plus de clef de voûte pour les deux arceaux correspondants de chaque côté, qu'ils ne séparent plus. Le troisième va de la troisième paire d’arceaux à la quatrième, pour se placer entre celle-ci et s’'avancer même entre les pharyngiens et au-delà. De sa face inférieure descend une lame longitudinale trèssaillante; il y en a de moins prononcées aux deux autres. Elles donnent attache aux muscles coracosynbranchiaux , qui remplacent les coraco-pharyngiens.

Dans l’anguille le premier synbranchial est un petit os grêle, cylindrique, placé entre la première et la seconde paire d’arceaux. Il est précédé d’un uro-hyal cylindrique beaucoup plus fort, qui est le moyen d’union entre les branches hyoïdes et la première paire d’arceaux. Le second synbranchial est une petite plaque osseuse placée entre la seconde et la troisième paire d’arceaux.

Nous avons déjà dit que, dans la mnurène hélène, les pièces branchiales restent séparées et flottantes, et qu'il n’y ni pièces articulaires, ni synbranchiaux.

On voit un passage à cette imperfection dans l’anlostoma chinense, où il n’y a qu’un synbranchial réunissant les pièces articulaires des deux premières paires (1). |

Dans la morrhue, l'uro-hyal pénètre comme un coin

(1) M, Rathke, op. cit, pl. x, fig. 4,

entre les deux premiers arceaux; il est encore trèsétroit entre la deuxième paire; il s’élargit et s’allonge pour fournir, en arrière, deux larges facettes articulaires, aux deux articulaires de Ja troisième paire d’arceaux.

5. Des pièces sur-articulaires ; où articulaires supérieures.

J’appelle ainsi les osselets quiterminent, du côté supérieur, les arcs branchiaux et qui contribuent à les suspendre au crâne par le moyen de muscles ou de ligaments. Ces osselets sont entiérement recouverts par la muqueuse buccale.

I n’y en a qu’un seul dans la perche, qui est trèspetit, s'articule d’un côté avec le premier arceau, et s'élève perpendiculairement sous la base du crâne, à laquelle il est suspendu par un ligament.

Les trigles ont le stylet sur-articulaire. Je n’en ai pas trouvé dans la sphyrène, ni dans l’uranoscope, tes chabots, les daurades, les maquereaux, les caranx, les labres. Peut-être cet os étant très-petit, a-t-il échappé dans quelques cas à mes recherches. Mais il est très-long, styloïde, dans le zeus faber , et suspend directement au crâne la première et la seconde paire d’arcs branchiaux, avec lesquels il s'articule, et, par leur intermédiaire, les deux autres. |

Parmi les Malacoptérygiens abdominaux, nous avons vu (1”édit., t. IV, p. 375) que dans la carpe, qui n’a point d'os pharyngiens supérieurs mobiles, les quatre ares se rapprochent par leur extrémité supérieure, et s’articulent avec une pièce commune, qui se joint au crâne.

[ Cette pièce commune est un sur-articulaire placé

270 xx1Ix* LEÇON. ART V. RESPIRATION BRANCHIALE, entre J’extrémité branchio-articulaire du premier et du quatrième arceau, et à laquelle viennent encore aboutir les branchio-articulaires du second et du troisième arceau.

Je trouve trois petits os sur-articulaires dans les /ochés ( Cobitis fossilis): deux pour les deux premiers arcs branchiaux, et le troisième servant d'union aux deux derniers. L |

Dans le brochet, il y a deux sur-articulaires ayant chacun une apophyse considérable pour les muscles qui s’y rattachent. Le premier, qui appartient au premier arceau, n’est guère que cette apophyse; le second a une: pointe qui s’avance au-delà et le rend fourchu.

Le saumon a un premier sur-articulaire vertical, comme la perche. Celui du second arceau est plus long, unique et dirigé en avant. Les troisième et quatrième arceaux en ont un seul qui réunit leurs extrémités, et qui est conique et dirigé de même en avant. On pourrait donc aussi bien les considérer comme la partie articulaire des pièces branchio-articulaires.

Dans l’alose l'union des arcs branchiaux sous la voûte du crâne se fait, comme dans la perche, par un petit os styloide, le sur-articulaire du premier arceau, qui s'élève perpendiculairement vers cette voûte. k

Un cartilage, qui prolonge en avant et au-delà du sityloide la pièce branchio-articulaire de ce premier arceau, se soude à son symétrique, et forme avec lui une apophyse médiane.

Dans ie second et le troisième arceau, cette pièce est osseuse et distincte de la brianchiale supérieure, et forme évidemment ur sur-articulaire.

Celui du troisjème arceau est long, grêle, et présente

une apophyse par laquelle il est attaché à celle du second branchio-articulaire. Mais il a une partie libre qui est très-grêle, et glisse sur le second sur-articulaire.

Le second sur-articulaire s’unit de mème à l’apophyse du premier branchio-articulaire.

Enfin, ce sur-articulaire du quatrième arceau est ici à la fois un branchio-articulaire et un sur-articulaire du troisième arceau. De sorte que les arcs branchiaux sont réunis supérieurement entre eux dans la ligne médiane comme inférieurement, et jouissent de ce côté d’une grande mobilité. Cet arrangement est la suite de la grande séparation des branchies en haut comme en bas (1).

Dans la morrhue, je ne vois pas de sur-articulaire. Dans la lote, il n’y en a pas davantage, c’est-à-dire qu'ils sont devenus articulaires pharyngiens.

Dans le {ump (cyclopterus lumpus ), ils manquent de même.

Dans l'anguille, il n’y a qu’une pièce sur-articulaire, comme dans la perche, servant à suspendre le premier arceau. Dans la murène, il n’y a point de sur-articulaires.

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