‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 87 sur 133 · XXIX° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE · texte numérisé non relu

XXIX° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE

b. Communications des cavités branchiales avec la cavité buccale; papilles, osselets, lames qui garnissent ces ouvertures.

[1 y a généralement, dans les poissons qui ont quatre branchies, cinq communications de chaque côté, qui conduisent de la cavité buccale dans les deux cavités branchiales. On n’en trouve que quatre dans le petit nombre de poissons qui n'ont que trois branchies.

Ces communications sont percées plus ou moins en arrière et sur les côtés du plancher de la cavité buccale, et s'ouvrent immédiatement dans la cavité branchiale.

La plus extérieure conduit l’eau de la bouche entre la branchie externe et les parois externes de la cavité branchiaie, qui répondent aux branches hyoïdes et aux opercules. La seconde se voit entre le premier et le deuxième arc branchial. La troisième ouverture est percée entre les deuxième et le troisième arc du même nom. La quatrième , entre le troisième et le quatrième. Enfin, la cinquième est au-delà du quatrième arc, et en devant de l'os pharyngien inférieur.

Ces cinq ouvertures n’ont pas toutes la même étendue. En général, la premiere est la plus grande; elle forme ordinairement une large fente, qui constitue la principale entrée de l’eau sur les branchies. La seconde est déjà un peu moins longue; la troisième est plus sensiblement raccourcie; la quatrième est encore plus restreinte, tant en haut qu’en bas, et la cinquième n’est plus qu'une courte ouverture oblongue ou ronde, au lieu d’une fente trés-allongée, caracté-

risant la premiere; de sorte que l’eau n'arrive que par reflux à la plus grande partie de la derniere rangée des lames branchiales.

Cette différence, dans les dimensions des ouvertures branchiales d’un même côté, suivant leurs numéros, se voit dans les poissons qui ont leur cavité branchiale très-ouverte au dehors (les clupées); comme dans ceux qui l’ont plus ou moins fermée par lopercule membraneux, tels que les Anguilliformes etles Plectognathes.

Mais elle n’est pas toujours en raison de l'ouverture extérieure de la cavité branchiale ; elle nous a paru plus marquée, à proportion, dans l’alose, qui a la cavité branchiale on ne peut plus largement ouverte au dehors, que dans les cyprins, qui ont certainement cette cavité moins ouverte au dehors.

La cinquième communication branchiale , celle qui est percée entre le quatrième arceau et l'os pharyngien inférieur, manque quelquefois; alors des membranes et des muscles réunissent les deux arcs osseux. Le cycloptère lump est dans ce cas. Bien entendu que le nombre des ouvertures branchiales est réduit d’une, lorsqu'il n’y a que trois arceaux , comme dans les diodons, les tétradons, etc.

Une autre différence que présentent ces ouvertures, est celle de leur forme et de leurs proportions, suivant les genres ou les familles. En général, elles sont moins grandes lorsque la cavité branchiale à son issue extérieure étroite, et que cette cavité est arrangée pour retenir beaucoup d’eau à la volonté de l’animal.

La baudroye les a courtes, mais en fente, comme à l'ordinaire ; l'anguille de rivière les à encore plus courtes, à proportion, Mais dans la murène hélène, elles

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forment des trous ronds, dont le dernier ou le cinquième n’a guere que la moitié du diamètre du premier (1).

Les petites dimensions de cette derniere ouverture, dans le plan ordinaire , préparent à la voir disparaitre dans les cas rares que nous venons de citer.

Les ouvertures branchiales sont généralement limitées par une certaine étendue des arcs branchiaux; elles ne peuvent se fermer que par le rapprochement des deux ares, ni s'ouvrir que par leur écartement.

La murène cependant fait exception à cette regle. Le mécanisme qui dilate ou resserre ces ouvertures est ici, jusqu'à un certain point, indépendant des mouvements des arceaux osseux devenus très-incomplets, comme nous le verrons dans ce genre d’anguilliformes.

Les fentes, ou les ouvertures branchiales, sont généralement garnies de productions de différentes formes, dimensions et consistance, qui tiennent à la peau, plus ou moins dense, qui recouvre, du côté de la cavité buccale, les arcs branchiaux.

Ce sont des papilles molles, fibreuses, cartilagineuses, des osselets en dents de râteau , à surface unie ou hérissée de pointes aiguës, des tubercules lisses, plus souvent hérissés de plaques osseuses à surface inégale, comme une râpe, qui garnissent l'entrée ‘multiple de chaque cavité branchiale , absolument conime les papilles qui sont à l’entour de la glotte dans les oiseaux (2).

(1) Rathkhe;'op. cit., a reconna cette forme; mais il indique mallenombre de ces trous. — (2) Ce rapport, que nous avions indiqué dans notre première édition ;

L'absence assez rare, comme dans la baudroye, ou l'existence de ces productions, leur forme et leurs dimensions, leur nombre, leur disposition régulière, leur consistance, méritent d’être étudiés en détail,

Nous ne ferons qu'indiquer icr les principaux traits de ces différences organiques.

Dans la perche, il y a, dans les deux arcs moyens, une double rangée de ces proéminences, courtes, côniques, et de substance osseuse. Le quatrième arc n’a que la rangée antérieure; cette disposition est assez générale. Dans la première, il y en a dix qui tiennent à la branche inférieure de l'arc, et deux à la partie voisine de la branche supérieure; ce sont de petits osselets grèles, allongés comme des dents de râteau, de différentes grandeurs cependant, dont le côté externe est lisse, et l’interne hérissé d’un grand nombre de petites pointes crochues. Ils protégent, en s’inclinant, soit d’un côté soit d’un autre, la première ou la seconde fente branthiale.

La sphyrène spet a le premier arceau garni en avant de longues lames, comme les wioses, tandis qu’il n’y a que des tubercules aplatis dans les autres arceaux formant un rang bien régulier sur chaque bord, de manière que ceux de l'arceau antérieur s’engrènent avec ceux de l’arceau postérieur dans l’adduction de ces arceaux.

Les trigles, les chabots (parmi les joues cuirassées ),

conduisait, il me semble, à la détermination des arcs branchiaux comme les analogues des cartilages trachéens ou bronchiques, rapports que M. Geoffroy a tenté de préciser ( Philos, anat., 4° mémoire).

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n’ont que des tubercules plus ou moins hérissés de petites pointes.

Le maquereau, parmi les Scombéroïdes, à, sur chaque arceau, un double rang de tubercules frangés, excepté cependant le premier, qui est garni, en avant, de fausses lames branchiales, comme les arceaux des clupées. Les fausses lames branchiales existent aussi dans le maquereau bâtard (curanæx trachiurus).

La baudroie, ainsi que nous l'avons déjà dit, n’a aucupe trace de papilles à ses arcs branchiaux.

Les muges (le céphale) ont de fausses lames branchiales analogues à celles des c/upées, par leur grande proportion, du moins dans la partie montante de l’arceau où elles ne forment qu'une rangée; tandis que sa partie horizontale, appartenant au plancher de la cavité buccale, en a deux rangées, mais beaucoup plus courtes.

Dans les Cyprins (le meunier, ie barbeau, Va tanche), il y à une double rangée de papilles courtes, excepté dans le premier are, dont les supérieures de la première rangée sont aussi plus prononcées et mobiles. Toutes ces papilles ont le côté qui regarde la ligne moyenne de chaque arc plus ou moins inégal, raboteux et comme dentelé.

Dans les loches, les papilles sont plates, arrondies et dentelées à leur pouitour. Le premier are n’en à qu'une rangée; les trois autres en ont deux.

Dans le brochet, toute la surface buccale des arcs branchiaux est hérissée de petites dents osseuses, de grandeur inégale, adhérentes, formant comme une râpe.

Les arcs branchiaux du saluh des Suisses (silurus

SON MÉCANISME DANS LES POISSONS. 233 glanis. L.) ont, de chaque côté, un rang detubercules hérissés. Dans le rang extérieur du premier arceau, ce sont des papilles allongées.

Dans ja truite, ce sont de petits os grêles, de grandeur inégale, rares, rangés le long du bord'interne de chaque arc. Il y en a de plus petits sur le bord postérieur des deux derniers arcs.

Celles de l’uose, et des Clupces en général, ont un développement extraordinaire ; elles forment de fausses lames branchiales, qui protégent, comme autant de dents de peigne, les ouvertures des branchies , tant au plafond qu’au plancher de la cavité buccale, et ne laissent passer l’eau qui va aux branchies, qu'à travers cette sorte de claie. Celles qui garnissent les os pharyngiens du côté de la dernière ouverture branchiale sont des lames courtes.

Parmi les Malacoptérygiens subbrachiens, la lote à deux rangées de papilles mobiles à chacun des trois premiers ares ; le quatrième n’en a qu'une rangée.

Parmi les Apodes, l'anguille a la surface buccale des arcs branchiaux à peu près lisse ; les papilles s’y trouvent à l’état rudimentaire. Aucune aspérité ne garnit les orifices grands et étroits qui conduisent de la cavité buccale à la cavité branchiale de la murène hélène.

Dans les Balistes (balistes ringens), ce ne sont que de petites papilles rares.

Ces exemples suffiront pour prouver qu’au besoin on pourrait trouver, dans ces différences, des caractères distinctifs, et qu’elles sont en rapport avec les habitudes et le mode de respiration des poissons. ]

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