I. De l'ovaire et de Voviducte
L'ovaire unique occupe la même place que le testicule, dans le fond du sac viscéral; il est enveloppé de même dans une capsule membraneuse à laquelle il re tient que dans un endroit, par des vaisseaux.
Cette capsule est simple dans le poulpe ; la seiche la divisée en deux par une cloison.
Non développé, l'ovaire ressemble à l'arbre le plus compliqué et le plus agréable; il a des milliers de ramifications.
Les ramifications de l'ovaire tiennent toutes à la capsule ovarienne par un seul point, le même par où les vaisseaux y pénètrent.
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Un large orifice conduit de la capsule dans un canal commun assez court, qui se partage bientôt, dans le poulpe et le calmar sagitté , en deux oviductes.
Ceux du poulpe , que j ai vus quand ils n'étaient pas remplis, étaient minces, à parois ridées intérieurement. Ils aboutissent aux deux côtés de l'anus. Au premier tiers de leur longueur, est une espèce de nœud, qui n'est autre qu'une glande que les œufs doivent traverser, et qui leur fournit sans doute la matière de leur enveloppe. Elle est divisée comme une orange par des cloisons longitudinales.
Le calmar sagitté a aussi de pareilles glandes , mais beaucoup plus grandes à proportion, ovales, situéesà l'issue même de chaque oviducte, et divisées par des cloisons minces et extrêmement nombreuses, en une infinité de couches transversales. L'oviducte y entre par le côté , et s'y rétrécit beaucoup avaut de sortir.
La seiche et le calmar commun n'ont qu'un seul oviducte, terminé par une glande pareille aux deux du calmar sagitté.
L'oviducte du calmar commun est plus long que celui des autres, et fait deux circonvolutions.
Les issues des oviductes du calmar sagitté sont au côté interne des branchies. Celle de l'oviducte simple de la seiche et du calmar commun est près de la branchie gauche , au même endroit que le pénis du mâle(i).
Ces trois espèces, appartenant à trois genres différents,ont de plus deux énormes glandes ovales , divi-
(i) Voir pour les ovaires du poulpe le Mémoire de M. Cuvier sur les Céphalopode/; et leur Anatomie, pi. II, fig. I, et pi. III, Ûq. i. R.R. l'ovaire, et r. r. les oviductes.
ART. I. ORG. PREPARATEURS ET EDUCATEURS FEMELLES. 467
sées, comme celle qui termine Foviduete, par des cloisons transversales , et ayant leurs issues aux deux côtés de l'anus.
On sait que les œufs du poulpe et du calmar sont rassemblés en petits boudins , par une matière gélatineuse, et ceux de la seiche en grosses grappes comparables à celles des raisins, par une matière ductile. Il est probable que cette matière est fournie par les glandes qui terminent l'oviducte. Peut-être les deux autres glandes que nous venons de décrire y contribuent aussi.
[L ovaire de Y argonaute est de même dans une capsule dont l'issue donne dans un très court oviducte commun, qui ne tarde pas à se diviser en deux branches : celles-ci n'ont pas de partie renflée et glanduleuse, comme dans les poulpes, et font plusieurs circonvolutions avant d'aboutir dans la cavité branchiale.
A l'époque du rut, on les trouve remplis, dans toute leur étendue, de grappes d'œufs (1).
La structure de l'ovaire des Céphalopodes est ana logue à celle des ovaires à sac des poissons.
La capsule ovarienne est comparable à la cavité intérieure de ces ovaires à sac. Le pédicule, production unique des parois de la capsule et ses ramifications nombreuses, répondent aux lames proligères des ovaires à sac. Les ovules mûrs se détachent des ramifications de l'arbre proligère, comme de ces lames, tombent dans la cavité de l'ovaire et passent dans l'oviducte , dont les parois sont continues , dans l'un et l'autre cas , avec celles de cette cavité.
(i) Mémoire de M. Van Beneden sur V Argonaute, ;>I. V. Bruxelles, i83g.
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Il y a loin de cette disposition avec celle où les œufs, détachés des ovaires,tombent dans la cavité abdominale et vont, par un mécanisme inconnu, gagner l'embouchure de l'oviducte, qui peut être bien plus avant dans cette cavité, comme cela se voit, entre autres, chez lés grenouilles , etc., etc. (1).
Le nautile flambé a présenté l'organisation d'un ovaire et d'un oviducte en partie discontinus.
L'ovaire est situé dans une cavité péritonéale particulière, séparée de la cavité viscérale, à côté du gésier. C'est une poche renfermant, dans son intérieur, des capsules ovigères , de forme ovalaire, fixées par une de leurs extrémités et libres par l'autre, qui paraît perforée. La poche de l'ovaire est ouverte dans la cavité péritonée qui la renferme , tout près de l'embouchure de Foviducte dans cette même cavité. Celui-ci est un court canal qui s'ouvre à la base de l'entonnoir, à côté de l'anus.
Immédiatement sous cet orifice , se voit une glande considérable attachée au manteau, à la face inférieure du corps, derrière l'entonnoir. Cette glande forme une double saillie arrondie, composée de nombreuses lamelles , très rapprochées. 11 est probable qu'elle sécrète la substance qui doit former la dernière enveloppe protectrice de l'œuf (2).]
II. Du testicule et de son canal excréteur; des glandes et des réservoirs accessoires.
Le testicule unique est une grosse glande blanchâtre,
(1) Voir l'opinion que nous combattons dans le mémoire sur le développement des Céphalopodes, par M. Kœîliker. Zurich, 1 844 t P» '■
(2) Mémoire sur l'animal du JVautilus pompilius, par M. R. On en. Ann% des se. naf., t. XXVIII, p. 112 et suiv., et pi. IV, hç. 9 et 10,
assez molle , qui remplit le fond du sac abdominal . Sa structure est remarquable et facile à développer. Elle est renfermée, comme l'ovaire, dans une capsule membraneuse , à laquelle elle ne tient que par les vaisseaux qui se rendent de Tune à l'autre, et dans un endroit seulement. Du reste, elle a sa tunique propre, cellulaire, mince. On voit à sa surface une infinité de petites aréoles (1), qui sont le commencement d'autant de filaments blancs, opaques etmous, qui, serrés les uns contre les autres , composent toute la substance de la glande. Dans la seiche ils sont beaucoup plus minces, et infiniment plus nombreux : aussi les petites aréoles y ressemblent à des points.
Dans le poulpe , les filaments sont plus épais, et ressemblent à des rubans. Ils se réunissent successivement pour former des troncs qui , dans la seiche , aboutissent en quantités innombrables aux parois de trois ou quatre canaux excréteurs assez gros, qui parcourent la glande en divers sens, et qui se terminent tous à une ouverture commune, circulaire, large, garnie dune valvule qui laisse sortir, mais non entrer. Dans le poulpe , où il y a moins de ces filaments, il n'y a point de ces grands canaux communs ; mais les premiers arrivent immédiatement à l'ouverture commune.
On conçoit aisément cnie les filaments sont euxmêmes de petits vaisseaux sécrétoires enveloppés de parenchyme. Us sont liés ensemble par des vaisseaux sanguins, des nerfs et de la ceîlulosité.
Le fluide qu'ils produisent s'épanche , par l'ouverture , dans la capsule membraneuse , d'où il sort par
(i) M. c. de M. Cuvior, pi. IV, gg. 5 a. q.
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l'orifice de cette capsule, et passe dans un canal (1) qui tient lieu d'épididyme, Ce dernier fait sur luimême un très grand nombre de replis, comme l'épididyme humain.
Son autre extrémité débouche dans un canal plus gros (2), sorte de vésicule séminale dont l'intérieur a d'abord plusieurs colonnes ou arêtes saillantes et ramifiées; ensuite une seule principale qui règne dans toute sa longueur, et le partage en deux demi-canaux.
Ce canal, beaucoup plus court, et moins replié que celui de lepididyme, paraît avoir une texture musculaire; il va pénétrer, en se rétrécissant , dans un corps glanduleux assez considérable (3), de figure cylindrique, ayant un canal excréteur assez gros, dans le tiers extérieur duquel aboutit celui dont nous parlions toutà-l heure. Ce corps , fort grand et fort solide, dans le poulpe, est beaucoup moindre et presque membraneux dans la seiche. C'est sans doute une espèce de prostate. ,Ï£'<ne lui vois d'autre usage que de sécréter quelque liqueur accessoire aux fonctions génératrices. Son canal se réunit avec un des deux de la bourse des tubes à ressort, dont nous allons parler.
Cette bourse , qui est grande , très plissée , et par conséquent susceptible de s'étendre beaucoup, contient en effet les fameux tubes à ressort, décrits d'abord imparfaitement dans la seiche, par Swammerdam ; ensuite plus en détail dans le calmar, par Needham , et rendus célèbres par Ruffon, qui en fait l'un des principaux appuis de son système sur la nature des animalcules spermatiqucs. Je lésai trouvés, dans le poulpe , pltis
(1) IbicL, fig. 5 h et b. (2) Ihiil, e. c. (3) lbid., f. s. «1.
grands que dans les deux autres espèces. La bourse qui les contient mêlés dans une liqueur visqueuse est composée de deux loges qui communiquent ensemble par le fond , mais qui ont chacune leur orifice distinct. L'un des orifices se prolonge en un canal mince , qui donne dans l'intérieur du pénis par le côté. L'autre fournit aussi un canal qui , après être devenu encore beaucoup plus mince, s'ouvre au dehors près de la base du pénis.
Je nomme pénis un corps cylindrique, charnu, creux, percé à sa pointe, et qui a encore un cul-de-sac en arrière de l'endroit où s'ouvre le canal que je viens de dire. L'intérieur de sa cavité est aussi garni de colonnes charnues.
Le canal excréteur de la prostate , par lequel doit passer aussi la semence qui vient du testicule , donne plus particulièrement dans celle des deux loges de la bourse aux tubes à ressort, dont le conduit s'ouvre en dehors de ce pénis. C'est même tout près de son orifice qu'il y communique. C'est l'autre loge de cette bourse qui donne dans le pénis.
Je n'ai donné à cette partie le nom de pénis que parce qu'elle fait saillie hors du péritoine , et à cause de sa forme cylindrique; mais je ne crois point que ce soit un organe d'accouplement, quoique bien certainement c'en soit un d'éjaculation.
Tous les canaux que je viens de décrire, depuis les testicules jusqu'au pénis , sont situés dans le côté gauche de l'abdomen, et c'est en dedans delà branchie gauche que le pénis fait sa saillie; mais comme l'entonnoir placé sous le col ferme tout le sac charnu , il me paraît impossible que cet organe se rapproche de celui qui
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sert d'issue à Foviductus dans la femelle, et qu'il y ait accouplement.
Le sperme lancé parle pénis est obligé de traverser l'entonnoir, comme font les œufs , l'encre et les excréments.
Swammerdam (1) etNEEDHAM ont pris la bourse des tubes à ressort pour le vrai testicule, dont elle est, comme on voit, fort éloignée, et ils ont été suivis en cela par les auteurs les plus récents.
B. Dans la Classe des Gastéropodes.
[Cette classe montre de grandes différences dans ses
(i) Malgré ses fautives déterminations des différentes parties de l'appareil de sécrétion de la semence, des tubes spermaphores et de leurs réservoir, on trouvera, dans cet auteur célèbre, une description assez exacte de ces parties avec des heures qui les représentent sous le même aspect que celles de la pi. XV, t. XVIII, des Ann. des se. nat., 2e série, les unes et les autres, prises sur des individus en rut, et avant tout cet appareil beaucoup plus développé .que dans la figi 5, pi. IV, du mémoire cité de M. Cuvier; ce qui fait comprendre les différences de forme et de proportion dans les détails et dans l'ensemble de ces figures.
Le pénis est, pour Swammerdam , le canal déférent. Le réservoir des tubes qu'il a observés à l'époque du rut, et conséquemment très développé et rempli de plusieurs rangées de ces tubes disposées en spirale, est le testicule, suivant cet auteur. L'organe qu'il détermine comme la prostate est à la fois le canal déférent , la vésicule séminale et la prostate dans les déterminations de M. Cuvier.
Toutes ces parties, dit-il, ont une structure glanduleuse. Le canal le plus étroit (le déférent) est rempli d'une liqueur séminale blanche, qui ressemble à du lait caillé. La partie la plus dilatée renferme une quantité innombrable, plusieurs milliers de chevilles tubuleuses blanches et délicates, libres par une extrémité, liées entre elles par un fil délié qui sort de l'autre extrémité.
Il appelle le testicule, dont il a bien reconnu la position, la structure glanduleuse et le contenu blanc de lait, la troisième partie des vases de la semence. Sa liaison avec le canal déférent avait été rompue dans sa dissection
organes de génération et particulièrement dans les organes préparateurs. Les uns les ont séparés dans des individus différents ; les autres les ont tellement réunis, tellement combinés , que ce n'est que depuis très peu de temps qu'ils ont été reconnus et déterminés. Chez la plupart, ils sont accompagnés d'un appareil complet de copulation ; chez d'autres, cet appareil manque entièrement. Toutes ces différences font que la classe des Gastéropodes est moins naturelle , sous le rapport des organes de la génération, que la précédente.
Afin de faciliter la détermination des organes préparateurs qui caractérisent le sexe femelle ou le sexe mâle , chez les Gastéropodes qui ont ces organes réunis dans le même individu , nous commençons par décrire l'ovaire, puis le testicule, chez les Gastéropodes qui les ont séparés dans des individus différents; nous ferons connaître ensuite ces deux glandes chez les Gastéropodes hermaphrodites.
Les Gastéropodes chez lesquels on a constaté la séparation des sexes sont les carinaires et les firoles de l'ordre des Hètèropodes ; ceux qui composent X ordre des Pectinibranches ; les patelles parmi les Cyclobranches. Nous allons faire connaître successivement l'ovaire et le testicule de ces mollusques , en prenant pour exemple ceux que M. Cuvier a décrits.]