ART. V. 0RG. D'ACC. CHEZ LES MOLL. HERMAPHRODITES
s'ouvre un peu en dedans du bord de la cavité pulmonaire , par un trou assez petit.
[Dans la vivipare d'eau douce, l'orifice du vagin et de î'oviducte incubateur s'aperçoit sous le bord antérieur du manteau, à Feutrée de la cavité des branchies, à côté de celui de l'anus. Il est percé dans un tubercule charnu, qui se dilate au moment du part (1).
Il n'est pas étonnant que cette espèce , qui est vivipare, n'ait pas de vésicule copulatrice. Mais l'absence de cette vésicule dans l'espèce précédente et probablement chez les autres Gastéropodes à sexes séparés, me paraît bien remarquable.]
ARTICLE V
DES ORGANES MALES ET FEMELLES D' ACCOUPLEMENT CHEZ LES MOLLUSQUES HERMAPHRODITES.
[Les Mollusques hermaphrodites qui ont des organes d'accouplement sont les Ptéropodes , et, parmi les Gastéropodes,les Pulmonés, les ISudibr anches , les In/ embranches, les Tectibr anches et quelques Pectinibrancites. Les Tubulibranches sont hermaphrodites, sans organes d'accouplement. On n'en connaît pas non plus dans les Scutibranches , ni dans les Cyclobranches .
Parmi ces derniers, les patelles , au moins, paraissent avoir les sexes séparés.
A. Des organes d'accouplement chez les Gastéropodes hermaphrodites .
Chez les uns, ils ont leurs orifices rapprochés soit.
(i) M. Cuvier, m. c., p. 5.
526 XXXVIe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
dans un vestibule comhiun, sorte de capsule génératrice qui n'a qu'un orifice externe par lequel elle se renverse au dehors; soit dans un tubercule plus ou moins saillant , qui se voit sur le côté droit du corps , sur le rebord du manteau, comme chez les doris , les pleuiobranches , etc.
Chez les autres, les issues des organes de la génération sont plus ou moins distantes.
Dans l'un et l'autre cas , les organes d'accouplement des Mollusques hermaphrodites appartiennent à l'appareil mâle ou à l'appareil femelle.
L'appareil copulateur mâle se compose: i° d'une verge, toujours organisée en forme de fourreau , se déroulant au dehors par une issue distincte et séparée. 2° Nous croyons devoir compter comme appartenant à cet appareil le sac du dard du colimaçon, et 3° les deux vésicules simples ou divisées, sortes de prostates dont l'humeur peut servir à délayer le sperme.
Les organes femelles se composent : i° du vagin et de la vésicule copulatrice.
Quand la vésicule copulatrice n'a pas l'insertion de son canal séparée dans le vestibule générateur, comme dans les limaces, elle est réunie au vagin dans un point qui est pour nous la limite intérieure de ce canal à la fin de roviducle.
Les usages de cette vésicule, tels que la dénomination que nous avons adoptée les indique, ont été prévus par M. Cuvier.
« Quant à la verge, dit-il en parlant de celle du co- » limaçon , il est probable qu'elle pénètre dans le canal » de la matrice [le dernier oviducte] , ou au moins vis- » à-vis de son issue , dans celui de la vessie. Ses rapports
ART. IV. ORG. d'aCC, CHEZ LES MOLL. HERMAPHRODITES. 527
» de longueur avec le canal de la vessie m ont fait » soupçonner autrefois que c'est ce dernier qui est des- » tiné à la recevoir. On ne pourrait vérifier cette con- » jecture qu'en mutilant avec adresse deux colimaçons » accouplés (i). »
A la page précédente, on lit «que le canal de la » vessie est en proportion avec la longueur de la » verge », et plus bas : « Il faut bien que cet organe, » que j'ai nommé vessie , ait quelque fonction essentielle, puisqu'il ne manque à aucun des gastéropodes
» que j'ai décrits jusqu'ici. » « Dans les genres
» limace et hélix, cette vessie contient ordinairement » une substance concrète d'un brun rougeâtre , et de » la consistance du savon (2). »
Pour nous, cette partie est à la fois un organe de sécrétion et un réservoir séminal. Il n'est pas douteux qu'on y trouve des spermatozoïdes après la copulation. Il est même des cas où le canal de la vessie se continue plus directement avec le vagin que l'oviducte (3).]
ï. Des organes d accouplement mâles et femelles chez les Gastéropodes qui ont leurs issues rapprochées.
Cette première section comprend le genre limaçon (hélix), la limace ,1a testacelle, la parmacelle , les doris et les tritonies , ainsi que beaucoup dunivalves.
Dans la limace rouge, la verge est un sac charnu, cylindrique, ayant en dedans une arête saillante, qui
(ï) Mémoire cité, p. 3-2. (2) Ibid., p. 29 et 3o. (3) Ainsi que l'a observé M. Deshayes dans Yambrette. Annales des se. nat., t. XX, p. 35 1 et suiv.
528 XXXVIe LEÇON. OBG. DE GENERATION DES MOLLUSQUES.
règne dans toute sa longueur, et s'ouvrant dans la bourse commune de la génération. Il peut se retourner comme un doigt de gant, par le moyen de ses propres fibres, et revenir à son premier état, par un muscle rétracteur fixé au dos de l'animal , et qui s'insère à la pointe du sac tout près du canal déférent.
Lorsque ce sac est ainsi retourné en dehors , il forme une verge saillante , et son arête s'étendant , donne à sa surface interne assez de largeur pour devenir l'externe. L'extrémité du canal déférent se trouve alors à la pointe même de cette verge, qui était auparavant le fond du sac.
La vessie au long col [la vessie copulatrice] , qui fait le troisième organe principal , a été nommée par Swammerdam le réservoir de la pourpre; il croyait que c'est là que les murex portent cette célèbre liqueur colorante: nous verrons qu'il n'en est pas ainsi.
La cavité commune de la génération est un sac charnu auquel aboutissent les trois organes précédents, et qui a son issue au dehors , sous la corne supérieure droite.
Quand les limaces veulent s'accoupler, elles renversent en dehors ce sac de la cavité commune, qui présente alors trois ouvertures, savoir, celle de 1 oviductus , celle de la vessie [copulatrice] et celle de la verge.
La verge ne tarde point à sortir de sa propre ouverture en se renversant elle-même, et elle pénètre dans celle de l'oviductus [ou de la vessie copulatrice] de l'autre individu. C'est ainsi que s'opère l'accouplement; la ponte s'effectue peu de jours après.
Les différentes espèces de limaces varient pour la
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grandeur de la verge. Il y en a qui l'ont plus longue que le corps quand elle est étendue.
La limace rouge la courte ; elle est longue dans la limace grise.
Dans le colimaçon , la vessie [copulatrice] a son col bien plus long que celle des limaces; il est collé à la partie large de l'oviductus, jusqu'à l'endroit où il s'engage sur le testicule [l'oviducte glanduleux]. Le bas de son col est élargi, et reçoit l'orifice de l'oviducte. Il reçoit de plus ceux de deux parties qui manquent dans la limace, deux boyaux divisés et subdivisés chacun en quinze ou vingt petits ccecums grêles [les vésicules multifides] . Ils contiennent une liqueur blanche comme du lait. On pourrait croire que c'est de la semence, et les regarder comme des vésicules séminales; mais ils n'ont point de connexion immédiate avec le canal déférent. Celui-ci aboutit dans le côté de la verge, près de son entrée dans la cavité commune. La verge n'est donc pas percée à son fond comme dans la limace ; elle est aussi beaucoup plus longue; mais il est probable qu'elle ne se déroule pas tout entière, et peut-être ne le faitelle que jusqu'à l'endroit où le canal déférent y pénètre. Cet endroit deviendrait alors sa pointe extérieure.
Le colimaçon a encore une partie bien remarquable qui manque à la limace : c'est le sac du dard. Il est oblong, à parois musculeuses très épaisses; au fond est un mamelon, d'où part une sorte de lame depée très pointue, à quatre arêtes tranchantes, au lieu de deux ou de trois qu'ont nos épées ordinaires.
La substance de cette partie singulière est calcaire ; elle se renouvelle quand elle a été perdue.
Les colimaçons s 'en servent, quand ils veulent s'accoupler, pour s'en piquer indifféremment quelque endroit de la peau; ils redoutent réciproquement cet instant, car sitôt que l'un d'eux voit paraître le dard de son camarade, il se renfonce subitement dans sa coquille. Il est impossible de deviner le but dune telle cérémonie. Ce n'est qu'après qu'ils ont fait sortir tous deux leurs dards que leur accouplement commence, il ressemble à celui des limaces.
Les diverses espèces de colimaçons (d'hélix) varient pour la longueur de la portion de verge qui sort dans l'accouplement, et pour le nombre des ccecums de leurs vésicules.
La parmacelle a les mêmes organes que le colimaçon : seulement, ses vésicules sont ovales et indivises . et donnent directement dans la cavité commune. La bourse du dard est plus rapprochée du prépuce de la verge, et le canal déférent s'ouvre dans le fond de celle-ci (1).
[La verge du doris lacera est très longue; son canal de communication est très mince ; il se renfle avant d'aboutir au testicule.
Dans le doris solea, la verge est plus grêle; elir communique avec une grosse bourse charnue qui reçoit son canal de communication avec le testicule (2).
Dans la tritonia hombergii , les orifices de la généra tion sont rapprochés dans un tubercule que l'on voir
(1) Voir le mémoire de M. Cuvier sur la dolabelle , la testacelle et !.i parmacelle, p. 9, et fig. i5, pour la parmacelle; p. 7 et fig. 9 pour la testacelle. (2) Sur le fjenre Doris, par M. Cuvier, p. 18, et pi. I, fig. 3.