OU DES ÉPONGES
Dans l'état actuel de la science , les Eponges doivent former la dernière Classe du règne animal, sous le nom de Protopolypes. Ce sont, en effet, des polypiers dans leur premier développement, lorsqu'ils n'ont pas encore de polypes.
Leur propagation peut avoir lien par oeuf ou par germe libre; par des espèces de bourgeons et par scissure. Les Protopolypes forment trois familles distinctes, dont la vitalité semble diminuera mesure qu'on descend des Tèthyes , qui forment la première de ces trois familles, aux Eponges proprement dites, qui en sont la seconde, et aux Spongilles , qui en composent la dernière.
Les animaux de cette Classe n'ont pas d'organe particulier distinct pour produire des ovules, ni d'organe
(i) Voir la nouvelle édit. du Règne animal de Cuvier, pi. C)r, fig. 16 des Zoophytes , dessinée d'après nature par M. Milne-Edwards, et l'explication cjue ce savant a donnée de cette figure. Le nombre des tesiieuli s n'est que de six et correspond exactement à celui des ovaires.
mâle circonscrit pour féconder ceux-ci. C'est surtout ici que la fonction de propagation semble se confondre avec la nutrition. M. Grant a. \u la masse entière de certaines espèces d'épongés (de la spongia panicea p. ex.) se remplir de granules d'un jaune opaque, dans les interstices des canaux. Us sontd'abord irréguliers, plus tard ils prennent la forme régulière d'un œuf, passent dans les canaux de l'éponge, et paraissent attachés à leurs parois. Mais, à l'époque où ce naturaliste les y a vus ainsi fixés par le petit bout et agitant les cils vibratiles dont leur corps est alors couvert, il décrivait déjà leurs larves.]
ARTICLE V
DES ORGANES DE LA GENERATION DANS LA CLASSE DES VERS INTESTINAUX OU DES HELMINTHES.
[Il faut se rappeler que, dans la méthode adoptée par M. Cuvier dans le Règne animal , cette classe ne comprend pas seulement les Intestinaux proprement dits ou les Parasites intérieurs , mais encore les ]Sé~ merles et les Planaires qui vivent dans les eaux salées ou dans les eaux douces. Le parti que M. Cuvier avait pris de rapprocher les Intestinaux de certains animaux non parasites, a été adoptée récemment dans la classification proposée par M. Oersted (1).]
I. Des organes de la génération en général dans la Sous-classe des Intestinaux Cavitaires.
[Tous les animaux de cette Sous-classe ont les orga-
(1) Entwurf einer systematischen Eintlieilang, etc. , der Plattwurmer. von A. S. Oersted. Copenhague , 1 844*
nés de la génération séparés, dans des individus différents.
Les mâles se distinguent encore des femelles par une plus petite taille et par un moindre nombre.] Je n'en ai pu trouver, disait M. Guvier dans notre ancien texte, en parlant de X ascaride lombricdide , dans beaucoup d'individus que j'ai ouverts. »
[Outre les organes préparateurs du sperme , les mâles ont généralement une et même deux verges. Les femelles ont deux ovaires tubuleux ou un sac qui produit des ovules aussi complets que ceux des animaux supérieures.
Les oviductes aboutissent à un vagin , qui reçoit la verge du mâle dans un accouplement intime.
Ainsi les animaux de cette Sous-classe, dont la plupart vivent dans l'intérieur des autres animaux , s'y recherchent et s'y rencontrent, pour cet accouplement, et s'y propagent seulement par génération bisexuelle , comme les animaux des classes les plus élevées des vertébrés ou des articulés.
Nous décrirons successivement leurs organes préparateurs femelles et leur produit; leurs organes préparateurs mâles et leur produit ; et leurs organes d'accouplement chez les mâles et chez les femelles.]
§ 1 . Des organes préparateurs et éducateurs chez le? femelles des Cavitaires.
A. Dans V ordre des Entérodèles.
[a. Dans la Famille des Ascaridiens , les organes femelles se composent de deux tubes ovariens, qui se continuent dans les oviductes, sans que l'on puisse toujours reconnaître la fin de l'un et le commencement de l'autre.
Dans d'autres cas, les oviductes se distinguent dans leur dernière partie, du moins parleur plus grand diamètre , et ils ont été décrits comme deux matrices, à cause des petits vers éclos qu'on y rencontre.
Ils aboutissent toujours à un canal unique , le vagin, qui s'ouvre au dehors dans différentes parties des téguments , suivant les genres.]
\j ascaride lombrical femelle a l'orifice de la génération au tiers antérieur du corps; un vaisseau mince et court [le vagin] donne bientôt dans deux plus gros [les oviductes], qui, en diminuant insensiblement, ont chacun quatre ou cinq fois la longueur du corps, et sont aussi pelotonnés irrégulièrement, quoique aisés à développer; ce sont des ovaires qui contiennent une infinité d'oeufs fins comme de la poussière.
[Il est remarquable qu'il y a ici deux ovaires, tandis que nous n'aurons à décrire qu'un testicule.
M. J. Cloquet a observé un mouvement d'ondulation très remarquable dans les différentes parties des ovaires et des oviductes de X ascaride lombricoïde , ouvert vivant et placé dans l'eau tiède (1 ).
Le trichocephalus dispar n'a qu'un ovaire. C'est un tube régulièrement sinueux, qui commence à l'extrémité postérieure de la cavité viscérale, et se change en oviducte, un peu en arrière de l'orifice génital. L/oviducte qui suit immédiatement est d'abord un canal étroit , qui continue de se porter en avant jusqu'audelà de cet orifice , puis se coude et se dirige en arrière jusque près de l'origine de l'oviducte; là l'ovi-
(i) Anatomie des vêts Intestinaux. Paris, i8^4,p. 5i, pi. 1, %• i et 2 , et pi. IV, fift. i et '>.
570 XXXVIIe LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHVTES.
ducte propre devient immédiatement très gros, et se continue ainsi comme ovidncte incubateur; puis comme canal génital, ou comme vagin, jusqu'à la vulve (1).
Dans le guatostoma spinigerum , Owen, la vulve est à la réunion du second tiers du corps avec le dernier. Le vagin conduit dans un oviducte incubateur à deux cornes; celles-ci se continuent dans les tubes ovariens (2).
Dans le genre Cheiracanthus , DiESiNG , très voisin du précédent , sinon identique , il y a deux tubes ovariens longs et grêles , souvent repliés autour de la seconde moitié du canal alimentaire.
Les oviductes incubateurs, dans lesquels ils se continuent, sont très dilatés dans une partie de leur longueur. Ils se réunissent par leur autre extrémité, et forment ainsi une matrice bicorne. C'est de leur angle de réunion que naît le vagin , qui se coude d'arrière en avant , et fait plusieurs sinuosités avant de se terminer à la fin du premier tiers de la longueur du corps.
Les parois des oviductes et des ovaires montrent, au microscope, un réseau dont les mailles sont peu serrées , longitudinales dans les premières, et contournées dans les dernières (3).
L'ovaire unique, dans le trichosome, est un long
(1) Mémoire pour servir à l'anatomie des Entozoaires , par M. le professeur Mayer. Bonn, 1841, pi. II, fifr « et 3. (2) Voir le journal l'Institut pour i836 et 1887, p. 328. (3) M. Dicsing Neue Gattunçeu von Blnnen-Wùrmern, pi. XVI et XVII. (Annales du Muséum de Vienne, 1841.)
tube occupant la partie postérieure du corps , ayant ses replis à côté de l'intestin (i).
Nous avons dit, que dans une partie dcsÀscaridiens, les limites des oviductes et des ovaires ne sont pas faciles à préciser, le tube de l'oviducte se continuant directement et insensiblement avec celui de l'ovaire.
Si Ton examine le contenu , on voit que le développement des ovules, celui des œufs, enfin celui des embryons a lieu successivement dans les différentes parties de ces longs tubes repliés, et que leur extrême longueur est faite pour prolonger le séjour des ovules et leur donner le temps et les moyens de se transformer en petits vers , tels qu'on les trouve souvent à la fin des oviductes (2).
b. Dans la Famille des Linguatules , vers semi- externes, les deux ovaires sont considérables, et remplissent une grande partie de la face dorsale de la cavité abdominale. Ils se composent d'une agrégation de tubes ramifiés et de capsules proligères contenant des ovules.
De l'extrémité antérieure des deux ovaires rapprochés en un seul, à cette extrémité, dans le pentastoma tœnioïdes , ou dans l'étendue de cet organe dans le pentasiorna proboscideum ^ sortent deux oviductes , qui se courbent encore de dehors en dedans pour n'en plus former qu'un seul. A l'instant où chaque oviducte particulier se replie ainsi, il augmente beaucoup de diamètre, et reçoit en même temps le canal excréteur d'une vésicule glanduleuse, fournissant, selon toute
(1) Mém. sur divers Helminthes, par M. Dujardin. Annales des se. nat., t. XX, p. 33 1. (2) Quelques matériaux pour servir à l'histoire des Filaires et des Strongles, par C. LebJ.ond. Paris, 1826, pi. II.
apparence, l'albumen et l'enveloppe extérieure des œufs. L'oviducte se replie immédiatement autour du canal alimentaire, et y fait assez de tours, jusqu'à sa terminaison près de l'anus, à l'extrémité postérieure du corps, pour être contenu dans la longueur de la cavité abdominale, quoiqu'il ait lui-même im,Q9 de long (i).
c. Dans les JSèmertes , vers marins externes , plats et articulés, comme les Ténioïdes , les sexes sont aussi séparés.
Les organes du sexe femelle ou ceux du sexe mâle ont absolument la même forme ; ce sont des capacités ovales, à parois glanduleuses, formant une double série des deux côtés de chaque anneau, et ayant chacune un orifice extérieur dans la partie correspondante des téguments. Ces organes ne diffèrent que par leur contenu. Chaque ovaire renferme de deux à quatre ovules (2).]
B. Dans X ordre des Anentèrés.
\d. Dans la Famille des Acanthocéphalès , les Echiner rhynques ont deux ovaires qui régnent dans presque toute l'étendue de la face dorsale et de la face abdominale, ou du moins, pour être moins précis, des deux côtés opposés du corps.
Les œufs y sont pressés, serrés en un cône très al-
(1) M. Mirarn., Sur le Pentastoma tœnioides. Annales des se. natur., 2e s., t. VI, p. 147, et pi. VIII , fig. 8 et 12. Et C. M. Diesing , Monographie du genre pentastoma, pi. II, fig. 3, 4? 5, 6, pour le pentastoma proboseideum, et 16, 17 et 18 pour le pentastoma tœnioides. (2) Exposé systématique des Vers plats, par A. S. OErsted. Copenhague, 1 844* ^' ^i fig. 56, ovaires du Notospermus flaccidus , et p. 25.
ART. V. CHEZ LES HELMÏjNTHES. 573
longé, dont le sommet se termine par un court oviducte, à la dernière extrémité du corps.
Ces œufs sont d'autant moins petits, d autant plus développés qu'on les observe plus en arrière, plus près de la terminaison de l'ovaire dans loviducte.
Leur masse conique qui remplit l'ovaire n'est pas continue; mais il y a, du moins après 3a mort, des interruptions ou des intervalles vides dans ce long cylindre.]
§ 2. Des ovules et des œufs.
A. Y)an$Y ordre des Entêrodèles.
[On distingue très bien , dans les ovules du trichocephalus dispar, la vésicule germinative, comme un espace circulaire de couleur claire, au milieu des granules opaques qui constituent le vitellus.
L'œuf est elliptique, avec un bouton à chaque pôle appartenant à son enveloppe extérieure.
Dans le Cheiracantlius lobustus , les œufs sont ovales; iis ont, comme un couvercle au pôle étroit (i); ceux du cheiracanthus gracdls sont spbériques (2); ceux de Y anecyracanthus pinnatrjîdus sont presque elliptiques (3). Ils sont ovales dans Yheterocheilus tiinicatus. Dans les uns et les autres, le vitellus est granuleux.
Dans les tric/iosomes , les œufs mûrs out de o"m,,o53 àomra,070, suivant les espèces (4). Une fois pondus,
(1) M. Diesing, o. c, pi. XVI, fig. 22 à 24. (2) IbiJ. PI. XVII, %. 18, 19 er 20. (3) Ibid. PI. XVIII, %. 16-19. (*) M- Dujardm, m. c.
574 xxxvir leçon, obg. de génération des zoophytes. ils ont un nidamentum mucilagineux qui les attache au corps de la mère.
Dans les linguatules , les ovaires sont pyriformes dans l'ovaire, remplis d'une substance granuleuse. Ils sont sphériques dans les branches de l'oviducte, et y prennent l'albumen et leur dernière enveloppe qu'on leur voit dans l'oviducte (i).
Dans les némertes. les ovules ont une vésicule germinative, un vitellus, un albumen et une coque. L'animal, au moment de la ponte, les enveloppe d'un nidamentum muqueux, formant une masse cylindrique, qui renferme beaucoup d'oeufs [2).]
B. Dans [ordre des A ne /itérés.
[Dans les Echinorhynques , les œufs non fécondés sont transparents. On les trouve mêlés , dans les ovaires, à des œufs fécondés, dans lesquels on reconnaît un embryon plus ou moins développé.]
§ 3. Des 01 ganes qui préparent la semence , et de leur canal excréteur,
[Ces organes varient dans les deux ordres et les familles de cette Sous-classe pour le nombre et pour la structure.
Les Ascaridiens et les Linguatules n'ont qu'un testicule. Ils sont multiples dans les JSèmertes. Les Echinorhynques les ont paires comme les ovaires.]
(i) M. c. de M. Dicsing, pi. II , %. 9-1 3. (2) M. Orsted, o. c, pi. III, fig. ,45 et 70. Œuf du JSotospennus flaccidus.
A. Dans Y ordre des Entérodèles.
[a. Et dans la Famille des Ascarkliens. Le testicule est un long tube simple non ramifié, d'un blanc opaque , replié autour du canal alimentaire. A son origine, il est extrêmement délié; il augmente peu à peu de diamètre, quoiqu'il soit encore petit à sa terminaison dans le canal déférent. Celui-ci, beaucoup plus grand, se porte directement en arrière pour se terminer à l'extrémité de l'abdomen, en joignant la base de la verge.
Dans un individu de grandeur moyenne de Y ascaride lombricoide , le tube de la glande spermagènea environ om,9 de long.
Quelques anatomistes ont décrit comme une sorte de vésicule séminale, lavant-dernière portion du tube spermagène , et réservent la dénomination de canal déférent à la dernière portion, de nouveau rétrécie. de ce tube. Ainsi, dans notre ancien texte, M. Guvier avait écrit] : Le mâle de Yascaride lombricoide a la verge longue d'une à deux lignes, sortant par la queue ; et, en dedans, une vésicule séminale occupant la moitié de la longueur du corps ? pleine d'une liqueur laiteuse. Dans son fond aboutit un vaisseau filiforme qui a quatre ou cinq fois la longueur du corps, et qui est pelotonné, mais qu'on dévide aisément.
[Dans le Trichocephalus dispar, la première portion de la glande spermagène, ou le testicule proprement dit, est un tube très sinueux, dirigé d'arrière en avant. A l'instant où il se coude pour se porter d'avant
576 XXXVIIe LEÇOft. OAG. DE GENERATION DES ZOOPIIVTE8.
en arrière , il forme un tube droit, et successivement deux autres, séparés du premier et du second par autan! d'étranglements. On lésa décrits comme trois vésicules séminales. La dernière s'ouvre dans un canal droit qui se termine dans le fourreau interne de la verge (1).
Le testicule unique du Strongle arme ne diffère pas essentiellement de celui de l'ascaride lombricoïde , sauf qu'il est moins long dans sa partie grêle, et qu'à sa dernière portion le canal déférent commence plus tôt. Il se termine de même à l'extrémité postérieure du corps (2).
b. Dans la Famille des Linguatùtes. Il n'y a qu'un testicule qui s'étend dans une grande partie de la ligne médiane dorsale de l'abdomen. Sa forme est un cône très allongé dont la pointe est en arrière. De sa base sort un canal étroit, court, un peu flexueux, sorte d'épididyme qui se dilate avant de se diviser en deux autres, d'un diamètre beaucoup plus grand : ce sont les déférents. Ils communiquent chacun dans une petite vésicule séminale , qui a un appendice ccecal remarquable, et finissent dans une des racines de la verge (3). C'est du moins l'organisation de ces parties dans lèjpèntàstornâ proboscideum.
c. Dans la famille des' A7émertes, les organes préparateurs du sexe mâle forment, ainsi que nous l'avons
(1) M. F. J. C. Mayer, m. c, pi. 1, fiç. i et 3. M. C. (2) Leblond , o. c, pi. IV, %. 3. (3) M. Dicsing, m. c, pi. I, fig. 16 et 17.
dit des ovules, une double série de vésicules, une paire pour chaque anneau, qui s'ouvrent au dehors par un pore extérieur correspondant. Ces vésicules sont remplies de spermatozoïdes en forme de navette, dans le notospermus flaccidus ( i ).
B. Dans X Ordre des Anentérès.
Et dans la Famille des Acanthocêpkalés luécfii/iorliynque géant a les deux glandes de la semence, en forme de fuseau, situées dans la première moitié delà cavité viscérale, de manière que la seconde de ces glandes a son extrémité antérieure très près de l'extrémité postérieure de la première. Cette disposition, qui tient à la forme allongée du corps , rappelle celle de plusieurs viscères des serpents (les reins, les testicules, les ovaires).
Un filet ligamenteux se porte de l'extrémité antérieure de chaque testicule à celle de la cavité viscérale. Le canal déférent sort de leur extrémité opposée ; les deux canaux ne tardent pas à se réunir en un seul, qui se dilate par intervalle et forme plusieurs réservoirs séminaux, jusqu'à sa terminaison dans le canal du fend de la verge.
§ 4- ïïu sperme et des spermatozoïdes.
Je ne connais encore que peu d'observations sur le
(1) OErsted. o. c., pi. III, hg. 54 et 55. Nous ne plaçons qu'avec doute les iSémertes parmi les Gavitaires. Ces animaux s'en éloignent beaucoup, comme on peut le voir pour les organes de la génération, et se rapprochent de la famille des Tsenioïdes, dont ils semblent être le type supérieur ; comme les TWntoïdeS semblent être le type dégradé des ISémerles.
578 XXXVIIe LEÇON. ORG, DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
sperme et les spermatozoïdes des Intestinaux cavit aires.
A. Dans ï ordre des Entërodèles,
a. Et dans la famille des Ascaridiens. On a trouvé le tube spermagène rempli d'une liqueur laiteuse, dans laquelle sont des granulations extrêmement ténues.
M. C. Leblond a observé que le sperme du filaria papillosa était composé de globules et de corpuscules multiformes. C'étaient sans doute des spermatozoïdes, vus à un trop faible grossissement pour distinguer exactement leur forme.
M. Siebold n'a pu découvrir de spermatozoïdes dans ce qu'il a cru être le sperme des Ascaridlens.
b. Jjepentàstoma tœnioides,àe\di famille des Linguatules , paraît en avoir de capillaires. Ils forment de belles gerbes , suivant l'observation de M. Valenlhi , et sont d'une longueur considérable, puisqu elle atteint jusqu'à 1 /6 de ligne.
c. Les spermatozoïdes des Nemertes se développeraient, comme ceux des sangsues, dans des cellules réunies en disques; de manière que les plus avancés dans leur développement seraient ceux des cellules de la circonférence, si on en juge par les figures publiées par M. de Quatrefages. Dans le JSemertes mandUla, ils ont un renflement céphalique formant une ellipse très allongée, et un appendice caudal très long (r).
Nous avons déjà vu que, d'après M. OErsted, les
(ï) Règne animal de Cuvier, pi. XXXIV, des Zoophytes , fig. 2, 4, 5, 6. Observations et dessins de M. de Quatrefaqes.
spermatozoïdes du aematospermus flaccidus sont en forme de navette, sans appendice caudal (1).
B. Dans ï ordre des Anentérès.
On connaît les spermatozoïdes des Echinorhynques \ Ils ont la forme capillaire et sont réunis en gerbes ou en écheveaux dans le testicule. Ils se meuvent en serpentant , et ne se bouclent pas dans l'eau (2).
§5. Des organes mâles d'accouplement.
A Dans tordre des Entérodèles.
a. Dans la famille des Ascuiidiens. Il y a une ou deux verges selon les genres. La verge, dans l'un et l'autre cas, est un stylet légèrement arqué, qui fait saillie à l'extrémité postérieure du corps, un peu eu 7 deçà de cette extrémité } au-devant de l'anus. Ce stylet >t comme un prolongement c\u canal déférent,
Mascaride lombrlcx/ide n'a qu'une seule verge, ainsi que les espèces des genres oxyuris , trîcnocephalus et trichosoma. Le slrongle armé n'a de menu? qu'une seule verge, dans une sorte d'entonnoir qui est. à l'èxî rémité postérieure du corps.
M. Dîesing n'indique encore qu'une seule verge dans ses nouveaux genres ckeiracanthus et stephanurus ; il en décrit deux dans ses genres également nouveaux, lés lecanocephalus , ancyracanthus , hetsrocheiliLs .
On pourra voir un exemple de l'organisation assez
es
(1) O. c, tig. 55. (2) M. Siebold, m. c, p. 232.
580 XXXVIIe LEÇON. oa&. DE génération des zoophytes.
compliquée de ces sortes de verges, dans la description de celle du trichocephalus dispar(x) Le stylet si fin qui la constitue se composerait essentiellement d'un corps caverneux entouré d'un fourreau intérieur, continuation du tube éjaculateur, qui dépasse le gland comme une sorte de prépuce, et est percé à son extrémité. La verge et son fourreau intérieur sortent par l'orifice dun fourreau extérieur, moins protractiîe et hérissé d'épines ; un muscle rétracteur la fait rentrer dans le corps.
Les trichosômès ont de môme une verge rentrée dans un fourreau plissé (2).
b. Dans la Famille des Li/iguatules. La verge unique se montre comme une petite papille -, entourée d'un repli cutané, dans la ligne médiane abdominale, un peu en arrière de l'orifice buccal. Elle commence, dans la cavité viscérale, par deux branches qui reçoivent les canaux déférents et les vésicules séminales. Une prostate pyriforme adhère de chaque côté de ces branches, à l'endroit de leur réunion.
c. Dans la Famille des lYemertes, il existe un organe problématique que MM. Huschke et GErsted regardent comme un membre génital commun aux deux sexes. C'est un long boyau replié sur lui-même, plus long que le corps, qui existe chez les femelles comme chez les mâles, dans toute la partie dorsale de la cavité viscérale, dont les 2/3 sont occupés par les organes de
(1) M. c. Je M. Mayer, pi. I, fig. i , 4> 5 et 6. (2) M. Dujardin , ni. e., pi IV.
la génération. Ce boyau est enfermé clans une cavité péritonéale particulière, s'ouvrant à la partie antérieure du corps ; il est adhérent par son extrémité antérieure autour de l'ouverture; tandis que son extrémité postérieure est fermée et libre dans la cavité viscérale. Ce boyau est divisé par un diaphragme en deux parties, dans la moitié de sa longueur; la moitié antérieure a un plus grand diamètre que la postérieure.
Il y a au milieu de ce diaphragme , du côté delà tète, un corps en forme de poinçon, dans une cavité particulière, à l'extrémité duquel est un corps dur, transparent, en forme d'aiguille, De chaque côté de cette capsule il y a un intervalle qui renferme quatre ou cinq corps semblables, arrangés de manière nue la tête de l'un répond à la pointe de l'autre. Lorsque le boyau génital est déroulé au dehors jusqu'au diaphragme, où ce déroulement s'arrête , le corps en poinçon se trouve
à son extrémité et s'introduit probablement dans l'on-
liée génital d'un autre individu ( i).
F. Dans V Ordre des A 'ne /itérés ,
Et dans la Famille de Acantocéphalés , IV hinorht/nchus (gigas) a le pénis compris dans la partie la plus reculée de la cavité viscérale, lorsqu'il est dans l'état de repos; dans l'érection il se présente au dehors, comme un appendice en forme de cloche, qui se voit à l'extrémité postérieure du corps, et qui en est distinct par un étranglement. Cet appendice se compose
(\) M. OErslçd , ni. c., j>. 23.
582 XXXVIIe LEÇON, ORG. DE GENERATION DES ZOOPHYTES.
de deux cônes repliés l'un dans l'autre. Le sommet du cône extérieur se continue avec les téguments. Celui du cône intérieur se prolonge en un cylindre creux, dans lequel le canal déférent vient aboutir.
C'est au fond de ce cylindre ou de cette verge intérieure que les muscles rétracteurs et protracteurs de cet organe viennent prendre leur attache mobile. Les rétracteurs, au nombre de deux, se fixent en avant à la paroi intérieure des téguments. Les deux protracteurs ont leur point fixe à la partie la plus reculée de cette même paroi.
§6. Des organes femelles d'accouplement.
Ils ne consistent que dans le vagin, simple canal auquel aboutissent les oviductes, et qui se termine à la vulve, percée dans un point variable du corps suivant les familles, les genres et les espèces.
a. DansY ascaride lombricoïde, tvpe delà famille des Ascaridiens^ le vagin est un canal à parois minces, beaucoup moins épaisses que celle des oviductes incubateurs, dont il se distingue très bien par cette structure différente. La vulve, qui est son orifice, est percée entre le premier et le second tiers du corps.
Elle s'ouvre entre le second et le troisième tiers delà longueur du corps, dans le cheiracantus robustus.
Dans le filaria papillosa , le vagin va se terminera l'extrémité antérieure du corps , tout près de la bouche (1).
b. Dans les Linguatules, c'est à l'extrémité opposée, à côté de l'anus, aue se trouve la vulve.
(i) M. Leblond , o. c, pi. II, fig. 1-7.
II. Des organes de génération dans la Sous-classe des Pareil chijm a teux .
Dans cette Sous-classe, lhermaphroditisme est le cas le plus ordinaire ; les organes femelles et mâles de la génération y sont le plus souvent réunis dans le même individu; elle se distingue par ce caractère de la Sous classe précédente. Je ne connais pas d'exception pour les Parenchymateux parasites; mais il paraît que quelques Vers externes ont les sexes séparés.
Dans plusieurs Intestinaux, on ne connaît encore que les organes préparateurs femelles. Dans d'autres {les Acêphalocystes\ il n'y a pas d'organe spécial pour la génération.
Ces différences nous obligent d'exposer successivement tout ce qu'on sait des organes de génération des deux sexes, en suivant la série des Familles.
§ 1. Dans la Famille des Planaires.
Fies Planaires ont des organes mâles et femelles de génération très rapprochés; ils peuvent avoir deux issues l'une derrière l'autre, toutes deux placées dans la ligne médiane ventrale, après le pore du suçoir : c'est ce qui se voit dans la planaire Irémellaire. D'autres fois ces organes n'ont qu'une issue commune (1).
a. Des ovaires.
Les ovaires sont étendus de chaque côté du corps, entre les ramifications du sac alimentaire . ou de cha-
(i) Voir Dugès, Mémoires sur les Planaires. Annales des se. riâlur., t. XV, p. 172, pi. V, fig. 3 ; et A. S., OEisted, o. e.
584 xxxviic lèckjn-. omi. de &ÉBSÉ&ATION des zoophvtes. que côté du canal alimentaire 5 suivant les espèces. Leur tube se continue, comme oviducte, en deux branches, qui se réunissent en un seul tronc, lequel se termine, dans la planaire lactée , dans la paroi postérieure de la gaine génitale qui renferme le pénis. C'est là que s'ouvre encore une vésicule bilobée, que Dugès compare à la vésicule copulatrice des Mollusques gastéropodes. M. Focke indique cette même vésicule dans la planaria Ehren bergiï.
b. Des organes préparateurs du sperme et de leur canal excréteur.
il y a deux testicules situés de chaque côté du canal alimentaire, plus en dehors que ces ovaires. Ce sont deux glandes allongées, dans la planaire d 'E 'hrenberg, ayant leur bord externe divisé en lobes, dont la substance paraît granuleuse.
Les canaux séminifères qui en sortent se réunissent en un canal déférent , qui ne tarde pas à se dilater en une vessie séminale, en forme de navette. Chaque vésicule se termine par un canal étroit dans une troisième vessie en forme de cornue, sorte de prostate dont le canal aboutit dans la base de la gaine génitale qui renferme le pénis, et où s'ouvre l'oviducte (1).
c. Des ovules et des œufs.
Les ovules ont un vitellus et sa membrane, une vésicule et une tache germinatives.
Cependant M. Siebold leur refuse ïa vésicule germi-
(1) Plumaria Ehrenbergii, von G. W. Focke. Annales du Muséum de Vienne , 1 84 ! , pi. XVII , fig. 1 1 .
native. Cette observation ne concerne que les œufs de la planaria torva ( i ).
Les planaires sont d'ailleurs vivipares et ovipares, suivant la saison. La planaria Ehrenbergii pond des œufs en automne, avec une coque résistante, brune, et des petits en été. On trouve dans son corps , dans cette saison , et déjà au printemps , des œufs incolores avec des embryons plus ou moins développés.
La planaria torva pond des cocons avec deux à 6ix vitellus. Ces cocons sont pédicules et attachés aux }>lantes aquatiques.
cl. Des Spermatozoïdes.
Ils sont grands , diffèrent , parleur forme, suivant les espèces et les genres.
Us sont capillaires dans le prostoma subovijorme ; ils ont un renflement céphaiique et un appendice caudal dans le microstoma lineare (2).
M. OErsted a trouvé, dans certains individus, des spermatozoïdes et des ovules répandus et mêlés entre les viscères. Dans d'autres il n'y avait que des ovules ou des spermatozoïdes.
e. Des organes a accouplement.
Quand il n'y a qu'un seul orifice génital, il se voit immédiatement après l'orifice buccal. Cet orifice conduit dans une gaine de structure musculaire , dans laquelle la verge est retirée.
La forme de cet organe d'accouplement peut diflé-
(1) Froriep's Neue Notizen, n° 366, p. 216, (2) M. OErsted, o. c, fift. 8, 20, 54 et 55.
586 XXXVIIe LEÇON. ORG. DE GÉiNEBATION DES ZOOPHYTES.
rer beaucoup , même dans les espèees d'un seul genre, qu'on a d'ailleurs de la peine à distinguer par des caractères extérieurs (1). C'est, en général , un organe creux , adhérent par sa base au fourreau qui le renferme.
§ 2. Dans la famille des Trérnatodes .
a, De la glande ovigène.
L'ovaire, dans la douve du foie , occupe toute l'étendue des côtés du corps. Il se compose d'une quantité innombrable de vésicules réunies par groupes, et contenant des ovules. Les plus grands de ces ovules sont plus rapprochés de la ligne médiane. C'est dans cette région que se trouve Foviducte, canal ramifié dont les troncs viennent aboutir à un corps ovale, sorte de glande qui sert sans doute à compléter l'enveloppe des œufs.
Au-delà de ce corps, Foviducte est un canal resserré sur lui-même, qui va se terminer à la peau, près de !a base du pénis , par un porc en apparence capillaire.
Toutes les espèces de ce genre n'ont pas un ovaire de même forme. C'est un simple tube, plus ou moins sinueux , se continuant d'arrière en avant avec l'oviducte , dans les distoma appendiculatum et cylindricum , et l'on retrouve dans ces espèces le type de l'ovaire des Cavitaires (2).
Dans le genre amphistoma , les ovaires sont en
(0 M. OF^rsted, o. c, fig. 3 , 4, 16, 21 , s3 , 52 , 53. Ce savant ne regarde la verge que comme un organe excitateur et non conducteur de la semence. (2) M. Mayer, m. c, pi. III, tig. 12 et i3.
grappes , c'est-à-dire composés de capsules ovigènes , réunies par leurs canaux excréteurs , qui leur servent de pédicules , le long des deux branches principales de l'oviducte. Ils sont situés de chaque côté, entre les téguments et les divisions du sac alimentaire. Chaque oviducte f après la réunion de ses deux branches , se porte transversalement vers la ligne médiane, à la rencontre de son symétrique , pour aboutir ensemble dans un seul oviducte incubateur.
Ce dernier, ayant un diamètre beaucoup plus grand, est un canal sinueux, qui se porte d'arrière en avant jusqu'à son issue, près de la verge, en diminuant un peu de diamètre. La première partie de cet oviducte, un peu dilatée en cul-de-sac, est désignée sous le nom de matrice, et les deux oviductes qui s'y rendent ont été comparés aux trompes de Fallope (i).
b. De la glande spermagènc et de son produit.
Plusieurs espèces de distomes , qui ont été étudiées avec soin, ont montré deux testicules globuleux , placés de chaque côté du corps, l'un plus avant que l'autre. Il sort de chacune de ces glandes un canal déférent très fin , qui se rend dans la dilatation de la base de la verge , formant , comme dans les Insectes, une vésicule éjaculatrice.
Mais on a constaté en même temps l'existence d'un
(i) M. Dicsincj , Monogrnphia der Gattungen Amphistoma, etc. Annales du Muséum de Vienne, î 84 1 5 pi- XXII, iig. 4? 7 ■> *§? 22- Voir encore pour le Viplozoorn paradoxum, genre de celte famille , M. Al. Nordmann, Monoyrapldsche Btitrœye. Berlin, 1 832, pi. VI, fig. 1 et 2 ; et pour VOclobotrium lauceolatum, le m.c. tic M. Muyer, pi. III, lig. î, 9 et 10.
588 \XXVile LEÇON. OJRG. DE GÉKEBAT10K DES ZOOPHYTES.
réservoir séminal (dans les distoma nodulosum et globiponim), qui reçoit le sperme du testicule antérieur, et dont le canal excréteur se rend au commencement de l'oviducte incubateur. Cette disposition organique fait que les œufs peuvent être fécondés immédiatement dans le corps del animal, et indépendamment de ses actions instinctives de propagation (1).
Les glandes spermagènes de Yamphisloma gig&nteum soiit deux vésicules multifides, ou composées de petits cœcums, réunis dans une cavité centrale, d'où part un canal déférent étroit et court.
Ces deux testicules sont rapprochés de l'oviducte incubateur dans la partie moyenne du corps.
Leur canal aboutit dans une sorte de vésicule séminale de forme ovale. Cette vésicule a, du côté de son gros bout, un canal replié , en rapport avec la verge , qu'on peut considérer comme une prostate.
On a pu étudier les spermatozoïdes de plusieurs espèces de distômes (des distoma hepaticum , te/eticolle, glubiporum , nodulosum). Ils ont une forme capillaire sans renflement cépbalique.
On en rencontre peu dans les testicules , qui sont remplis d'une masse granuleuse très fine. La vésicule séminale en est farcie. Plus libre dans son canal excréteur et dans le canal éjacuiateur , ils montrent une remarquable vivacité de mouvements.
(i) Voir M H Burmeister, Achives deWiegmann de i836,t. II, pi. II. Hg. 2, et p. 187, pour le Distoma globiporum; et M. Siebold, Archivé.-» de J. Miiller pour i836 , pi. X, fig. I , pour le Distoma nodulosum.
c. Des organes cV accouplement.
Dans les distômes , l'issue des organes mâles el eelle des organes femelles sont situées entre la ventouse antérieure et la ventouse postérieure, tout près decelle-ci, et très rapprochées lune de l'autre.
Dans le distoma liepatlcum , la verge est courbée en arc. Elle a son issue, ainsi que nous venons de le dire, tout près et en avant de la ventouse postérieure. C'est un tube qui se déroule par cette issue, au moyen des contractions du fourreau qui la contient, dans l'étal de repos, avec la vésicule séminale (i).
L'orifice génital se présente , dans Xamplùstoma gigaiiteurn , après l'orifice buccal, comme une fossette de laquelle sort une papille. Cette papille n'est que le prépuce de la verge, qui est en forme de stylet très fin, recourbé en avant (q).
La verge et son prépuce sont cachés , dans l'état de rétraction , dans une fossette en Forme d entonnoir, dans laquelle Poviducte a son embouchure.
§ 3. Dans la. famille des Tœnioïdes.
Les organes des deux sexes sont multipliés et très nombreux , puisque chaque anneau du corps en est pourvu, et que, sous ce rapport, il forme une individualité complète.
a. Des glandes ovigènes , des ovules et des œufs.
Dans le tœnia de l' /tomme, on voit l'ovaire de
(i) Ed. Mehlis, o. c. (2) M. Bîcsing, m. c.J pi. XXIII, iij;. 1, et pi. XXII, tig. 16, 17, j 8 et -a.
590 XXXVIIe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ZOOPHYTES.
chaque anneau se dessinant comme une broderie blanc de lait , sur un fond blanc-bleuâtre. Il occupe une grande partie de l'anneau lorsqu'il est rempli d'œufs mûrs. Ses ramifications partent dïm tronc commun longitudinal , occupant la ligne médiane de l'anneau ; elles se portent jusque 1res près de ses bords libres et articulaires, en se divisant et en paraissant se terminer en culs~de-sac , le plus souvent un peu dilatés en massue. Nous avons réussi plusieurs fois à injecter au mercure ces canaux ramifiés; mais sans découvrir leur communication avec la ventouse latérale, où l'oviducte aurait son issue, suivant M. Délie Chiaje (1).
Gœtz a donné une description aussi précise de l'oviducte, dans le tceiiia sinuosa, où il se terminerait dans la papille même de la ventouse latérale (a).
Dans quelques cas , on a trouvé les œufs dispersés dans tout le parenchyme des anneaux, sans pouvoir distinguer les parois des capsules ou des tubes ovariens. C'est ce qui a lieu dans Xalissehniiithe du fièvre, que nous avons particulièrement étudié, ei dans les ligules, que nous plaçons à côté des bothriocé plia le s.
Ces derniers ont, dans chaque anneau , un appareil central préparateur des ovules, et un réservoir des œufs. Ce! appareil est peut-être moins étendu , à proportion , que dans les tœnias.
M. Esckricht, qui l'a étudié avec soin sur le bothriocéphale de F homme et sur plusieurs autres espèces, a
(i) Compendio di Elmentogratia ninana. Napoli, i833, pi. IV, iig. 10 et Memorie, t. I, pi. XII, tig. 2. (2) Voir Sehmaltz,pl. III, Iig. 16.
reconnu deux ovaires par anneau, un réservoir des œufs composé d'oviductes repliés , et de glandes qu'il suppose devoir fournir l'albumen etl'envoloppe cornée résistante des oeufs 5 de sorte que ces animaux auraient leurs organes femelles de génération aussi compliqués que les vertébrés ovipares (1).
Leuckarfîx décrit, dans le box fhriocephalus /loris , des ovaires doubles, et situés dans les deux bandes marginales de chaque anneau (2).
L'existence d'un oviducte ou d'un conduit spécial pour la sortie des œufs mûrs est loin d'être démontrée dans cette famille. Plusieurs anatomistes admettent un spermaducte, ou une sorte de vulve et de vagin , pour la fécondation des œufs seulement.
Les parois des anneaux dans lesquels les œufs sont parvenus à leur maturité, amincies successivement , finissent par se déchirer à cette époque , comme cela a lieu chez les Bacillariées , les Diatômes, les Oscillariées^ et, en général , chez des êtres organisés inférieurs , dont le corps ne semble être qu'une capsule génératrice, devant se rompre à l'époque de la maturité des germes , après que son parenchyme a servi au développement de ces germes. Ici, chaque anneau qui renferme des œufs mûrs semble être parvenu au terme et au but de son existence , et n'est pas destiné à en produire et à en nourrir d'autres.
Dans le bot/iridium pithonis Bl. , l'ovaire forme un
[1) Voir son Mémoire parmi les A. N. C. de Bonn, t. XIX, pi. II. 2) Fragments zoologiques, HeJmstetlt , 1820, et Schmaltz, o, c., pi, IV, tig. i3.
gros tubercule saillant, au milieu d'une des faces de chacun des anneaux développés. Le tubercule de l'anneau suivant relève le bord de l'anneau précédent; il renferme deux poches ovariennes, qui répondent à chaque face de l'anneau. On peut les extraire séparément lune de l'autre. Nous avons distingué dans une de ces capsules, dont les parois intérieures sont lisses, un tuyau replié contenant des oeufs de forme ovale. C'était évidemment le tube proligère (i). Rien ne rayonne d'ailleurs autour des poches ovariennes ou de l'ampoule qu'elles forment.
Dans une autre observation de l'animal frais, je n ai trouvé qu'une poche ovale, située exactement au milieu de chaque anneau, dont le grand diamètre était dans le sens de Taxe longitudinal de l'animal. L'extrémité postérieure de cette poche était comme enchâssée dans une apparence de boyau replié. Ce boyau était-il l'analogue de celui que nous venons de décrire dans l'une des capsules?
Les œufs du Botiiridium pithoris sont de Forme ovale. Leur plus grand diamètre a 0,07 ou ~ de mil!., et leur plus petit ~ à ^.
M. Eschricht croit avoir reconnu les ovules avec leur vitellus, dans les canaux des ovaires. Il suppose qu'ils reçoivent leur albumen dans ce qu'il nomme la glande de la ; elote , à l'endroit où commence le second oviducte, qui! appelle utérus, et le long duquel ils re-
(1) Cette observation est conforme à celle de M. Esehweht, qui distingue, dans ce qu'il appelle le réservoir des amfs , la capsule, et un tube mince qui les renferme, m. c.
çoivent hi matière de ïeiu' coque. Blanchâtres dans l'ovaire, ils sont jaunes dans le premier oviducte, et deviennent plus foncés et même bruns dans le dernier.
Les œufs mûrs du tœnia denticulata sont globuleux; ils ont une corme unie, et une membrane interne dans laquelle se meut librement un sac en massue, qui renferme un embryon avec ses six crochets. Us ont un quart de ligne de diamètre (i).
Dans le tœnia expansa les œufs sont sphériques et cependant irréguliers. La membrane interne de. la coque a une forme moins régulière que dans l'espèce précédente. L'embryon se présenterons un aspect différent.]
b, Des glandes spermagènes et de leur produit.
[Le testicule , dans cette famille, serait, suivant Ed. Mehlis et Creptin , un vaisseau spermagène, très replié en nombreuses circonvolutions, qui s'ouvrirait dans la verge, et dont les ramifications iraient se perdre dans la partie moyenne de chaque anneau
Déjà IVitsch avait indiqué une glande spermagène dans le tœnia vil/osa 2) (de Peuta^de).
M. Siebold a découvert des spermatozoïdes dans un organe du tœnia depressa, qu'il a, en conséquence, déterminé comme le testicule : c'est \m corps réniforme qui se voit dans le milieu des articles les plus avancés dans leur développement. Le même naturaliste a fait
(1) Mémoires d'helminthoîogie, par M. Oepiin. Archives d'Erirhson pour 184 * •» P- 3i5. (2) Voir Sqhmaitz , a. c, pi. lîî. fig, i-i5.
594 XXXVIIe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
sortir, par la compression, des pénis du tœnia inflata, une quantité de spermatozoïdes linéaires.
Dans le bothriocephalus latus , on voit les canaux séminifères repliés dune manière très compliquée sur la face dorsale des capsules de loviducte. Ils proviennent des glandes spermagènes composées de très petites vessies, qui sont les terminaisons aveugles de cet organe.
Les canaux séminifères se rendent dans la vessie éjaculatrice du pénis (1).
J'ai vainement cherché d'autres organes que les ovaires, dans plusieurs exemplaires frais du tœnià solitun , du bothriocephalus hominis et du bothridium pithonis, ]
c. Des organes mâles d accouplement ,
[On a décrit comme un pénis, une papille qui se voit au milieu de l'un des deux pores de chaque anneau ; soit au bord de cet anneau (les taenias), soit au centre de l'une de ses faces (les bothriocéphales).
Il existe même une papille très prononcée sur les deux côtés du même anneau, tout près de l'article suivant , dans Xalisselminthe du lapin.
Cette détermination est généralement adoptée par les naturalistes allemands (2), et les observations de
(1) M. Eschricht , m. c.
{■2) Adoptée por Nitsch (Schmaltz, pi. III, h'g. i-i5); par Rudolphi, pour la liijula sparsa (Bremser Jicones et SchmaUz, pi. IV, 6-i5); admise encore par Bremser (Vers intestinaux de l'homme. Atlas de la traduction française, pi. IV. fig. 7; et mieux Schmaltz, pi. V, fi p. 7.)
M. Siebold que nous venons de citer semblent la confirmer.
Dans l'état de rétraction, c'est-à-dire quand cette papille est retirée dans la ventouse , chez ie tœ.nia solium, on la voit tenir par un pédicule aminci sur la partie des parois de la ventouse la pins rapprochée du bord de l'anneau, et se courber en dedans et en arrière, où son extrémité est comme dilatée en massue. De sa partie convexe qui regarde vers la ligne moyenne, part un ligament ou tin canal , qui se dirige plus avant dans l'intérieur de 1 anneau, sans que nous ayons pu préciser l'endroit où il se termine.
Ajoutons que dans plusieurs tœnias observés frais, les ventouses du bord de chaque anneau , parmi les moyens qui suivent les plus petits, m'ont paru absolument plus grandes que dans ies anneaux les plus reculés
J'ai fait la même observation dans X alisselminthe du lièvre , qui a deux ventouses et deux papilles par anneau. Les deux ventouses sont vis-à-vis l'une de l'autre, très près du bord postérieur et transversal de chaque anneau , et de l'angle qu'il forme avec la fin du bord latéral; on les voit plus près du milieu de ce dernier dans les anneaux moyens et antérieurs. Dans les uns et ies autres, la ventouse est comme la gaine ou le prépuce de la papille conique qui a une grande proportion. Là s'enfonçant obliquement clans l'intérieur de l'anneau , celte papille, après s'être considérablement dilatée, a sa base comme séparée par un étranglement d'un corps sphérique tel que le représente Schmaltz.
En admettant que la papille est un pénis, la dilata-
596 XXXVIIe LEÇON ORG. DE GENERATION DES ZOOPHYTES.
îion de sa base est une capsule éjaculatrice qui reçoit les canaux déférents, ainsi que nous lavons déjà exprimé, d'après M. Eschricht.
d. Des organes femelles cP accouplement.
Des deux pores apparents, placés l'un devant l'autre, dont nous venons de parler dans l'article précédent et qui sont considérés comme deux pores génitaux, l'antérieur appartiendrait aux organes mâles, et le postérieur aux organes femelles.
MM. CrepUn et Ed. Mehlis admettent une sorte de vagin qui conduirait dans le tube de l'ovaire, et ils restreignent à la fécondation l'usage de ce canal; son embouchure serait dans le fond de la ventouse de chaque anneau, comme un pore à peine visible, percé en arrière de la pupille qu'ils regardent comme une verge. Celle-ci y ferait pénétrer le sperme à la suite d'une véritable intromission (1).
Dans plusieurs exemplaires frais du bothridium pithonis que nous avons étudiés , nous avons vu deux pores , percés dans la ligne médiane, sous différents aspects; tantôt ils ont l'apparence de deux fentes , tantôt ce sont deux trous ; le plus souvent on distingue une papille en avant et un trou en arrière; la première est un peu cachée par le bord postérieur de l'anneau précédent,
Dans le genre bothrimone Duv. , nous avons observé
une série de pores sur le milieu de chaque face des anneaux. Cette observation singulière, sur laquelle on
(i) I^ovne observationes de Entozois. Auctore Creplin Bciolini, 1B29 avec de* additions du docteur Ed. Mehlis, et Isitde 1 83 1 , p, 71.
a élevé des doutes, a été faite et vérifiée avee nous, par d'autres anatomistes très exercés dans les observations microscopiques (1).
4° Dans la famille des vers vèsicalaires.
Les vers vèsiculaires ou les hydatides n'ont aucun organe de génération sexuelle. Leur propagation parait se faire par bourgeons , qui se développent à la paroi extérieure de la membrane commune (les canures) ou à la paroi intérieure de cette membrane (les échinocogues).
Quoique cette espèce de propagation soit la seule évidente, on peut supposer par analogie que ces animaux se propagent encore par des bu! billes ou par des germes libres, ayant cependant une enveloppe protectrice qui leur permet de résister aux agents physiques et de se transmettre d'un animal à l'autre.]
ARTICLE VI