I. De l'ovaire ou de la glande ovigene
Il n'y a qu'un ovaire [développé] , situé sous la colonne vertébrale, contre la partie la plus avancée des reins, et fixé dans cette position par un prolongement du péritoine. C'est un paquet ou une grappe d'oeufs de différentes grandeurs, dont les plus petits sont blancs, et les plus grands de couleur jaune. C'est que, dans ceux-ci, la substance de cette couleur, que tout le monde connaît, et qui doit servir à la nutrition du poulet, a pris un accroissement considérable en densité et en volume.
Ces œufs reçoivent des vaisseaux sanguins, analogues à ceux qui vont aux ovaires des mammifères, et
ce sont ces vaisseaux qui forment leur principale union.
[ L'asymétrie est le caractère de cette glande dans la classe des oiseaux.
Généralement ils n'ont qu'un ovaire , celui du côté gauche ; à peine en voit-on, dans quelques cas, un faible rudiment du côté opposé. Pour retrouver des traces de l'existence symétrique des ovaires, il faut remonter aux premiers temps du développement de ces animaux.
Les oiseaux de proie , chez lesquels très peu d'oeufs se développent pour la même couvée, peuvent avoir, par exception, deux oviductes de même grosseur ou de grosseur inégale.
Remarquons même que l'existence de deux ovaires et leur développement symétrique ou asymétrique peuvent varier dans les individus d'une même espèce. Les perroquets et les pics , outre quelques oiseaux de proie , ont offert des exemples de cette singulière variété. Certains exemplaires n'ont pas d'ovaire droit; tandis qu'il est rudimentaire chez d'autres, et que quelques individus l'ont à peu près symétrique de l'ovaire gauche.
Il peut manquer absolument chez la buse , ou n'être que rudimentaire ( 1 ) , ou prendre un développement presque égal à l'ovaire gauche.
Outre le repli du péritoine qui sert à la fois d'enveloppe et de ligament à l'ovaire, et remplit la fonction de conducteur des vaisseaux artériels et des nerfs qui s'y rendent , ou des veines lymphatiques et sanguines qui en dérivent , cet organe se compose d'une mem-
(i)MM. Carus et Otto, Tabuloe anatomioae, pi. VII, fig. ï,et R. Wagner, Méin. pour servir a l'anat. des oiseaux. Mùller, Archiv,, 1837, p. lxiii.
brane propre et d'une substance fibro-celluleuse clans laquelle se développent les ovules , et que nous appelons proligère, à cause de cette circonstance. Avant le développement de ceux-ci , l'ovaire ne paraît que comme une lamelle membraneuse située en travers au-devant de l'extrémité antérieure du rein gauche , tout près du rein succenturié. Ce pli membraneux transversal renferme dans son épaisseur un tissu celluleux très serré, qui deviendra la gangue des ovules.
Chaque ovule , en se développant, produit un relief plus ou moins prononcé à la surface de cette lame ovarienne. Il se loge ainsi dans une double poche formée parle péritoine et parla membrane propre de l'ovaire. Cette poche se sépare de plus en plus du reste de l'ovaire, et finit par n'y plus tenir que par un pédicule.
Lorsque l'ovule est encore très petit , le tissu celluleux serré qui lui sert , pour ainsi dire , de gangue, est proportionnément plus abondant. Il diminue à mesure que l'ovule, en augmentant de volume, s'enveloppe plus immédiatement de la membrane propre de l'ovaire qui devient sa capsule. Ainsi chaque ovule , chez les Oiseaux , naît et se développe dans une poche membraneuse particulière, faisant partie de l'ovaire ; cette poche peut en être considérée comme l'organe de sécrétion, au moins comme son organe de nutrition.
On pourrait la comparer au cul-de-sac qui constitue en dernière analyse tout organe de sécrétion \ elle s'en distingue cependant ici , par le défaut de continuité entre sa cavité et celle du canal excréteur, entre l'ovaire et l'oviducte.
Elle s'en distingue encore parce qu'elle ne sert qu'au développement d'un seul ovule ; qu'elle croît et se dé-
veloppe avec lui, et qu'elle se rompt dans une bande blanche équatoriale, qui se dessine par cette couleur, provenant de l'absence du réseau vasculaire si remarquable dans le reste de la surface de cette capsule.
Elle se déchire clans cette bande équatoriale blanche pour laisser passer dans l'oviducte l'ovule parvenu à son degré de maturité. Ses deux moitiés ainsi déchirées sont probablement absorbées par le reste de l'organe en activité.]