‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 15 sur 191 · II. Des ovules , produits de la glande ovigène · texte numérisé non relu

II. Des ovules , produits de la glande ovigène

[Les ovules des oiseaux se composent, comme ceux des autres classes , d'une sphère vitelline ou nutritive et d'une sphère intérieure germinative.

Ces deux sphères varient beaucoup dans leur volume proportionnel, selon le degré de développement des ovules. Le volume de la sphère vitelline est d'autant plus grand que l'ovule est plus près de sa maturité; celui de la sphère germinative est au contraire relativement moins considérable à cette dernière époque.

Dans des ovules à peine visibles à l'œil nu, la sphère germinative est presque au centre de la sphère vitelline , et remplit les deux tiers de sa cavité ; un peu plus tard, elle n'a que le tiers du diamètre de la sphère vitelline, et se rapproche beaucoup de la circonférence, qu'elle touche dans l'œuf mûr et prêt à être fécondé.

Cette sphère germinative, toujours transparente et remplie d'une humeur limpide, montre dans un point de sa circonférence une tache opaque , formée dîme très petite sphère, devant composer, selon toute probabilité, les premiers éléments du germe fournis par la femelle.

AKT. ili. OVULES DES OISEAUX. 45

La sphère vitelline est enveloppée d'une membrane portant le même nom. Cette membrane, selon nous est composée d'une double lame dont l'interne se replie autour de la sphère germinative, de manière à former un cul-de-sac pour la contenir et un pédicule d'autant plus long, à proportion, que le développement est moins avancé, puisqu'alors il part delà périphérie delà sphère vitelline pour joindre la sphère germinative, qui est précisément un centre de la première.

Ce pédicule se raccourcit à mesure que la sphère vitelline augmente de volume , et entraîne vers la périphérie de celle-ci la sphère germinative, jusqu'à ce qu'elle arrive à cette périphérie pour la fécondation.

La substance vitelline varie beaucoup dans sa composition aux différentes époques du développement de l'ovule. Liquide, blanche et transparente dans le principe , elle s'épaissit, devient opaque , et se colore peu à peu en jaune.

A l'époque de sa maturité, l'analyse microscopique y fait voir des globules composés de granules plus petits. Entre ces globules, on distingue des gouttes d'huile et des restes de ce fluide albumineux qui précède la formation des globules vitellins.

Les globules du jaune, à l'état de maturité, n'étaient, dans les premiers temps du développement de l'ovule que des granules opaques, en petit nombre dans les plus petits ovules apparents. Leur nombre et leur complication, ainsi que leur volume, vont en augmentant à mesure de l'accroissement de l'ovule.

Il y a au centre de la sphère vitelline de l'ovule mûr une cavité qui communique vers la périphérie du côté

46 XXXIIe LEÇON. GENERATION DES VERTEBRES.

où se trouve la vésicule genninative, par un large canal. Cette cavité et son canal sont remplis d'un liquide jaunâtre plus clair que le reste du vitellus.

Enfin , autour de la vésicule germinative, à la périphérie du vitellus, se voit une couche de plus petits globules vitellins, qui forment le disque proligère, distingué sous ce nom par M. de Baer.

L'analyse chimique du vitellus, de cette sphère nutritive qui se transforme si rapidement dans les organes du poulet, est du plus haut intérêt pour l'appréciation des changements de composition chimique qui ont lieu dans cette merveilleuse assimilation.

L'albumine, l'huile et l'eau sont les parties essentielles du vitellus; incinéré, il donne des cristaux de phosphate calcaire. On y a découvert des traces de soufre et de phosphore, de chaux et d'alumine unies à de l'acide carbonique, et un peu de fer.

D'après Proust, le vitellus se composerait de :

Albumine 0,17

Huile ou graisse fluide. .... 0,39

Eau 0,59

Acide sulfurique.

— phosphorique.

Des traces dejs"ure ! libres

^phosphore )

Chlore.

Alcali.

Nitrate de soude.

Chaux et

Alumine unies, pour la plus grande partie, à de l'acide

carbonique.

Un peu de fer.]

AKT. III. OMDUCTE DES OISEAUX. 47

IIÏ. De l'oviducte des oiseaux , ou «'/w canal excréteur de la glande bvigène.

[h'oviducte, dans cette classe, est aussi un sperrnaducte , c'est-à-dire que c'est à la fois la voie par laquelle l'élément mâle pénètre jusqu'aux ovules pour les féconder, et celle qui reçoit les ovules mûrs ,et détachés de l'ovaire pour compléter leur sphère nutritive , leur donner une sphère protectrice , les transformer ainsi en oeuf complet et pour les transmettre au dehors.

C'est donc un canal ouvert à ses deux extrémités, dont l'antérieure ou l'extrémité ovarienne est évasée en entonnoir afin de faciliter l'introduction des ovules, et dont la postérieure a son embouchure dans le vestibule génito-excrémentitiel.

L'oviducte est un organe à fonctions compliquées. Son orifice antérieur s'approche de l'ovaire et s'applique à l'ovule mûr pour le recevoir; ses parties se contractent successivement pour faire cheminer cet ovule jusqu'à l'autre extrémité et pour l'expulser dans le cloaque. Pour remplir cette première fonction il doit être excitable et très contractile.

L'ovule y reçoit successivement l'albumine et ses membranes qui complètent la composition de la sphère nutritive de l'œuf; puis enfin la coque, qui doit le protéger. G est dans les différentes parties de foviducte qu'il rencontre ces matériaux. Ce canal est donc encore un organe de sécrétion. Nous trouverons dans sa forme, dans sa'disposition générale et dans sa structure , toutes les circonstances organiques propres à faire comprendre ses différentes fonctions.

L'oviducte est asymétrique comme l'ovaire; on ne

48 XXXIIe LECGX. GEMMATION DES VERTEBRES.

trouve même jamais, que je sache, dans cette classe, deux oviductes développés et fonctionnant , comme nous avons dit qu'il existait quelquefois deux ovaires. Mais il est plus fréquent de rencontrer un oviducte droit rudimentaire qu'un ovaire droit également rudimentaire.

On cite des exemples d'un rudiment d'oviducte droit dans tous les ordres de cette classe (1).

Il forme un petit canal d'un centimètre, plus ou moins, de longueur, qui a son embouchure dans le vestibule génito-excrémentitiel du côté droit, vis-à-vis de celle de l'oviducte développé , en dehors de l'orifice de l'uretère du même côté; l'autre extrémité, terminée en cul-de-sac, flotte dans le bassin.

L'oviducte normal ou développé et fonctionnant est toujours le gauche. Ce conduit est d'abord évasé en entonnoir, comme le pavillon des trompes chez les mammifères; mais son bord est entier et nullement frangé. 11 forme ensuite un canal étroit que l'on regarde plus particulièrement comme la partie qui a le plus d'analogie avec la trompe de Fallope. A partir de cette portion plus étroite, ce canal va en se dilatant jusque près du cloaque, où il montre de nouveau un diamètre plus étroit jusqu'à sa terminaison.

Plusieurs anatomistes appellent utérus la partie moyenne, dilatée, de l'oviducte ; mais il n'y a pas

(i) Voir le Mémoire de M. Barkow sur les vaisseaux sanguins des oiseaux {Archives de Meckel pour 1829) et celui de M. JJ'agner, sur les ovaires et les oviductes doubles, analysé dans le même journal pour i83;, f>. LXIII.

Page 1