‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 147 sur 191 · ART. V. DES ORG. ÉLECTRIQUES DE PLUSIEURS POISSONS · texte numérisé non relu

ART. V. DES ORG. ÉLECTRIQUES DE PLUSIEURS POISSONS

sieurs filets aux muscles de ces parties; un rameau considérable va dans le bec, contourne l'organe électrique en avant et en dehors, et se rend dans les tubes visqueux qui ont déjà été décrits.

Mais la plus grande partie de ce nerf, au lieu de se consumer dans ces tubes, comme dans les autres raies où ils sont plus nombreux , se rend dans la partie antérieure de l'organe électrique, du côté interne et un peu supérieur, où ses filets se distribuent en se séparant successivement.

Les trois autres nerfs , un peu plus gros, sont des branches de la huitième paire, qui, après avoir donné leurs filets ordinaires aux branchies, pénètrent dans Torpane électrique par le même côté que le précédent, à une distance égale l'un de l'autre, et s'y distribuent d'une manière semblable. Le premier passe entre la première et la deuxième branchie, le second entre la deuxième et la troisième, et le troisième entre la troisième et la quatrième ( i ) .

L'organe électrique du gymnote , suivant Hunter (2) , est encore plus développé que celui de la torpille. Il compose la très grande partie de l'épaisseur de son énorme queue, et peut être divisé en quatre portions, que le même auteur appelle grands

(1) On voit assez bien la distribution de ces différentes branches et de leurs premières divisions, dans les figures publiées par Hunier, Trans, philos, de 1773, pi. XX. M. Delle-Chiaje a montré leur origine et leur terminaison dans les pi. I, et II, fig. y de son Mémoire analomiquc sur la Torpille , publié en 1839. Suivant M. Jobeit (le Lamballe , leurs dernières divisions se réuniraient pour former des anses ( Compte s-rerrdus de l'Académie des sciences, t. XVIII, p. 8n. )

(2) Trans. philos., vol. LXV ( I7y5), p. àç)5, et pL I-IV.

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et petits organes. Les grands organes sont placés de chaque côté de la queue, au-dessus des petits, et séparés les uns des autres par une couche de matière graisseuse et par une membrane épaisse. Ils forment ensemble une masse qui remplit presque entièrement les deux tiers inférieurs de la queue dans toute son épaisseur, car il n'y a que la série des petits muscles de la nageoire caudale qui recouvre les petits organes. [Ces quatre organes m'ont paru composés de séries bien distinctes de piliers solides que Ton peut facilement séparer avec la main, et qui ont alors l'apparence de faisceaux musculeux. Ce sont ces séries de piliers qui composent les lames perpendiculaires à Taxe du corps. Je ne vois aucune laine ayant une direction horizontale et coupant perpendiculairement ces séries verticales. Vus au microscope, ces petits piliers semblent composés d'un fourreau membraneux contenant une substance granuleuse. Aucun tissu cellulaire ne s'aperçoit entre les lames , ni entre les piliers qui composent celles-ci. Ces organes condensateurs du fluide électrique reçoivent leurs nerfs de la moelle épinière; ils proviennent plus particulièrement des rameaux antérieurs des nerfs spinaux. Le nerf latéral, branche de la huitième paire, ne s'y distribue pas.]

Dans le silure électrique, l'organe électrique, que notre célèbre ami, M. Geoffroy, a fait connaître le premier (1), est encore d'une structure difiérente. Cet organe, situé immédiatement sous la peau, enveloppe la plus grande partie du corps; il commence au-dessus

(1) Annales du Mi.w:um d'hisî. nat., f. I, p. 092; et Description de l'Egypte. Hist. nnf.. t. ï, Paris, 1809, pi. XI iï ,h>. i-4«

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de la tête, et part de là et de l'opercule des branchies, pour se prolonger en dessus et sur les côtés du corps jusqu'à très peu de distance de l'extrémité de la queue, et forme une couche épaisse, clans le commencement, de quatre à cinq millimètres, mais qui va en s'aniiucissant à mesure qu'elle se porte en arrière. Cette couche membraneuse est composée de filaments ou de fibres qui se croisent en différents sens, et interceptent des mailles très fines. Le tout est séparé des muscles du corps par une aponévrose qui recouvre immédiatement une couche épaisse dégraisse, contribuant, avec cette aponévrose, à isoler l'organe électrique.

Cet organe reçoit principalement ses nerfs et ses vaisseaux de ceux qui suivent, dans les autres poissons, la ligne latérale du corps. Les premiers viennent, comme l'on sait, de la huitième paire. Ils sont beaucoup plus petits, à proportion, que dans la torpille, [et proviennent d'une seule branche, qui se porte d'arrière en avant, entre l'organe électrique et l'aponévrose qui le sépare des muscles latéraux. Cette branche donne à mesure des filets qui s'en détachent successivement, à peu près à angle droit, pour pénétrer dans l'organe et s'y distribuer.

La description précédente, faite d'après nature, montre l'étendue considérable, les rapports et la structure générale de cet appareil électrique, sa position immédiate sous les téguments, l'aponévrose et la couche de graisse qui l'isolent des muscles, les nerfs qui Faniment.C'étaient les points essentiels des circonstances apparentes qui le caractérisent.

Des observations récentes, faites sur des animaux frais

par M. Pèters, confirment cette description, laquelle

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était d'ailleurs conforme à celle de M. Geoffroy. L'organe est simple de chaque côté et non double, comme l'avait cru Rudolphi (1), qui avait pris le tissu cellulairesous-aponévrotique,que nous avions trouvé graisseux, pour un second organe, profond. M. Peters n'a pule séparer en six ou huit feuillets comme M. Valenciennes(Q). Sa structure intime se compose dune membrane très déliée, interceptai! tdes cellules rhomboïdales ou polygonales remplies dune masse gélatineuse, composée de globules. L'aspect de l'organe est celui dune gelée transparente, ayant la consistance du lard ^3)P

(i) Mém. de l'Académie des sciences de Berlin pour 1824, p. i3y et suiv., et pi. I-IV. Cet auteur avait publié dans ce même recueil, pour 1 820-1 821, une nouvelle description des organes électriques du gymnote électrique , avec deux planches.

(2) Nouvelles recherches sur le Malaptérure électrique, par M. Valenciennes. Archives «lu Muséum, t. II.

(3) Archives de J. Millier pour i845, p. 3y5, et pi. XIII, f. 8-1 1. Les Transactions philosophiques de 1829 et de i832 renferment les détails des expériences de sir II. Davy et de son frère J. Davy pour rechercher, comme Walsch l'avait fait, l'électricité de la torpille et les conditions de sa manifestation.

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