ART. Y. DES ORG. ÉLECTRIQUES DE PLUSIEURS POISSONS
des capsules lenticulaires fermées ou des cylindres grêles et pleins]. Cet appareil est animé par des nerfs considérables et ne reçoit pas de vaisseaux sanguins d'un volume proportionné.
Nous allons voir que sa situation , sa grandeur proportionnelle, sa structure intime, le nombre, l'origine et la grandeur relative des nerfs qui s'y rendent, varient dans le genre torpille , et dans les deux autres espèces électriques des genres silure et gymnote.
L'organe électrique de la torpille ( 1) est situé entre le grand cartilage de la nageoire pectorale , les branchies et la tête; de sorte que, du côté externe, il dessine une portion d'ellipse, tandis que du côté interne il suit les contours irréguliers de la tête et du bec. Le grand cartilage de la nageoire pectorale, qui, dans les autres raies , touche à ces deux dernières parties , en est considérablement écarté dans cette espèce, afin de laisser la place que doit remplir l'organe électrique. Cette sorte de développement donne à la torpille une forme large et arrondie en avant, que l'on ne voit pas dans les autres raies. Dans cet intervalle, l'organe électrique compose toute l'épaisseur du corps, et touche à la peau des deux faces de l'animal. Lorsqu'on enlève celle-ci du côté supérieur, ou du côté inférieur, on découvre lune ou l'autre surface de cet organe, qui paraît divisée, par un réseau plus opaque que le reste, en aréoles hexagones, qui lui donnent assez bien l'aspect d'un rayon de miel. On compte jusqu'à douze cents de ces aréoles dans un individu adulte.
Si l'on observe au contraire l'organe électrique dans
(i) Il faut dire à présent des espèces du grand genre Torpille,
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son épaisseur, il présente des colonnes composées de petites lames [capsules] fibreuses, empilées les unes sur les autres, et remplies d'une substance animale [granuleuse. Ces petites lames, ou capsules, ne parais-, sent adhérer ensemble que par deux arêtes ou deux points de leur circonférence, qui est libre dans tout le reste de son pourtour.
Les colonnes que forment leurs séries, tiennent ensemble par un tissu cellulaire très lâche.
Observées au microscope, les petites lames montrent des granulations rondes et des filets entrelacés formant le tissu de ces lames.]
Les vaisseaux sanguins se distribuent sur les parois des petites cellules qu'interceptent les lames, en se divisant à l'infini.
Les nerfs les tapissent de leurs nombreux filets.
[Nous y avons suivi la distribution d'un nerf formant, avant d'y ent|er et en serpentant sur cette lame , un faisceau de filets déliés, qui s'écartent bientôt les uns des autres, et semblent se perdre en contournant les petites rondelles, ou les granulations rondes, qui composent l'épithelium; mais leur transparence empêche de les suivre distinctement dans leurs terminaisons.]
Ces nerfs, dans les torpilles, ont une grandeur extraordinaire, et sont produits par quatre branches principales.
La première est le nerf maxillaire inférieur, troisième branche de la cinquième paire. Cette branche n'a pas une grandeur proportionnelle plus considérable que dans les autres raies ; mais, comme on va le voir, sa distribution es! différente. 11 descend derrière l'angle des mâchoires, et envoie , comme à l'ordinaire, plu-