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I. Des ovaires ou des glandes ovigènes

[Tous les Reptiles ont deux ovaires, situés dans la cavité thoraco-abdominale, de chaque côté de la colonne vertébrable. Comme dans les classes précédentes, ils sont encore séparés et bien distincts de leur canal ex-

(i) Barkow, Mérn. cité.

créteur ou de l'oviducte correspondant; ils sont suspendus à la paroi supérieure de cette cavité par un repli du péritoine, qui se détache de cette paroi, renferme entre ses deux lames leurs vaisseaux sanguins et leurs nerfs, et les enveloppe de toutes parts.

Leur position est plus ou moins avancée ou reculée, suivant les ordres : symétrique chez les Reptiles à forme large et courte , tels que les Ché Ioniens et les Batraciens anoures; asymétrique, de manière que c'est le plus souvent le droit qui est en avant et le gauche en arrière, chez les Reptiles à forme allongée et étroite, tels que beaucoup de Sauriens, les Ophidiens et les Batraciens urodèles.

Les ovaires des Reptiles nous ont montré deux formes types que nous devons signaler. L'une de ces formes se rapporte à celle des oiseaux: ce sont des ovaires en grappe, quand ils ont des oeufs dont le développement est avancé; ceux-ci se détachent plus ou moins dt la lame ovigène principale et n'y tiennent plus que parmi pédicule de leur calice. Cette capsule, lorsque l'ovule est mûr, se déchire autour d'un équateur qui part du pédicule , comme le calice des oiseaux , et l'œuf tombe dans la cavilé abdominale pour passer dans l'oviducte ; tel est l'ovaire des Chéloniens.

Dans l'autre type, l'ovaire est un sac ou un tube plus ou moins allongé , contenant les ovules dans ses minces parois. Ces ovules, en se développant, font de plus en plus saillie dans ce sac ovarien , ou à la surface interne de ses parois: et lorsqu'ils rompent leur enveloppe calicinale, ils tombent dans la cavité ovarienne et ils en sortent par une ouverture antérieure, qui se produit sans doute au moment de leur maturité.

52 XXXIIe LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.

Jusque là on trouve ce sac complètement fermé.

Dans les ovaires à grappes , les ovules, pour en sortir, ont à rompre leur enveloppe proligère ou leur calice et la membrane péritonéale qui la revêt.

Dans les ovaires à sac , les ovules n'ont que leur enveloppe proligère à déchirer pour tomber dans la cavité de ce sac, dont l'enveloppe péritonéale s'ouvre naturellement ou se déchire pour leur donner passage.]

A, Dans la sous-classe des Reptiles propices.

[Les ovaires des Chéloniens sont dans le fond de la cavité abdominale. Le mésoaire qui les enveloppe est large et plissé en manchette. C'est vers le bord extérieur de ce ligament large que les œufs sont rangés; lorsqu'ils sont mûrs, ils ne tiennent plus à l'ovaire que par un pédicule, comme ceux des oiseaux.

Je n'ai trouvé dans une serpentine que de petits ovules dans l'ovaire, tandis que chaque oviducte renfermait des œufs complets, avec leur coque, dont les premiers entrés dans l'oviducte étaient arrivés tout près du cloaque, et dont le dernier avait déjà parcouru la moitié de la longueur de ce conduit.

Les lézards propres ont un petit nombre d'œufs développés dans leur ovaire; celui-ci est dans un court repli du péritoine, faisant partie du grand repli au bas duquel flottent de longs oviductes. Il y a sans doute dans cette réunion de l'oviducte dans le même ligament un moyen de mettre en rapport les œufs mûrs avec leur canal excréteur, par les vaisseaux sanguins et les nerfs dont ces replis péritonéaux sont les conducteurs. Les Ophidiens ont leurs deux ovaires dans une po~ sition asymétrique.

Dans lacouleuvre à collier, l'ovaire forme un boyau cylindrique, qui peut être insufflé comme un boudin. Les œufs y sont rangés les uns au-devant des autres, sans régularité, ni pour leur volume ni pour la place qu'ils occupent. On voit de très petits ovules à la surface des grands.

Une couleuvre de cette espèce , prise à la fin d'avril , ayant des œufs très avancés dans ses ovaires , avait le droit un peu en arrière du pylore ; le gauche ne commençait qu'après la fin du droit. Leur tube pouvait s'insuffler de manière à montrer, dans ses parois très minces , des œufs de grandeurs très différentes. Les plus grands étaient placés en travers , à côté l'un de l'autre , sur plusieurs rangs.

Le mésoaire était une dépendance du mésoviducte , large repli du péritoine qui se portait plus en dehors et maintenait l'oviducte plus loin de la ligne médiane que l'ovaire. La position des ovaires était tellement asymétrique, que le droit finissait avant que le gauche commençât; le premier s'avançait assez près du pylore. L'oviducte s'ouvrait largement en avant de la tête de l'ovaire, qui se rapprochait de cette ouverture.

L'asymétrie dans la position des deux ovaires est moins marquée chez les pythons , qui se distinguent d'ailleurs par leurs deux sacs pulmonaires et une tendance à la symétrie dans ces organes (1).

Dansun python de 2m,70. chaque ovaire avait 0^,27 et le droit était à peine plus avancé que le gauche»

(1) Voir notre leçon, t. VII, p. 33, de cet ouvrage.

54 XXXIIe LEÇOK. GÉSÉBATIOIf DES VERTÉBRÉS.

L'un et l'autre étaient situés immédiatement en avant des reins.

Le tube que forme cet organe, dans la cavité duquel [es ovules font saillie , avait cependant des parois membraneuses très minces. Des filaments qui vont d'une paroi de ce tube à l'autre en maintiennent sans doute le diamètre.]

B. Dans la sous-classe des Reptiles amphibies.

[Chaque ovaire est constamment un sac ou un tube plus ou moins long , enveloppé par le péritoine. Son développement varie d'ailleurs beaucoup , suivant qu'on l'observe à l'époque du rut , au moment où il est rempli d'oeufs mûrs, ou dans un temps éloigné de cette époque.

Dans le crapaud commun, la grenouille verte, etc., chaque ovaire est une poche suspendue par un repli du péritoine, à la face dorsale de la cavité abdominale. Ce repli est comme une dépendance du mésentère, aux côtés duquel il est placé.

L'ovaire lui-même est un large boyau, plissé en manchette, dont le bord libre, lobé et festonné, est très long, et dont le bord adhérent est très court , par l'effet des replis nombreux et rapprochés que forme le ligament suspenseur. Chaque œuf est contenu dans une poche particulière de la membrane moyenne ou proligère , et fait plus de saillie du côté interne que du côté externe.

11 y a, dans les intervalles des ovules mûrs, des ovules de grandeurs très différentes , qui se développeront les années suivantes.

Dans la salamandre terrestre, nous avons trouve

les ovaires étendus sur le côté de la colonne vertébrale, dans une grande partie de la longueur de la cavité viscérale. Ils renfermaient un assez grand nombre d'œufs développés, pour la prochaine portée, ayant de om,002 à om,oo3 de diamètre, et d'autres encore très petits , pour les portées suivantes.

Dans le triton à crête, j'ai trouvé les ovaires (en avril) occupant tout le tiers moyen et une partie du tiers postérieur de la cavité thoraco-abdominale.

Ils y formaient un sac allongé, retenu par un mésoaire, et plissé en manchette par ce ligament péritonéal.

Un bon nombre d'ovules étaient au dernier degré de leur développement. Il y en avait déjà six d'un côté et huit de l'autre, parvenus à l'extrémité postérieure de très longs oviductes. Leur volume , pour ce qui est du vitellus , n'était pas plus grand que celui de beaucoup d'ovules attachés encore à l'ovaire; ceux-ci ne tenaient plus que par un pédicule aux parois du sac ovarien. On en trouve à tous les degrés de développement, dans toute l'étendue de ce sac; depuis ceux qui sont à peine visibles et encore enfouis, pour ainsi dire, dans le tissu proligère de ces organes , jusqu'à ceux qui sont sur le point de s'en détacher.

Je n'ai pas pu découvrir l'issue de ce sac , quoique je sois convaincu de la chute des œufs dans sa cavité.

Les ovaires de ïamphiuma forment un long tube , effilé en avant et en arrière, dans lequel de nombreux ovules m'ont paru serrés les uns contre les autres. Celui de droite s'étend depuis l'extrémité postérieure du foie jusqu'au rein de son côté, qui est court et situé dans la partie la plus reculée de l'abdomen.

Chaque ovaire est retenu par un mésoaire assez large, dont le bord libre est un épiploon graisseux , tel qu'on en trouve chez les serpents. La partie de ce mésoaire la plus rapprochée de la paroi dorsale renferme l'oviducte.

Chez le menobranchus lateralis, nous avons trouvé les parois de ce même sac ovarien beaucoup plus minces, étant lui-même moins long à proportion ; et les œufs qu'il renfermait très développés, très grands et bien moins nombreux.

U axolotl, la sirène (1), le protèe, qui composent, avec le genre précédent, la famille des Batraciens perennibranches , ont de même deux ovaires oblongs, lobés, occupant, de chaque côté de la colonne vertébrale, une partie plus ou moins grande de la cavité abdominale.]

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