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ART. IT1. DU SPERME DES VERTERRES

poids est le dixième du poids total du sperme mis en expérience.

La substance muciîagineuse particulière a été distinguée plus tard par Berzélius sous le nom de sper-mutine.

M. Las saigne a trouvé la spermatine dans le sperme du cheval, qui se compose encore, d'après ce chimiste, de phosphate de magnésie, dhydrochlorate de soude et de nitrate de soude.

Le sperme des Poissons osseux, que Fourcroy et Vauquelin ont fait connaître, d'après celui de la carpe, aurait, en résumé, les caractères suivants : cette laite est onctueuse: elle a une forte odeur de poisson, elle n'est ni acide ni alcaline. Elle se compose d'albumine , de gélatine , d'une sorte de savon avec des traces de phosphate de chaux, de magnésie et de potasse. Ce qui la distingue surtout est un carbure de phosphore azoté.

Cette circonstance de l'existence du phosphore dans le sperme a semblé aux auteurs de cette importante découverte devoir se lier au phénomène de la phosphorescence chez plusieurs animaux marins ou terrestres.

On voit combien la science est encore pauvre de faits et d'observations sur les caractères physiques et chimiques de la liqueur fécondante des animaux. Il nous paraîtrait surtout essentiel de comparer ces derniers caractères avec ceux que fournirait leur système nerveux.]

II. Composition organique du sperme dans les animaux vertébrés.

[Pour avoir une idée juste de la composition orga-

140 XXXIIIe LEÇON. OBGANES PBEPABATEUKS, ETC., MALES.

nique du sperme de 1 homme et des animaux vertébrés, il faut le prendre dans l'épididyme ou dans le canal déférent, avant son mélange avec les humeurs des glandes accessoires, quand il en existe, ou lorsqu'on doit supposer qu'il a reçu sa complète élaboration. Dans les vaisseaux séminifères du testicule, cette élaboration paraît moins complète. Si c'est un animal qui ne jouit, comme cela est général, que dune faculté génératrice intermittente, c'est à l'instant où cette faculté se manifeste, à l'époque du rut, qu'il faut rechercher cette composition.

Une goutte de sperme, recueillie avec toutes les précautions, et exposée sous le microscope, à un grossissement de 3 à 4 oo diamètres, montre d'innombrables corpuscules, de forme régulière et de grosseur semblable , suivant les espèces , se mouvant dans tous les sens, à la manière des animaux, si le sperme est récent.

Ces corpuscules animés, que nous appellerons, à cause de cette circonstance , spermatozoïdes, ont été découverts, en 1677, Par 1 étudiant Ham , au moyen du microscope de Leeuwenhoeck, dans le sperme d'un homme affecté de pertes séminales. Décrits ensuite et observés en détail, dans le sperme de beaucoup d'animaux , par ce dernier savant , ils sont désignés dans beaucoup d'ouvrages sous le nom d'animalcules spermatiques , de zoospermes. Ce sont ces mêmes corpuscules séminaux que Bujffon considérait comme des molécules vivantes , devant s'agréger pour la composition de l'embryon.

I jes spermatozoïdes composent la plus grande partie du sperme élaboré et propre à la génération.

On y voit, en outre, une petite proportion très va-

riable de globules de différentes grandeurs , à surfac e granuleuse , désignés sous le nom de granules spemna itiques.

Les spermatozoïdes et les granules spermatiques n agent dans une très petite quantité d'un liquide blam:, transparent, de nature probablement albumineuse, q ui se coagule, par l'alcool ou le vinaigre , en granules e: ttrêmement ténus.

Les granules spermatiques varient beaucoup en gro sseur. M. R. Wagner en a vu dans le sperme du pinsc m de oin,»,225 à omin,i5o et o,n,n, 1 1 2 et au-dessous de cet te mesure jusqu'à om,n,o37 (0- Leur grosseur moyen? ae paraît être de omm,07Ô.

il y a aussi quelques molécules graisseuses ou hu ileuses et des débris dépithélium, qu'il ne faudrait p.ns confondre avec les granules spermatiques, Les mole cules graisseuses sont tout unies et ne paraissent j.a- ' mais de structure granuleuse ou composées d'autre îè molécules.

Le sperme des animaux vertébrés, indépendamment des spermatozoïdes qui en formant la plus grande partie, aune densité et sans doute une composition qui varient suivant le lieu où doit s'opérer la fécondation. Sa densité, et sa blancheur laiteuse, qui lui a fait donner le nom de laite chez les poissons osseux , sont en raison du mélange extraordinaire qu'il doit éprouver en tombant dans l'eau, où s'opère la fécondation des œufs, pour l'immense majorité des

(1) Eléments de physiologie, i'e partie, p. 9. Leipzig, 1 8 ig, et Icônes phys., tab. I, fig. I, pour les granules de i'homme. et fig. II, a, b; fig. VI , ceux du lapin ; fig. V, du griinpereau ; fig. VII , de la pie-grièche rousse

H2 XXXIIIe LEÇ01N. OS&AftES PiiEPAHÀTEmiS, ETC., MALES.

i i.nimaux de cette classe 11 devait conserver, ainsi dé- 1 toyé 9 à travers l'immense quantité de véhicule qui le porte sur les œufs, sa faculté fécondante.

Lorsque la fécondation est intérieure et que ce liq niide doit être transmis dans les voies de la génération due la femelle , sa densité primitive est bien différente. ( .'ncore quelle puisse être modifiée par des humeurs ; sécrétées par des glandes accessoires , dans les canaux < quelle suit pour sortir du corps du mâle.

Chez les Sélaciens et les chimères de la sous-classe ( les cartilagineux, le sperme du testicule se trouve j dus ou moins modifié par le canal de l'épididyme et p ar le canal déférent, dont les parois épaisses et d'app »cirence glanduleuse paraissent devoir sécréter une Kïmneur propre à délayer celle du testicule.

Arrivé dans la dilatation du canal déférent ou dans la vésicule séminale, la semence de ces poissons est v n fluide épais, verclâtre, dont la composition chimique 3 i'a pas encore été analysée.

Quant à sa composition organique, on y trouve des pranules ayant nu mouvement moléculaire et des spermatozoïdes remarquables par leur mouvement oscillatoire latéral.]

Iïï. Des spermatozoïdes.

[Les spermatozoïdes entrent pour une si grande proportion dans la composition du sperme normal ou complètement élaboré pour la fécondation , qu'on ne peut s'empêcher de les considérer comme jouant un rôle important dans cette fonction.

Les connaissances acquises à leur sujet, dès! instant pour ainsi dire de leur découverte jusqu'à ces derniers temps, sont intimement liées aux différents systèmes

imaginés sur la génération, soit prétendue spontanée, soit par voie continue de parenté.

Ce double motif nous détermine à donner ici une analyse de ces connaissances, telles que les présente l'état actuel de la science, en nous bornant, dans cet article, à décrire les spermatozoïdes des animaux vertébrés.

Le mot nouveau que nous avons adopté depuis plusieurs années, dans nos enseignements , et que des auteurs recommandables ont accepté dans leurs ouvrages, pour désigner ces singulières productions, a pour but de ne pas confirmer ce que nous regardons comme une erreur, en continuant de les désigner sous le nom de zoospermes.

Nous avons constamment combattu, dans nos cours et dans nos publications, l'idée que ce sont des animaux, et particulièrement des parasites de la semence, résultat d'une force plastique exubérante de ce liquide proligère, ainsi que le pense M. Burdach.

Cette théorie nous a toujours paru contraire aux observations les plus multipliées et les plus exactes , et aux idées les plus saines sur la production des êtres organisés.

Aussi paraît-elle généralement abandonnée J même en Allemagne, où Ion a fait de si nombreuses et de si bonnes observations sur les spermatozoïdes. M. Bischoff, auteur de l'ouvrage le plus complet sur le développement des mammifères, a adopté la dénomination que nous avons proposée; tandis que M« Kadicker et d'autres savants ont admis celle de filaments spermatiques , dénomination qui est loin d'être propre àtoutes leurs formes.

ï44 XXXHI" LEÇON. OBfxANES iîHEPAKATEUR& , ETC., MALES.

Après leur étonnante proportion, qui est telie que ie sperme ne semblerait composé, au premier coup d'oeil, que de spermatozoïdes , ce qui frappe le plus est leur forme, souvent en rapport plus ou moins évident avec le genre, la famille, la classe même à laquelle appartient l'animal.

En effet, des observations multipliées, mais qui ont besoin de l'être encore bien davantage pour arriver à des résultats incontestables , ont montré que , dans les animaux vertébrés, les spermatozoïdes se composent en général de deux parties: l'une principale plus grosse et plus courte, de forme et de proportion très variées, qu'on appelle leur corps; et l'autre qui s'en détache comme un appendice caudal, lequel peut avoir de six à dix fois la longueur du corps, et dont l'extrémité est souvent d'une extrême ténuité.

i/appendice , toujours plus épais à sa naissance, s'avance quelquefois, dans cette dernière forme, d'une manière sensible, sur le corps.]

A. Chez les Mammifères.

[Le corps des spermatozoïdes est ovale et aplati dans ï espèce humaine.

Il est à peu près de même forme dans la guenon pata >s.

Il est ovale et pointu à son extrémité, dans le grand fer-a-cheval , parmi les Chéiroptères.

Nous l'avons trouvé rond et plat, avec un très k ig appendice caudal, plus épais à son origine, dans lé hérisson, parmi les Insectivores.

Chez le lapin, parmi les Rongeurs, le corps est un peu elliptique, et la queue beaucoup moins lonoue a proportion , et de même plus épaisse à son origine.

Dans la famille des rats, le corps des spermatozoïdes est singulier par sa forme de hache très bien caractérisée .

Dans le chien , leur corps est pyriforme , obtus en avant.

liane et le cheval l'ont oblong , pointu à son extrémité. Le chevreuil Fa cordiforme, un peu échancré et élargi du côté opposé à la queue.

Le taureau l'a ovale, quelquefois en lyre , c'est-àdire un peu resserré dans son milieu.]

B. Chez les Oiseaux.

[Les Oiseaux ont des spermatozoïdes dont le corps est proportionnément long, cylindrique ou conique, un peu aigu, chez les uns. Il montre chez d'autres plus ou moins d'inflexions, selon les espèces, et prend la forme du tire-bouchon.

La queue est d'une extrême ténuité , au point qu'elle a été quelquefois inaperçue (dans les spermatozoïdes du coq); elle peut être très longue (ceux du pinson).

Le premier type , formé d'un corps cylindrique un peu conique, ou arqué une seule fois, ou montrant tout au plus deux légères courbures en sens opposé , est celui des spermatozoïdes du coq , du pigeon, de la tourterelle ; du pic vert, avec des différences dans les proportions relativement à la queue, et dans l'extrémité antérieure , qui peut être renflée (le coq, le pic vert) ; ou effilée (le canard) ; ou amincie (le pigeon , la tourterelle).

Les espèces du genre jringilla, les pies -grièches , les grives 9 ont leurs zoospermes en tire-bouchon, pour le corps, qui est poiuîii en avant.

146 XXXIIIe LEÇON. ORGANES PREPARATEURS, ETC., MALES.

Les observations sont-elles assez multipliées pour qu'on puisse affirmer que ce dernier type est celui des oiseaux chanteurs; tandis que le premier appartiendrait aux oiseaux de proie, aux grimpeurs, aux gallinacés, aux échassiers et aux palmipèdes? Nous ne répétons ces assertions qu'avec la réserve du doute (i).l

G. Chez les Reptiles.

[ Dans la sous-classe des Reptiles propres , on retrouve le plan général des deux classes précédentes, ou plutôt les deux types de chacune de ces classes.

Chez les Chéloniens , ils ont un corps ovale ou rond et aplati ; c'est le type des mammifères. Il est allongé et cylindrique chez les Sauriens (les lézards) et les Ophidiens : c'est le type des oiseaux.

Dans Ihrvët \ IffîJt corps est allongé et pointu.

Dans la couleuvre à collier, nous l'avons trouvé pointu et effilé en alêne à son extrémité, un peu en navette , grêle , s'amincissant insensiblement vers ia queue. Il est pointu à son extrémité, arqué, grêle, cylindrique, plus distinct de la queue, qui est assez longue , dans la vipère de Redi.

Le type que nous venons de décrire dans les Ophidiens se rapproche encore, par sa forme grêle, en fil, de celui que nous décrirons dans les animaux sans vertèbres.

Nous le trouvons plus prononcé dans la sous-classe des Reptiles amphibies. Nous avons vu les spermatozoïdes de la grenouille rousse, ayant un corps grêle, en

(i) Voir les Icônes phjs, déjà citées pi. V.

ART. IL DE LfcUES CANAUX EXCRÉTEURS. 147

navette, effilé aux deux extrémités; mais celle qui pourrait être considérée comme l'appendice caudal, sensiblement plus longue que l'autre.

Ces spermatozoïdes cheminent comme des serpents, se ploient en tous sens et se bouclent souvent par l'une de leurs extrémités, ce qui a donné l'illusion à quelques observateurs d'un corps en palette. Ils ont omm,o6 de long.

Ceux des tritons, et plus particulièrement les spermatozoïdes du triton à crête, ont un corps grêle , cylindrique, ayant quelquefois l'apparence d'un léger renflement à son extrémité qui séparerait du corps une partie plus grêle. La queue, beaucoup plus longue que le corps, s'en distingue d'une manière tranchée, dès son origine, par un moindre diamètre. Elle est encore remarquable, et diffère de tous les spermatozoïdes connus, par un fil extrêmement délié, contourné en spirale très régulière , qui parait fixé à son origine et a son extrémité , et qui l'entoure à distance.

Cette forme singulière est commune aux espèces, des deux genres triton et salamandre , qui composent la famille des Salamandres.

C'est M. Siebold qui a reconnu le premier la continuité de ce fil en spirale , se mouvant à distance autour de la partie principale , et d'un mouvement régulier plus rapide que ceux de cette partie.

M. Dujardin a constaté cette continuité, et a fait l'observation intéressante que la spirale était une partie distincte et ne provenait pas de la queue, qui se serait repliée sur elle-même.

Nous avons eu l'occasion d'observer un de ces spermatozoïdes, encore en activité, qui s'était glissé sous

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un autre qui était immobile. Les spires du premier soulevaient celui-ci, ou le laissaient tomber, alternativement, suivant que les parties saillantes ou rentrantes de la spire le traversaient. Cette circonstance fortuite a dû nous convaincre de la continuité de cette spire, et quelle ne tenait pas à des cils vibratiles, comme nous avions été disposés à le penser, après nos premières observations.

Au reste , il suffisait d'observer ces spermatozoïdes dans leur état d'immobilité pour s'assurer de la continuité de ce fil à ressort. Nous l'avons vu détaché de l'extrémité postérieure et se prolongeant bien audelà de cette extrémité, avec ses tours de spire plus distants, comme un ressort en forme de boudin qui aurait cessé d'être comprimé.

Ce fil, en tire-bouchon, observé de même dans les spermatozoïdes de la salamandre terrestre, est plus petit que dans ceux des tritons. Du moins nous a-t-il fallu un grossissement de 65o diamètres pour le distinguer; tandis que nous avions pu apercevoir celui des tritons a crête avec un grossissement de 45 o diamètres.]

D. Dans la classe des Poissons.

[Les spermatozoïdes des poissons sont connus depuis longtemps, quoique d'une manière incomplète. Ce sont ces globules en mouvement observés par Buffon , dès 1743, dans la carpe, le barbeau et le brochet, qui lui donnèrent l'idée de son système de génération basé sur l'existence des molécules organiques. Cavolini , en 1787, les avait reconnus de même dans le sperme des poissons. MM. Prévost et Damas expriment , dans leur mémoire sur la génération , qui

date de 1824, que la laite des poissons fourmille de corps mouvants. M. Prévost, dans son mémoire sur la génération du séchât, reconnaît qu'ils ont, dans ce poisson, une forme elliptique.

Mais aucun de ces observateurs n'était parvenu à distinguer leur queue.

Les spermatozoïdes , dans les poissons osseux , se composent , en effet , de la partie principale , qu'on appelle le corps, qui est globuleux, ovale, elliptique, suivant les espèces , et d'un appendice ou queue , très difficile à apercevoir à cause de son extrême ténuité , et sans doute aussi de son peu de consistance.

Rien de plus facile que de voir, avec un grossissement de 2Ôo diamètres, dans une goutte de laite de cyprin, les centaines ou les milliers de globules qui appartiennent au corps des spermatozoïdes de ces poissons , s'agiter sous le microscope ; mais il faut un grossissement plus considérable pour distinguer l'ap^ pendice filiforme de ces corps globulenx.

On doit à M. Dujardui des observations très détaillées sur les spermatozoïdes de la carpe dont nous avons vérifié l'exactitude (1).

Leur corps est globuleux, et leur queue, élargie à son origine, s'amincit rapidement.

Les spermatozoïdes des Sélaciens, parmi les poissons de la sous-classe des cartilagineux, rappellent le second des deux types que nous avons décrits dans la classe des oiseaux. Ce sont de longs fils , grêles , dont la partie caudale est extrêmement déliée , et dont le corps , plus épais et assez long , a des sinuosités plus ou

(1) Annales des sciences naturelles , •>* série t. 8. p. 297, et pj. III.

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