ART. II. DES GLANDES PROSTATES
une seule masse très volumineuse, qui recouvre une grande partie de la première portion de l'urètre , particulièrement en dessus, et est elle-même recouverte par un muscle très fort. Son intérieur présente , dans quelque sens qu'on la coupe, les ouvertures dune foule de cellules; l'humeur qu'elle sépare arrive dans l'urètre par plusieurs orifices.
Si nous l'étudions dans la seconde série des Mammifères, celle des Marsupiaux , nous la trouverons dans les kanguroos , très épaisse à son origine , près du col de la vessie; elle va en diminuant d'épaisseur à mesure qu'elle s'avance autour de la partie musculeuse de l'urètre , à laquelle elle donne la forme d'un cône très allongé.
[Son diamètre vers la vessie urinaire excède celui de ce réservoir lorsqu'il est contracté. Sa coupe, dans sa plus grande épaisseur autour de l'origine du canal de l'urètre , a om,o 1 2 d'épaisseur, et la couche musculeuse qui la recouvre om,ooi seulement. Sa structure se compose de tubes ramifiés, perpendiculaires aux parois du canal de l'urètre , dont les divisions se multiplient de dedans en dehors, et se terminent à la surface de la glande par de petits ccecums, dont le fond touche à son enveloppe celluîo-musculeuse.]
Dans les pftâtangers, elle forme semblablement unecouche assez épaisse, qui enveloppe la même partie de l'urètre.
Cette couche ne nous a pas paru sensible dans les phascolomes , de sorte que l'existence de la prostate y paraît douteuse.
178 XXXIIIe LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES.
B. Chez les Reptiles Amphibies*
[L'ordre des Urodèles , dans cette sous-classe, est pourvu, par exception, de glandes analogues aux prostates ou aux glandes de Gowper des mammifères.
Nous les avons plus particulièrement étudiées chez les salamandres et les tritons.
Chez les mâles des salamandres , elles se composent chacune de deux lobes , un horizontal , et l'autre vertical.
Le premier représente, avec son symétrique, dans la salamandre commune , la forme d'un cœur, dont la pointe serait en arrière , et au centre duquel se trouve les lèvres et la fente du vestibule.
Le lobe vertical s'élève obliquement vers la face dorsale , de manière que les deux lobes verticaux laissent en avant un intervalle dans lequel pénètrent les reins. Un muscle pubio-coccygien s'avance entre les deux lobes d'un même côté, et les sépare.
Dans la salamandre noire , ces glandes sont aussi étendues à proportion. Elles ont de même deux lobes chacune.
Chez les tritons, ces prostates composent un appareil encore plus compliqué.
La prostate qui répond au lobe inférieur de celle des salamandres compose essentiellement la paroi en forme de calotte du vestibule. Il y a, outre cela , deux prostates pelviennes, qui répondent au lobe vertical de la prostate vestibulaire des salamandres. Elles occupent la face dorsale du vestibule et du bassin, et se sous-divisent chacune, ou celle d'un côté seulement, en deux lobes. Leurs canaux excréteurs aboutissent
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dans la ligne médiane de la partie la plus reculée du vestibule.
Les tritons ont encore une troisième prostate que j'appelle abdominale, parce qu'elles occupent sur les muscles abdominaux et sous le péritoine une grande partie des parois musculeuses de l'abdomen.
Enfin les salamandres et les tritons ont des prostates intravestibulaires. Chez les premiers, elles se composent de deux rangées de lames ou des plis qui occupent les parois latérales du vestibule.
Chez les tritons , dont le vestibule est occupé par la verge, ces lames sont portées au dehors, sur la lèvre interne, qu'elles garnissent, et elles ont la forme de petites palmes.
Leur bord libre est traversé par les petits tubes qui le dépassent , après être entrés dans la composition de ces lames et de ces palmes.
Toutes ces prostates pelviennes , abdomino-vestibulaires externe ou interne, se composent de tubes courts formant de petits ccecums, ou longs et repliés , quelquefois divisés ou ramifiés, dont les parois celluleuses sécrètent l'humeur dont ils sont les réservoirs.
La structure de ces prostates est absolument comparable à celle des prostates du hérisson (i).