DES ANIMAUX VERTEBRES, EN GENERAL
et comparée des organes femelles, après celle des organes mâles d'une seule classe.]
Il paraît peu juste, au premier abord, de dire que les organes d'accouplement existent moins généralement dans les femelles que dans les mâles. Cela est vrai cependant: c'est que, dans le petit nombre de Poissons qui s'accouplent, chez les Ché/oniens , les Sauriens et les Ophidiens , parmi les Reptiles, dans tous les Oiseaux, dans Xornithorhynque et Xét - Iiiclné^ le cloaque [ou le vestibule génito-excrémentitiel ] tient lieu de ces organes. Il s'abouche avec celui du mâle, reçoit la verge ou les verges de celui-ci , lorsqu'il en a une ou deux, et la liqueur séminale.
Un très petit nombre de femelles \ parmi tes espèces dont les mâles ont une verge J paraissent être pourvues dun clitoris, le seul organe particulier à l'accouplement qu'elles présentent dans ces trois classes. [J'avais trop restreint, dans la rédaction qu'on vient de lire, la signification des organes d'accouplement ou leur détermination : c'est qu'à l'époque où cette ré^ daction a été faite, l'idée qu'on avait du cloaque était, ainsi que ce nom l'indique, celle d'un égout ou d'un réservoir pour les excréments.
Cette idée était à la fois inexacte et incomplète. La cavité qui est au-devant de l'issue du rectum est sans doute traversée par les fèces alimentaires; mais elle ne leur sert pas de réservoir (1). Cette cavité appartient plus essentiellement aux fonctions génératrices , dont les organes ont généralement leurs communi-
(i) Voir le t. II, p. 335, Je la Philosophie an atomique de M. GeoffYoy- Saint-Hilaire , où cette proposition est démontrée, pour les oiseaux, par l'observation et l'expérience.
196 xxxive leçon, org. d'accouplement des vertébrés. cations au dehors, plus ou moins liées avec celles de la sécrétion de l'urine. C'est pour cela que j'ai changé, depuis plusieurs années , dans mes cours, l'expression de cloaque en celle de vestibule génito-excrémentitiel, parce que j'avais considéré comme les plus essentielles, comme les principales, les fonctions génératrices de ce vestibule , et que je l'avais reconnu existant, même lorsqu'il est séparé de l'issue du rectum 5 et qu'il ne donne plus passage aux fèces alimentaires. Il est encore , dans ce cas , l'issue commune des fèces urinaires et des produits de la génération; et c'est toujours par son intermédiaire, chez les femelles, que la liqueur fécondante du mâle pénètre dans le canal ou dans les canaux qui doivent la porter sur les ovules, toutes les fois que la fécondation doit avoir lieu avant la ponte.
C'est donc essentiellement, pour les femelles, l'organe d'accouplement. Je ne connais qu'une seule exception à cette règle : c'est celle bien singulière que présentent les Chimères, dont les oviductes s'ouvrent immédiatement au dehors, derrière l'orifice du cloaque, qiji n'est plus un vestibule génito-excrémentitiel que chez les mâles.
Chez les Sélaciens seuls, dans la classe des Poissons, avec les Chimères^ ce vestibule est l'aboutissant du rectum. Chez les autres Poissons cartilagineux et dans toute la sous- classe des Osseux , le rectum a son issue en avant de celle des produits de la génération et de l'urine, qui sont ordinairement communes. Chez les vivipares qui doivent se rapprocher pour la fécondation intérieure , cette issue commune est conséquemment celle d'un court vestibule génito-excrémentitiel, dont l'orifice peut servir d'organe d'accouplement.]
SECTION I
DES ORGANES D'ACCOUPLEMENT DANS LA CLASSE DES