‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 57 sur 191 · V. Des muscles propres de la verge · texte numérisé non relu

V. Des muscles propres de la verge

La verge de l'homme n'en a que trois qui sont :

i° Un impair; le bulbo -caverneux , qui recouvre en dessous le bulbe de l'urètre, et dont les fibres partent de chaque côté, d'une ligne médiane, s'avancent obliquement en dehors , et s'attachent au bas du corps caverneux.

2° Les deux autres , les i s chic- caverneux " sont des muscles pairs qui s'élèvent de la îubérosité de l'ischion, sur la racine du corps caverneux qu'ils recouvrent en très grande partie.

Le premier comprime fortement le bulbe de l'urètre , et contribue peut-être de cette manière , à l'érection ; mais son effet principal paraît être de resserrer la portion de ce canal enveloppée par le bulbe, et de servir à en expulser, soit la semence, soit l'urine; delà son nom d'accélérateur.

On a cru que les derniers servaient également à l'érection (î) ; mais ils ne pourraient avoir cet usage

(i) Cette idée vient d'être exposée de nouveau p.ir M. Ki\ui$r, Archives

•2-'»0 WXiV* LEÇÙS. 0&(x. D ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.

qu'en comprimant la partie du. corps caverneux qu'ils recouvrent , pour en chasser le sang vers l'extrémité de la verge, ils ne paraissent avoir aucune action sur la portion libre de la verge, lorsque cet organe n'est pas Oîi érection; dans ce dernier cas, ils doivent, comme le pensait Haller, en la tirant en bas et en arrière, lui faire faire un angle , plus convenable à son introduction dans le vagin.

[On a encore décrit un petit muscle pair aplati, qui descend de l'arcade pubienne sur les côtés de la portion muscnîeuse de l'urètre et va se terminer à nne aponévrose commune à son symétrique. Cette aponévrose qui passe sous la face inférieure du canal de l'urètre , doit le comprimer quand elle est distendue par l'action de ses muscles. Ce sont les constricteurs de l'urètre de Wilson.l

Les muscles ischio-caverneux et bulbo-caverneux existent dans tous les Mammifères Monociel plies et Diclel plies.

Les ischio -caverneux varient dans leur grandeur proportionnelle, [et dans leur liaison plus ou moins directe avec l'ischion et la branche pubienne; cette dernière circonstance doit changer leurs rapports avec les troncs des vaisseaux sanguins de la verge]. Ils nous ont paru, entre autres, extrêmement forts dans le lion ; ils sont beaucoup plus petits, à proportion , dans le chei'al. Ceux de Xèièphant sont formés chacun de quatre portions distinctes. Ce sont eux qui contribuent le plus, dans les Cétacés, à fixer les os du bassin. Us s'attachent à toute leur force interne et inférieure* et

tte J Muller pour 1837, p. 3o et suiv. Nous en parkron* encore à la iii »ie cette description c'e la vppj?» des mammifère».

S2CT. 1. AUT. £. 0/UÏ.AX$S MAUiS y^ ^^aiif^^^ -2^ i

se portent de ïà sur les branches cm corps caverneux.

Les Didelphes sont les seuls, à notre connaissance, où ces muscles secartent de ce type généra] (1). Gela tient à la disposition des branches du corps caverneux qui sont absolument libres dans ces animaux et n'ont aucune adhérence avec les ischions.

Les ischio-caverneux forment, autour de ces branches, un renflement ovale, composé de plusieurs couches épaisses de fibres concentriques, qui les enveloppent jusaue près de leur réunion, et ne tiennent aux ischions que par quelques fibres tendineuses. Leur principal usage semble être, dans ce cas, de comprimer la portion du corps caverneux qu ils entourent, ils peuvent encore , à la vérité , retirer un peu vers l'ischion les branches de ce corps , et donner par là plus de fixité à la veroe.

Le bulbo- caverneux présente un plus grand nombre de différences remarquables. Dans plusieurs cas, sa plus grande épaisseur tient à une difficulté plus .grande que doivent avoir l'urine et la semence à traverser la portion de l'urètre qu'il recouvre. 11 est très épais, entre autres dans le sanglier, où il doit expulser l'un ou l'autre de ces liquides, du profond cul-de-sac qui occupe le bulbe , et par lequel commence la seconde portion de l'urètre.

Son action n'est pas toujours la même , et l'urètre en est quelquefois absolument privé. Aussi ce canal

[iybt. Krause afaitfigurer ceux du hérisson comme s 'attachant à l'ar cadeetà la symphyse du pubis, autant qu'aux ischions, ibid. : pour 1837 » p. 36.

232 xxxiv* leçon, org. d'accouplement des vertébrés.

est-il plus constamment et plus; efficacement contracté par un autre accélérateur, formant, comme nous lavons dij, une couche épaisse de fibres circulaires autour de sa première portion.

Les marmottes , les écureuils et Xichneumon nous ont offert des exemples de la particularité dont nous parions. Le bulbo-caverneux ne sert, dans les deux premiers genres , qu'à faire sortir du cul-de-sac creusé dans le bulbe, l'humeur des glandes de Gowper, que leurs canaux y versent de chaque côté, et son action ne peut se communiquer à l'urètre, qui passe au-dessus du culde-sac. Celui de Yichneumon n'a pas même cet usage. Il forme une enveloppe assez mince, qui recouvre à la fois les deux volumineuses glandes de Gowper, et sert, avec leur muscle propre , à les vider de leur humeur.

Celui du cheval est composé de fibres transversales, sans ligne médiane. 11 ne forme pas une saillie considérable qui se bornerait à retendue du bulbe, mais une simple enveloppe qui s'étend jusqu'au gland.

Ce muscle est double dans plusieurs animaux , tels que X éléphant, le chameau, les rats, proprement dits, le rat-d'eau et tous les Didelphes.

Dans les deux premiers , les bulbo-caverneux recouvrent cependant un seul bulbe, et leurs fibres antérieures vont se fixer au corps caverneux. Presqu'aueune de ces circonstances n a lieu dans les rats, et elles manquent toutes dans les Dide/phes.

Nous avons déjà dit, que dans le surmulot et le rat ordinaire, le bulbe de l'urètre est gros et triangulaire, et que les deux angles dirigés en arrière, présentent un commencement de branches ; que cette même par-

tie est divisée en deux branches distinctes dans le rat d'eau et les Didelphes.

Dans tous ces cas les deux muscles analogues au hulbo-caverneux, n'ont aucune action sur le canal de l'urètre, excepté peut-être un peu dans le premier. Ils sont fort considérables dans les rats proprement dits , où ils recouvrent en dehors chaque angle du bulbe , et s'étendent plus avant sur cette partie. On peut même y distinguer deux portions, dont la première s'attache plus évidemment au corps caverneux. Dans le rat d'eau chacun de ces muscles est composé de fibres transversales, dont quelques unes seulement tiennent au corps caverneux , et dont un plus grand nombre s'attachent au bulbe. On voit que ce ne sont plus guère des bulbo-caverneux.

Ce nom ne leur convient absolument plus dans les Didelphes, chez lesquels ils forment un renflement considérable autour des branches du bulbe de l'urètre, qu'ils enveloppent de plusieurs couches épaisses de fibres concentriques. Leur usage ne peut être, dans ce cas, que de comprimer fortement la partie vascuîaire qu'ils entourent.

En voyant constamment (excepté âa.ns Y ichneumon) le bulbo-caverneux, ou les deux muscles analogues, accompagner le bulbe ou les branches dans lesquelles il se partage, et perdre absolument un des usages que nous lui avons assignés d'abord, celui d'accélérer la marche de l'urine ou de la semence, ne serait-on pas tenté de croire que ce n'est pas là la plus importante de ses fonctions i Mais pourquoi a-t-il plus généralement celle de comprimer ce bulbe ? Contribuerait-il, par cet effet, à l'érection ?

234 \XXjr* LEÇOiS. GAG. ■n'ACGOIii'UÎM.ËNT DES VEi^Tf.BEÉS.

Les muscles précédents ne sont pas lei seuls qui agissent sur la verge des Mammifères ; uu grand nombre d'entre eux en ont un antre, quelquefois à deux ventres, qui a la fonction particulière de relever cet organe. îl se trouve dans les cynocéphales, parmi les Singes , où il est composé ,de deux ventres épais, attachés à l'arcade du pubis, et d'un tendon qui règne sur le dos de îa verge et se confond vers son extrémité avec le corps caverneux. Il existe aussi dans les lièvres , les marmottes, les cabiais , etc. , chez lesquels il contribue à donner à la verge la direction propre à l'accouplement ; on se rappelle qu'elle est tournée en arrière dans tous ces animaux.

On le voit encore dans Y éléphant, où son grand volume est proportionné à celui de îa verge, qu'il doit soutenir et soulever. Il a deux venlres charnus, distincts, fixés aux os pubis, et en partie sur les branches du eorps caverneux qui s'avancent sur le dos de la verge et dont les tendons, très courts, se réunissent bientôt en un seul; celui-ci règne sur le dos de la verge jusqu'à son extrémité, enveloppé, dans ce trajet, par une gaine fibreuse extrêmement forte. Tout est ici calculé d'après le poids de cette énorme verge.

Il est remarquable que ce muscle manque dans le cheval, dont la verge cependant est d'un très graud volume; aussi cet animal a-t-il une grande difficulté pour lui donner la direction propre au coït.

Les ours, le raton et le chien, out un petit muscle dont les fibres charnues partent des branches du corps caverneux, et se réunissent à un tendon moyen qui se fixe à la verge au-dessous du pubis. Dans la guenon cullitriche , où nous l'avons également trouvé, il n'avait

ÏECT. I. ART. i. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 235

pas de tendon moyen , et devait servir à comprimer la veine dorsale.

Enfin, nous avons trouvé, dans les Ruminants, un ischio-bulbeux,qui s'attache à la tubérosité de l'ischion et s'élève obliquement en dedans pour s'attacher au bulbe avec son semblable ; il tire le bulbe en bas et en avant, et contribue un peu , à ce qu'il paraît, à l'allongement de la verge.

VI. Vaisseaux sanguins et nerfs de la verge, et structure intime des tissus érèctiles de cet organe.

A. Des vaisseaux sanguins.

Les artères principales de la verge viennent, dans l'homme, de la honteuse interne ; elles naissent d'une branche de cette artère qui est d'abord couverte par le muscle trausverse du périné, pénètre entre le bulbocaverneux et lischio-caverneux , ensuite entre les branches de l'ischion et du pubis et celles du corps caverneux, donne en chemin deux artères importantes au bulbe de l'urètre; parvient sur le dos de la verge et s'y divise en deux autres branches : lune règne sur cette partie jusqu'au gland, fournit de petits rameaux aux parois externes du corps caverneux, et se îermine en un grand nombre de ramifications qui vont particulièrement au gland et au prépuce, c'est l'artère dorsale de la veroe. L'autre, l'artère caverneuse, pénètre dans le corps caverneux, et s'avance dans l'intérieur de ce corps jusqu'à son extrémité, en diminuant à mesure et en donnant une foule de ramifications.

lies veines de la même partie se réunissent, pour îa plupart, à un seul tronc, celui de la veine dorsale.

236 XXXIVe LEÇON, ORC~. D*ACCOt"?LEMEST DES VERTÉBRÉS.

qui règne sur le dos de la verge et se rend dans le plexus veineux qui enveloppe la prostate et le col de la vessie. Elle a des valvules, comme toutes les veines sujettes à être comprimées.

Quelques autres ramifications des plus superficielles se rendent à la saphène ou à la crurale.

On trouve à cet égard une très grande conformité dans la plupart des mammifères. Les principales artères de la verge ont généralement l'origine qui vient d'être indiquée; celle du corps caverneux y pénètre toujours, dès sa base, par une ou plusieurs branches.

Les veines forment, à la superficie de cet organe, un plexus très compliqué, dont les principales branches se rendent à une et quelquefois à deux veines dorsales, à la saphène ou à la crurale,

B. Des nerfs de la verge.

Leur nombre et leur grandeur sont parfaitement en rapport avec la grande sensibilité de cet organe ; ils forment, entre autres, plusieurs gros cordons sur le dos de la verge, dont les nombreux filets s'entrelacent autour des vaisseaux de cette partie. Ces nerfs tirent leur origine, dans l'homme, du plexus sciatique formé par les quatrième, cinquième paires lombaires, et par les quatre premières paires sacrées.

Ce même plexus fournit des nerfs aux vésicules séminales, à la prostate, en même temps qu'à la vessie urinaire et au rectum.

Ils sont constamment très gros dans tous les mammifères. L'observation la plus remarquable que nous ayons faite sur leur distribution, est qu'ils enveloppent de leurs nombreux filets les veines dorsales de la ver^

£ECT. î. ART. f. ûfi^ANËS MALES DES MAM.MIFÈUES. *237

aussi bien que les artères (i). Gela est extrêmement évident dans X éléphant, et nous paraît un indice certain du rôle que jouent ces nerfs dans l'érection, et de la contractilité qui est propre à tous ces vaisseaux.

G. De la structure intime des tissus èrectiles du pénis des Mammifères et du mécanisme de Vérection de cet organe.

[Le tissu érectiie de la verge et son érection ont été, dans ces derniers temps, le sujet de recherches, d'expériences et de discussions dont nous devons dire ici quelque chose.

Le tissu érectiie du corps caverneux était considéré, avant M. Guvier, « comme composé de cellules ana- » logues à celles du dedans des os, dans lesquelles le » sang devait s'épancher durant l'érection (2). »

M. Cuvier ayant eu l'occasion d'étudier celui de la verge de 1 éléphant r a vu que ces cellules n'existent pas, et que ce tissu se compose essentiellement d'un réseau très compliqué, de vaisseaux sanguins veineux entrelacés de cordons et de filets nerveux, de filets et de lames tendineuses fixés, aux parois de même nature qui composent le fourreau du corps caverneux. Quelques unes de ces lames seraient même en partie musculeuses dans les grands animaux.

Notre ancien texte, que nous avons rédigé d'après un grand nombre d'observations directes, faites avec le plus grand soin, confirmant celles de M. Guvier, sur

(1) J'ai conservé le dessin de cette observation que j'avais eu l'occasion de faire sur îa verge de l'éléphant mort à la ménagerie du Jardin-des- Pl an tes en 1804.

(a) Anatomie de Sabatier, t, 111, p. 55, êdit. in-12. ParÎ3 , T777-

238 XXXIV* LEÇOIS. ob&. d'accouplement des vertèbres. la verge de l'éléphant, était assez explicite, pour que cette doctrine, fondée sur des observations faciles à vérifier, ait pu dès lors entrer dans la science comme une vérité incontestable.

Cependant plusieurs ouvrages élémentaires d'anatomie humaine restèrent encore à cet égard , vingt ans après notre publication, dans l'ancienne manière de voir, oui n'est vrai que pour le tissu érectile qui entoure l'os de la verge dans le chien , et celui des autres mammifères qui en sont pourvus.

J'en excepte AL Lauth , qui reconnaît que le tissu érectile de la verge est essentiellement vascuîaire. Il avait, à la vérité, une idée inexacte de la nature de ce tissu vascuîaire , qui se composerait, d'après cet auteur, des dernières extrémités des artères formant des dilatations qui donneraient naissance aux veines et dans lesquelles le sang s'accumule dans l'érection.

Le tissu érectile est formé, clans le corps caverneux , comme dans le bulbe de l'urètre ou dans le gland, d'un réseau vascuîaire intermédiaire entre les veines et les artères de cet organe, origine des premières terminaison de celle-ci.

11 ne diffère que par son grand développement du réseau capillaire intermédiaire qui lie généralement les dernières ramifications artérielles avec les premières radicales des veines , et semble d'ailleurs plutôt appartenir au système veineux qu'au système artériel.

Suivant M. /. Màllei\ une partie des dernières ramifications de l'artère profonde du corps caverneux, qui versent immédiatement le sang artériel dans ce réseau érectile, seraient contournées en hélice et \&Sr minées. en euls-dc-saes.

SECT. î. AflT. l. &KG&mS MALES DES MAMMIFERES. '239

Ces artères, qui sont très courtes et très petites (il y en a 160 dans un pouce carré), ne pourraient pas, objecte-t-on, produire directement l'érection, mais elles seraient ouvertes dans ie réseau érectile, et faciliteraient le passage du sang dans ce réseau par le diamètre qu'elles conservent, et qui est encore d'un dixième de ligne, et même plus, à leur extrémité; tandis que les communications ordinaires des artères avec les veines sont au moins vingt fois plus petites.

Les artères hélicines sont plus développées, à proportion , chez X homme et les singes , que dans le cheval.

J. Millier n'a pu les découvrir dans X éléphant. Ce physiologiste célèbre, après avoir rendu compte du mémoire de M. Krause, que nous venons de citer, ajoute : 11 est aussi incertain qu'auparavant, si les artères hélicines servent à l'érection comme diverticulum, ou en versant leur sang dans les cellules du pénis. Aux yeux de l'auatomiste, elles sont fermées à leur extrémité.

Au reste, si cette singulière disposition des dernières ramifications artérielles en rapport avec le réseau veineux, est telle que M. Krause Fa décriie, elle doit faciliter l'afflux rapide du sang dans ce réseau , et elle semble faite pour empêcher la résistance que cet afflux pourrait éprouver à mesure que ce réseau s'emplit. Mais il faut encore, pour expliquer l'érection, une cause qui empêche le sang de sortir de ce réseau par les veines qui en naissent, avec autant de rapidité e* d'abondance qu'il v est entré par les artères.

Cette cause ne peut pas être particulière à certgfthéts espèces; elle ne doit pas dépendre de certaine dispo-

240 \>:xive leçok. ose. i> accouplement des vebtebee. . sition organique quelles auraient exclusivement à d'antres espèces. Il faut nécessairement qu'elle soit aussi générale que son effet, Yérection, ou du moins que l'existence du réseau vasculaire érectile.

L'afflux rapide du sang artériel dans les réseaux vasculaires de la verge, par les passions, l'imagination chez l'homme , par la vue d'une femelle en rut chez les animaux, par les odeurs qui s'exhalent de ses parties génitales ou autres, doit avoir pour cause l'action nerveuse, Faction d'un fluide impondérable.

C'est encore à cette action qu'il faut, selon nous, attribuer la disproportion entre l'entrée et la sortie du sang dans les réseaux érectiies; soit qu'il se produise une contraction dans les vaisseaux efférents qui ralentit la sortie du sang , soit que ce fluide se meuve lentement dans les détours de ces réservoirs compliqués.

Nous rangerons, parmi les dispositions particulières, douteuses, pour le rôle qu'elles joueraient dans l'érection, celle des isehio-caverneux, dont l'aponévrose commune, liée chez l'homme et chez plusieurs mammimifères au fascia du pénis, comprimerait, suivant M. Krause, les veines dorsales de la verge; tandis que la liaison au bulbo-caverneux avec le même fascia arrêterait, du côté inférieur, le sang qui revient du tissu caverneux de l'urètre (i).]

(i) Voir sur la structure de la verge des mammifères, et plus particulièrement du tissu caverneux, les mémoires suivants :

i° La découverte des âttêrés qui produisent l'érection dans le pénis de riiomme et des animaux, par J. Miiiier. Archives dû 1 835, p, 202 pi. III.

20 Les mélanges d'observations sur le Pénis et ie ti^su caverneux de l'homme et ides mammifères, par -M. Krause , aé Hanovre. Archives ds

SECT. I. ART. 1. ORGANES MALES Î)ES MAMMIFERES. 24 î

VIL Du canal de ï urètre et de la verge des Monotremes.

[Nous croyons devoir faire connaître, dans un article séparé, la verge des Monotrèmes, parce qu'elle présente une composition particulière qui ne la rend propre qu'à la copulation , sans plus servir à l'écoulement des urines. Elie se compose essentiellement d'un corps caverneux et d'un canal séminal, qui reçoit: la semence par l'intermédiaire de la portion musculeuse ou pelvienne du canal de l'urètre; la seconde portion, ou la vascuîaire, manquant chez ces animaux , la première verse l'urine dans le cloaque, et fait passer la semence qu'elle a reçue des déférents, dans un canal qui n'a pas d'autre usage.]

Nous avons décrit, dans la leçon précédente, les testicules de ces singuliers Mammifères, et nous avons suivi leurs canaux déférents jusqu'au commencement de l'urètre, dans lequel ils se terminent , comme dans tous les animaux de cette classe. Ce dernier canal est composé seulement d'une portion musculeuse, renfermée dans le bassin , et manque , ainsi que nous venons de le dire, de celle que nous appelons vascuîaire. 11 parcourt une étendue de o,o4 mètre environ, depuis la vessie jusqu'au cloaque, collé à la face inférieure

.1. Miiller pour i837, p. 3oetpl. III; et le compte-rendu de ce travail archives de i838, pi, CXI.

3° Le Mémoire de Valentin , mêmes Archives, p. i8i-2?.4, sur la marche des vaisseaux sanguins dans le pénis de l'homme, et le Répertoriant du même auteur pour 1 83g.

4° Et le nouveau travail de J. Millier, même apnée, p. 224 à 296, et pi. V.

■?A'I XXXIVe LEÇOiN. ORG. d'ACGOUPLEMEIST DES VERTÉBRÉS.

du rectum, enveloppé avec ce dernier par un muscle constricteur commun, et se termine par un cul-de-sac. Une couche de fibres musculaires, très épaisse dans toute son étendue, mais particulièrement autour du culde-sac, renforce ses parois. A très peu de distance de celui-ci, le canal de l'urètre fait un coude vers le haut , pour s'ouvrir par une étroite embouchure dans l'intérieur du cloaque. Telle est l'unique voie par laquelle l'urine sort de ce canal. [Mais, dans ce môme cul-de-sac de Furètre, se trouve l'embouchure d'un petit canal séminal, qui gagne immédiatement la ligne médiane de la face inférieure de la verge et se porte jusqu'aux glands.

Chacun de ceux-ci est traversé par un canal conique, en forme d'entonnoir, dont le petit bout se continue avec Je canal séminal du corps de la verge, et dont le gros bout répond aux épines creuses qui hérissent la surface de chaque gland.

L'urine est lancée dans le cloaque , et la semence à travers les voies compliquées que nous venons de décrire] par la contraction des parois muscuieuses de l'urètre , aidée encore par le constricteur commun de ce dernier et du rectum.

La verge est retirée, pendant son état de relâchement, dans une poche particulière [anfractuosité du vestibule génito-excrémentitiel] ; elle sort, lors de l'érection , par un orifice situé à la paroi inférieure de ce vestibule, au-dessous de celui de Turine.

Cette verge est courte, à peu près cylindrique, et terminée par quatre glands arrondis. Leur somme! présente une légère fosse, qui s'efface sans doute pendant l'érection. La peau de ces glandes est hérissée de

papilles [et armée d'une couronne d'épines creuses, par l'extrémité desquelles sort la semence.] Cette verge n'a qu'un corps caverneux, composé, comme à l'ordinaire, d'un réseau de vaisseaux sanguins , plus fin et plus serré dans les lobes qui répondent au gland , et contenu dans une gaine tendineuse. Sa peau est une continuation de celle qui tapisse l'intérieurdu cloaque. Elle lui est fortement adhérente dans toute la partie où elle recouvre immédiatement le corps caverneux , et n'y tient que faiblement dans celle qui recouvre le muscle rétracteur.

Ce dernier est un ruban épais, dont les fibres nous ont paru en rapport avec celles du constricteur commun du rectum et du cloaque, il s'étend le long de la face inférieure de la verge jusque vers son extrémité où il se fixe , et sert évidemment à la retirer dans sa poche, lorsque l'érection, jointe à la compression du constricteur du cloaque, l'en a fait sortir.

La verge deXornilhorhijnqueiie diflère de celle de Xéchidnè que par le nombre des mamelons qui terminent le gland , dont il n'y a que deux dans le premier (i).

VIÏÎ. Glandes prépuciales qui versent [humeur quelles séparent autour du gland ou dans la poche que forme Le prépuce.

Plusieurs sortes de glandes séparent une matière

(i) Voir notre Mémoire sur les organes Je la génération de l'ornitho- «hynque et cîe l'échidné , inséré parmi ceux de la Société d'histoire naturelle dé Strasbourg , t. ï, et la Monographie de Mek*t de Ornitlu\rhynr.ki pnr&doxi anatomia.

'244 XXXIVe LEÇON. OEG. D' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.

odorante qui enduit le prépuce de ia verge ou du clitoris, et la surface du gland de ces deux organes. Les unes sont desimpies follicules contenus dans l'épaisseur du prépuce, et séparant une humeur sébacée : ce sont celles que l'on rencontre le plus généralement; d'autres sont de véritables glandes conglomérées , formées d un amas de lobes et de lobules, et ayant un seul canal excréteur qui s'ouvre dans le prépuce, sur les côtés du gland de la verge ou du clitoris. On en trouve de semblables dans plusieurs genres de Rongeurs, tels que les rats proprement dits , les campagnols , les hamsters, qui en ont de très grandes, ovales, aplaties et situées immédiatement sous la peau du bas-ventre, de chaque côté de la verge ou du clitoris.

[La poche ombilicale ou plutôt prépuciale du musc (mosc/ius mosciferus) est un réservoir glanduleux qui appartient à la même catégorie des glandes de l'appareil générateur.]

Elle est parfaitement semblable, pour la structure , aux poches du castor. P allas est Fauteur qui nous en a donné la meilleure description. Sa forme est ovale ; située sous la peau du bas-ventre, elle est creusée endessous d'un sillon dans lequel la verge s'avance. Ses parois sont minces et seulement membraneuses en apparence. La membrane qui les revêt intérieurement présente un grand nombre de rides irrégulières. Son orifice est petit et percé au-devant du prépuce. La membrane qui le borde contient quelques follicules qui séparent une humeur sébacée. Enfin . sous cette poche, entre elle et la peau extérieure, se trouve une substance d'apparence glanduleuse. Elle reçoit ses artères des iliaques (probablement de l'épigastrique).

On ne la trouve remplie de musc que dans l'animal adulte: elle est vide chez les jeunes et manque dans les femelles.

Une espèce d'antilope (ant. gutturosa) présente, suivant le même auteur, une- semblable bourse membraneuse, dans laquelle il n'a trouvé aucune matière.

Ce sont des glandes analogues qui , dans le castor , fournissent le castoréum. Salles forment deux glandesmasses, une de chaque côté , en avant du prépuce. Ces masses sont composées d'une agglomération de petits lobes glanduleux qui versent l'humeur qu'ils séparent dans une cavité centrale , dont l'issue unique se voit de chaque côté de la poche du prépuce.

[Il ne faut pas confondre les glandes prépuciaîes du castor, avec deux grandes vessies pyriformes, collées l'une à l'autre au-dessus des premières. Leurs parois sont minces et membraneuses, enveloppées extérieurement de graisse et parle peaucier, et présentent intérieurement de larges plis irréguliers, formés par la membrane interne. Ces vessies s'ouvrent de chaque côté de l'anus par un seul orifice. Elles contiennent une matière grisâtre; tandis que celle que séparent les glandes prépuciaîes est jaune, onctueuse et très combustible; c'est, en un mot, le castoréum.

On peut regarder comme très analogues aux glandes du prépuce, les glandes inguinales des lièvres proprement dits , et qui manquent dans les lagomys. Ces glandes sont ovales, longues de six millimètres et larges de trois; elles versent leur humeur, par un orifice unique , dans une petite aréole semilunaire dénuée de poils, qui se voit de chaque côté du prépuce

246 XXX.lt' LEÇON. ORG-. D' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.

de la verge du mâle ou du clitoris de la femelle. Cette humeur est jaunâtre et très puante.

ARTICLE II

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