‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 66 sur 191 · SICT. II. ART. II. VERGE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

SICT. II. ART. II. VERGE DES OISEAUX

terminale s'introduit successivement dans le cylindre creux que forme la partie basilaire déjà déroulée et retournée, et se retourne à son tour, de manière que sa face interne, dans l'état de repos, devient extérieure. La plupart des plis et des cannelures sont beaucoup moins prononcés, lorsque la verge a été poussée en dehors; ils empêchent cet organe de s'étendre eu ligne droite, à cause de leur direction oblique, et l'obligent de se contourner en tire-bouchon. Cela devait être ainsi. Gomment le canard mâle aurait-il pu faire entrer, dans le cloaque de la femelle , une verge longue de quatre à cinq pouces? Car telle est sa longueur lorsqu'elle est étendue en ligne droite. Les plus fortes de ces rides se voient sur deux rebords qui interceptent un sillon assez profond, creusé dans toute Tétendue de la verge, et au commencement duquel les canaux déférents versent la semence.

Cet organe est donc un cylindre creux, composé de deux fourreaux, dont l'un, extérieur ou basilaire, très ridé, est une sorte de ressort très élastique , et dont l'autre, terminal, a des parois plus épaisses, un peu plus glanduleuses, jouit d'une élasticité également remarquable, et forme proprement le corps de la verge. Nous l'avons trouvé rempli d'une humeur glaireuse, épaisse et filante.

Mais par quel mécanisme ce singulier organe sortil du cloaque? Gomment ces deux canaux, qui n'en forment qu'un seul continu , hors du temps de l'érection , s'introduisent-ils l'un dans l'autre? Et quelle est la force qui les fait rentrer dans leur premier état, après l'accouplement? Leur grande élasticité suffit presque seule à ce dernier effet. Un muscle grêle, S. 18

274 XXXIVe LEÇON. ORG. D* ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.

formant un ruban mince, fixé du côté gauche dans l'intérieur du bassin, qui descend de là vers la poche de la verge, et dont les fibres semblent se rendre en partie vers le cylindre intérieur de cette dernière, y contribue sans doute un peu. Doit-on regarder comme servant encore à cet usage un autre muscle grêle, qui embrasse en dessous la base de la verge, se glisse de chaque côté en dedans des deux renflements musculeux que nous allons décrire, en montant obliquement en avant, et parvient sur la queue? Ou plutôt ce muscle empêcherait-il la verge de rentrer en serrant de bas en haut l'orifice par lequel elle est passée?

Deux muscles extrêmement forts l'expulsent au dehors. Ils forment deux renflements ovales, très épais, dont les faisceaux sont concentriques et vont de haut en bas, qui sont réunis supérieurement et du côté inférieur par leurs extrémités , et qui embrassent celle du rectum ainsi que le cloaque, par une face concave où leurs faisceaux forment des colonnes distinctes. Ils recouvrent immédiatement, par cette face, un petit corps de substance rouge, très délicate, qui tient à cette dernière par un grand nombre de filaments fibreux, et n'est, à ce qu'il paraît, qu'un lacis extrêmement fin de vaisseaux sanguins. Lorsque ces muscles se contractent , ils doivent serrer la verge avec force , et l'obliger de se dérouler au dehors, comme elle le fait lorsque ion serre le cloaque avec les doigts. Son organisation , qui n'est pas vasculaire, la rend incapable dune véritable érection.

Elle reçoit cependant plus de sang, pour l'instant du coït , soit par l'irritation que produit la présence de la femelle , soit par la compression du corps vasculaire

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