‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 7 sur 191 · EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

EN PARTICULIER

Les quatrième , cinquième, sixième et septième volumes de cet ouvrage nous ont fait connaître tous les moyens que la nature emploie pour maintenir individuellement chaque animal dans l'état convenable, pendant le temps assigné pour la durée de sa vie. Nous y avons vu comment il prend ses aliments audehors; comment il les prépare pour en extraire son fluide nourricier; comment ce fluide nourricier est transporté dans toutes les parties qu'il doit nourrir, et comment, avant d'intercaler ses molécules aux leurs, il est soumis àlaction nécessaire de 1 élément ambiant, seule capable de lui donner sa perfection définitive. Mais cette série de décompositions et de rétahlisse- 8. 1

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ments amène à la longue la cessation de tout mouvement clans la machine animale, la mort de l'individu.

Nous avons à examiner à présent la fonction qui entretient l'espèce , en employant une portion de la vie de chaque individu , pendant quelle est à son plus haut période , à en développer d'autres qui le remplaceront un jour.

La génération est le plus grand mystère que nous offre l'économie des corps vivants , et l'on peut dire que sa nature intime est encore couverte des ténèbres les plus absolues. Aucune observation directe ne nous autorise à admettre la formation d'un corps vivant de toutes pièces , c'est-à- dire pour la réunion de molécules rapprochées subitement. La comparaison que l'on a voulu faire de la génération avec la cristallisation n'est nullement fondée sur une véritable analogie; les cristaux sont formés de molécules similaires qui s'attirent indistinctement , et se collent les unes aux autres parleurs faces, lesquelles déterminent l'ordre de leurs rangées. Les corps vivants se composent d'une multitude de fibres ou de lamelles, hétérogènes dans leur composition , diversifiées dans leur configuration, et dont chacune a sa place marquée; ne pouvant être que dans un lieu, et entre d'autres fibres ou lamelles déterminées. De plus, dès l'instant où les corps vivants existent, quelque petits qu'ils soient encore, ils ont toutes leurs parties ( 1) ; ce n'est point par l'addition

(i) Cette proposition est peut-être trop absolue; il y a , dans la formation de l'embryon, une apparition successive des systèmes d'organes, des appareils et des organes, qui semble contraire à l'existence simultanée de toutes les parties dont chaque organisme individuel se compose

de nouvelles couches qu'ils croissent, mais par le développement, tantôt uniforme, tantôt inégal, de parties toutes préexistantes à tout accroissement sensible.

La seule circonstance commune à toute génération, et par conséquent la seule essentielle, c'est que chaque corps vivant tient, dans les premiers instants où il commence à être visible, à un corps plus grand, de même espèce que lui, vdont il fait partie , et parles sucs duquel il se nourrit pendant un certain temps; c'est sa séparation de ce corps plus grand qui constitue la naissance; mais cette naissance peut être le simple résultat de la vie du grand corps et du développement du petit qui en est la suite , sans qu'il y ait besoin d'aucune action particulière et occasionnelle.

Ainsi , dans son essence , la génération n'est encore, dans ce que nous en voyons, que l'apparition d'un petit corps organisé, sur ou dans quelque partie d'un autre corps organisé plus grand , dont il se séparera au bout d'un certain temps , pour avoir une existence propre et isolée.

Tous les actes ou organes qu'on voit d'ailleurs coopérer à la génération, dans certaines classes, ne sont qu'accessoires à cette fonction.

La génération , ainsi réduite à sa simplicité essentielle, est ce qu'on appelle génération gemmipare ou par bourgeon; c'est ainsi qu'il vient sur les arbres des bourgeons qui se développent en branches, et dont on peut faire d'autres arbres par l'opération de la bouture.

définitivement. On pourrait répondre, à la vérité, que leur première apparition n'est qu'un développement de leur germe , déjà existant, et ne coïncide pas avec le premier instant de sa formation. D.

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