REPTILES
ARTICLE I
ORCxANES MALES d' ACCOUPLEMENT.
[Ces organes peuvent se composer, dans cette classe :
i°Du cloaque ou du vestibule génito-excrémentitiel;
q° D'une ou de deux verges;
3° D'organes accessoires distincts de ceux proprement dits de la génération.]
I. Du vestibule gènito-excrémentitiel chez les mâles des Reptiles.
[Le vestibule génito-excrémentitiel est l'aboutissant, chez les mâles, des canaux déférents. C'est dans ce vestibule que leurs orifices sont en rapport avec la verge unique, ou avec les deux verges, quand elles existent. Il reçoit les fèces alimentaires du rectum, et les fèces urinaires de la vessie, leur réservoir, ou des uretères, quand ce réservoir manque.
Tontes ces circonstances peuvent varier chez les Reptiles propres et les Reptiles amphibies ; chez les premiers, suivant qu'il y a une ou deux verges, et chez les derniers, suivant que cet organe exisie ou qu'ils en sont dépourvus, ce qui est le cas le plus général.]
A. Dans la, Sous-classe des Reptiles propres.
[i° Le cloaque chez les Reptiles propres , à une seule
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verge , la renferme entièrement dans l'instant de repos : c'est ce qui a lieu chez les Chéloniens et les Crocodiliens.
L'issue de ce vestibule n'est jamais transversale , mais longitudinale, ou ovale, ou circulaire.
Dans la grande tortue de terre , nous avons trouvé cette cavité divisée en deux parties : l'une antérieure , cylindrique, dans laquelle le rectum se termine , et dont la muqueuse est plissée en long et revêtue de deux couches de faisceaux musculeux, ayant dans l'externe une direction longitudinale , et transversale ou circulaire dans l'interne.
Cette première partie est limitée , en avant et en arrière , par un bourrelet saillant en dedans, produit par ces faisceaux de fibres circulaires formant deux sphincters.
La seconde partie , la plus intérieure du vestibule génito-excrémentitiel , a des parois beaucoup plus minces. Les plis longitudinaux de la muqueuse de la première partie s'y terminent promptement , sauf le pli médian qui se déploie autour de l'orifice de l'urètre , en forme de deux larges lèvres; celles-ci se prolongent comme deux replis sur la ligne médiane dorsale de la verge, en faisant moins de saillie, à mesure que la rainure qu'ils bordent devient plus profonde.
Les orifices des canaux déférents se voient plus haut que celui de la vessie urinaire. C'est dans cette seconde partie que la verge est repliée dans l'état de repos.
Chez Jes Crocodiliens , le cloaque des mâles a les mêmes rapports et les mêmes usages; il est, de plus, percé , de chaque côté de la paroi d'où sort la verge ,
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on de chaque côté de celle-ci, suivant les espèces, par les orifices des canaux péritonéaux.
Il est encore l'aboutissant des canaux excréteurs des deux glandes spermagènes, décrites dans le précédent article sur les organes préparateurs de la semence.
Dans un très jeune caïman [alligator sclerops) j'ai trouvé ce vestibule génito-excrémentitiel divisé en trois chambres distinctes. L'antérieure reçoit le rectum; elle communique par un canal étroit , inférieur, et par des plis longitudinaux, dans la chambre moyenne. Celle-ci est supérieure et profonde de ce côté; un repli transversal inférieur la sépare de la troisième. Le bord libre de ce repli est dentelé par des plis longitudinaux qui y aboutissent. C'est cette troisième chambre qui renferme la verge ; tandis que la seconde reçoit les canaux déférents , les uretères et la vessie urinaire.
La cannelure du dos delà verge est limitée par deux plis qui se prolongent dans la chambre moyenne, pour la mettre en rapport avec les embouchures des canaux déférents.
2° Chez les Reptiles propres qui ont deux verges , les Sauriens moins les Crocodiliens , et chez les Ophidiens , le vestibule ne les renferme pas; elles ont seulement leur issue en dedans des commissures latérales de son orifice. Mais cette issue du cloaque, ou cette entrée, si Ion veut, forme toujours chez ces animaux mâles et femelles une fente transversale bordée de deux lèvres, dont la postérieure est plus ou moins mobile. Cette fente transversale a une disposition et des dimensions parfaitement convenables pour la sortie de ces verges chez les mâles et leur introduction dans le cloaque chez les femelles.
C'est la lèvre postérieure, plus ou moins résistante, de cette ouverture qui porte les fèces urinaires ductiles, chez ces animaux, par un plan incliné, vers lune ou l'autre commissure de cette fente, et les contourne en spirale (1).
Cette lèvre renferme dans son épaisseur, chez les maies, une série d'orifices qui sont la terminaison des canaux excréteurs d'autant de petites glandes qui répondent à certaines glandes anales des mammifères carnassiers et autres. Il en sort de même une humeur épaisse comme une pommade.
On trouve souvent, soit en avant, soit en arrière de cette issue du cloaque, en rapport avec 1 une ou l'autre lèvre, des séries d'orifices cutanés de cryptes, sortes de glandes anales qui paraissent en rapport avec les fonctions de la génération.
Les glandes crurales, ou des pores glanduleux analogues, rapprochés de l'orifice du cloaque, qui distinguent presque tous les Lacertiens , beaucoup d'Iguaniens et d'autres Sauriens, se développent beaucoup chez les mâles , au temps des amours (1 ).
Cette circonstance me porte à les classer parmi les glandes accessoires de l'appareil de génération.
Le Lipide iépidope, le typhlops lumbricalis(pk) les ont en avant. Elles sont en arrière dans Yérix turc (3), etc. Les Lacertiens , les Iguaniens les ont en série et près de la face interne du fémur (4).
(i) Voir le t. VII, p. 555, de cet ouvrage. (2) Voir nos planches XXII bis, et XXV du Règne animal, vol. des Reptiles. (3) Ibid., pi. XXVII. (4) De amphibiorum quommdam papillis glanduiisque femoralibus scripsit C. S. Meisner. Basileae, i832. L'auteur nie qu'il en sorte une humeur visqueuse, ainsi que l'exprime l'ancien texte des leçons, t. II,
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Le vestibule génito-urinaire des Sauriens propres et des Ophidiens est d'ailleurs une cavité plus ou moins profonde , revêtue de la peau , qui se replie du dehors à travers son orifice, pour la tapisser, et qui y subit un commencement de transformation en membrane muqueuse.
L'embouchure du dernier boyau s'y voit dans la partie la plus avancée. Celle de la vessie urinaire, quand elle existe, est toujours plus en arrière et en bas.
C'est vis-à-vis, mais à la paroi supérieure, que sont les orifices des uretères, et plus en dehors ceux des déférents , qui s'ouvrent dans un sillon du cloaque maintenu en rapport avec celui qui commence à la base dorsale de la verge et qui règne jusqu'à son extrémité.]
B. Dans la Sous-classe des Reptiles amphibies.
[1 ° Parmi les Reptiles amphibies , les Ophidio-batraciens ou les cécilies ont un cloaque qui se distingue chez les mâles par son étendue et parce qu'il renferme de singuliers organes de copulation que nous décrirons dans le paragraphe suivant. ïl est d'ailleurs l'aboutissant de leurs canaux déférents , de leur vessie urinaire et du rectum.
Q° Le cloaque des Batraciens anoures est entouré de fibres musculaires obliques. Sa cavité ne se distingue pas de celle du rectum et n'en paraît qu'un dévelop-
p. 5y5, reproduit t. III, p. 6i3 de la présente édition. Il ajoute que cela est plus que probable, mais qu'il n'a pu se convaincre de ce fait, malfjrr les recherches les plus multipliées.
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peinent. Sa paroi inférieure montre l'orifice extrêmement large de la vessie urinaire. Ceux des uretères séminaux sont vis-à-vis à la paroi supérieure, dans un repli membraneux saillant qui renferme les deux papilles dans lesquelles ils se terminent.
3° Chez les Batraciens urodèles , le vestibule génito-excrémentitiel présente des différences remarquables , suivant les sexes et les genres.
Chez les mâles comme chez les femelles, ii nous paraît essentiellement organisé pour le rapprochement des sexes et la fécondation intérieure, quoique ce rapprochement et cette fécondation soient contestés, sinon pour les salamandres, où M. de Schreibers la constaté dans la salamandre noire , du moins pour les tritons.
Ce vestibule fait une saillie ovale ou sphérique, sous l'origine de la queue, immédiatement en arrière du bassin. Sa cavité débouche au dehors par une fente médiane longitudinale, bordée de deux lèvres rentrantes , colorées comme la peau , lisses ou hérissées de tubercules ou de papilles , siège probable dune grande sensibilité. 11 existe d'ailleurs des différences remarquables dans les dimensions de ce vestibule, et sa composition organique, suivant les genres, les espèces et les sexes, l'époque du rut ou hors de cette époque.
Les deux lèvres qui bordent l'entrée du vestibule , que nous désignerons encore sous le nom de vulve, sont parfaitement lisses et non papilleuses chez les mâles de la salamandre commune. En les écartant , on aperçoit, de chaque côté, comme une lèvre intérieure. C'est un repli oblique dont le bord interne paraît divisé , parce qu'il est l'aboutissant d'une série d'environ
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quatorze lames qui garnissent, plus en dedans, ies parois du vestibule. Ces lames sont dirigées verticalement du plafond de cette cavité vers son issue; elles sont pressées les unes vers les autres, comme les feuillets d'un livre, et composées de tubes qui paraissent comme des franges, à leur bord libre et inférieur. C'est un appareil glanduleux que nous avons distingué sous le nom de prostate intra-vestibulaire (1).
La voûte du vestibule est lisse et forme, dans la ligne médiane, un angle rentrant qui se continue jusqu'à la commissure postérieure des lèvres qui bordent son issue. Cette disposition semble devoir servir à la direction des fèces alimentaires. La même partie lisse envahit, en arrière, toute la paroi du vestibule, et se trouve limitée par un pli qui recouvre comme une valvule une fosse dans laquelle ces lames prostatiques sont libres. Ce pli, qui se continue jusqu'à la partie la plus avancée du vestibule, sépare l'orifice du rectum, qui se voit en dedans et en avant, de l'orifice des déférents, qui est en dehors et plus en arrière, dans une fossette couverte d'une papille. Par cette disposition, la semence se trouve immédiatement mélangée, en premier lieu, avec l'humeur des prostates intra-vestibulaires, et, plus en arrière, avec celle des autres prostates , dont les canaux excréteurs s'ouvrent , ainsi que nous l'avons dit (p. 179)7 dans la ligne médiane de la partie la pins reculée du vestibule , par une double série d'orifices.
Celui du tronc unique des uretères d'un même côté est un peu pins eu avant que l'orifice du déférent et plus rapproché de l'embouchure de la vessie uriuaire,
(1) Pag, 179 de ce volume.
avec laquelle il communique par une petite rainure.
Dans la Salamandre noire, les lames prostatiques sont pius nombreuses et non frangées à leur bord ; elles tiennent entre elles par des plis transverses qui partatagent leurs intervalles en petites cellules.
Les lèvres sont d'ailleurs lisses et sans papilles, comme dans la salamandre commune.
Chez les tritons, la peau qui recouvre le vestibule est généralement très inégale et hérissée de tubercules et de papilles, beaucoup plus apparents à l'époque du rut et plus développés chez les femelles que chez les mâles, quoique la saillie qui forme le vestibule soit beaucoup plus considérable chez ces derniers.
Un peu en dedans de la commissure postérieure, se voit un groupe de longues papilles grêles, qui sont implantées dans une rainure de cette partie»
Les parois de ce vestibule, dans le même genre, sont d'ailleurs formées principalement par une calotte glauduleuse , que nous avons décrite sous le nom de prostate vestibulaire.
L'appareil lamelleux prostatique qui garnit les parois du cloaque des salamandres est porté, chez les tritons mâles, à l'extérieur de la vulve, sans doute par suite de la présence de la verge, et forme, de chaque côté , une série de palmes attachées à une sorte de lèvre intérieure.
Chez les tritons, il faut distinguer le cloaque en deux parties, l'une supérieure, où se termine le rectum, et dans laquelle aboutissent les canaux déférents et les canaux urinaires, à la paroi supérieure, et sous le rectum la vessie urinaire; et l'autre, inférieure, dans laquelle se voit le pénis de ces animaux.]