II. Dans la Sous-classe des Entomos tracés
[Cette sous-classe ne paraît pas avoir les sexes séparés, dans tous les genres qui la composent; mais toutes les espèces observées ont, au moins, un ovaire intérieur, souvent deux, situés de chaque côté du canal alimentaire près de la face dorsale du corps. Cet ovaire, dans lequel se développent les ovules, communique le plus souvent avec une poche qui est distincte de la
(î) Mémoire inédit stir ïes CrtiSface's de la famille dés C!oporti<les qui habitent les environs de Strasbourg, par M. Lereboultet.
352 XX XVe LEÇOiX. OK(t. DE GÉKÉIIATIOH DES ARTICULÉ?.
cavité abdominale, attenant au corps entre le test et le dos, ou avec deux poches séparées, suspendues extérieurement à l'un des articles de l'abdomen. C'est dans ces poches incnbatrices que se développent les germes.
Nous commencerons la description de ces organes par le sous-ordre des Phyllopes , de l'ordre des Brancliiopodes , et nous prendrons pour type de ce sousordre Xapus cancriformis . C'est dans la cavité viscérale que sont situés ses ovaires, de chaque côté du canal alimentaire. Ils s'étendent du premier anneau au vingthuitième, et communiquent dans la capsule ovarienne de la onzième paire d'appendices natateurs, transformée en poche incubatrice (1).
Les limnadies ont leurs ovaires sur les côtés du canal intestinal, étendus depuis la base de la première paire de pieds jusqu'à la dix-huitième. La poche d'incubation , dans laquelle passent les œufs mûrs , est située entre le dos et le test, où pénètre le filet externe des onzième, douzième et treizième paires de p 3cîs auxquels ces œufs s'attachent (2).
Les ovaires des Branchipes, situés de même dans la cavité viscérale , communiquent avec une poche ovifère qui se voit sous la base de la queue.
Chez les daphnies, de Tordre des Lophiropes et de la famille de Cladocères, les ovaires sont deux sacs
(1) Voir Zadduch , De apodis cancriformis anatorae et historia cvolutionis. Bonnae, 1841. (2) Voir le Règne animal de Cuvier, classe des Crustacés, pi. LXXIV, fig. 1 , a , h.
allongés qui s'étendent de chaque côté de l'abdomen, depuis le premier segment jusqu'au sixième.
Ils s'ouvrent sur le dos de l'animal , dans un espace vide , entre le corps et les valves de la coquille , sorte de poche d'incubation, où doit en même temps se faire la fécondation , sans doute par l'intermédiaire de l'eau (1).
Chez lès Ci/pris , les ovaires sont deux grands sacs coniques repliés sur eux-mêmes, dont le sommet ne renferme que des ovules très peu développés. Et la base se prolonge hors du corps entre le test et la membrane qui le double, jusqu'au bord inférieur de ce test. Cette seconde partie peut être considérée comme une poche extérieure, clans laquelle les œufs sont probablement fécondés , et où ils éprouvent un commencement d'incubation, avant la ponte (2).
Dans l'ordre des Sypho nos tomes, nous indiquerons, en premier lieu, l'ovaire de Y argule foliacée, qui est situé dans l'abdomen au-dessus du canal alimentaire, et Toviducte droit et court, ayant son issue à l'extrémité du corps, contre les dernières pattes natatoires (3).
Les autres Syphonostomes , les caliges , les cecrops , les dichestèlions , les nicothoës et l'ordre des Lernéides paraissent différer entre eux, plutôt par la forme et la position des poches ovifères extérieures, qui existent chez toutes les femelles, que par leurs ovaires, encore peu étudiés à la vérité.]
(1) Mémoires du Muséum, t. V, pi. XXIX, fig. 1-20. (*a) Sur les Cypris, par M. Strauss. (Mémoires du Muséum,t. VII , pi. I , fig. 4 il 5.3.) Mémoire de Jurine tils. Annales du Muséum , t, Vil, pi. XXVI.
354 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULES.
E. Dans la Classe des Cirrhopodes .
[Il n'y a qu'un organe producteur des ovules.
Dans la famille des Anatifes, l'ovaire est situé à l'origine du pied, c'est-à-dire à l'endroit où celui-ci tient au corps. Il pénètre et descend dans sa cavité lubuleuse . dans une longueur de quelques millimètres, quelquefois de plus d'un centimètre (1).
Cet organe se compose de lobules formés d'une réunion de petits cœcums, à parois extrêmement minces et transparentes, dans lesquels on découvre au microscope, des corps opaques qui sont les ovules. Nous avons observé , dans l'axe de cet ovaire , qui est lui-même cylindrique, comme le canal du pied dont il remplit la première partie, un tube membraneux dont l'extrémité inférieure, terminée en cul-de-sac, répond à la partie la plus basse de l'ovaire , et dont l'origine élargie se voit à la face supérieure de cet organe. Cette espèce d'entonnoir a même ses parois composées d'une double membrane transparente, déliée et cependant résistante.
Il me semble établir une communication directe entre le fluide ambiant et le centre de l'ovaire.
La cavité proprement dite de l'ovaire s'ouvre dans les replis du manteau, qui reçoivent les œufs, après qu'ils sont parvenus à leur complète maturité.
Quelle est la voie précise que suivent les œufs pour passer de l'ovaire dans les poches du manteau?
(j) C'est à M. Martin Saint-Ange que l'on doit d'avoir bien détermine l'ovaire et précisé sa place. Mémoire sur l'organisation des Cirripècles. Paris, i835.
On la décrite comme une fente qui s'ouvre dans la cavité dorsale et postérieure de ce dernier, et qui est l'issue d'un oviducte court, établissant la communication entre l'ovaire et la cavité d'incubation.
Dans les Otions , nous avons trouvé deux oviductes aboutissant chacun dans un repli latéral du manteau, adhérant à l'enveloppe coriace qui remplace la coquille des anatifes propres.
Nous regardons comme l'ovaire, dans la famille des Baleines, un sac de forme variée, situé hors de la cavité viscérale, en avant des branchies.
Ce sac était considérable dans une grande espèce du Chili (1) et renfermait une quantité innombrable de granulations sphériques,de différentes grandeurs, qui étaient probablement des œufs peu développés. Les côtés de cette poche se continuaient dans des appendices digités qui en garnissaient le pourtour, mais dont les parois étaient plus épaisses et comme recouvertes extérieurement d'un épidémie écailleux. Leur cavité était une simple anfractuosité du sac principal, et renfermait des granules de même forme.]
F. Dans les Annêlieles.
§ i. Les Annélides Tubicoles et Dorsibranches,
[A l'époque du frai, la cavité abdominale des Annélides de ces deux Ordres, se remplit, chez certains individus, do granulations spermafiques, et chez d'autres, d ovules; ce qui a été constaté dans un certain nombre
(i) Balanus tintinahulum Lam.
d'espèces, et consequemment la séparation des sexes (1). Aussi, M. Cuvier avait-il déjà imprimé en i8o5, dans notre ancien texte, que] : « dans Xaphrodite , genre où les sexes sont séparés , les petits individus se trouvent le corps rempli dune laite blanchâtre; pendant que les grands l'ont plein de petits œufs dans tous les intervalles des viscères (2). Il est probable qu'il y a des organes particuliers pour la préparation de ces substances; mais les auteurs n'en ont point décrit, et moimême je n'en ai pu trouver non plus dans les néréides, les serpules , et les autres nombreux vers à sang rouge que j'ai disséqués. »
[Pour ce qui est de la connaissance des organes qui produisent les ovules, ou le sperme, la science, dans ce long intervalle de quarante années, a fait quelques progrès que nous devons indiquer.
he? térébelles (terebeîla multi-setosa) dans l'ordre des Tubicoles , ont un ovaire aplati , bifurqué , situé audelà du troisième anneau de l'abdomen et rempli d'ovules. Sa couleur est blanchâtre et sa forme montre des étranglements et des dilatations alternatifs (3j.
Ce paraît être, dans le sabella unispirayun corps con-
(1) On a même observé récemment des différences sexuelles extérieures dans ïexogone naidina. Les mâies ont de longues soies dans les anneaux correspondants à ceux qui portent les œufs chez les femelles, qui ont ces mêmes soies très courtes. Ce nouveau genre est voisin des Syllis, suivant M. OErsted . Archives à'Erichson, t. XI, i845, p. 25.
(2) Ce fait positif de la séparation des sexes dans ce genre, observé par M. Cuvier, ne paraît pas avoir été connu de M. le rédacteur du R.ipport imprimé dans les Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XVIII, p. 80. Il n'en fait pas mention du moins, et ne cite que l'alias. (3) Zur Anatomieund Physiologie der Kiemeu- ft'urnier, von Dr A.-D. Grube, Ko8Bigsbergvi838, p. a3.
sidérable en forme de bourse, rapproché du cariai intestinal (i).
Les ovaires sont multiples et situés dans les intervalles des muscles longitudinaux , entre les gaines des rames dans Xeunice harassii (2).
Dans les aphrodites , ce sont de petits organes terminés en pointe , qui se voient de chaque côté du principal cordon nerveux, au fond de la cavité abdominale (3). Ils existeraient dans les segments antérieurs , chez X aphrodita histrix (4).
Dans la syllis tachetée, l'ovaire serait un organe glanduleux multiple , situé dans la cavité viscérale, près de la base des pieds (5).
Dans X arénicole des pêcheurs, il y a une membrane lâche de chaque côté du canal alimentaire , dans la partie antérieure du corps, derrière laquelle se développent les œufs, ou les granulations spermatiques.
Quant à l'issue des œufs , il paraîtrait qu'en général les œufs tombent dans la cavité abdominale , qu'ils remplissent à l'époque du frai, ainsi que nons l'avons dit en commençant cet article; et; qu'ils sortent du corps par les orifices péritonéaux dont la cavité abdominale est percée.
Ces ouvertures sont situées près des pieds ou des
paquets de soies, dans Xamphitrite auricoma. Elles donnent issue aux œufs et à la semence , suivant les individus mâles ou femelles (5). Elles sont au-dessus des
(1) Ibid.iÎQ. 12, y. (2) Ibid. VI. II, fig. 67. (3) Treviranus Zeitschrift
fur der Physiologie, t. III, p. i6/f. (4) M. Grube, ibid., PI. II, %. 14, n-
(5) M. Mil ne Edwards. Règne animal dé jSuvieï', Annélides , pi XV, fig*
i,a. Au reste ce pourrait être tout aussi bien la glande spermagène, et je
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pieds dans la nereis pulsatoria, et dans la polinoë cirrata (i).
§ 2 Les Annélides A branches ou Endobranches.
Les lombrics ont un appareil de génération dont les différentes parties sont loin d'avoir été uniformément déterminées par les anatomistes. Voici ce qu'en disait M. Cuvier dans notre ancien texte:] « Le lombric ou ver de terre montre aussi à sa face inférieure, près de l'extrémité antérieure, et non pas, comme quelques uns l'ont écrit, au renflement du milieu de son corps, deux orifices. Ils répondent intérieurement à deux ou trois bourses ovales, molles, et d'un tissu glanduleux. Il y en a autour d'elles plusieurs autres plus petites. Il paraît bien que ce sont là les organes de la génération, mais je n'oserais les distinguer par leurs fonctions. Willis annonce que les grandes bourses sont quelquefois remplies d'oeufs; mais j'ai trouvé de véritables ovaires, en forme de petits boyaux disposés sur trois ou quatre paires , et renflés par les œufs, de manière à ressembler à des chapelets. »
[Dugès , comme Willis, regarde les grandes bourses en forme de cornues, au nombre de quatre paires, comme les ovaires. Elles sont, suivant cet auteur, liées à un appareil singulier composé de vésicules disposées comme des rayons autour d'un bassinet. Celui-ci
suis plutôt porté pour cette détermination , si tant est qu'il y ait un canaj excréteur dans celte glande, (i) Neueste Schriften c'er Naturforschendegeselhchaft in Danzig. B. III. Heft 4, 1842, p. 56. Suivant MM Rathke et Sais.
aboutit à un canal qui est au moins un spermaducte, sinon un oviducte, lequel se réunit au plus voisin pour n'en plus former qu'un seul qui s'ouvre dans la vulve de son côté (1). Nous n'avons pu découvrir ce dernier appareil. Quant aux ovaires, ils sont comme soudés aux testicules et constituent par cette union les grandes bourses dont le nombre , la forme et le volume varient suivant les espèces et l'époque de l'année. Nous y avons trouvé, le 23 mai, clans un individu seulement, des œufs avec un embryon développé et se remuant avec vivacité, après la rupture des membranes de l'œuf; dans d'autres, il n'y avait que des ovules.
Chez les IV aïdes , les ovaires se composent de quatre masses principales contenant des ovules. Leurs canaux aboutissent à deux tubes étroits, repliés sur eux-mêmes, véritables oviductes qui se dilatent en deux cylindres à parois épaisses , avant de se terminer dans le douzième anneau (2).
Dans la famille des Hirudinêes de la tribu des Sangsues, comme dans celle des Hirudinêes voraces, les ovaires sont doubles. Ils sont situés en avant de la cavité abdominale près des vésicules séminales. Ce sont deux corps ovales dont le volume varie et augmente beaucoup à l'époque du rut. Chaque ovaire a un court oviducte propre; ils se réunissent pour ne former qu'un seul oviducte incubateur. Celui-ci est une poche considérable qui va en se rétrécissant et se resserre en un canal étroit avant de se terminer à la peau de l'abdo-
(1) VoirDngès, Annales des se nat., t. XV, plus %. i et 2 ; et même ouvrage, 2e série, t. VIII, pi. I-XIII-XVII1. (2) Dugès, Annales dette nat.) t. XV, p. 321.
360 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES.
men, un peu en arrière de l'orifice de la verge, dans la ligne médiane abdominale.
Il n'y a de différence dans cette forme générale des organes femelles, que dans les proportions des différentes parties. Il doit y en avoir cependant , qui n'ont pas encore été reconnues, dans la structure intime de l'oviducte incubateur, suivant que la sangsue est vivipare , et que cette partie sert au développement du germe et de l'embryon; ou qu'elle doit sécréter la substance du cocon qui enveloppe à la fois un certain nombre d'ovules, que l'oviducte propre y dépose.
Plusieurs clepsines et piscicoles [piscicolaemarginata et tesselata) sont de la première catégorie; les espèces du genre sanguisuga , et la clepsina geometra, etc., sont de la seconde.
Dans le nephelis gigcis , les ovaires sont globuleux; les oviductes propres sont très courts, la première partie de l'oviducte commun assez longue: la poche obiongue dans laquelle elle aboutit est à peu près de même longueur.
lihœmopis sanguisorba , Savigny, a de même les oviductes distincts, très courts. Leur réunion formant un canal étroit et replié sur lui-même , assez long , pourrait encore être considérée comme oviductc propre; il donne dans une poche obiongue, l'oviducte incubateur, se rétrécissant peu à peu pour former un col allongé.
Dans la pisciçola geornetra , qui est ovipare , les ovaires, hors de l'époque du rut, sont plus petits que les testicules, pyriformes, d'un blanc jaunâtre. Ils se gonflent beaucoup à l'époque du rut et se divisent en poches accessoires.
Les oviductes qui en sortent sont courbés en anse, et se terminent dans une poche oblongue formant Toviducte incubateur (i).
ARTICLE II