C. Chez les Myriapodes
[Parmi les animaux de cette classe, on a suivi le développement des ovules dans les Lithobies (1). Cbaque ovule est d'abord une vésicule , qui en renferme un certain nombre d'autres, transparentes, ayant chacune un noyau central. Bientôt elles disparaissent et sont remplacées par une seule vésicule d'une grande proportion relative à celle qui la contient, et dans laquelle on observe plusieurs groupes de noyaux ou de très petites vésicules.
Dans une troisième phase , la vésicule principale a beaucoup grandi.
Dans une quatrième phase, cette vésicule s'est encore développée , et le liquide qu'elle renferme est devenu opaque et granuleux. La vésicule intérieure ou germinative semble rapetissée. Elle renferme un liquide transparent, sauf à un point de sa circonférence où l'on remarque la tache germinative.
Lorsque l'ovule est mûr, les proportions du vitellus sont encore plus considérables, et son contenu se compose de vésicules avec des granules.]
(i) M. Stein. Pi. XIV. H;*. 3?. , a , b , c, d , c
D. Dans les Crustacés.
[Nous citerons, dans cette classe, le développement des ovules et la composition de l'œuf mûr étudiés dans Yécrevisse (1), que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de constater et de démontrer dans nos leçons au Collège de France.
On ne distingue, dans le principe du développement de l'ovule, qu'une seule vésicule transparente.
Plus tard, cette vésicule semble se couvrir d'une seconde enveloppe, et entre celle-ci et la première il s'épanche un liquide d'abord transparent, puis opaque, visqueux, dont la masse augmente peu à peu et se charge de globules nombreux, blancs comme neige.
A cette époquevla vésicule germinatrice croît très peu à proportion du vitellus et cesse bientôt de se développer. Placée au centre du vitellus, elle se rapproche peu à peu de sa circonférence et finit par adhérer à la membrane vitelline par un point de sa surface.
Quand l'œuf s'est développé au-delà de six mois, le liquide du vitellus a pris successivement la couleur isabelîe, jaune orange, brun foncé, et s'est épaissi de plus en plus par la formation d'un plus grand nombre de granules ou de cellules vésiculeuses.
A mesure que l'œuf grossit dans l'ovaire, ses connexions avec celui-ci diminuent, et sa surface, de floconneuse qu'elle était , finit par devenir lisse et tout unie.
(i) Par M. iiathke; Sur Ip développement de l'écrevisse Huviatile. Leip- «</ , 1829, in -fol.
366 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
11 distend et rompt la capsule nutritive de l'ovaire, et tombe dans la cavité de cet organe ou dans l'origine des oviductes , puis il s'introduit et chemine dans l'un ou l'autre des deux conduits sécréteurs de l'ovaire.
C'est là sans doute qu'il prend son albumen et ses deux enveloppes extérieures , et qu'il devient œuf complet.
La vésicule germinative disparaît avant que l'ovule se détache des parois de l'ovaire.
L'œuf pondu et fixé au moyen d'un pédicule aux fausses pattes abdominales, se compose de la coque ou de son enveloppe protectrice la plus extérieure, dont le pédicule n'est qu'un appendice. Celle-ci est doublée par une membrane de la coque ou un chorion, qui renferme une petite quantité d'albumen. Plus en dedans, se voit la membrane vitelline , plus mince que le chorion et à travers laquelle le vitellus paraît comme marbré.
Plus de détails appartiendraient au chapitre du développement.
Disons seulement que le nombre, la forme et la couleur des œufs, et leur composition, relativement aux enveloppes protectrices, varient beaucoup dans cette Classe, comme dans toutes les autres du règne animal.
Le nombre des œufs de Xéc revisse fluvialile est très borné comparativement à ceux du homard et de la langouste. Ils sont très gros, surtout relativement à ceux de cette dernière espèce; et cependant l'animal qui se développe dans les œufs de la langouste doit atteindre des dimensions bien plus considérables.
Leur composition, pour ce qui est des enveloppes externes, est en rapport avec le lien d'incubation. Ces
enveloppes sont plus solides, lorsque les oeufs sont pondus dans l'eau et exposés à l'action décomposante des agents physiques, que lorsque l'embryon se développe dans une poche ovifère.
Ceux de Va pus cancriformis qui résistent plusieurs années à cette action, dans les marais desséchés, ont sans doute des enveloppes protectrices qui mériteraient d'être étudiées sous ce rapport.
Les œufs de Xarlemia salina, qui se développent cependant, en partie, dans une poche sous-abdominale, ont une coque dure, cornée, un albumen visqueux, transparent, peu abondant, et un vitellus renfermant d'innombrables quantités de globules (1).]
E. Dans les Cirrhopodes.
[Dans les tubes de l'ovaire, les ovules sont arrondis, ovales ou oblongs , selon les espèces , ou selon qu'ils ont été plus ou moins pressés les uns vers les autres.
Ils se composent d'un chorion transparent et d'un vitellus granuleux, qui donne à la surface de l'œuf une apparence raboteuse, inégale.
La couleur des ovules mûrs, dans l'ovaire, est d'un beau bleu de ciel , dans Xanatife commune^
F. Dans la Classe des Annélides.
[Dans la plupart des Annélides Tubicoles et Dorsibranches , les ovules ne se développent pas complètement dans les ovaires; ils passent des cavités ou des capsules ovariennes qui les produisent, dans la cavité
(i) M. Joly. Histoire d'un petit Crustacé , etc. Montpellier, 1840.
368 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULÉS.
abdominale, qui leur sert d'oviducte pour le développement ultérieur. Des orifices péritonéaux, qui donnent sans doute entrée à l'eau pour la respiration des œufs et leur développement, sont en même temps les issues par où sortent les œufs , avant leur fécondation , ainsi que nous le présumons , ou après leur fécondation.]
Il paraît, disait M. Guvier dans notre première édition, que, dans ces animaux, les œufs échappent des bourses qui les contenaient, pour se répandre dans tout le corps; car on l'en trouve quelquefois rempli dans Y arénicole des pécheurs. [Cette observation a été répétée, parmi les Tubicoles , chez les térébelles et les sabelles. On trouve les œufs dans la cavité abdominale de ces dernières, après le huitième segment (i). C'est au-delà du premier tiers de la même cavité, et conséquemment de la paroi divisée par des diaphragmes , que les œufs s'amassent, c'est-à-dire dans ses deux tiers postérieurs.
Au temps du frai, les œufs remplissent les trois derniers quarts de la cavité abdominale de certains individus de la polinoë cirrata. Les œufs sont sphériques, recouverts d'un chorion transparent. Leur vitellus est granuleux, opaque, couleur de rose pâle , et renferme une vésicule germinative sans tache germinative apparente (2).
Dans la terebella multisetosa , ils sont d'un blanc jaunâtre.
(1) M. Grube, o. c. fig. 12. (2) Mém. sur le développement deji Annélides. Archives d'Erihsoeu pour 184^, p. 12.
Nous les avons vus, dans Y arénicole des pécheurs, former des masses pressées , dans lesquelles ils avaient perdu, en partie, leur sphéricité. Les ovules ont une enveloppe extérieure, ou chorion transparent, débordant le vitellus tout autour, pour les moins avancés, et seulement d'un côté, pour les plus avancés. Le vitellus a une membrane vitelline jaunâtre. Sa substance est opaque. Ces oeufs avaient omm,i8 en diamètre.
Une observation remarquable, mais qui n'étonnera pas ceux qui auront observé, les œufs innombrables qui farcissent la cavité abdominale de ces animaux, clans la saison de leur propagation, c'est qu'ils pénètrent jusque dans les branchies. On en a trouvé dans le tronc de chaque arbuscule branchial de 1 arénicole, et dans les branchies des néréides.
Parmi les Annêlides Abranches , Dugès a reconnu , dans les ovules des lombrics, un vitellus, une vésicule germinative, et une tache germinative, qui lui a paru être de même une vésicule, laquelle se vide par la compression (1).
On trouve flottants dans la cavité abdominale , surtout dans sa partie la plus reculée, des corps réniformes, jaunes ou noirâtres , que l'on a pris pour des grappes d'œufs recouvertes d'une enveloppe commune.
Les œufs pondus du lombric terrestre ont une enveloppe membraneuse cornée, demi-transparente, et sont pyriformes. Le petit bout se prolonge en une sorte de queue formée de fils entrelacés , qui s'écartent au moment de la sortie du seul lombric qui s'y développe. Cette coque est remplie, dans les œufs qui
(i) Tbids, P. 29, et pi, I , fig. 1 8, 19 et 20.
370 XXXVe LEÇOiW ORG. D£ GÉNÉRATION DES AUTICULÉS.
a ont pas d.embryon, dîme matière pulpeuse blanchâtre, donnant à l'eau un aspect laiteux. J'avoue que je ne puis concilier cette observation, sans doute très exacte, avec celle que je viens de faire (v. p. 35g) , sans en conclure que les lombrics sont ovipares ou vivipares , suivant les espèces ou les saisons (i)?
Les naïdes rendent au printemps des cocons ou des œufs multiples à la manière des sangsues. La forme de ees cocons est ovale, avec un bouton à chaque pôle. Ils sont formés de deux membranes, lune externe plus molle , l'autre interne plus dure , plus élastique. Ils renferment sept ou huit œufs d'un quart de ligne de diamètre au plus. Ces cocons supposent, dans les oviductes, des parois glanduleuses qui en sécrètent la substance et la moulent autour des œufs qui les traversent.
Chaque ovaire, dans la sangsue officinale, observé au mois d'octobre, est une poche dont les parois ont un réseau vasculaire très remarquable. Cette poche renferme des tubes repliés, alternativement resserrés et dilatés, qui contiennent des ovules de 77-/''. Des ovules libres, plus avancés dans leur développement de -ay' à —", se voient entre ces boyaux ovigères (2).
Ils se composent d'un vitellus contenu dans un chorion transparent et dune vésicule germinative peu évidente. Les œufs pondus sont réunis au nombre de six à dix-huit dans un seul cocon. Il y a un liquide trans-
(1) Voir la Nouvelle Notice de M. L. Dufour, Annales des sciences naturelles, t. IV, p. 216 et pi. ï2, B. Et le Mémoire de M. Siein sur les organes et les fonctions des Myriapodes , etc. Archives de J. Miiller pour 1842 , pi. XIV, fig. 38 , qui représente un ovule en forme de boudin avec sa ve'sicule et sa tache gerrninatives.
(3) R Wagner, Archives de J. Millier pour »835, p. 33!
ART. II. DES OVULES ET DES OEUFS. %f\
parent gélatino-albumineux, qui remplit les intervalles des ovules, dans la coque commune et la membrane qui les renferme.
Cette coque a son enveloppe la plus extérieure très épaisse, d'un tissu spongieux, composé de filaments entrecroisés , de nature cornée , résistant à l'action de l'eau. La membrane de la coque est blanchâtre, et cependant mince; sa paroi interne est lisse, résistante ; l'interne adhère fortement à la coque.
ja partie spongieuse, qui a jusqu a o ,002 d épaisseur, augmente beaucoup le volume du cocon, dont la forme est ovoïde et dont le plus grand diamètre est de om,oi2 et peut atteindre om,oa4.
Il y a à chacune des extrémités de son grand axe une sorte de bouchon, d'une substance moins solide que le reste de la coque, qui se détruit à la fin du développement des petites sangsues, et laisse une ouverture d'environ un millimètre de diamètre. Cette enveloppe spongieuse est déposée sur la capsule , après la mise bas du cocon membraneux (1).
Chez les nephelis, la membrane de la coque, et la coque elle-même , forment une enveloppe commune aux ovules, coriace, transparente, produite dans la seconde partie de l'oviducte. Elle est enduite d'une substance visqueuse, qui la fait adhérer aux plantes sur lesquelles ces hirudinées déposentleurs cocons (2).]
(1) D'après les observations de M. Lenoble, Notice sur tes Sangsues , ïq-8. Versailles, 1821; etCliarpenlier, cité par M. Moquin-Tandon. o. c,
(2) Voir le mémoire de M. le docteur Rayer, Annales des scienc. natur,t t. IV, p. 184 et pi. X.
372 XXXV* LEÇOX. OBG. DE GEÎXÉRAIIOIN DES ARTICULES
ARTICLE m.
[Nous décrirons successivement ces organes dans toutes les Classes des Animaux Articulés; nous ferons connaître ensuite, dans l'article suivant, les caractères organiques de leur produit ou du sperme.]
A. Dans la Classe des Insectes,
Les organes mâles de la génération, dans cette classe, se composent, en général , outre la verge, avec ses enveloppes ou armures , que nous ferons connaître avec les organes d'accouplement, d'un canal spermatique commun, et de deux paires d'organes, dont lune peut porter le nom de testicules , et l'autre celui de vésicules séminales.
Chacune de ces paires peut être plus ou moins subdivisée , et varie en figure, en dimensions [et en structure.
Nous allons les décrire successivement dans la plupart des ordres de cette classe , et dans plusieurs familles de chaqtie ordre.
j . Les Coléoptères,
[a. Parmi les P entamé res ,\e$Carabiques présentent en général, dans leurs glandes spermagènes et dans leurs vésicules séminales, un plan d'organisation extrêmement uniforme.
lies testicules sont deux pelotons spbériques ovales ,
ART. III. ORG. PRÉPARATEURS ET MÛDIFIC. DU SPERME. ft73
oblongs, pyriformes, suivant les espèces, composés d'un canal séminifique mille fois replié. Une sorte de membrane extrêmement molle revêt chaque peloton comme d'un enduit mucoso-graisseux , lui servant de tunique propre.
Le canal efférent qui en sort se pelotonne encore, chez la plupart, à une certaine distance du testicule, en une sorte d'épididyme. C'est seulement de cette seconde agglomération de forme variée que sort le canal déférent.
Celui-ci se termine dans la vésicule séminale , en un point plus ou moins rapproché de la réunion des deux vésicules.
Dans Xharpalus ruficornis, M. L. Du/bura fait l'observation singulière , qu'il n'y a qu'un seul testicule et un seul épididyme, d'où sortent deux canaux déférents.
Les vésicules séminales sont deux assez longs boyaux sinueux, à parois résistantes, qui se réunissent en un seul canal, le canal ejaculateur, lequel aboutit dans la verge (1).]
Parmi les Hydrocanthares , qui sont encore de la grande famille des Carnassiers , le dytisque de RœselQ) a les organes assez amples ; deux vésicules de longueur médiocre, grosses, peu repliées; deux testicules globuleux [ou plutôt un testicule ovale et un épididyme globuleux] enduits dune matière jaunâtre , qui se laisse enlever, et se développent alors aisément en un
(i) Voir la pi. IV du t. VI des Annales des se. uaf., où M. L. Dufour a fait figurer ces organes dans huit espèces de Garabiques. La rig. VIII représente le tesiicu!* et ['épididyme unique de VHarpalus ruficornts.
374 XXXV* I/EÇQK. OBG. DE GÉNÉRATION DES AHTICULÉS.
seul vaisseau filiforme très mince et très long. Le canal déférent n'en est que la continuation : il pénètre dans la vésicule un peu avant que celle-ci se joigne à sa pareille pour former le canal commun spermatique (i).
[hegyrinus natator, de la même famille des Hi/drocanthares , présenterait un tout autre type d'organisation que les précédents. Les testicules sont une simple vessie en massue, dont le petit bout produit le canal déférent. Cette sorte de sachet ne renferme pas de canal séminal replié. Lépididyme manque. Les vésicules séminales reçoivent les canaux déférents immédiatement avant leur union.
Les Brachèlytres ont les testicules de ce dernier type. Dans le staphylinus olens, ce sont deux longs sachets arqués, plissés en travers , dans lesquels on ne peut reconnaître aucun vaisseau séminal. Il y a quatre vésicules séminales ovales et courtes. Le canal déférent qui résulte de leur réunion est long et replié (2). Cette simplicité d'organisation pourrait bien n'être qu'apparente, à en juger parla découverte qu'a faite M. L. Dufour, d'une grappe de vésicules peu fournies, dans Je sachet spermagène dn staphylinus maxillosus (3).
Dans la famille des Serricornes , on trouve de nouveau le type d'organisation vésiculeuse des glandes spermagènes. L'étaler minimes nous en fournit un exemple. Chaque testicule se compose d'une agglo-
(1) Voir L. Dufour, o, c.r pï. V, %. i. (2) J7w/., fig. 4. (•"*) Jbid., fîg. 6 et 7.
ABX. III. OEG. PBÉPAEÀTEURS ET MOD1FIC, DU SPEBME, 375
rnération sphérique de capsules spermagènes ovalaires, au nombre de quarante. Il y a trois paires de vésicules séminales en forme de boyau bifurqué à son extrémité libre, en forme de massue, ou bien de vessies bilobées. 1
Dans la famille des Clavicornes , le bouclier {silpha atrata) , est pourvu de deux grands testicules ovales, formés d'une infinité de petits vaisseaux courts, et semblables à ces brosses qui ont des poils en tous sens. Le canal déférent est mince et court. Il y a deux paire) de vésicules , toutes deux cylindriques et assez grosses^ dont Tune se replie autour du testicule en serpentant, et peut avoir quatre ou cinq fois la longueur du corps; l'autre est beaucoup plus courte. Le canal commun spermatique est cylindrique et court. [Ce type d'organisation des testicules du genre silpha se rapporte à celui des testicules vésiculeux ainsi qu'on le voit plus évidemment dans le silpha obscura , etc. (1).]
Dans les Lamellicornes : Les genres démembrés du genre Sçarabœus de Linné, comme mèlolonîhe ? cétoine , trichie, scarabée , etc., ont des testicules globuleux, multiples, et des vésicules en forme de tubes, minces comme un fil, et d'une longueur excessive.
Dans le scarabée nasicorne , par exemple, les deux vésicules séminales ont plus de vingt fois la longueur du corps, et sont entortillées en un paquet ou peloton, qu'il n'est pas difficile de dérouler. Leur tube se renfle un peu avant de se réunir au canal commun. 11 y a de chaque côté six testicules en forme de petites
(i) Ibid., PI. VI , fig. 5 et 6,
rouelles (1), et donnant chacun un canal déférent plus mince qu'un cheveu ; ces six petits canaux se réunissent, au même point, en un canal commun qui se réunit à celui du côté opposé, précisément au même endroit où venaient aboutir les vésicules séminales (2).
Parmi les Palpiçornes , Xhydrophyle est plus compliqué que le dytisque: il a deux testicules ovales, formés aussi des replis d'un seul vaisseau. [Suivant M. L. Dufour ce serait , au contraire , le type des testicules vésiculeux. Tciles capsules spermatiques seraient empilées autour d'un axe commun , formé par le canal efférent.] Le canal déférent est mince comme un cheveu , et se renfle en une petite vésicule en aboutissant à un canal commun. Les vésicules séminales prin* cipales sont grosses, à parois fortes, contournées en spirale , et se terminent subitement en un petit vaisseau replié en zig-zag, et formant l'apparence d'un autre testicule plus petit. Il y a de plus deux vésicules accessoires , à parois minces, divisées chacune en trois branches, et en quelques petits appendices aveugles. Le canal commun spermatique prend dans son milieu un renflement musculaire , et redevient subitement mince pour entrer dans la verge. Swammerdam donne aussi une figure de ces parties ; mais elle est un peu grossière (3).
(1) Les petites rondelles d'un coté, réunies par leur canal spermatique , forment par leur réunion un seul testicule.
(2) Voir M. L. Dufour, ibid.* pi. VI, fig. 7, 8 , 9 et 10.
(3) Il n'est pas question, dans cette description, de houppes, ni de la structure vasculaire. On a confondu ici, peut-être, ce que M. Cuvier dit des testicules du Bouclier. Voir Ann. des se. n , t. VI, p. 176.
Le hanneton ressemble au nasicorne.
La cétoine a des organes plus compliqués , ses testiticules sont au nombre de douze de chaque côté ; et outre les vésicules filiformes, et peut-être trente fois longues comme le corps , elle en a deux autres paires de courtes et grosses ; la plus courte des deux paires a le fond fourchu. Les canaux des trois paires de vésicules, ainsi que les canaux communs des deux groupes , composés chacun de douze testicules , se réunissent au même point pour former le canal spermatique commun qui se rend à la verge.
Les trichies ressemblent aux cétoines à cet égard.
Les stercoraires ou bousiers, et les lucanes ou cerfsvolants ne suivent point ce type; ils n'ont qu'un testicule de chaque côté, lequel n'est lui-même qu'un peloton globuleux et serré , fait des entortillements d'un seul vaisseau. Leurs vésicules séminales sont aussi filiformes , mais moins longues à proportion que celles des scarabées (1).
b. Les Hétéromères. Dans le blaps mortisaga de la famille des Mélasomes , le canal commun spermatique est d'une longueur excessive , huit ou dix fois comme ie corps; il porte à son origine quatre organes tout semblables à des vésicules ; deux d'entre eux font d'abord très régulièrement quelques tours de spirale en s'amincissant , et se replient ensuite irrégulièrement après s'être de nouveau renflés. Les deux autres sont simplement en zig-zag et beaucoup plus courts.
[Les testicules, qui ne font pas partie de cette des-
(i) Voir L. Dufour, u>. c., p!. VII, tig. 3.
cription, sont deux corps réniformes, du moins dans ie Blaps gigas, composés d'une agglomération d'innombrables vésicules (i). Leur canal déférent se dilate un peu avant de se terminer au confluent des vésicules séminales et du canal éjaculateur.
c. Les Tétramères. Nous citerons le Bostrichus capucinus de la famille des Xylophages , dont chaque tes» ticule se compose dune agglomération en rondelle, d'un grand nombre de vésicules en forme de massue. Ces vésicules convergent vers le centre de la rondelle, où elles se réunissent, lly a deux pairesde vésicules séminales; lune composée de vessies ovoïdes, l'autre de deux longs boyaux (2).
Dans la famille des Longiçernes , le prionus coriarius a de nouveau le type d'organisation de la plupart des Lamellicornes, des testicules en rondelles. Il y a six rondelles pour un testicule , comme dans le hanneton, avec cette différence que leurs canaux scminifères ne convergent pas en un seul point; mais qu'ils se réunissent successivement pour former le canal déférent. Celui-ci va en augmentant de diamètre jusqu'à sa réunion avec son symétrique. Chaque canal, avant cette réunion , reçoit une paire de vésicules séminales filiformes.
Les Galêruqnes, de la famille des Cycliques, ont les deux testicules confondus dans une capsule membraneuse commune. Cette enveloppe membraneuse est d'un jaune très prononcé dans la galeruca lusitanica. Elle renferme les deux testicules, dont chacun est une
(1) Ibid.^l VIII, % 1. (2) O. c, pi. IX, fiff. 3.
AKÏ. 111, OI\G. PRÉPARATEURS El MODIFIC. DU SPERME. 379
capsule également sphérique , qui paraît composée d'un grand nombre de vésicules.
Dans la galeruca tanaceti, il y a deux poches principales pour chaque testicule. Dans lune et l'autre espèce , il sort de la capsule commune deux courts canaux déférents qui s'insèrent à la fin des vésicules séminales formant chacune deux longs boyaux repliés (i).
d. Les Trimères , qui comprennent la famille des Àphidiphages , ont de nouveau le type des testicules composés d'innombrables vésicules, formant, pour chaque testicule, une agglomération sphérique à surface inégale. Le canal déférent , qui part du centre de cette sphère , se renfle peu après sa sortie. Les vésicules séminales sont filiformes. Le canal éjaculateur, qui résulte des canaux déférents et des vésicules séminales, commence par un renflement bulbeux considérable. Il est d'ailleurs long et replié (2).
Ces exemples suffiront pour faire comprendre les différents types de structure que présentent les testicules et les vésicules séminales, qui composent l'appareil des organes préparateurs et modificateurs du sperme, dans l'Ordre nombreux des Coléoptères.
Nous les retrouverons dans les autres ordres de cette classe.
Aussi nous bornerons-nous à ne citer que très peu d'exemples, pour chacun de ces Ordres, en choisissant de préférence ceux pour lesquels nous aurons de
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(1) Ibid.% pi. IX , fig. to, 1 1 et 1 2. (2) Ihid., pi. IX . fig. i3,]
380 XXXVe LEÇON, org. de génération des articulés. bonnes figures à indiquer; elles pourront faire comprendre , au premier coup d'oeil, les différences et les ressemblances signalées dans nos descriptions.
Ces différences , dans les détails , se montrent dune espèce à l'autre ; tandis que les ressemblances les plus importantes caractérisent les espèces d'un même genre , et souvent les genres d'une même famille.]
2° Dans les Orthoptères 9
Les sauterelles et les grillons ont deux testicules ovales , considérables , attachés contre le dos : ils sont enduits dune mucosité jaunâtre , et l'on y voit de belles trachées qui les traversent. Leur structure est un composé de petits vaisseaux courts , qui en font une espèce de brosse. Le canal déférent est replié en épididyme ; il grossit , un peu avant de s'unir à son semblable , pour former le canal commun, parce qu'il reçoit deux groupes de vésicules ; l'un des deux en contient plus de soixante , et l'autre plus de deux cents, beaucoup plus fines que les premières (1). Les quatre groupes remplissent près de la moitié de l'abdomen.
A l'endroit même où les deux canaux déférents se réunissent, sont deux petites vessies ovales.
[Cette description générale des organes préparateurs et modificateurs du sperme dans les deux familles des Acridiens et des Locustaires , convient encore,
(i) Cette description des vésicules séminales, faite par M. Cuvier, uie semble prise d'une Locustaire ; elle convient à ÏEphippigera vespertina. Voir L. Du four. Recherches sur les Orthoptères, etc., pi. II, fig 36.
ART. llî. OHG. PRÉPARATEURS ET MOD1FIC. DU SPERME. 381
dans ses parties principales , aux autres familles de cet ordre.
En général , cet appareil génital y montre à la fois un grand développement et une grande complication. Lune et l'autre circonstance sont en rapport avec l'extraordinaire multiplication de la plupart des espèces. Les testicules sont composés de vésicules allongées ou courtes. Un épididyme complique le canal déférent des Locustaires et des Grilloniens. Les vésicules séminales sont des tubes nombreux annexés aux canaux déférents ou au conduit éjaculateur. Mais chacune de ces parties présente des différences de forme, de structure intime et d'arrangement, qui caractérisent les familles ou les genres de cet ordre.]
3° Les Hyménoptères .
[L'appareil préparateur et modificateur du sperme , dans cet Ordre, a un caractère de simplicité qui contraste avec sa grande complication dans les Orthoptères.
Les testicules ? souvent réunis sous une enveloppe commune , se composent de faisceaux de tubes courts, qui convergent vers l'origine du canal déférent et de deux vésicules séminales , formant chacune un assez grand réservoir en forme de vessie , auquel vient se joindre le canal déférent , après s'être changé en épididyme, ou sans cette modification.
Le nombre des tubes sécréteurs qui composent chaque testicule varie beaucoup. \1 Abeille domestique en a plus de cinquante; tandis qu'il n'en a le plus souvent que trois. Il n'y a même qu'une seule capsule
spermifique dans les Formicaires * les Calcidites , les Gallicoles et le grand Frelon (i).
Les vésicules séminales montrent de très grandes différences dans leur forme, dans leurs proportions et dans leurs rapports avec les canaux déférents.
Pour juger de toutes ces différences, il suffira de jeter un coup d'œil sur les nombreuses figures publiées par M. L. Dufour, dans le mémoire qui vient d'être cité.]
4° Les Névroptères.
[Dans cet ordre, l'appareil préparateur et modificateur du sperme varie dune famille à l'autre, sans être jamais très compliqué.
Les Libellules offrent l'exemple de la plus grande simplicité de cet appareil dans toute la classe , puisque les vésicules séminales manquent.
Il n'y a que deux longs testicules en forme de ebaton (dans la libellula depressa) composés d'une grappe de très petites vésicules globuleuses, très serrées autour du canal déférent. Ce canal sort de l'extrémité postérieure du testicule, se replie sur lui-même sous l'apparence dune petite capsule oblongue. Mais cette enveloppe commune renferme un paquet de cinq vésicules obiongues, réunies par l'extrémité du canal déférent (2).
Dans le sialis niger, parmi les Mégaloptères , chaque testicule se compose de six capsules ovales for-
(1) M. L. Dufour, Recherches sur les Hyménoptères , ji« î36 et fig, 53 pour l'àbeiîlê domestiqua (2) Ihid., ng, i8î et r83.
4RT. TII. ORG. PREPARATEURS EX IÛODïHC. D0 SPERME. 38?»
tuant une série arquée, de laquelle sort le canal déférent. Il y a deux paires de vésicules séminales pyriformes (îj.
Les perlés ont deux testicules en chaton, composts d'une agglomération d'utricules sphériques, recouvrant le canal déférent, excepté à sa face inférieure. Il n'y a qu'une paire de vésicules séminales, tuberculeuses, en forme de massue. Elles se réunissent au canal déférent de leur côté, après que ce canal a cessé d'être très sinueux. Il s'élargit un peu avant de former, avec son symétrique, un court sinus éjaculateur (2).
Dans la panorpe commune, les testicules ne sont composés que d'une seule vessie oblongue d'un volume assez considérable. Les vésicules séminales sont longues et cylindriques. Les canaux déférents , courts et déliés, s'y terminent avant leur réunion en un canal éjaculateur (3).
Dans le fourmilion , c'est encore un autre type pour la structure des testicules, qui se composent chacun de ciuq vésicules oblongues, aboutissant ensemble au canal déférent. Celui-ci, peu sinueux , reçoit de son côté une des vésicules séminales en forme de tube grêle, et deux autres courtes et oblongues (4).]
ô° Les Hémiptères.
[Nous verrons, dans cet Ordre, fa même composition que dans les autres ordres de la classe, deux testicules et un nombre variable de vésicules séminales.
Le canal déférent peut montrer dans son trajet des
(î) Ibid,, iig. 186 et 187. (2) Voir L. Dufour, Recherches sur iea £Pévroptèr€syp), II , (ig. 46. (3) /6iii., tig. 172- (4) !k*d<* %« 3o4 et ao5
384 XXXVe LEÇON7. OfiG. DE GENERATION DES ABX1CÎJLÉS.
modifications comparables à 1 epididyme des mammifères.
Les glandes spermagènes varient dans leur structure. Le plus souvent elles se composent de plusieurs vésicules arrangées en rosace , en éventail ou en épi autour du canal excréteur. Plus rarement ne touve-t-on, dans ce type, qu'un seul sac spermagène.
Dans un autre type de structure , les glandes spermagènes se composent de tubes pelotonnés, comme dans beaucoup de Coléoptères.
Les vésicules séminales sont des tubes grêles filiformes , en petit nombre ou très multipliés. Ce sont encore des réservoirs vésiculeux considérables.
Voyons à présent jusqu'à quel point ces ressemblances ou ces différences se rapportent aux divisions et aux groupes naturels.
a. Parmi les Géocorises7]e$ scutellères et \espentatomes ont des testicules en forme de sac (1), dont le contenu se compose dune pulpe dans laquelle on a cru apercevoir de petites vésicules.
Les corées , les atfdes les pyrrhocores , et le cirnex lectularius ont des testicules composés de sept vésicules cylindriques , en massue , en navette , disposées en éventail ou en rosace à l'extrémité du canal déférent. Les capsos ont huit capsules en rosaces; Y aradus avenius n'en a que cinq (2).
Le Pelogonus marginatus est organisé sur un tout autre plan. Les testicules se composent de deux tubes roulés en spirale, qui se réunissent bientôt pour former le canal déférent. Chaque canal , qui est fort long ,
* 1 ■ - - - - - Il I I I II ■ L -| | ■■!■- I I I* ■ T
(î) Voir M. L. Dufour.pl. X,fig. 1 16-126. (2) ibid., fig. 127 i3;.
forme plusieurs replis, puis se dilate en navette , avant de se terminer dans le tronc de la vésicule séminale de son côté. Celle-ci se compose de tubes longs et de vésicules réunies successivement au conduit principal, qui se joint à son symétrique pour fermer le canal éjaculateur (1).
Je ne vois d epididyme dans le groupe des Geocorises , que dans la punaise des lits , dont les canaux déférents sont subitement dilatés en massue dans leur trajet (1).
Quant aux vésicules séminales, nous citerons comme exemple de leur complication et de leur nombre, celles du pentatoma dissimilis (2), qui sont de trois sortes; les unes formant des arbuscules de tubes très lins; les autres, une paire de grands réservoirs vésiculeux; la troisième sorte forme une houppe de chaque côté , de tubes beaucoup plus gros que les premiers, s'ouvrant par un seul canal dans le conduit éjaculateur.
b. Les Amphicorises se distinguent par l'absence de vésicules séminales et par des testicules enferme de poches. 11 y a deux de ces poches par testicule dans les gerris paludum ; on n'en trouve qu'une dans le velia currens.
Les canaux déférents , avant de se réunir pour former le conduit éjaculateur, subissent deux dilatations considérables dans la première espèce , et une seule
(1) Ibid., n<j. i3y, A. Dans la description qu'on vient de lire, nous appelons testicules ce que M. L. Dufour a déterminé, avec doute cependant, comme vésicules spermatiques , er réciproquement. (2) Jbid., 6g. i37, b. (3) Ibid., fig. i?.?. e\ 123.
dans la seconde, qui tiennent lieu à la fois d'épididyme et de vésicules séminales (1).
c. Les Hydrocorises sont organisées sur plusieurs types.
Les naucores ont des testicules composés d'un faisceau de vésicules, ou de quatre à sept capsules spermagènes , avec des vésicules séminales tubuleuses ou en forme de vessie, sans épididyme (2).]
Parmi les Hémiptères, disait M. Cnvier dans notre ancien texte, je n'ai disséqué que le nepa scorpioid.es ; j'y ai trouvé, comme Swammerdam, un canal commun , [le conduit éjaculateur] deux petites vésicules courtes et cylindriques, [les vésicules séminales] deux canaux déférents gros et tortillés en épididyme, se divisant à leur origine , chacun en quatre petits testicules, qui se prolongent aussi chacun en un très long vaisseau filiforme ; ces huit vaisseaux sont tortillés en peloton.
[Dans la ranatra linearis, chaque testicule se compose de cinq tubes déliés , dilatés et vésiculeux à l'endroit où ils se terminent dans le canal déférent ; celui-ci s'enroule dans la partie moyenne de son trajet, en un long épididyme en forme de fuseau. Il n'y a pas de vésicules séminales (3).
Nous ne citerons plus, dans cet Ordre, que l'appareil génital de la cigale (cicada orni) ; les testicules de cette espèce sont une agglomération sphéroïde de petites vésicules.
(1) Iùid.,t\g. i38 et i3ç). (?.) Ibid., fîg. \^o-\^ô. (3) La ligure 1Z17 ^ de l'appareil génital du Nepa cinerea se rapporte bien à cette description. (4) Ibid.,iiQ. 148.
Les vésicules séminales, au nombre de deux seulement, se composent chacune d'un long tube replié sur lui-même et enlacé avec le canal déférent, également très long, qui se termine dans le bulbe éjaculateur , peu après avoir reçu le tube séminal (1).]
6° Dans les Lépidoptères»
ïl y a deux formes différentes dans cet Ordre : j'ai observé l'une dans le bombyx pavonia ou grand paon de nuit , et c'est la même , mais mutilée , que Malpighi et Swammerdam ont décrite dans le papillon du ver à soie [bombyx mort).
Le canal commun spermaiique se partage en deux vésicules séminales, d'abord un peu renflées et se prolongeant ensuite en forme de tube. Elles restent collées l'une à l'autre pendant moitié de leur longueur. Les canaux déférents entrent, très minces chacun, dans le renflement de la vésicule de son côté. Ils vont en grossissant par degrés, et se terminent chacun par une niasse qui peut cire regardée comme le testicule.
Malpighi a représenté les vésicules rompues un peu au-dessus de l'insertion du canal déférent; Swammerdam les figure rompues un peu plus loin. Les testicules sont moins grands dans le pavonia que dans le ver à soie.
J'ai observé la deuxième forme dans le sphinx du Lithyrnale , et c'est absolument la même que Swammerdam représente dans le papillon de jour de l'ortie (pap. luticœ). Le canal commun, beaucoup plus long, se partage aussi en deux longues et minces vésicules,
vi) Ibid. lift. i52,A.
388 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULES.
clans chacune desquelles entre un canal déférent ; mais ces deux-ci, au lieu d'avoir des testicules séparés, se réunissent en une masse testiculaire unique et arrondie.
70 Les Diptères.
[lis ont, en général, l'appareil préparateur et modificateur du sperme d'une grande simplicité et beaucoup moins varié dans sa composition que dans les autres ordres.
Les testicules , au nombre de deux, peuvent être réunis dans une capsule commune des Asiliques). Le type de structure le plus commun est celui de vésicules ou des poches divisées, dont la forme et les proportions peuvent varier beaucoup.
Mais les asiles, stachynià, piophila, les drosopkila, Y hippobosque , etc., les ont eu longs tubes capillaires contournés en spirale ou pelotonnés.
Les conduits déférents sont renflés à leur- terminaison dans le culex annulatvts\ ou dans le milieu de leur trajet (le tipula oleracea) (1), et forment dans ces renflements comme une sorte d epididymc. Ils restent grêles, filiformes, dans les autres Diptères.
Les vésicules séminales peuvent être de simples tubes, dont il existe une seule paire et c'est le cas Je plus général.
Dans le culex annulants, Yœstrus, Xechiriôthià, le rhyncomia , etc. , ce sont des utricules arrondis ou elliptiques.
Les Anthomyzides et beaucoup de Wîii&cïuès nian-
(l) /6/W., fift. 50, 5 1 et 26.
qnent de vésicules séminales; nous ajouterons même le tabanus citer; chaque canal déférent se rendant dans un des deux lobes vésiculeux qui constituent le commencement du canal éjaculateur.]
B. Les Arachnides.
[1. Dans £ Ordre des Pulmonaires , les Àranèides ou les Jîleuses ont la glande spermagène double et située tout entière dans l'abdomen.
Le pholcus phalangister les a en massue allongée , dont le gros bout est dans la partie reculée de cette cavité. La partie amincie dirigée en avant se change en un canal flexueux qui s'ouvre à côté de son semblable, dans une fente qui se voit entre les deux opercules pulmonaires à la base de l'abdomen (1).
Chaque glande, dans la mygale maçonne^ est un long canal , très flexueux, formant des sinuosités assez régulières dans toute la longueur de l'abdomen, dépassant en avant l'orifice où il se termine, en venant y aboutir à côté de son symétrique, après s'être courbé d'avant en arrière. Ce n'est plus alors que le canal excréteur de la glande. Les deux canaux ont une issue commune au dehors, entre les deux opercules pulmonaires postérieurs (2).
Les Scorpions ,àe\a division des Pédipalpes, ont pour glandes spermagènes un double tube, aboutissant séparément à chacune des deux verges dont ces animaux sont pourvus.
Chaque tube est très sinueux; ses replis, en s'anastomosant, forment plusieurs mailles, dont la plus
(1) Voir le Règne animal Je Cuvier, pi. IV, tig. 12, 6 et b', des Arachnides , publiée par Du^ès. (2) Ibid.^ pi. I , fig, 1 , g et 1 , /, d'après Dugès.
390 XXXVe LEÇON. OKG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULES.
avancée se continue avec ]e canal déférent. Celui-ci se prolonge dans îa verge de son côté; soit après s'être réuni à un petit ccecum tenant lieu de vésicule séminale (1); soit que ce petit ccecum manque, comme dans les espèces où nous avons observé les testicules.
Entre la face dorsale de l'abdomen et le testicule se trouve une lame à la fois écailleuse et membraneuse, large en avant, se rétrécissant en pointe en arrière, de manière à figurer assez bien une lame de sabre, dont le tranchant, dirigé du côté de la ligne médiane , aurait une partie saillante , arrondie dans le milieu de sa longueur. Le dos de cette lame tourné en dehors, est formé d'une baguette cornée qui se courbe en dedans, à son extrémité antérieure, pour en former l'articulation (2). Il faut la soulever pour découvrir les mailles que figure le testicule, lorsqu'on a ouvert l'animal par le dos. C'est seulement de dessous la partie articulaire de cette lame que le canal déférent se dégage, pour se porter encore plus avant vers la racine de îa verge.
A l'endroit où ce canal joint la verge, il se réunit à un petit tube court, pour ne plus composer avec lui qu'un seul canal séminal. Ce tube court est une petite glande qui pourrait être déterminée comme une prostate, ou considérée comme une vésicule séminale.
3. Parmi les Arachnides trachéennes, les faucheurs ont un testicule composé d'un paquet de très petits cœcnms, qui se réunissent à un seul canal déférent,
(1) Voir le Mémoire de M. J. MiiHer déjà cité, ni, I, fig. 8.
(2) Treviranus la décrit comme uniquement de substance cornée, et protégeant le canal déférent de son coté, C'est bien le testicule quelle recouvre du côté dorsal.
lequel aboutit directement clans le tube de la verge (i).
Chez le trombidium holosericeum , le testicule est une glande oblongue , d'apparence gélatineuse , à la surface de laquelle on distingue des canaux séminifères extrêmement fins, se rassemblant en deux troncs, les canaux déférents, qui vont directement à la vulve (2).
Les Tardigrades auraient dans le même individu, avec un ovaire, deux sacs allongés situés de chaque côté de l'ovaire et de l'intestin et se terminant au cloaque. Ces sacs paraissent être leurs testicules.
Une vésicule séminale plus large, conique, située plus en arrière, renfermant des spermatozoïdes , complète l'appareil de génération de ces animaux singuliers (3).]
G. Dans les Myriapodes.
[Nous devons toujours séparer, dans nos descriptions, les C/ùlopodes des Ckilognathes.
i° Dans les Lilhobies, qui appartiennent au premier groupe, les organes préparateurs du sperme se composent d'un long boyau central, replié sur lui-même, et de deux longs boyaux latéraux.
Ces deux derniers forment une anse en arrière, au milieu de laquelle vient aboutir le boyau central. C'est de la convexité de cette anse que partent les deux canaux déférents, qui se rendent dans le pénis.
Durant le développement de ces animaux, le tube
(1) Trevirauus, o. c, pi. IV, Hg. 21. fa) ïbiil., pi. VI, tig. 35. (3) M. L. Doycre, o. c, p. 92.
392 XXXVe LEÇON. OUG. DE OÉNÉfiÀTlOIN des àhticulés.
central est déjà proportiormément volumineux, crue les tubes latéraux sont encore rudimentaires (]).
Deux glandes accessoires de la même structure que celles décrites, chez les femelles, pourraient encore être comparées aux prostates des mammifères (2).
Dans la scutigera lineata , les testicules seraient de longs canaux repliés , commençant par une dilatation vésiculeuse. Ces canaux se réunissent en un seul , qui se termine dans l'arc que forment les deux déférents. Ceux-ci se dilatent deux fors en vésicules oblougués (3).
La glande spermagène du geophilus subterraneus est beaucoup plus compliquée que dans Les lithobies. 11 y a aussi deux canaux déférents aboutissant dans le pénis, ils se réunissent en arcade pour recevoir, dans leur convexité, le boyau du testicule. Celui-ci est très long, replié et formant plusieurs anses fermées ; il se dilate, par intervalles, en vésicules qui lui donnent l'apparence d'un chapelet.
Deux petites glandes accessoires , de forme très allongée, présentent la même structure celluleuse que celle des lithobies.
20 Les Chilognathes se distinguent des C1iilopod.es , dans cette partie de l'appareil génital, comme dans toutes les autres.
Il n'y a proprement qu'une glande spermagène dans les genres iule et polydesme , composée de deux
(1) M. Stein, m. c, pi. XÎI , fi«. i, et pi. XIII , fig. 26, pour le développement. Cet auteur réserve le nom de vésieule au tube médian, et celui d'épididvme aux tube.s late'raux , attendu qu'il n'y a pas trouve' de spermatozoïdes. Ce seraient plutôt, dans ce cas, des prostates. (2) Voir en core Treviranus. Mélanges, etc., pi. V, fig. j. (3) Voir L. Dufour; Annales des se. nat-, t. II, pi. V, 6g, 5.
A UT. III. OSG. PBÉPAflATEURS ET MODIF1C. DU SPERME. 393
tubes longitudinaux , réunis , par intervalles , par des tubes transverses et formant comme une échelle. A ces tubes longitudinaux, sont annexés, du côté interne, une série de vésicules de même nature, dont la cavité s'ouvre dans le tube principal , par un court canal excréteur (i).
Dans Yiulu$ maximus , au lieu de ces appendices vésiculeux , j'ai observé une bouppe de petits ccecums qui partent des points correspondants des tubes longitudinaux.
Une courte portion de récbelle du testicule dépasse, en avant, les organes extérieurs de génération. Celleci, et celle beaucoup plus longue qui est. en arrière de ces mêmes organes, aboutissent ensemble par chaque tube longitudinal au canal délérent de leur côté. Celui-ci ne tarde pas à pénétrer dans la verge dont il rencontre la racine.
Les testicules des glornérides sont organisés sur un autre plan. Ce sont des agglomérations distinctes, allongées, de vésicules sphériques, adhérentes entre elles par de petits canaux. Les deux glandes aboutissent ensemble à un boyau commun, sorte depididyme, qui verse le sperme dans une arcade, que forment, à leur naissance, les deux canaux déférents. Ceux-ci se rendent dans chaque pénis (2).]
D. Dans la Classe des Crustacés.
\. Dans la Sous- classe des 3 falacos tracés.
i° Chez les Décapodes.
A l'intérieur, on voit, dans le mâle, deux canaux
(1) Ibid., pi. XIII, fig. 17 et 18. (2) Ibid., Hg. 11.
394 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES.
déférents très tortillés , qui se rendent chacun à la racine de la verge de son côté.
Dans les Crabes , les deux canaux, d'abord très gros près des verges, deviennent ensuite très fins, et s'entortillent tellement, qu'ils forment, chacun de son côté, une apparence de glande. Les deux glandes ne sont pas réunies.
[Nous ajouterons à cet ancien texte, que le testicule, chez les animaux de cet Ordre , peut être double ou simple, c'est-à-dire confondu en une seule masse.
Sa position est dans une grande partie de la cavité thoracique sous le cœur, et de chaque côté de l'estomac, sur le foie et au-delà. Sa forme varie d'un genre à l'autre; sa couleur est blanc de lait à l'époque du rut, et sa structure se compose d'un tube plus ou moins sinueux replié sur lui-même, et se ramifiant ou se divisant en tubes plus petits terminés en culs-de-sac, ou en petits cœcums oblongs ou globuleux. Il sort de cette masse glanduleuse fin canal excréteur membraneux, à parois minces et transparentes, ayant intérieurement des plis longitudinaux , qui se porte des côtés du testicule lorsqu'il n'y en a qu'un, ou du côté externe de chaque testicule lorsqu'il y en a deux, vers la dernière cavité articulaire thoracique. Mais avant d'atteindre cette partie, le canal déférent est changé, chez les Macroures, en un tube copulateur susceptible de s'invaginer et de se dérouler au dehors , ainsi que nous l'expliquerons dans l'article des organes d'accouplement. Chez les Brachymes , il se prolonge hors de la cavité thoracique dans le tube de la verge.]
Dans Xècrevisse , les deux canaux déférents viennent d'un testicule divisé en différents lobes, et placé sous le cœur, derrière l'estomac, entre les deux grappes de
vaisseaux hépatiques. Il est blanchâtre, et d'apparence glanduleuse.
[Le testicule proprement dit se compose de trois lobes, deux en avant et un en arrière, réunis sur la ligne médiane, dont le dernier est placé sous le cœur et dont les deux premiers s'avancent vers l'estomac. Ils se composent de grappes de grains vésiculeux.
Le canal séminal assez gros, qui s'en sépare de chaque côté, vis-à-vis de l'endroit de réunion de trois lobes, est long et replié; c'est une sorte d'épididyme. Il augmente considérablement de diamètre, devient proprement canal déférent, et se porte en dehors et en arrière, à la rencontre de l'article basilaire clés pattes postérieures. Mais, avant d y aboutir, le canal déférent s'est modifiée en verge tubuleuse susceptible de se dérouler au dehors.
Dans la Langouste, c'est un tout autre plan, du moins pour la forme , sinon pour la structure intime.
Les deux testicules restent séparés , sauf une bande étroite qui les unit en arrière du pylore. Ils forment chacun une bande sinueuse et plate, de couleur blanc de lait, qui commence sous l'estomac, s'élève sur les côtés de ce viscère en se portant en arrière, le sépare du foie, continue de se porter en arrière en se plaçant sur le foie et en se rapprochant de son symétrique, et s'étend au-delà de ce viscère jusque vis-à-vis la dernière paire de pattes où elle a son extrémité libre. Dans ce long trajet, le testicule se compose de tubes extrêmement sinueux, à parois bosselées.
A quelques centimètres avant sou extrémité postérieure, le tube principal de cette glande se change en un canal à parois toutes unies, dont le diamètre est plus grand, dont les replis sont bien plus longs et forment
396 XXXVe LEÇON. OBG. DE GÉiNÉliATlON DES ARTICULES.
un paquet distinct, qui peut être considéré comme un épididyme, et sa dernière portion, qui se continue avec le tube de la verge comme le canal déférent.]
2° Chez les Stomapodes.
[Chaque glande spermagène de làsquille mante, est un tube très sinueux , très replié , qui se voit au-dessus du canal alimentaire et du foie, sous le cœur et le sinus péricardique qui l'enveloppe, et conséquemment dans la même position relative que l'ovaire. Il s'étend beaucoup moins en arrière, et ne se voit guère que dans la longueur du premier segment abdominal et tout au plus dans le commencement du second segment.
Le canal déférent se détache de chaque côté en avant de ce tube sinueux, se porte transversalement en dehors, et pénètre dans l'article basilaire de la dernière paire de pattes , à la face interne duquel chaque verge est articulée.]
3° Chez les Xypliosures.
[Dans les Lunules, les glandes spermagènes se composent aussi de tubes ramifiés occupant les côtés du céphalo- thorax.
Ils se rapprochent sous ce rapport des Décapodes et des Stomapodes .]
4° Chez les Isopodes.
[La structure des glandes spermagènes se simplifie beaucoup , chez les Isopodes. Elles ne se composent plus en effet que de quelques tubes droits, communiquant les uns dans les autres, dont les parois, plus ou moins évidemment celluleuses , sont chargées de la sécrétion du sperme.
ÎNous n'en citerons que quelques exemples , choisis dans la famille des Cloportides.
Dans les armadilles , chaque testicule se compose d'un long tube arrondi à son extrémité antérieure, et séparé en deux par un étranglement. La partie la plus avancée reçoit près de son extrémité, du côté externe, trois autres petits tubes fusiformes , où très effilés à leur extrémité libre.
La partie postérieure du tube principal se recourbe vers la ligne médiane, et devient plus étroite pour former le canal déférent. Les deux canaux déférents se rapprochent l'un de l'autre et semblent se confondre. Les divers tubes que nous venons de décrire communiquent les uns dans les autres ; leurs parois se composent de cellules en losange (1).
Dans les ligies et les ligidies les tubes qui composent les testicules sont plus effilés (2).]
ÏI. Dans la sous-classe des Entomos tracés.
[L'existence et la structure des glandes ou de la glande spermagène est loin d'être connue dans tous les animaux de cette Sous-classe , dont un grand nombre sont, pour ainsi dire microscopiques.
i° Dans l'ordre des Branchiopodes.
Plusieurs seraient hermaphrodites; tel est Vapus cane r if or mis , dont les tubes filamenteux et ramifiés, qui composent les testicules, s'étendent à côté de l'ovaire, et rapprochés de l'intestin, jusqu'au milieu de l'abdomen.
Uartetnia salina appartiendrait encore à cette catégorie des Entomostracés hermaphrodites (3); tandis
(î) M. Lerehoullet, mémoire cité. (2) Voir la %. i3 de la pi. XII de l'Histoire naturelle des Crustacés de M. M'Une Edwards. (3) Suivant M Joly, mém. cit., pi. H,tiff. 6, <jr.
398 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
que les sexes sont séparés chez les limnadies, les branchipes , les cyclopes , etc.
Dans le cyclops castor, le testicule est un sac piriforme situé derrière le cœur vers le dos; son canal déférent , long et étroit, descend immédiatement vers la vulve.]
2° Dans l'ordre des Syphonostômes.
[Les argules auraient une glande spermagène analogue à celle du cyclope castor. C'est une petite vésicule qui répond à la base des verges.
Les mâles de l achteres percarum , parmi les Lernées, ont dans leur cavité viscérale en arrière , quatre corps opaques arrondis, qui ont été pris pour des glandes spermagènes (1).]
E. Dans la Classe des Cirrhopodes.
[La glande spermagène est double et symétrique. Elle occupe un espace plus ou moins étendu , suivant les espèces, à l'époque du rut, sur les côtés de la cavité viscérale et du canal alimentaire, immédiatement sous les téguments.
Dans les penlalasmis , nous l'avons trouvée composée de petits cœcums ou de petites vésicules, réunies par grappes à un arbre de vaisseaux séminifères. Les plus fins de ces vaisseaux aboutissent à des branches, qui se réunissent à un tronc central, lequel se rend dans 1 epididyme (2).
Celui-ci est un long sac sinueux, en forme de massue, qui paraît à travers les téguments, lorsqu'il est rempli de sperme, à l'époque du rut. 11 diminue de diamètre
(1) M. Nordmann, o. c. p. 76. (2) Cette disposition des vaisseaux séminifères est bien représentée dans la figure 8 de la planche du mémoire de M. Cuvier sur les Anatifes et les Balanes.
en descendant vers le tube de la verge , dans lequel chaque épididyme devenu canal déférent pénètre.
Les deux canaux rapprochés l'un de l'autre se réunissent bientôt en un seul, qui reste encore, pendant un court espace, distinct du tube de la verge et se confond ensuite avec ce tube.
Les parois de ce sac sont épaisses et glanduleuses dans la plus grande partie de leur étendue; elles ne deviennent membraneuses que lorsque le tube qu'il forme est étroit et ne remplit plus que les fonctions de canal excréteur (1).
La structure générale des testicules est la même dans les divers genres de cette classe que nous avons eu l'occasion d'observer. Des différences se remarquent cependant dans la forme des petites capsules glanduleuses, dans l'arrangement de leurs canaux séminifères , dans la forme et dans l'étendue de 1 épididyme.
Les testicules des cineras sont comme dans les pentalasmis.
Les O Lions n'ont que des canaux séminifères très fins, qui se rendent directement dans F épididyme;
I I II, m ■»— •• • ■ ■ ■ — ~— ■ I I .^■Ilfc— — — — !■■■ M . L. I I. I ■■ ■ — ■-- — ■-.., ■-- ■ — f | . . M —
(i)Dans la première édition de cet ouvrage, M. Cuvier avait bien déterminé cette partie comme appartenant au testicule, mais il n'avait pas reconnu la glande spennagène que nous venons de décrire, et qu'il a prise plus tard pour l'ovaire (mémoire cité). Nous donnons ici le texte de notre première édition. « Les Cirrhopodes ou Balanites et Anatifères pa- » raissent en avoir de très différents des Acéphales , et se rapprocher, à » l'égard des organes mâles, comme à beaucoup d'autres, de la classe des » Crustacés. On trouve, de chaque côté de leur canal intestinal, un tube » blanc et serpentant , qui paraît être le testicule , et qui aboutit vers la » base du tube qui tient lieu de rectum. Néanmoins, cps animaux sont her- » maphrodites, et leurs ovaires sont deux masses placées entre le tronc et » le manteau , et qui n'y sont liées que par des vaisseaux et de la cellu- >» losité. »
400 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULÉS.
Dans une grande espèce de baleine (le balanus tintinabulum) , nous avons trouvé le testicule composé de vésicules ovales, formant des grappes avec les canaux séminifères auxquels elles sont attachées. L'épididyme est un long tube, très replié, un peu dilaté à son origine, s'amincissant pour sa terminaison.
Sa paroi interne a des plis transverses , entre lesquels paraissent des points noirs qui sont probablement les orifices des cryptes dont elle est pénétrée.
Le contenu de ce sac était composé de granulations et de spermatozoïdes en fil.
Dans la. coron n le des baleines , chaque testicule se compose de même de vésicules glanduleuses et de canaux séminifères.
Le tube formant l'épididyme est court et d'un petil diamètre.]
F. Dans la classe des Annélides.
[Parmi les Tabicoles ou Sédentaires, lestérébelles ont, dans la cavité viscérale, trois ou quatre bourses ou glandes spermagènes, que Ion a comparées à celle de V arénicole i
Celles de la sabella unispira, au nombre de deux , sont situées sur les côtés du canal alimentaire ( i ).]
Parmi les Annélides Dorsibranches , M. Cuvier a observé, dans la partie antérieure du corps de Y arénicole des pêcheurs, cinq bourses grisâtres de chaque côté, suspendues par des vaisseaux et de la cellulosité; elies paraissent bien analogues à celles du ver de terre. [M. Grube en a vu une paire de plus, située en arrière de la cinquième eî. rudimentaire (2).
(1) :vl. Grube, o. c. %. 12, y. (2) (). c , pi. II , 6g. 6, y.
Ces bourses ont chacune un orifice extérieur à la face abdominale, en arrière et au-dessous du paquet de soies en crochet (1).
Le même auteur a trouvé quelques œufs dans ces bourses, au mois de juillet. Cependant il ne les regarde pas comme les ovaires.
Dans ïeunice harassii^ les bourses spermatiques (2) sont situées sur le bord de la bande musculaire dorsale. Elles manquent, ainsi que les ovaires, dans les premiers segments du corps.
Dans les Annêlides ^branches. Dans un lombric dont le clitelium était développé, je trouve (le 21 mai) trois paires de vésicules demi-transparentes de différentes formes et grandeurs. Elles sont situées entre le quatrième et le douzième anneau du corps.
La paire postérieure est la plus grande; lune est un boyau simple, arqué; l'autre, un boyau replié en ferà-cheval, ou revenant sur lui-même de toute sa longueur. Dans la paire moyenne, lune est oblongue, et l'autre encore en forme de boyau arqué.
Enfin, des deux de la paire antérieure, l'une est ronde et lautre oblongue.
Le contenu de ces vésicules paraît, à travers leurs parois, composé de granules opaques dans un liquide muqueux encore limpide.
En dehors des deux premières paires, se voient quatre vésicules sphériques, blanches comme du lait :
(1) Ce que M. Cuvier n'avait pas exprimé d'une manière absolue, puisqu'il dit qu'elles sont bien analogues à celles du ver de terre, et que, tout en les considérant, dans ce dernier animal, comme appartenant à la génération , je ne saurais, ajoutc-t-il, les distinguer par leurs fonctions.
(2) M. Grubc, o. c. pi. II, flg. 6, Y.
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ce sont les vésicules séminales. Elles étaient distendues par un liquide laiteux, composé en grande partie de spermatozoïdes mêlés, et non plus en écheveaux.
Entre les vésicules postérieures était une masse blanche comme du lait, de forme irrégulière, remplie de spermatozoïdes vivaces et se bouclant dans l'eau. Le contenu des grandes bourses renfermait des faisceaux de spermatozoïdes , des rondelles qui sont leur capsule , et des ovules de omni,2 de diamètre, remplis de cellules rondes et surtout de cellules en navettes.
Les grandes vésicules, soit en forme de cornue, soit en forme de boyau repliée, sont des organes doubles ou hermaphrodites, composés à la fois de la glande ovigène et de la glande spermagène.
On en aura une idée assez exacte en consultant la figure idéale qu'en a publiée M. H. Meckel. Les oviductes, les canaux déférents et ceux des vésicules séminales paraissent se réunir et aboutir ensemble aux deux vulves (1).
Chez les I\ 1 aides , les glandes spermagènes sont deux petites poches dont le volume varie suivant la saison; elles sont situées dans le onzième anneau du corps. Chacune a un canal sinueux qui va s'ouvrir au dehors par une fente transversale , sur les côtés de ce même anneau (2).
Chez les HirudinéeS) l'appareil génital mâle est assez compliqué. Nous croyons devoir décrire, en premier lieu , celui des 1 wp he lis, genre de la tribu des Voraces^
(i) Sur l'appareil ;!e génération de quelques animaux hermaphiodit; par IL Meçkel. Archives tie J. Miilier pour 1 844 » P« il^i et P^* XI1L fig. 12. (n) Duges , Ành. dessc.nat., t. XV, p. 32o,etpl. VII, Hg. i et 2.
afin d'arriver à une détermination plus exacte de l'appareil des autres genres (i).
Les glandes spermagènes sont doubles. Chaque glande commence , en arrière de l'abdomen , par une grappe cylindrique et longue de vésicules sphériques, qui ont chacune un petit canal excréteur. De 1 extrémité antérieure de ces grappes sort un canal sinueux épais, sorte d'épididyme, qui s'amincit peu à peu , devient très délié comme canal déférent et se termine , après s'être de nouveau un peu renflé, à côté de son semblable, dans la ve'sicule éjaculatrice (2).
Dans les genres hœmopis , alùione, satiguisuga, /j/scicola, au lieu des grappes de vésicules nombreuses que nous venons de décrire , chaque glande spermagène se compose de cinq, huit, neuf et même douze vésicules , rangées à des distances égales, vis-à-vis de celles du côté opposé, le long du côté interne du canal séminal, à droite et à gauche du cordon principal des nerfs. Il y en a souvent une de plus d'un côté que de l'autre. Ces vésicules sont ovales , sphériques ou pyriformes, suivant les espèces. Lé tube dans lequel elles versent le liquide qu'elles sécrètent, le reçoit de chacune d'elles par un très court canal excréteur, qui forme leur pédicule. Ce tube se dirige d'arrière en avant , parallèlement à sou semblable , jusque dans l'anneau génital mâle où il rencontre dans les genres sanguisuga , hœmopis, un épididyme composé d'un canal pelotonné ou à demi roulé et montrant une disposition intermédiaire entre celle
(1) Voir la Monographie de la famille des Hirudinées , par M. A. Mofjuin-Tandun , pi. III, fig. 5 et 6.
(2) Mémoire de M. Léo. Archives de Millier pour i835, p. 4'9i et pi. XI.
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décrite dans les nephelis et le peloton des sangsues. "\ M. Guvier, qui l'avait déterminé, dans ces dernières, comme le testicule, dit que les deux testicules sont composés des replis nombreux d'un seul canal mou et ôianchâtre, à parois glanduleuses , et d'un conduit déférent, court, droit et musculeux. Ces deux conduits , ajoute-t-il, m'ont paru aboutir à la base de la portion muscuîeuse de la verge.
[Dans la piscicola geometra, cet appareil est encore plus compliqué. H y a sept paires de vésicules ovales dont chaque rangée est attachée à son tube excréteur commun. Ces vésicules sont plus grandes à proportion que dans la sangsue médicinale. Les deux tubes séminaux aboutissent dans un canal beaucoup plus gros, qui a été décrit comme un épididyme. Celui-ci se porte en avant, puis se tourne en arrière, forme une anse entre la deuxième et la troisième paire de vésicules spermagènes, se porte de nouveau en avant jusque dans la vésicule séminale de son côté. Ces replis déployés de l'épididyme sont évidemment, comme dans les albiones , un passage au peloton plus serré décrit comme testicule chez les sangsues. Si l'on passe des piscicola et des albione aux nephelis , en comparant la même partie, on ne pourra s'empêcher de la considérer comme un épididyme , et les vésicujes agglomérées, ou disposées régulièrement le long d'un tube commun, pour la vraie glande spermagène.
Dans la piscicola geometra, les vésicules séminales sont situées à côté lune de l'autre dans le quatrième anneau. Leurs conduits éjaculateurs sortent de leur extrémité antérieure et s'ouvrent dans la base du pénis. Leur contenu est blanc et finement granuleux.