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ABT. Y. ORGANES MALES D'ACCOUPLEMENT

Ce fourreau extérieur recouvre un fourreau dermoïde de même forme.

On voit à travers ce double fourreau demi-transparent un canal déférent cylindrique , d'un moindre diamètre, qui se continue jusqu'à son extrémité, qui paraît comme tronquée.

Nous avons particulièrement étudié cette composition de la verge des Brachyures dans leportune étrille et dans le carcinus menas.

L'organe excitateur ou conducteur de la verge est généralement double, de chaque côté, dans les Crustacés de cette division. Les deux organes du même côté sont articulés l'un devant l'autre , le premier au dernier segment du sternum , et le second au premier segment de l'abdomen ou de la queue.

Dans le carcinus menas , que nous prendrons pour exemple dans la description de cet appareil, le premier de ces organes se compose d'une pièce basilaire assez large, mobile sur le bord postérieur du thorax, et d'une seconde pièce terminale, soudée à la première, large à sa base, s'amincissant rapidement pour prendre une forme grêle et se recourber en alêne du côté externe.

A la face antérieure de cet organe et à sa base , se trouve une rainure dont l'origine répond à l'orifice de l'article basilaire des derniers pieds, par où sort le canal séminal, et auquel est suspendu le fourreau de verge.

Cette rainure traverse l'appendice conducteur obliquement, de dehors en dedans, et se continue jusqu'à sa partie convexe qui regarde la ligne médiane.

Le second organe excitateur, placé immédiatement

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derrière le premier et articulé sous le premier segment caudal, a la même forme que le premier. Le stylet en alêne qui le termine vient se placer dans la partie convexe du premier appendice, au-devant de l'extrémité de la verge.

On trouve généralement celle-ci engaînée dans la rainure du premier de ces deux organes, à la fois conducteurs et excitateurs.

Les différences que l'on observe chez les Brachyures, dans cet appareil de copulation, sont relatives à l'issue du canal séminal hors de la cavité thoracique pour s'introduire dans la verge , et à la place où s attache celle-ci.

Dans le gégarcin ruricole et chez beaucoup de Brachyures du même groupe, la verge tient au pourtour d'un orifice percé dans la dernière pièce du sternum (1).

Dans d'autres Quadrilatères , c'est, comme à l'ordinaire , au premier article de la dernière paire de pieds qu'est attachée la verge , d'où elle se glisse dans une rainure creusée en travers dans le dernier segment du sternum (q).

L'armure de cette verge, ou ses deux organes conducteurs, ont généralement la forme en alêne que nous venons de décrire. Cependant cette forme varie d'un genre à l'autre. Elle a trois courbures successives dans le premier organe excitateur du pilumne hérissé, et elie est très effilée à sa pointe, qui est recourbée en crochet. Les deux organes symétriques se touchent, dans le repos, par leurs extrémités.

(i) Voir le Règne animal de Cuvier, pi. XXII, fig. i des Crustacés, partie publiée par M. M Une-Edwards. (2) Ibid., pi. XV, %. 2.

Dans Xocypode cerophthalme , les deux organes excitateurs sont bifurques à leur extrémité.

Le premier seul est bifurqué dans le grapse peint ( 1 ) .

Chez les Macroures le plan de l'appareil génital d'accouplement diffère essentiellement de celui que nous venons de décrire. La verge n'est pas pendante dans un fourreau épidermoïde constamment apparent à l'extérieur.

Elle est retirée dans la cavité thoracique et forme un tube continu avec le canal déférent , susceptible de s'invaginer dans lui-même pour sortir par son orifice placé constamment à la face interne du premier article des pieds postérieurs , ou dans le sommet d'un tubercule plus ou moins saillant annexé à cet article.

Il n'y a jamais qu'un organe conducteur, articulé sous le premier segment abdominal, tout près de i'issue de la verge et qui peut la recevoir dans un demi-canal dont il est creusé dans plusieurs genres.

Entrons à présent dans quelques détails descriptifs particuliers, i

Relativement à la position de l'orifice de la verge, nous avons trouvé des différences remarquables dans deux genres très rapprochés.

Chez Xhermite Bernard , les pieds de derrière sont très séparés des avant-derniers, et très petits connue ceux-ci.

L'orifice de la verge est percé cependant dans le premier article de cette dernière paire de pieds.

Dans le cénobite Diogène, la position de cet orifice est également dans l'article basilaire de ces naêHies

(i) Ibid.y pi. XVII et XXlI,|tigures publiées par M. Milne-Edwards.

pieds. Mais cet article se joint au second parle côté, et se prolonge en arrière en forme de cône saillant; c'est au sommet tronqué de ce cône que se voit l'orifice circulaire de la verge.

Dans le homard, l'orifice de la verge est ovale et percé dans un tubercule annexé au premier article de la dernière paire de pieds. Le canal de la verge s'ouvre par une fente longitudinale vers le bord interne de cette fossette ovale.

La langouste a cet orifice dans un tubercule annexé aux mêmes pieds, qui est très développé , conique, coupé en bec de flûte, du côté externe , et fermé par une valvule mobile d'apparence cartilagineuse. C'est au fond delà cavité de ce tubercule que se voit l'orifice de la verge.

Nous avons étudié particulièrement la structure de ces verges tubuleuses des Macroures, dans le homarri.

Le canal déférent y perd sa composition purement membraneuse ; à peu près à quatre centimètres de cet orifice, il prend des parois épaisses et -fibro-musculeuses | et un plus grand diamètre.

On remarque des fibres circulaires extérieures, qui recouvrent des faisceaux de fibres longitudinales dont les unes, ayant des ramifications latérales, nous ont paru appartenir au tissu élastique et les autres être de nature musculeuse. Ces faisceaux forment trois fortes cannelures longitudinales saillantes dans le canal de la verge, lorsqu elle est retirée dans le thorax.

L'organe conducteur de la verge des Macroures varie beaucoup ciaus sa l'orme et dans ses proportions. il est composé de deux articles dau., la galathea sti-

ART. V. ORGANES MALES G' ACCOUPLEMENT. 13 î

gosa, dont le premier ou le basilaire est long el cylindrique , et le second court et en massue.

Les porcellanes Font absolument de la même roi nie et l'orifice de la verge situé comme celui des au ires Macroures.

Cet appendice génital ne peut être , dans ces deux genres , qu'un organe excitateur.

ïl en est de même de celui des Callianasses, qui est extrêmement grêle, avec un article terminal court.

Je n'en trouve pas dans les scyllares ni dans les langoustes.

L'organe excitateur du homard ou conducteur de la verge est articulé sous le premier segment abdominal. Il se compose de deux articles : l'un basilaire » qui est prismatique; l'autre, terminal, est une lame en forme de sabre , ayant son tranchant en avant et la pointe arrondie et émoussée. Le dos et le tranchant sont d'ailleurs repliés en dedans, de manière à former une portion de canal peu profond, le long de la face interne de cet article.

Les deux appendices peuvent se rapprocher par l'action des muscles particuliers et s'incliner en avant, ensemble ou séparément. Ils peuvent ainsi avoir pour fonction de conduire le boyau génital ou la verge d'un côté , vers la vulve correspondante , ou les deux boyaux génitaux vers les deux vulves.

Dans Vécrevisse ftmnatile les deux organes conducteurs de la verge sont articulés sur une proéminence de l'arceau inférieur du premier segment abdominal. Ils ont environ un centimètre de long et sont très rapprochés l'un de l'autre.

Très peu au-delà de sa base chaque cylindre est un

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peu coudé. Son côté interne et antérieur est creusé d'un sillon au-delà de ce coude, et ce sillon ne tarde pas à devenir un canal complet. Ces tubes, très rapprochés des orifices par où sortent les verges , s'inclinent vers ces orifices, et chacun d'eux reçoit dans son canal, au moment de l'érection , la verge correspondante que cette érection déroule au dehors.]

[20 Les Stomapodes ont des organes de copulation différemment modifiés. Du moins dans la squille mante, les pénis sont de longs tubes complets en forme de stylets grêles, articulés en dedans du premier article de la dernière paire de pattes thoraciques. Ils se composent de deux articles, dont le premier se dirige vers la ligne médiane, et conséquemment vers son symétrique. Ainsi rapprochés, ils forment un coude avec le second article, qui se dirige, avec celui de l'autre côté, en avant et en bas. Ces deux articles sont cylindriques; le second cependant diminue un peu de diamètre vers sa pointe.

Ils se composent extérieurement d'un étui corné , blanc, transparent, à travers lequel on distingue un canal membraneux d'un moindre diamètre.

Ce dernier canal est la continuation du déférent; tandis que le tube corné est la partie épidermoïde du fourreau de la verge qui le renferme et le protège.]

[3° Parmi les Lœmodipodes , le cyamus ceti aurait les canaux déférents aboutissant dans une paire d'appendices styli formes articulés à la base du tubercule qui tient lieu d'abdomen (i). Cependant Treviranus

(1) Roussel de Van/eme. Annales des sciences naturelles, 2e série, 1. 1 , p. 239.

ART. V. ORGANES d' ACCOUPLEMENT MALES. 433

ne décrit qu'une verge placée entre cette paire d'appendices.]

[4° Parmi les lsopodes^ les Cloportides ont un appareil copulateur assez compliqué. La verge, qui résulte de la réunion des canaux déférents, d'abord rapprochés, puis confondus en un seul, sort du corps entre les premières lames abdominales , et s y trouve protégée par un demi-étui corné, concave en dessus, dans lequel elle se glisse.

Cet étui est placé entre deux appendices copulateurs, semi-ovales, qui se prolongent en pointe en arrière.

Il faut encore joindre à cet appareil les deux stylets plus ou moins allongés, articulés sur ce second segment abdominal, et qui se portent en arrière parallèlement au bord interne de la lame sous-abdominale de ce second segment.

Les séroles ont ce stylet extrêmement long. La ///gidie et les It/gies offrent, relativement aux canaux déférents , un rapport avec la duplicité des verges chez les décapodes. Ces canaux restent distincts , quoique rapprochés , et ne se confondent pas en une seule verge (1); ils se déroulent en dehors comme les verges des Macroures?

5°>Les verges des limules, parmi les Xyphosures, sont situées, comme les vulves, vers la base de la première paire de fausses pattes abdominales.

La verge est un petit corps cylindrique, percé à son extrémité. Elle est logée dans un repli de la peau,

(i) M. Milne-Edwards l'a constaté pour la lygie. Hist. nai. des crustacés, pi. XII, fig. i3; et M. Lereboullet pour la lygidie.

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de nature cornée, qui en est comme le fourreau. Il forme une saillie conique de chaque côté et non loin de la ligne médiane , sur la face dorsale de cette première partie des fausses pattes.]

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