II. Dans la Sous-classe des Entomos tracés
[i° L'ordre des Branchiopodes comprend plusieurs genres dont on n'a connu pendant longtemps que les organes générateurs du sexe femelle: je veux parler des apus et des limnadies.
Il y a peu de temps qu'on a décrit, dans Y apus eaucriformis, un pénis situé dans le côté dorsal du dernier anneau du corps, et entouré de cinq épines appartenant au bouclier. Les canaux spermagènes, que nous avons désignés comme existante côté des ovaires, dans les mêmes individus, qui seraient hermaphrodites, aboutiraient à cette verge. Scliœffer avait indiqué cet hermaphrodisme avec fécondation mutuelle. La singulière position delà verge, que décrilM. Zadac/i, etl'existence des tubes spermagènes à côté des ovaires, sont des observations que nous ne citons qu'avec doute, et qui méritent d'être constatées, d'autant plus que , chez les limnadies, les sexes sont séparés.
Les cypris , qui seraient aussi hermaphrodites, suivant M. Strauss, n'ont pas d'oiganes extérieurs d'accouplement.
Les limnadies ont les sexes séparés; les mâles . beaucoup moins nombreux que les femelles, ont été découverts par M. Krinicki (1).
(i) Bulletin de^ naiuralisiPà île Moscou, fig. 1 , p. i;3,et Magasin zoologiqun Je VI. Guériu.
ABT. V. ORGANES d' ACCOUPLEMENT MALES. 435
Les branchipes, qui ont les sexes séparés, ont deux verges situées au-dessous du second anneau de l'abdomen; elles sont coniques et composées de deux articles (1) ; des vaisseaux séminaux, qui viennent du premier article, aboutissent à ces verges.
Le sous-ordre des Lophiropes, qui sont presque microscopiques , et dont l'organisation est , à cause de leur petit volume, très difficile à étudier, ont présenté de grandes différences relatives aux organes d'accouplement.
Les cjclopes auraient deux verges, composées chacune de trois articles, dont le dernier est terminé en pointe. Elles sont situées sous le deuxième anneau de la queue. On n'en a pas trouvé chez les daphnie/es (2), qui pourraient bien se féconder par l'intermédiaire de l'eau.
20 Dans l'ordre des Syphonostom.es , les argules ont deux verges, dont la position rappelle celle des verges de Décapodes, il y a ? en effet, au bord antérieur de l'article basilaire des dernières pattes, un tubercule conique annexé près de sa terminaison articulaire externe, et ayant un crochet à sa base. Ce tubercule a été décrit, comme la verge, par M. Jurine fils (3). Mais je pense que la verge doit sortir par son sommet, et qu'il n'en est que l'étui. C'est une nouvelle étude à faire.]
Ë. Les Cirrhopodes ,
[Ce sont des animaux hermaphrodites (4), ayant ce-
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(1) Latreille d'après Scliœffer. Règne animal. (2) M. Strauss. Mémoires du Muséum, t. V, p. 38o. (3) Voir sor. Mémoire sur ïargule foliacé', Annales du Muséum de Paris, t. VII, p. 43 1 , et pi. XXVI, fig. 1 et 21.
(4) H a paru dans les Annales des sciences naturelles, 3e série, p '107,
436 XXXVe LEÇON. ORG. DR GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
pendant , sinon un organe mâle d'accouplement , du moins un organe fécondateur, propre à répandre le sperme sur les œufs, selon toute probabilité, au moment de leur passage de l'ovaire dans le manteau.
Cet organe est le long tube extérieur en forme de trompe, libre ou flexible en tous sens , qui se voit entre les derniers pieds de l'animal et à la base duquel l'anus est situé. Ce tube renferme un seul canal formé par la réunion des déférents, lequel se termine à son extrémité par un orifice étroit.
11 reçoit, des parties latérales du tronc, des faisceaux musculeux , analogues à ceux qui pénètrent dans les premiers articles des pieds (ij.
Ses parois sont d'ailleurs assez épaisses, composées extérieurement du derme et d'un épiderme; intérieurement de la muqueuse qui en tapisse le canal , et entre les deux fibres musculaires , de circulaires qui en contractent le tube.
Les faisceaux de même nature que nous avons décrits en premier iieu le raccourcissent et le fléchissent en tous sens.]
F. Les Annèlides.
[Chez les Annèlides Tubicoles et Dorsibranches , les
une note de M. Goodsir, qui prétend que toutes les parties génitales externes et internes des anatifs et des balanes sont des ovaires ou des oviductes, et que les mâles du balane commun sont distincts des femelles et beaucoup plus petits qu'elles. Cette opinion ne nous paraît pas fondée sur des observations exactes. La partie historique de ce travail est de même incomplète et comprend plusieurs erreurs, (i) Cuvier, Me'moire sur les animaux des anatifes et des balanes, etc., p. g.
bourses spermagènes peuvent avoir une issue directe au dehors, ou s'ouvrir dans la cavité abdominale, d'où le sperme serait expulsé par des pores abdominaux.
Le dernier cas pourrait bien être celui de Yaphrodite hérissé , dont les petits individus , que M. Cuvier suppose être des mâles , ont la cavité viscérale remplie dune laite blanchâtre, dans la saison du rut.
Le premier cas se voit dans Xarinécole des pêcheurs, dont les bourses spermagènes ont chacune un orifice extérieur, à la face abdominale, ainsi que nous l'avons dit , en arrière et au-dessous des soies en crochet.
Dans les lombrics, parmi les ylnnéiides Endobranches, c'est dans les mêmes segments qui renferment les bourses spermagènes et ovigènes que s'ouvre le collet de ces bourses ou un canal excréteur commun.
Nous avons de même décrit chez les Naïdes les deux issues des deux bourses spermagènes dans le onzième anneau du corps.]
Mais dans aucun des animaux de ces trois ordres, on ne connaît d'organe copulateur mâle, si ce n'est dans la famille des Hirudinées.]
Je ne vois point, disait M. Cuvier dans notre ancien texte , au sujet des lombrics , d'organes extérieurs ni intérieurs propres à l'accouplement; cependant il paraît que les vers de terre se tiennent étroitement embrassés pour se féconder.
[On peut considérer comme une sorte d'organe extérieur, servant à cette fonction, la ceinture saillante qui se manifeste surtout à l'époque du rut, dans le tiers antérieur du corps ; il y a même à sa surface quel-
438 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
que apparence de ventouses. Cette ceinture, à la vérité, n'a pas plus le caractère du sexe mâle que celui du sexe femelle.]
La sangsue a une verge très considérable, composée d'un tube musculeux épais et long, creux en dedans, qui peut se retourner en dehors comme la verge des limaces, et se prolonge encore en arrière en un tube mince et purement membraneux , et il est probable que le sperme coule par les sillons de la surface de celle-ci , lorsqu'elle est déroulée.
Les orifices de la verge et du vagin sont voisins l'un de l'autre, et assez près de l'extrémité antérieure du corps.
[Celui de la verge est percé dans le vingt- quatrième anneau, dans la sangsue médicinale ; tandis que celui du vagin l'est dans le vingt-neuvième. Cette position relative des deux orifices génitaux varie d'ailleurs d'un genre à l'autre, de même que les proportions de la verge. Elle se compose toujours d'un fourreau, tube cylindrique ou conique, musculo-tendineux, très contractile, et de la verge proprement dite, tube grêle, délié, contenu dans ce fourreau , dont le tissu est en partie vasculaire et érectile. Ce dernier tube, percé a son extrémité, renferme le canal de la semence.
ARTICLE VI
DES ORGANES FEMELLES d' ACCOUPLEMENT DANS LE TYPE DES
ARTICULÉS
A. Chez les Insectes,
[Dans cette Classe ,les organes femelles d'accouplement varient à l'infini, comme les organes mâles.
Ils doivent se diviser en ceux qui appartiennent essentiellement à cette fonction, et en organes accessoires, qui font partie de l'appareil générateur externe et servent plus particulièrement à placer les œufs dans des corps résistants, surtout dans les parties des végétaux ou des animaux quils ont la puissance d'entamer, de couper, de perforer. Ce sont des tarières auxquelles M. Marcel de Serres a donné le nom à'oviscapte.
L'appareil de copulation proprement dit se compose du vagin et de son entrée , la vulve. Celle-ci, placée à l'extrémité de l'abdomen, au-dessous de l'anus, est souvent comprise dans une suite de tuyaux cornés, qui sont comme des anneaux rudimentaires de ce même abdomen , dont le dernier est garni de deux petits appendices tentaculaires ou préhensiles (les Diptères).
D'autres fois la vulve est une fente longitudinale garnie de deux panneaux écailleux, rapprochés sur la ligne médiane abdominale, et qui s écartent pour le coït ou la sortie des œufs (les Lépidoptères).
En général le dernier segment abdominal, et quelquefois le dorsal , sont plus ou moins modifiés pour loger cet appareil de copulation et de ponte et pour donner attache aux muscles qui doivent le mouvoir.
440 XXXVe LKÇ03N. OEG. DE GEHElUTIOiN DES ARTICULES.
Le vagin , dont la vulve est l'entrée , aboutit presque toujours directement à l'oviducte. Dans ce cas, et c'est le plus ordinaire , les organes d'accouplement se confondent avec les organes éducateurs. Les oeufs sortent par le même conduit qui a reçu la verge et dirigé le sperme dans le lieu où la fécondation doit s'effectuer.
Les Lépidoptères font exception à cette règle. La vulve est un orifice séparé de celui de l'oviducte ; elle conduit dans un canal de copulation distinct de ce dernier canal.
Les Cigales sont encore dans ce cas; la vulve s'y trouve bien séparée du canal qui communique avec la tarière, le long duquel sortent les œufs.
Quand la poche copuîatrjce existe, il faudrait encore la classer parmi les organes d'accouplement. Mais comme elle est généralement annexée à l'oviducte, nous avons dû la décrire avec les organes éducateurs. Cependant nous verrons que celle de la cigale est séparée de l'oviducte et annexée aune sorte de vestibule dépendant du vagin.]
On peut aussi ranger parmi les organes générateurs du sexe féminin les diverses tarières que certains genres, comme les sauterelles ,les ichneumons, les tenthrèdes^ les cjnips , emploient pour déposer leurs œufs dans les endroits convenables ; mais ces organes étant entièrement extérieurs , et ayant été bien décrits par les naturalistes , nous n'en dirons rien de plus.
[Cependant nous croyons devoir suppléer à cette lacune de notre ancien texte, par des généralités et quelques détails sur ces instruments si variés, dans leur forme, leur composition et leur structure. Ces circonstances sont dans un rapport admirable avec l'emploi
que l'animal doit en faire pour le placement de ses œufs , dans les lieux ou les substances qu'un impérieux instinct lui fait choisir de préférence.
L'ensemble des pièces qui constitue ces diverses tarières a été encore désigné sous le nom d'oviscapte. Elles peuvent rester cachées, hors des moments où l'insecte en fait usage, dans le dernier anneau de l'abdomen; ou paraître toujours ai; dehors, comme appendice de cet anneau.
L'oviscapte est réduit quelquefois à l'état rudi mental re ou manque absolument.
i . Chez les Coléoptères.
[a. Dans les Pentaméres. Les Carabiques, qui font partie de ce premier groupe, ont un appendice de chaque côté de la vulve, écailleux ou coriace, susceptible de s'écarter, qui protège l'entrée du vagin.
Lés Dytisques , parmi les Hydrocanthares de cette même famille, ont un instrument fouisseur, pour les œufs , un véritable ovisoapte qui manque aux précédents. 11 se compose de deux lames contiguës, courbées l'une vers l'autre comme celles du ciseau de tondeur. Elles remplacent les crochets des Carabiques(i).
Parmi les Palpicornes, \ Hydrophile al' 'extrémité de l'abdomen garnie de deux filières, composées chacune de trois pièces articulées bout à bout.
L'oviscapte proprement dit se compose de deux appendices garnis de cils, ayant à leur base un lobe élargi et garni à son bord de grosses soies (2).
(i) Voir le Mémoire de M. L. Dufour. Annales des se. nat. , t. V, p. A34,et pi. XVII, fig. 6. (2) Ibid., pi. XVIII, fig. 8.
442 XXXVe LEÇON. ORG, DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
b. Parmi les Hétéromères, nous citerons les myctères* de la famille des Stènélytres, qui ont un long étui de copulation, composé de plusieurs pièces susceptibles de s'engaîner les unes dans les autres. Les deux parties qui terminent cet étui sont uni-articulées et ciliées (1).
Les èlops ont ce même étui copulateur ; tandis qu'il manque dans les Trachélides. Uoviscapte ne consiste que dans une plaque écailleuse ciliée. Il y a deux palpes bi-articulés qui garnissent la vulve (2).
c. Parmi les Tétramères , Yhamaticherus héros, de la famille des Longicornes , a un double étui copulateur, dont l'extérieur est garni de soies à son bord, et l'intérieur a deux palpes uni-articulés et ciliés (3).
La lamia textor, de la même famille des Longicornes , a un appareil protecteur du vagin très compliqué, composé d'un étui cylindrique, dont la cavité est divisée horizontalement, dans la première partie, par une valvule, qui sépare le rectum, qui est au-dessus, du vagin, qui est au-dessous. De forts muscles rétrac teurs agissent sur cet étui coriace , qu'une figure seule peut bien faire connaître dans sa partie principale et dans ses parties accessoires; nous y renvoyons (4).]