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Les Hémiptères

[L'appareil vulvaire se compose des organes d'accouplement, de ceux qui servent à introduire les œufs dans les lieux ou les objets que l'instinct de 1 insecte lui prescrit impérieusement de choisir.

Dans la scutellera nigro-lineala (4) , on trouve dans la concavité du dernier segment abdominal stigmatifère un appareil de sept pièces écailleuses qui entourent la vulve et l'anus et protègent ces deux orifices.

Les deux pièces antérieures sont deux panneaux vulvaires qui se touchent par une ligne médiane , et dont l'écartement découvre l'entrée du vagin.

(i) Wiegmann. Archives d'hist. nalur., p. 2o5 et suiv. Berlin, 1841. (2) Mémoire pour servir àl'hist. des insectes, t. VI, p. 436". (3) VoirL. Dufour, m. c, fig. 17. (4) M. L. Du four. Recherches sur les Hémiptères, pi. XIV, fig. 157.

En arrière de cette fente se voit une écaille intermédiaire unique , dont l'extrémité postérieure borde l'anus en bas. De chaque côté de cette pièce intermédiaire en sont deux latérales, placées obliquement l'une derrière l'autre, dont l'extrémité libre regarde la ligne médiane, et dont la dernière a une pointe acérée, qui peut servir de crochet dans la copulation.

Les corés n'ont que quatre écailles vulvo-anales au lieu des sept qui distinguent les scutellères et les peutatomes. Les deux antérieures appartiennent à la vulve, sont engagées en partie sous le dernier segment abdominal, qui est fendu lui-même dans une partie de sa largeur et dans la ligue médiane, pour faciliter la sortie des œufs.

Dans les rriiris et les capses , il y a un oviscapte considérable étendu dans la ligne médiane abdominale, dès le bord antérieur du dernier segment de cette région, qui est garni d'un bouton saillant, jusqu'à l'extrémité du corps, C'est un instrument tranchant en forme de sabre. Il est un peu élargi à la base, articulé en avant au bouton du segment abdominal, et se termine en arrière en une pointe acérée et Iran chante. Il se compose d'ailleurs de deux valves appliquées l'une contre l'autre.

Cet oviscapte est reçu dans une gaine de même forme qui s'étend dans la ligne médiane du dernier segment abdominal et entre deux grands panneaux qui bordent la vulve en arrière de ce segment (i).

La phymate aurait la vulve formant une fente transversale à l'extrémité tronquée de l'abdomen; tandis

(i) /6iUPl.XV,fig. »67. A.

qu'elle est longitudinale dans les autres Gréocorises.

\larade avenius , comme la précédente, manque d'oviscapte. La reduve en manque également. Il y en a un dans le nabis.

Les Hydrocorises ont toutes , outre les pièces vulvaires, un oviscapte de forme variée.

Dans le naucorîs cimicoides, c'est une double lame de soie, allongée et terminée par une bifurcation. Les deux lames qui composent cet instrument s'écartent à la base pour se fixer au dernier segment abdominal. Elles sont soudées par leur bord interne dans la moitié de leur longueur et hérissées de dents le long de leur bord externe (i).

Parmi les Cicadaires , l'oviscapte de la cigale de l'orne est connu depuis Réaumur ; mais l'explication que ce célèbre observateur de la nature avait donnée de sou mécanisme a été rectifiée par M.Doi/ère> qui en a fait une étude particulière (2).

Ce n'est pas en limant et en sciant avec les deux pièces latérales de cette tarière , mais en perforant avec la pièce moyenne , comme avec un poinçon, que cet insecte parvient à trouer les tiges minces des végétaux , dans lesquels il place ses oeufs. Cette pièce moyenne est u u prisme à quatre faces; elle s'élargit en fer de lance à son extrémité, qui est plus dure que le reste.

Les pièces latérales, également élargies et pointues, sont dentelées, mais à dents mousses, dans leur bord inférieur, et sillonnées à leur face externe. Elles servent

(1) Ib'uL, pi. XVI, fig. 170, fc (2) Annales des se. natur., 2e série, t. Vil, p. ic)5, et pi. VIU.

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de point d'appui au poinçon, lorsque celui-ci agit en

perforant.

Les muscles qui font partie de cet appareil et d'autres pièces qui servent de levier, et que nous ne pouvons décrire ici en détail, s'attachent dans l'antépénultième anneau de l'abdomen et principalement dans le pénultième.

Entre les deux pièces latérales et la pièce médiane, il y a un canal qui est la continuation du vestibule , et de son entonnoir qui a été désigné comme second oviducte.

Ceci nous oblige d'entrer dans quelques détails au sujet des organes de copulation du même insecte.

La vulve, ainsi que nous l'avons dit, dans les généralités de cet article, est une ouverture distincte de l'issue des œufs , qui se voit sous la base de la tarière, entre elle et l'antépénultième anneau de l' abdomen.

Le vagin, ou le canal de copulation, dont elle est l'orifice, ne se continue pas directement avec l'oviducte, mais dans une cavité intermédiaire, sorte de vestibule copulateur dans lequel s'ouvre la poche copulatrice, et où se voit en avant un mamelon percé, qui termine l'oviducte commun. Ce mamelon est ordinairement emboîté dans une sorte d'entonnoir qui se continue avec le canal que les trois pièces de la tarière interceptent.

Mais cet emboîtement se défait momentanément lors de la copulation, pour laisser passer la verge dans la poche copulatrice, et pour imprégner les œufs de sperme lors de leur passage de l'oviducte dans l'entonnoir.]

ÀBT. VI. OKOAiNES Û* ACCOUPLEMENT FEMELLES. 449

6° Les Lépidoptères,

Nous avons déjà dit que la vulve, dans cet Ordre, est un orifice distinct de l'oviducte et de l'anus, et quelle conduit à un canal de copulation dans lequel s'ouvre la poche copulatrice.

7° Les Diptères ont, assez généralement, le vagin et la vulve compris dans une suite de deux, trois jusqu'à cinq tubes emboîtés les uns dans les autres, et qui se déploient au dehors à l'instant du coït, ou lorsque l'insecte doit pondre ses œufs et les déposer sur les corps que son instinct lui fait connaître. Le dernier de ces tubes est ordinairement garni de deux palpes uniarticulés ou bi-articulés , servant sans doute soit d'organes de préhension à l'instant du coït, soit d'organes de toucher, pour le placement des œufs.

Il n'y a pas doviscapte proprement dit dans un grand nombre de Diptères, c'est-à-dire d'instruments distincts de la vulve , propre à entamer les corps dans lesquels ces insectes introduiraient leurs œufs (2).

Cependant les tentacules vulvaires sont remplacés dans les Empis , les Tipules , etc., par deux lames qui en font les fonctions. Des muscles forts , fixés à l'extrémité de l'abdomen, servent à mouvoir ces lames. ]

JB. Dans la Classe des Arachnides,

[Parmi les Arachnides pulmonaires , les A ranéides /lieuses ont l'orifice génital en forme de fente transversale, située entre les ouvertures des sacs pulmonaires, sous la base de l'abdomen. Cette fente aboutit

(1) Voir M. L. Dufonr. Anatomie des Diptères. Annalci des se. natur. avril et mai 1 844»

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clans une fossette, qui est proprement la vulve , au fond de laquelle sont les orifices distincts, mais rapprochés, des deux oviductes. La fente extérieure est recouverte en avant par un appendice écailleux, que Dugès appelle épigyne (1), dont la forme, ainsi que les rapports de la vulve, peut varier un peu, d'une espèce à l'autre.

Dans YÉpeire fasciée, qui a des trachées et deux grands stigmates, suivant Dugès, outre les sacs pulmonaires, c'est entre ces deux grands stigmates, qui sont derrière les orifices pulmonaires , qu'est situé celui de la vulve.

Dans la Mygale maçonne, l'orifice de la vulve est une fente transversale percée sous la base de l'abdomen, dans la ligne médiane, au centre de l'espace où se voient les opercules de quatre sacs pulmonaires ('2\

Dans Y épeire argentée , nous avons trouvé l'épigyne saillante, comme un bouton demi-cylindrique, ayant une cannelure médiane et de petites dents en arrière.

Dans une grande espèce voisine de Yimperialis, l'épygine est une écaille saillante formée d'un cadre brun semi-circulaire de chaque côté, et dont le bord postérieur se termine par deux dents externes plus fortes, et deux médianes très petites. Le milieu est une fosse circulaire qui semble fermée par un tympan.

Deux vésicules glanduleuses, dont les canaux excréteurs aboutissent de chaque côté de la vulve, en dedans , qui se voient dans la partie la plus avancée de la cavité abdominale, appartiennent à l'appareil d'ac-

(ij Voir Cuvier, Règne animal, pi. XI, fig. iC, IVpigyne de Pépeire fasciée enjf, et fig. 26, lépigyne de lepeire diadème. Ces figures $pnl

<i,-nu;;-s. (- n>;<i.,p\. 11,%, 8.

couplemcnt. Treviranus et, avant lui, Rœsel , ne les ont trouvées, à la vérité que clans Yépeire diadème. L'humeur qu'elles renferment est visqueuse, jaunâtre, et sert probablement à fournir aux œufs leur enveloppe la plus extérieure.

Les faucheurs (phalangium), ont un oviscapte exsertile, qu'on fait sortir comme une verge par l'orifice des organes de la génération, qui est sous la base de l'abdomen, entre les deux dernières paires de pieds. C'est un long canal situé dans la partie moyenne de presque toute la longueur de l'abdomen , dans l'état du repos. Il se compose d'un fourreau membraneux renfermant une tige creuse, plus courte, composée d'anneaux écailleux, articulés. L'extrémité de celle-ci est conique, et montre à l'intérieur des verticilles de poils. Plusieurs paires de muscles protracteurs s'attachent à l'extrémité antérieure du fourreau membraneux; l'autre extrémité a une paire de ligaments élastiques (i).

L'orifice de l'oviducte des Ixodes est situé près de la bouche. De là l'erreur de Latreille, qui croyait que les œufs nombreux que pondent ces Acarides sortent par la bouche (2).

Chez le trombidium et les hydrachne , c'est entre la dernière paire de pattes ou un peu en arrière dans la ligne médiane sous-abdominale, qu'est située la vulve.]

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