ART. II. REINS DESTERTÉBRÉS
acide urîque, dans Turine de la tortue éléphantine, dont la maladie avait pu produire cette différence.
John Davy (i) a examiné l'urine de la rana taurina et du pelotâtes fuscus ; celle de la première ressemblait à de Teau , était à peu près transparente et avait Todeur du sérum ; celle du pelobates était jaune paille limpide. La pesanteur spécifique de ces urines était de i oo3; elles tenaient en dissolution du chlorure sodique, de Turée et un peu de phosphate calcique ; il n'y avait pas d'acide urique. ]
ARTICLE II
Des reins dans tes animaux vertébrés.
Ce sont les organes qui séparent l'urine. Ils existent dans tous les animaux vertébrés ^ et sont constamment au nombre de deux. Leur structure , comme nous le verrons, y présente deux grandes différences.
Dans les trois dernières classes leur éanal extérieur y prend naissance par un grand nombre de racines (s).
Dans les mammifères, au contraire, l'uretère commence par une ou plusieurs parties évasées en forme d'entonnoir, qui reçoivent l'urine de canaux excréteurs d'un autre ordre.
(1) AnnaUi de Chimie et de Physique, t. 18 » p. 137. — (2) Nous ne changeoM pas cet andoi texte, qui attribue trop généralement à tous les ovipares ces remio fications des uretères dans la substance du rein. Chez les poissons, les tubes ulini*fères qui oon^posent cette substance, viennent aboutir à Turetère, et ce ne sont pas les branches ou les rameaax.de ce canal qui pénètrent dans le rôn» k fear rencontre.
S80 zxzi* tsçoN. Di iHjAuai n vu okoahes uiin aibu.
cilles des artères se changent en partie en reines et se terminent^ pour l'autre partie, dans les conduits urinifères (i).
C'est dans la substance corticale que ces changements ont lieu. Entrelacés avec les petits pelotons des ramuscules artériels [les corpuscules de Malpighi et le réseau capillaire sanguin ] , les conduits urinifères y sont extrêmement fins et flexueux ; ils grossissent dès qu'ils sont arrivés dans la substance tubùleuse, se réunissent successivement en avançant de la circonférence au centre, composent des faisceaux qui.dessinent les stries qu'on y remarque , et se terminent par plusieurs orifices béants dans la petite fosse qui se voit au sommet de chaque mamelon.
[La structure intime des reins de l'homme et des mammifères, ainsi que celle des autres classes des vertébrés, est bien mieux connue qu'à l'époque de la rédaction précédente (faite en i8o5). C'est surtout à jffwchke (2) et à J. Muller{5) que la science est redevable des principaux progrès qu'elle a faits à cet égard. Ces ànatomistes sont parvenus, entre autres, à démontrer que les tubes urinifères ne communiquent pas dans les polotons vasculaires artériels qui constituent les corpuscules de MalpighL
Ces tubes naissent comme de petits cœcums , simples ou bifurques à la surface ou près de la surface
.. (i) Je laisse subdster œ texte de mon anoienne rédaction, qui exprime Topnion de Ftrrein^ soutenue encore par des ànatomistes d*un grand méritei tels que M. Berrès , etc. ; tandis que M. Husehhe, •/• Muilsr^ etc., pensent d^ montrer que les artères ne se terminent pas dans les conduits urinifèqes.
^S) TUdâmann and Tnviranus Zeitschrift. Bd. Ift -* (3) Dû Giandukrum HewMntium Structura penitlari^ Leip8Îg« 1885.
AUT. II. SES ftllNS, 561
de la substance corticale^ le plus ordinairement sanô dilatation à leur origine. Us sont plus ou moins flexueux dans toute retendue de la substance corticale chez . rbomme et la plupart des mammifères, ou seulement près de sa surface (dans le rein du cheval) (i).
En passant de la substance corticale dans la sub<« stance tubuleuse ou médullaire , ils se redressent peu à peu, de sorte que dans cette dernière partie du rein ils sont dirigés, comme les rayonst de la circonférence au centre, c'est-à-dire dans le mamelon où ils ont leur embouchure. Dans leur marche concentrique , ils se réunissent successivement, dicfaotomiquement, ou par deux ramuscules qui forment un rameau ; par deux rameaux qui forment une branche, etc.
Ils sont séparés, jusque dans la substance corticale, par faisceaux assez distincts, comprenant lés tubes qui a]:^artiennent à chaque mamelon , et qui yieniienrt s'y terminer. Ce sont les ramifications des raisseàux sanguins qui les sépateàt;. ces ramificûtions forment partout des réseaux, par leurs nombreuses anastomo«ses; mais entre les cônes de la substance tubuleuse celles-ci sont moins fréquentes et les maiUes des ré* seaux plus allongées. C'est plus particulièrement le réseau capillaire de la^ubstance corticale dont lés ramuscules artériels qui sortent des pelotons ou des corpuscules de Malpighi font partie, qui est, avec les tubes urinaires d'origine , le siégea de la sécrétion du rein. Ces pelotons ou corpuscules de Malpighi , qui s'injectent facilement par les artères, sont composés de
•v^m^^mmmmmmmmmmmmmtmmm^^^mm^^ammÊ'^mtmmimmma^mim^n^tm'
(i) Ibid. , pi. XIT, flg. 9*
5(>3 XXXr LEÇONi bSl'URlÀE Éf DBS ORC^AN&S CRlNAlRÊl
ramuscules artériels repliés sur eux-mêmes et se continuant ensuite dans le réseau capillaire sanguin de cette substance (i).
Les tubes urinifères des reins de Vhomme ont dans les papilles O9O1453 p. p. ; au milieu de la substance médullaire» 0,00489 p« p. ; dans la substance corticale, de 0,00 i4o — 0,00188 p. p. Ces conduits urinifères sont aux corpuscules de Maipighi, relativement à leur diamètre, comme i-3. Le diamètre des plus petits vaisseaux sanguins des reins de l'homiùeest de 0,00037 p.p. — 0,00008; celui des corpuscules de Malpighi 0,00700 , de sorte que ces corpuscules sont i3- 18 fois plus grands. Ces mesures sont de M. Jean Mutlêr. ]
e. Uretère ou canal excréteur des reins. Un ou plusieurs mamelons sont embrassés par une gaine membraneuse de forme conique , que Ton appelle calice ou entonnoir ; chaque rein a de cinq à huit de ces entonnoirs, qui se réunissent dans son sinus pour former un réservoir commun, ou bassinet. L'urine passe de ce dernier dans l'uretère» canal également membraneux, qui descend le long des lombes, pénètre dans le bassin, se glisse derrière la vessie urinaire, perce obliquement son bas-*fond de manière à former un pli qui permet l'entrée de l'urine dans cette vessie et l'empèelte d'en sortir. Ce canal , ainsi que le basAnet et les calices, sont formés de deux tuniques : une externe, propre, forte, résistante, [en continuité avec la membrane propre des reins ; ] l'autre interne, muqueuse, très-mince,
(1) On aura une idùe bien nette de cette sCrucCu^ en étudiant les Bg, i-n* surtout la 6g. iii« de la pi. » dea îconu Physiologieœ^ publiées par lf« A« /fSv ner. Leipsig, 1^39.
▲BT. II. DIS UllfS. 563
qui tapisse leur cayité [et semble un prolongement de lamembraqe 4es. conduits de Bellini].
B. Dans les mammifères.
Les reins des mammifères sont essentiellement seiQblables à ceux de Thomme dans leur structure iptime. Le sang s'y rend et s'en retourne par des yaissçau]( analogues, qui se distribuent dans leur intérieur d^ la même manière. On y distingue de même deux substances, ayant la même apparence que celles des reins de rbomme; mais ceyx des mammifères présentent des yariations dans leur position» leyr forine, Tépaisseujr relatiye des deux substances; le pombre oii labsencfg des mamelons, d'où dépendent le pombrç ou Tabsence des entpnnoirs et la pfésepce oi| lé défaut d'un bassinet, et enfin dans leur division en reips plus petits.
Au contraire de ceux de lliomme^ c'est le droit qui est toujours le plus ayancé ; il dépasse quelquefois le gauche de la moifié de sa hauteur^ et même dayaptagç^ et il se creuse dans la partie correspopdante du foie une fossette où se loge le sommet de ce^tte partie ayancée. Leur forme est le plus souvent semblable à celle qu'ils pat dans l'homme ; cependant op les trouya à peu près globuleujjf: dans les chats ^ les coafis, tes tatous^ etc. ; très-allongés dans le paca, le cochon ^ le porc^picf à peu prés cylindriques dans le iama; courts et triangulaires dans le chevaL
La différence la plus importante qu'ils présentent est relatiye à leur diyision. On sait que dans le fœtus humain, ils sont composés d'un nombre yariable (9-17) de reins plus petits, plus ou moins distincts, dans chà-
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cun deâqaels on distingue deux substances, un mamelon et un calice. Ces petits reins se confondent dan^ l'adulte.
Ceux de plusieurs mammifères conservent dans tous les âges une division analogue ; on n'en voit, à la vérité, que des vestiges dans les reins des chats i leur surface a quelques grandes bosselures séparées par des sillons peu profonds. Mais dans le bœuf et Yéléphant les lobes de chaque rein ou les petits reins sont déjà bien séparés ; on ei) compte vingt -six à trente dans le premier, et quatre seulement dans le dernier. Ils sont bien plus distincts encore dans Vours des Alpes y la loutre cornmime , les Carnassiers amphibies et les Cétacés , chez lesquels, leur division est telle qu'on les compare à des grappes de raisin. Ce sont, à la lettre, des aglomérations de reins plus petits, de forme polygonale, parfaitement semblables, pour la structure, aux plus grands. Dans la loutre ^ on en compte dix dans chaque rein ; il y en a de quarante-cinq à cinquante-six dans les ours ; cent vingt à cent quarante dans les phxh ques , et plus de deux cenits dans le marsouin, le dauphin et le rorqual jubarte (i).
[A quelle loi cette particularité de forme est-elle soumise ? Ce' qu'il y a de plus évident, c'est son rapport avec le^ séjour dans Teau ; puisqu'on l'a observée chez tous les mammifères aquatiques monodelplies , dont les reins ont paru d'ailleurs plus grands, à proportion, que chez les mammifères terrestres. L'oruitluh rhynque^ parmi les mammifères marsupiaux aquatiques^ ne les a pas. divisés. Le volume absolu semblerait aussi
(i) D'après I. Hunier t Tranâ, P%Uo9, pour i787.
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avoir quelque influence , aucun petit roamriiifère terrestre n'ayant les reins divisés à l'état adulte ; tandis que quelques-uns des grands mammifères terrestres conservent 9 dans ce dernier état, les divisions de l'embryon.] ' ]
Dans plusieurs animaux (le /eem, le bœuf) les reins ont, au lieu d'une échancrure, une fosse, plus ou moinis profonde , à leur surface inférieure , creusée près de leur bord interne, et qui sert au niéme usage que. la première, c'e$t-à-:dire qu'elle renferme le bas* sinet ou le commencement de l'uretère, et que c'est par elle qpe i^ortent ou entrent les vaisseaux sanguins. Dans les phoques cette fps^^ est placée dans l'épaisseur du bord ifxterne ;,c*est unç simple fente dan)S le dauphin et le marsouin.
Nous verfonsbientôt que dans les animaux dont les reins sont très-di visés , ce sinus n'^st plus exclusivement le rendez-vous commun des vaisseaux sanguins et excréteurs.
Les limites des deux substances sont généralement bien tranchées; cependant cela n'a pas lieu d^ns IV/erphanif la substance de. chaque rein, extrêmement molle, contre l'ordinaire 5 présente des stried blanchâtres qui vont en divergeant; des mamelons veifs la circonférence se perdent à peu de distance de la surface, et forment le seul caractère apparent propre à distinguer la substance corticale de la médullaire*
[IL J. MuUer n'a vu les tubes urinaires, de venir flexueux que vers la surface du rein du chevaL En rapprochant cette observation de la précédente, nous sommes disposés à regarder la substance corticale comme très^mince dans l'un 9t l'autre cas. ]
566 XXXl^ tEÇOffé DE l'uBlKS ST DK8 OXCANS8 OUHAIIIS*
Il parait en effet que les deux substances n'ont pas toujours la même épaisseur relative. La corticale, par exemple y n'avait qi^e le tiers du diamètre transvei'sal dn rein , compris entré l'échancrure et le point opposé de sa surface y dans le tigre , le sarigue; cette mesure était réduite au quart dan6 Vabuatte, à un septième dans Vtc/meumon ; elle était d'un demi dans les coatis^ les phalangers, le daman, etc. Elle avait presque cette proportion dans lei petits reins de Vours.
La substance médullaire ne se termine pas <ionstammeht par des mamelons. Il est des animaux chez lesquels la surface qui transsude Turine , s'il est permis àt s'exprimer ainsi , au lieu de former une ou plusieurs saillies semblables, est au contraire unie et concave. Tels sont les chats , Içs chiens , les phaiàngérs, les taiôusy etc. Cette disposition ne change rien à la structure de cette partie, qui est toujours plus pâle que le resté.
Oii ne trouve souvent qu'un seul mamelon, le tenrec^ les coatis, Yorang^utang, le cahitriche (d'api^s M. Owen et Martin ) ;' beaucoup de Rongeurs , entré antres Vécureully le lièvre, le cochon d'Inde, le càprotnys (d'après M. Ô#en ) ; dans le daman parmi les Pachfdetmef* I) y en a deux dans quelques rats ; on en compté un pour chaque petit rein dans les Surs , la loutre commune , les phoques, les Cétacés. Il n'y en' a que trois dans Yéléphant. Il y en a quatre dans YéchîdnÉ ; cinq dans le hérisson.
L'existence des calices ou des entonnoirs est subordonnée, jusqu'à un certain point, à celle des mamelons et à leur nombre. Lorsqu'il n'y a qu'un mamelon, ou qu'ils manquent entièrement, le bassinet se trouve confondu avec le seul calice qui pourrait exister. H embrassa tout lé contour de la surface qui transsude
AIT. tu M8 RSIN«. 567"
ruijne, et envoie dans la substance du rein des pro* longements plus ou moins nombreux, qui sont trèsdistincts jusqu'à la corticale. Dans ce cas, le bassinet ne se voit pas hors du rein ; il présente dans son milieu Tembouchure de l'uretère ;, c'est ce qui se voit très-bien dans les chat$. Dans Véchidné , on trouve de même le bassinet confondu avec les calices, quoique les reins aient quatre mamelons. Dans les (^urs, h loutre commune^ les phoques^ etc., il y a autant d^entonnoîrs ou de calices que de petits reins ; ils se réunissent successivement ed troncs qui se confondent en un réservoir ou en un bassinet. On n'en compte que trois dans VétéphUnt^ dont les deux antérieurs forment un premier canal , auquel vient bientôt se joindre le troisième. Il n'y a ddnc point de bassiâet.
Quant à l'uretère, il a généralement la même direction , la même marcbe et la même terminaison. Sa structure , son diamètre et sa longueur proportionnés paifaissent également constantes.
Le marsouin et le dauphin manquent de inême de bassinet ; l'uretère semble commencer dans le slnus^ par la réunion des branches que fournissent les calices antérieurs ; il se porte de là jusqu'à l'extrémité postée rieu#e du rein par où il sort, et grossit à mesure qu'il reçoit des branches d'autres petits reins , entre lesquels il reste enfoncé pendant ce trajet ; il est accompagné par une branche principale de Tartère rénale, qui diminue de diamètre à mesure qu'elle se porte en arrière, en donnant des rameaux aux petits reins.
En général, dans tous ces reins extrêmement divisés, ceux des ours^ de la loutfe, des Cdrnasêiers amphibies^ àûêCéiûcéê^ toutes let branches des artères rénàlei ne
566 XXXi* LEÇON. DB l'cRINB et des organes tRlNAIRES.
s'y introduisent pas par le sinus ; plusieurs d'entre elles Tont au contraire par un chemin direct aux petits reins auxquels elles sont destinées. 11 en est de même des Tçines ; les dernières ont dans les chais une disposition remarquable : isept ou neuf branches principales remplissent, en partie, les sillons qui séparent lesbos* selures qui se voient à la surface de chaque rda« et Tont en convergeant et en augmentant de diamètre dans le sinus» où elles se terminent dans. le tronc de la rénale. Ces veines ressemblent aux sinus cérébraux; leur canal présente, du côté du rein, un angle criblé d'orifices des veines qui s'y rendent de l'intérieur de cet organe.
Tels sont à peu prés les particularités les plus remarquables <^e les vaisseaux sanguins des reins nous ont offertes , dans les mammifères.