‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 109 sur 124 · C. Dans tes Oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans tes Oiseaux

Position , forme , grandeur relative , couleur* Les reius des oiseaux diffèrent , à l^eaucoup d'égards , de ce,ax que nous venons de décrire* Ils sont logés à la même hauteur, derrière le péritoine» [immédiatement en arrière des poumons et dans les régions lombaire et pelvienne],, où ils occupent plusieurs fosses creusées le long de la face supérieure du bassin. Leur forme est assez irrégulière, plus ou moins allongée > dépendante des os et des autres parties contre lesquelles ces organes sont appliqués et se moulent pour ainsi dire.

[ Dans beaucoup d'oiseaux cependant on peut y reconnaître trois parties , plus' ou moins séparées par des scissures. Nous appellerons iléo-lombaire la portion la plut avancéie , à cause de sa pofitioa constante dans

AAT. 11. BB1N9 D£8 ▼EfiTBBllXS. 569

cette région ; c'est assez souvent la pins large. La moyenne est la j)lus étroite; elle se contourne dans là région iléo-sacrée pour entrer dans le bassin. La postérieure s'y trouve enfoncée; elle est de nouveau plus large. Nous désignerons ces deux dernières par les dénominations dé pelvienne antérieure ou supérieure, et de pelvienne inférieure ou profonde. Ces portions pehiennes ont souvent leur bord interne et supérieur échancré par une série de scissures transversales, produites par la saillie des apophyses transverses des ver-* tèbres sacrées ; absolument comme les poumons, par les saillies des côtes.

Laiorme type que nous venons d'indiquer, et qui est Msez. comparable, pour les deux reins pris ensemble, i celle d'un biscuit , peut être modifiée de bien des manières , ou même tout-à-fait changée ; sans doute par suite de modifications et changements correspon-^ dants des lombes et du bassin.

Ces différences, bien appréciées, pourraient aider à reconnaître le genre et même l'espèce à laquelle tels reins ont appartenu , ou contribuer à caractériser ces groupes.

Nous citerons quelques exemples de ces différences :

Dans le vautour brun la portion lombaire est trèslarge; elle est réunie à la pelvienne supérieure, qui est très-étroite en arrière et repliée en dehors ; Tune et l'autre forment ensemble une massue. La pelvienne profonde est détachée de la précédente, irrégulièrement globuleuse, profondément échancrée en avant, et presque aussi grande que la première.

Dans le $arcoram//keroyalj au contraire, cette portion pelvienne est contiguë et adhérente à la pelvienne su^* périeure , également.plus étroite que les deux autres^

5751 XXXI* tE(;ON. de l'urine BT 1>£S OAGANXS LRRIMA1R£S.

seule masse ; elles figurent ensemble un polygone irrégulier, ayant dans le milieu deux séries de sillons transverses.

Parmi les EchâMsier$9 nous devons distinguer, en premier lieu, les Brévipennes^ dont les reins ont leurs trois portions peu séparées. Dans Y autruche^ la portion lombaire est petite et rhomboïdale , la pelvienne supérieure étroite, et loipgiie , la pelvienne profonde beaucoup plus large et assez longue. La masse des reins est profondément divisée en un grand nombre de lobules très- distincts, réunis par un tissu cellulaire lâche. On dirait, à voir letirjsurface, que la substance du rein se compose de coycbes ou de lames irrégulières, s'enchevêtrant les unes dans les autres; sous d'autres aspects, ce sont comme des circonvolutions cérébrales. 11 y a donc ici, dans l'adulte, la même apparence de structure observée dans les reins des embryons ou des trcs^jeunes oise^u;^, et qui disparait généralement avec l'âge. .

. LVii/an/tf a les reins petits ; les trois lobes bien séparés, et les postérieurs plus grands.

Ceux de la grue sont très-allongés, très-étroits dans leur partie moyenne ^ et divisés en lobules dans leurs portions pelvienqes. Us sont moins allongés ^ et leur portion lombaire est pi u^ large chez Yoiseau rayai

Dans la cigogne à sac , les reins ont une forme courte et ramassée ; les portions pelviennes en forment la trèsgrande partie ; la pelvienne antérieure est sphérique, et se continue avec la postérieure, qui est triangulaire ; en avant de la première est une petite sphère que je regarde comme la portion lombaire, sans l'avoir vue en place.

i.a spaiuU a ses deux reins contigus et leurs trois

ART. U. RSINS DBS YSRTSBllES. 5? S

portions presque confondues ; la pelvienne profonde ^e distingue cependant par sa plus grande masse et par sa largeur, et la pelvienne superficielle, parce qu'elle répond à la partie échancrée ou la plus étroite de ces rdins; elle n'a, réunie à la lombaire, guère plus de longueur que la pelvienne profonde.

Je citerai immédiatement, parmi les Palmipèdes , une forme opposée à la^ plupart de celles que je viens de décrire dans les deux ordres précédents. C'est celle des reins d*unmanchot (le manchot bleu ou le grand manchot) , qui sont rapprochés en arrière, plus séparés en avant» sans portions distinctes, larges et arrondis en avant et en dehors ; se courbant en S par leur bord externe, et se rétrécissant beaucoup en arrière. Nous avions déjà dit, dans notre ancien texte, qu'on ne distingue plui leurs lobes dans le cormoran et le pélican.

Ces exemples suffiront pour montrer combien les îeins des oiseaux diffèrent dans leur forme ; quoiqu'on puisse leur assigner pour type général d'être plus larges en avant, dans leur portion lombaire et en arrière dans leur portion pelvienne profonde, et plus étroits dans leur partie moyenne; et d'avoir généralement ces trois parties plus ou moins distinctes , ainsi que nous l'avons exprimé en commençant cette esquisse générale. }

Leur masse nous a semblé plus grande à proportion que dans les mammifères, et leur consistance beaucoup moindre.

[On a Toulu expliquer leur plus grand volume « par la nécessité de suppléer par la sécrétion urinaire à 1 exhalation pulmonaire et à la transpiration cutanée , qui n'existeraient pas chez les oiseaux. Mais on n'a pas réfléchi que leur urine n'est que très-peu ou même pas

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du tout aqueuse, et que ce n'est que sous le rappott de Feau qui entre dans leur composition que ces trois excrétions se balancent et se suppléent chez llnomme.

La couleur des reins, chez les oiseaux, est d'un rouge brun, et contraste avec celle des poumons, i la suite desquels nous avons déjà dit qu'ils sont placés. ] . b. Faiêêeaux êanguinê. Les artères des reins viennent , pour le premier lobe de Taorte même , et pour Tautre partie , de la fémorale.

Les veines se joignentaux fémorales pour, formerla yeine cave , ou vont immédiatement à cette veine.

[Ce sont les premières, que nous avions bien distiu* guées, comme Ton voit, dans notre ancien texte, qui sont considérées par M. J^acobum comme des veines afférentes, comme constituant , pour les reins, une sorte de veine-porte (i).]

c. Structure intime de% reins* On ne peut y reconnattre deux substances , quel que soit le sens dans lequel on les coupe. Aussi n'y trouve-t^m plus , comme dans les reins des mammifères, deux sortes de canaux exeré* teuts; car on doit distinguer, dans ces derniers, Id canaux qui forment la substance médullaire, de Tufetère., qui commence proprement avec les calices, ki ce dernier canal prend son origine dans l'épaisseur des Teins [ à la vérité , près de leur surface , ] par une ^foule de petites racines très-déliées [ qui sont les tubes urinifères 1. Il naît de leur rassemblement successif^ des rameaux et des branches qui concourent à former et à grossir l'uretère.

(â; Voir notre t. ti, p. Ui-Vik el p. S85.

ÂRt, il. RÈIlfS DÈS YttRTÊBRÉS. 575

i Notre manière de voir le9 tubes de Bellini dans les oiseaux^ comine se continuant avec les uretères, dont les ramifications se changeraient insensiblement dans ces tubes, est celle adoptée paT M. Huschke (mémoire cité ), Ce savant pense qu'il n'y a de papilles distinctes, et conséquemment de calices, que lorsqu'il existe deux substances. Cependant il ne disconvient pas que Ton trouve, dans U classe des oiseaux, des traces de papilles.

En efifet, Ferrein avait déjà démontré que, chez les pigeanê, les tubes de Bellini convergent par faisceaux séparés en s'approchant de l'uretère; qu'un certain nombril de tubes, se réunissant successivement par paire, dans chacun de ces faisceaux, semblent se terminer dans le sommet d'un cône très-petit, allongé, sorte de mamelon qu'un rameau court de l'uretère Tient emboîter comme un bassinet. M. E. H. Weber t décrit cette structure dails la pintade , et M. J. Muller l'a reconnue dans le faucon (i).

Elle est sans doute plus évidente dans les grands oiseaux (â). Ainsi, Meckel a distingué dans le lobe an^ teneur des reins du casoar de YInde, des papilles et des calices.

La surface des reins, observée à la loupe, ou même i la vue simple, surtout chez les jeunes sujets, montre comme des circonvolutions cérébrales. Ce sont des lobes plissés, repliés, se terminant à cette surface par un bord un peu en relief. C'est le long de ce bord^ dans

(i) Op. cit. , pi. xm, ûg. 12.

U) Ar€hi9ê$ éejtiatommêt dû PhyêhiogUt pont 1852, p. BflS.

576 XXXI' UCON. I>1 b CllIMl IT ftl« Oaa^N&S »Rli!IAllll8.

ces circonvolutioDS, que commeocent les tubes urinifères par des^ ramuscules encœcum, simples ou bifur* qués, ou montrant dans leur trajet, à droite et à gauche, de courtes branches également terminées en culde«sac. Ces tubes d'originç sont ordinairement disposés en deux séries opposées , de chaque côté de la ligne ondulée des lobules ; Ferrein les représente dans la perdrix 9 comme formant beaucoup de sinuosités à la surface des reins. Suivant Huschke ils seraient plus droits.

Les principaux faisceaux de ces tubes sont séparés par le réseau vasculaire sanguin, qui montre, comme dans les mammifères,, des corpuscules de Maipighi

Il n'y a pas plus que dans les mammifères, decom« munication directe entre les tubes urinaires d'origine et ces pelotons artériels, ou même arec le réseau capit laîre sanguin.]

d. Canal excréteur des reins. Les rameaux de ce canal et les branches qui sortent de la partie antérieure des reins, concourent successivement à former et i grossir son tronc unique ou Turetère, dont la structure parait la même que chez les mammifères ; il se porte d'avant en arrière, le long de la face inférieure et un peu interne de chaque rein, en recevant à mesure les branches de chaque portion de cet organe ; puis ilcontinue son chemin d'avant en arrière jusqu'au cloaque, à la paroi supérieure duquel ir s'ouvre.

[Ordinairement il parait à découvert, à la face inférieure des reins ; mais il peut être comme enfoui dans cet organe.] C'est ainsi que dans Yautruchey il reste ca* ché jusqu'à, l'extrémité postérieure du rein^dansuo sillon profond de sa face inférieure.

JkKT. rt. TîilNS DIS YEMil^RÉ^. 51*1

[Celui du casoar a là même disposition ; à son iâsue du rein, il n'éprouve aucune dilatation qui formerait une sorte de bassinet. ]

D. Dans les Reptiles.

Les reins se distinguent de ceux des mammifères, et ressemblent aux reins des oiseaux, et à ceux des poissons, par Timpossibilité d'y reconnaître deux substances, et par le défaut de calice ou de bassinet.

a. Leur situation^ leur forme^ leur grandeur relative, variant dans les diiïerents ordjçes, [nous allons.chercher à indiquer, sous ces différents rapports, leurs principaux caractères de ressemblances ou de différences. ]

1* Ceux des Cheioniens sont très-en arrière dans la cavité abdominale, [dont ils occupent une très-petite partie, en se portant plus loin dans le bassin. Dans cette position reculée, ils peuvent encore avoir au-dessus d'eux une partie des poumons ( dans la tortue marquetée, testudo tabulata^ tValb.) (i), ou bien se montrer immédiatement après eux, comme chez les oiseaux ( la chéloné caret. ) ]

Leur forme est courte et ramassée [ovale, prismatique ou plate et triangulaire, avec Tangle tronqué et arrondi (la chéloné caret est dans ce dernier cas ). ]

On les trouve très-divisés, du moins dans leurs deux faces; car tous les lobules se réunissent au centré.

(i) Voir la p^. 3 des BepUhs que j*ai publiée dans la noutelle éditkMi du Bégne oniiM/, où la plupart des TÎseères de cette espèce, et non de la lortne couï , comme la souscription le porte par erreur, ont été représentés en pofltlon.

578 XXXI' LEÇON. Dx l'uriiK tt fi£5 oK^Aims tîBiiriiias.

{D'autres fois les divisions sont profondes dans un de leur côtés ( Yemys luiaria ) ; ] ils foran^nt, du côté inférieur, des espèces de circonfolutions comparables à celles du cerTeau, et qui donnent à ces organes un aspect singulier.

2. [Les Sauriens les ont aussi très-recuïés dans laça- Tité abdominale ; ] chez plusieurs {les têtards l^ ils sont compris eqtièrement dans la cavité du bassin, où ils sont» pour ainsi dire, collés à côté Tun dç l'autre, sous la voûte du sacrmu» au-dessus du cloaque, et s'enfoncent mêoae jusque sous la queue.

[ Leur forme est généralepient plus allopgée, comme celle du corps, que dans Tordre précédent. Elle j est en cône, en navette ou en massue, c'est-à-dire que leur partie la plus avancée est remarqua})lementplus épaisse, dans ce dernier cas, que le reste de leur étendue.

Leur volume proportionnel m'a paru très-petit cbei ceux qui ne vont pas à Teau, tels que les lézardé fioprement dits >, etc.

Le caïman à lunftteê^ parmi les Crocodiliens f lésa oblongs, obtus en avant, plus larges dans leur partie moyenne , rétrécis en arrière. J Ils sont aussi plus ou laoins, divisés en lobules, dans cette famille. [Le crth €odiU à éeutc arêtes et le çaiman^ à la vérité, ne m'ont offert qu'uo petit nombre de lobules, surtout à la face dorsale ; ] tandis que nous en avons vq beaucoup dans 1# crocodile du PfH'

[Les reins sont en massue, épais et arrondis en avant,

très-effilés en arrière et divisés en travers en un grand

nombre de lobules, dans le varan du Nil, Dohjér. et

BiBER. Dans le varan bigarré ils sont enfoncés dans le

>assiD , s'élèvent peu dans les lombes et présentent

ART. II. RBINS DES VERliBUlÊS. 579

aussi la forme en massue.. Us soi?t ovales, très-rélrécis en arrière, ayant leur bord externe divisé en lobules, dans le caméléon.

D'aijtres Sauriens^ tels que les lézards^ les ont peu divisés. l»e tétradactyle Décrès les a enfoncés dans le bassin, courts, épais et ovales, comiiie les autres Spuriens.

Cette {xositiou reculée, à la même hauteur, se voit encQi'e. dans le bipède y dont les reins sont cependant plats et très-étroits, ou en ruhan. ]

3. Çéïxt% les Ophidiens j le rein droit est sensiblement plus avancé que le gauche ; et ils ne sont assujettis de chaque côté de la colonne vertébrale, que par un prolongement du péritoine, qui les enveloppe et les suspend sans les y coller ; disposition qui dépend saqs doute de la grandç mobilité de cette colonne.

Leur forme est généralement plus ou moins allongée, étroUe et déprimée.. Ils sont eoipposés de lobes distincts, séparas, qui sont comme enchamé^ l'un devaat lautrç,

[11 y a. cependant quelques différences de forme^ de volume et de position qui paraissent devoir distin* guer les reins de plusieurs familles.

Ceu3^.de Vomci sont reculés, comme chez les 5«iinen$ ^ mais comme ils sont plus volumineux à propor^ tion, ils s'avancent davantage dans la cavité abdominalct Us se composent de cinq lobes imbriques l'un derrière l'autre, et sont situés à la ^éme hauteur.

Chez les tortrix (le ruban\^ ils ont la position asymétrique des serpenta proprement dits. Ils sont oblongs et prismatiques, composés de beaucoup de lobules, Iç droit plus avancé que le gauche de moitié de sa Ion* gueur ; l'un et l'autre peu éloignés de l'anus. «^

580 XXXI* LEÇON. M t'CRINHET DES OtlGARËS URINAItlS.

Ils sont au contraire très-élôignés de l'anus dans les boas. J'ai trouvé le droit en forme de massue, le gros bout en avant, et le gauche en forme de navette ; l'un et l'autre composés de lobes lâchement unis et disposés en travers. Le serpent à sonnettehs a très-rapprochés de l'anus, le droit moins que le gauche ; tous deux sont composés dé lobes serrés, leur donnant la forme étroite et déprimée, qui est la plus générale dans cet ordre. Leur substance est compacte , avec deux ou trois lignes transversales peu apparentes, indiquant de rares divisions ou lobes , dans les chersydres ( acrochordus fascintus).

Les cécilies les otkt étroits, allongés, trcs-rapprochés l'un de l'autre, très-reculés^ à peu près à la même hauteur ; ils sont un peu éohancrés le long de leur bord interne dans la cécilie à ventre blanc*

4. Enfin, chez les Batraciens^ les reins varient encore beaucoup, dans leur forme et leur yolume proportionnel ou leur division en lobules, suivant les familles et surtout suivant la forme du corps et le séjour^

Les Batraciens anoures les ont oblongs ou un peu en massue, proportionnétnént grands, occupant, rapprochés l'un de l'autre, une grande partie de la longueur de la cavité viscérale (1). Leur substance est peu divisée, assez compacte, d'un rouge clair.

Ceux des salamandres (des tritons) sont oblongs, rapprochés dans le bassin et la région lombaire, non divisés en lobes , d'un rouge brun. Leur volume proportionnel m'a paru moindre dans la salamandre ter^ restre.

(i) Premlëfe édition , t. t, p. S81 et S82.

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