‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 111 sur 124 · ART. II. KEIN5 DES VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

ART. II. KEIN5 DES VERTÉBRÉS

mité {te cottus scorpio) (i) ; ils se rapprochent et se confondent en apparence en une seule niasse dans leur, partie postérieure. Il en résulte que Tensembre des deux reins parait fourchu.

Nous devons dire de la forme des reins ce que nous avons exprimé sur le foie ; que ces organes, n'étant pas des instruments physiques, mais chimiques, leur forme ne leur est pas aussi essentielle que leur composition intime.

Aussi est-elle évidemment sous l'influence de la forme générale du corps, et plus particulièrement de celle de la cavité abdominale, et de l'espace qui leu^ est laissé par les autres viscères. Cette dernière proposition est facile à démontrer chez les caprins ^ où l'étranglement de la vessie natatoire- et laplace qui eu résulté perpaettent aux reins d'y développer un lobe latéral, ainsi que nous venons de le dire. }

Leur substance est molle, d'un rouge brun, et trèsruniforme ou homogène dans toute son étendue.

[ Elle e^t recouverte par une membrane propre , de nature fibreuse , extrêmement mince , qui s'en sépare difficilement.]

Le péritoine est teudu sous leur face inférieure et sert à les assujettir, [ainsi que la vessie natatoire quand elle existe, et dont les prolongements qu'elle envoie souvent aux côtes, traversent la face inférieure des

reins.] Cette description convient au très-grand nombre des

(1) A* J. n« Toussaipt, Commentûthdé tyitêmûtê uropoêiico piê€immi}M\f\* u Û%th»û» Lug€tuni Baiav^t i6B5, *

586 XXXI* LEÇON. DIS L^URim ST DES ORGANES tRINAlKES.

poiêions osté$iX* Il n'y a guère que leur forme, et peut être leur Toluine proportionnel, qui paraissent varier. •2, [Dan» la sotu^tasse des Poissons Cartilagineux, Parmi les poissons de cette sous-classe, les deux familles des Sélaciens et des Suceurs pi*ésentent des dififérences caractéristiques, à cet égard comme à beaucoup d'autres.] Ainsi on les trouve sensiblement moins grands dans les raies [et surtout dans le^ chimères] ^ que dans les autres genres de toute la classe. [ Ils y sont divisés plus ou moins profondément en un nombre variable de lobules.

Presque toujours séparés dans toute leur étendue, ilest plus rare qu'ils se réunissent en arriéré ^ Comme dans là chimène^ la raie bouclée ^ la rhonrine narinàti

Dans cette dernière espèce, je les ai trouvés eotnposés d'un grand nombre de lobules îrrégulîers, lâchement unis. Les deux reins^ ét^iîent confondus danèleur mpitié postérieure , et comme séparés tn deux grands lobes dans leur moitié antérieure.

La raie ronce les a étroits, allongés, composés d'une série de lobules appliqués surctaque côté de la colonne vertébrale, dans la partie la plus reculée de l'abdomen; ayant , dans les mâles, les canaux déférents contre leur bord interne.

DaDs les lampï^oyes {la lamproyé marine),, les reins sont étroits, aplatis en rubans, très-longs, étendus depuis la partie la plus reculée ée la cavité abdominale jusqu'au*- delà de sa moitié antérieure, et comme suspendus et comfîlétement enveloppés par les replis du péritoine, de chaque côté du sinus veineux génital, sous la veine-cave.

Leu£ substance a paru en général moins molle, plus compacte dans les familles de cette sous-K^lasse que

ART. If. UBINS DKS TËAt6biIÉS. 5S7

dans la sous-classe précédente , surtout dans les eHUr^ geons et les êélacienê;]

b. Structure intimé des reim. Les nombreuses radnes des canaux uriniféres^ qui prennent leur origine dans la substance des reins, à la manière de celles des canaux biliaires» ont des parois d'abord t;fansparentes , qui deviennent opaques en ^ grossissant ^ et montrent sou- Ycnt «ne couleur argentée; Leurs rameaux et leurs , branches se rassemblent enfin ^ comme dans les deux classes précédentes, en un tronc unique, Toretère, qui suit la face inférieure du rein5[ei dont nous exposerons plus bas la marche ultérieure et les différents modes^de • terminaison*

Les ^[^naux urinifères Dut puru très-flexueux , intésvtiniformés dans les reins dé la cai'pe et de la torpiUe. Ils sont très-*peu flexueux , presque parallèles , tranir-verses, en coecum à leur origine, dans les lampreyes {\)é L'flmm<?r^/^ les a très-flexueux (2)4

Quelques poissons (lés gades^ les brochets , les pléu*ronectes) montrétit^ dans la substance dé leurë reins, de petits grains noirs, qui paraissent plus ou moins évidemment adhérents aux circonvolutions des vais- Seaux satïguins et utînaires (3)*]

d, VaisieaOx sanguim. Leurs artères se détaqjbènt de l'aorte ou de ses premières branches, ordinairement des intercostales i en rares et très-petits rameau^. La veine-cave est cachée dans leur masse, qu'elle sépare. Elle y reçoit beaucoup de petites rénales; mai^ une

(i) J^MuUer^o^. cit.', tabl. xii» fig* i, S» S et à» —(2) M. Rathhep mémoire pour servir k rhistoire 4u Règne animal; balle, 1837, ^0"* partie, p. 9$. (S) M. Touuainty mémoire cité» pi tt.

S88 1^X1* LEÇON, PB l'urine BT des OKGANES UKINAIRE8.

aiQtre partie de ces veines se jette daqs un tronc principal, qui se joint à la veine-cave au<-delà. du rein.

[Au reste, le système veineux des reins, qui est généralement très-considérable , varie beaucoup dans ses rapports et sa distribution , suivant les familles.

Il est indubitable que, dans un grand nombre de poissons (i), plusieurs petits troncs veineux, après avoir rassemblé le sang des parois abdominales , se rendent successivement dans chaque rein, et s'y distribuent à la m.anière des artères.

Dans ce cas les veines caudales, en longeant les reins , reçoivent à mesure leurs veines efférentes.

Dnns d'autres poissons (â), la partie moyenne des reins reçoit, dans un sillon de sa face inférieure', un simis veineux, dans lequel viennent aboutir les veines «fférente» des reins; tandis que les veines caudales, tx même celtes de la partie moyenne du corps , s'y distribueraient à la manière d^une veine-porte soit en totalité , soit en partie.

L'autre partie, dans ce n dernier plan, se rendrait dans la veiçe^-porte hépatique (3).

Dans les lamproyes c'est encore un tout autre plan. Ici, les reins n'ont point de veîne-porte, et le sang teineux des autk-es parties du corp3 n'y péûètre pas. Ils Dnt, tout le long de leur bord interne, un sinus caverneux, qui reçoit leur sang et le transmet dans la reinecave correspondante (voir notre t. VI, p. 1160, ^62 et ii63>

' (lyXa'pàrcAiit la bltnnle vivipare ; left cypritu^ Tel etupiè: UAgadtt, stdvsot MM. Jatobton^ Rathke et Touisaint, — (S) Les trigUs^ laeiocUt les phurfh mtete»^ les âplacUm. — (3) Les murènct et la bauâforé^ svivaiit M. Jétêoêt^n; ttê Sysiêmaie venito ptf0(i"ri ; Uafoi» , ISH*

Aàt. lit. Vtft8l£ UmiNàlM DI§ VKftTkBi'.ifr. 589

e. Canal excréteur des reins, ^uretère peut être formé par les premiers canaux de la partie la plu« avancée du rein, et paraître déjà ^otts cette partie, dVm il se porte d'avant eh arrière, comme nous l'avons dit, dans tobte la longueur du rein, en recevant à mesure les branches des canaux urinaires de tout l'organe.

Dans d'autres cas plus rares, ce n'est que sous la partie la plus reculée dQ rein que de très-'petits canaux urinifères^ sortis des différentes parties des reins-, se rassemblent en un seul tronc (les godes ^ lés pie»» nectes)^

Les deux uretères se réunissent le pliis souvent en un seul canal , avant de se terminer* Par une exception raréfies épinoches ont cinq canaux urihahres, de chaque côté, qui se rendent séparément à la vessie.. Dans la réie bouclée femelle, j'ai vérifié que les canaux urinaires qui sortent à^ chaque lobe convergent d'avant en arrière ou d'arrière en avant, pour se réunir à deux troncs, qui s'insèrent près Tun de l'autre, sur le côté du lobe vésicsd correspondant (i).]

ARTICLE in.

De la vessie urinaire et des autres aboutissants, ou ré^ servoirs de farine dans les animaux, vertébrés.

Une partie seulement des animaux vertébrés possède une vessie urinaire , sorte de. réservoir m i^sculonueni^ braneux qui retient pendant quelque tçi^ps l'urine .que

H) H. TfufHtîntt mémoire cité, p. iO et tabl. 1€ , tig. i-e i k 3:

593 XXXI* LiSÇON. DK l'cBINE CT 1HE9 0R«Al!<f1i:9 CKlI«Mfe£S.

ligaiiients qui 5e portent des os pubis vers son col. Sa membrane interne a tous les caractères communs aux membranes muqueuses, et se continue dans Turéthre. Elle présente quelquefois des rides permanentes, interceptant des sinus plus ou moins profonds, qui ont fait donner aux vessies où elles se remarquent, le nom de Tessies à colonnes. La membrane interne de la vessie est réunie par une couche celluleuse , plus ou moins épaisse et serrée, à la membrane musculeuse; cette dernière est composée de faisceaux plus ou moins inarqués, dirigés en différents sens, mais dont un grand nombre semblent converger vers le col , 6ù ils forment une couche plus épaisse que dans tout le reste de retendue de la vessie. Enfin, une dernière couche celluleuse affermit encore extérieurement les parois de celle-ci.

La vessie urinaire reçoit des vaisseaux artériels de rhypogastriqûe sous les noms dé vësicales et d'Ombilicales. Les veines sont remarquables par le plexus trèscompliqué qu'elles forment, particulièrement autour dé son col.' Elle à de nombreux voisseaux lymphatiques et des nerfs qui lui viennent du plexus hypogastrique.

Mous avons déjà dit, en décrivant les uretères, que eeux^i percent obliquenient le bas^fond de la vessie pour y conduire Turine qu'ils reçoivent des reins. Ce .liquide passe delà vessie dans le canal de Turèthre. Celui de rhomipe sera décrit dans la leçon où nous traite- - rans des organes de la génération , avec la terge dont il fai't partie.

' Nous verrons, dans la même leçon, que celui de la femme se termine dans le haut de la vulve ; il est court, dirigé presque horizontalement du col de la vessie, sous la symphise des os pubis, accollé en partie à la face

aut. iu. yxssiK urinaire dbs vsRTiBKis. 59S

antérieure et supérieure du vagin, ayant intérieurement des plis longitudinaux, et des sinus , et extérieurement un tissu vasculaire.

2. Chez les autres mammifères. La proportion de la Tessie n'est pas la même dans tous les mammifères^ On a dit qu'elle est généralement beaucoup plus vaste dans les herbivores que dans les carnivores; mais cela ne nous paraît pas absolument exact. Si son Yoluœa est en effet beaucoup plus petit dans les carniyoreSi c'est en partie parce qu'étant beaucoup plus museu-i* leuse, ses parois se sont plus fortement contractées ^ l'instant de la mort. Elle paraît également petite dans ceux des herbivores qui l'ont très-musculeuse.

Sa structure varie à cet égard, dans la classe des mam« mifères, d'une manière frappante. Les carnassiers ont généralement d'épaisses colonnes musculeuses dans les parois de leur vessie. Ces colonnes ou ces faisceaux sont dirigés en travers, ou selon la longueur de cet organe» depuis son fond jusqu'à son col. Les carnassiers ne sont pas les seuls à la vérité chez lesquels cette structure existe ; on la trouve dans le cheval^ parmi les herbivores ; tandis que dans les autres genres de cette dl* vision , et dans les omnivores, tels que les singes^ les makis ^ le cochon^ la membrane musculeuse n'est pas à proportion plus épaisse que chez l'homme.

L'insertion des uretères est toujours placée à quelque distance du col , comme dans ce dernier, à l'exception de Yéchidné et de Vornithorhynque y chez lesquels cette insertion a lieu au-delà d'un bourrelet qui sembU séparer la vessie de l'urèthre ; de sorte que les uretères semblent plutôt s'ouvrir dans ce dernier canal que dans

594 XXXI* LEÇON. DE l'cKINE ET DES ORGANES URINAIMS

la vessie. C'est une ressemblance avec ce qui a lieu dans les chébniens.

Les femelles n'ont de Turèthre que ce qui répond à la portion musculeuse de ce canal dans les mâles. Sa longueur varie beaucoup ; mais en général elle nous a paru en. rapport avec la portion correspondante dans l'autre sexe. Ainsi , Turéthre est fort long dans les femelles de carnassiers, et en particulier dans les chats. Une couche plus ou moins épaisse de fibres musculaires transTO sales, qui doivent en resserrer les parois avec force, pour. en expulser l'urine, l'entoure dans toute son étendue.

B. Dan$ la classe des Oiseaux.

[En parlant de l'urine des oiseaux nous avons dit que les espèces de la famille des Brévipennes ^ ont seules, dans cette classe, une urine liquide et abondante, qi^i peut s'accumuler dans leur cloaque, comme dans une vessie urinaîre. ] U autruche d'Afrique^ Vautruche d^Amérique ou le nandou j le casoar à casque, celui delà Nouvelle-Hollande ^ qui constituent cette famille, sont conséquem.ment les seuls oiseaux qui urinent [d'une manière bien sensible. ]

On pourra voir (t. IV, part. II, p. 409 et 4 10) la description de leur cloaque et comprendre comment les urines peuvent y être arrêtées, en même temps que les matières fécales sont accumulées dans la dernière portion du rectum. Lorsqu'un oiseau de cette famille vieut se débarrasser des unes et des autres, il urine en premier lieu ^ et il rend immédiatement après ses matières fécales, expulsées, au moment même, de l'extré-

AKT. III. VESSIE URINAIRE DES TERTÉBKES. 595

mité du rectum, ou de leur réservoir intestinal, et ne faisant que traverser rapidement le cloaque.

Chez les autres oiseaux il y a, à l'égard des fonctions du cloaque, telles que nous venons de les indiquer rapidement chez les Brévipennes , moins .de différence qu'on ne le pense généralement , et que nous ne l'avions exprimé dans notre première édition (i).

Ce n'est pas non plus dans le cloaque que les matières fécales sont tenues en réserve , mais dans le rectum et les cœcums. Le cloaque ne fait de même que leur livrer passage, au moment de la défécation. Mais les uretères y déposent, chez les granivores , une urine dont la partie aqueuse est bientôt absorbée ; de sorte qu'il ne reste que la partie solide, qui adhère aux parois de ce réservoir, et qui recouvre les excréments^, lorsqu'ils traversent le cloaque, de cet enduit blanchâtre qu'on y remarque. Cependant il paraît que l'effort qui comprime les viscères, pour la défécation, fait sortir et exprime des uretères une urine liquide , qui sort après les excréments.

Chez les oiseaux carnassiers, les urines sont plus liquides; elles sortent les premières, lors de la déféca^ tien, et forment ce liquide blanc comme de la chaux délayée, qui blanchit tous les corps sur lesquels il tombe et s'étend.

Il résulte de ce que nous venons de dire que , dans la

(1) Ce que nous y avions écrit, en décrivant le cloaque de Vautruchcy et reproduit dans cette nouvelle édition (t. iv. S"» partie, p. 409). « Que les matières » fécales ne passent du rectum dans le cloaque qu^au gré de Tanimal , » doit s*é« tendre à tous les oiseaux. Il n^était pas exact de dire (même page) que le cloaque, des autres oiseaux sert de véritable réiervoir aux txcréments ei auso urines qui t'y milangeni, »

596 XXXI* IBÇOir. de X. «ftlM tT DBS ORGAM!! tUlRÀIItES.

Classe des oiseaux, le cloaque tient lieu de vessie urinaire , du moins pour une partie de ses fonctions.

Nous examinerons, dans l'histoire du développement, qui fera, entre autres, le sujet du tome suivant et dernier, jusqu'à quel point on peut conclure avec M. Carus (i), que si les oiseaux n'ont pas de vessie urinaire, c'est que l'allantoïde s'oblitère complètement dans cette classe. Nous verrons du moins, dans cette leçon du développement, les rapports évidents, ^ans le plan général d'organisation des vertébrés, entre l'allantoïde, cette vessie conductrice des vaisseaux ombilicaux du fœtus qui ne se développe pas dans l'eau et qui manque de branchies , et la vessie intérieure que nous décrivons. ]

. C. Dans la classe des Reptiles.

Il est singulier que l'existence d'une vessie urinaire soit très-variable parmi les Reptiles. Les Chéloniens et les Batraciens en ont une ; les Ophidiens en manquent ; ^ en est de même d'une partie des genres de Sauriens; tandis que d'autres genres en sont pourvus.

1 . [Dans les Chéloniens , les dimensions et la forme de la vessie uriaaire varient beaucoup, suivant les fa- «piilles, les geures. et même les espèces.

Une circonstance remarquable, déjà observée par perraalt (â), est celle de sa capacité, qui est beaucoup plus considérable dans les tortues de terre que dans les

(i) Traité élémentaire d'Anafùmle Comparée y t. ii, p. 288; Paris, 1889» M. Geoffroy admet, an contraire, qtie Tintestiii rectum débouebe, chef les oiseaux, dans teur Tessie urinarre. PhUoaophU Anat» , t. u ; Paris, iSSS.

(S) Mémoires de l'Académie des Sciences ^U m, partie ii; anatomie ée h Tortue des Indes.

m. m. TSS8IS tJRINAIRX DES VERTlÎBRliâ. S9Y

tartueê de mer. Elle a un volume intermédiaire entre les unes et les autres , chez les tortues d'eau douce.

Je Ta! trouvée, dans ïdichéloné earetj oblongue, à parois épaisses , contractées , ayant en longueur trois fois son diamètre transversal; celui--ci n'excédait tout au plus qu'une fois celui du rectum , qui était propor^ tionnément petit. Au contraire, dans la tortue bordée^ la vessie urinairc peut s'avancer lorsqu'elle est pleine, jusque derrière le coeur et le dépasser sur les côtés (i).

Cette différence dans la capacité dé ce réservoir, si grande dans led tortueê de terre j qui n'ont pas d'eau à pomper autour d'elles ; tandis que cette même vessie a beaucoup moins de capacité dans les tortues de mer^ qui pourraient y attirer l'eau dans laquelle elles vivent, à la manière des larves de Demoiselles, n'est pas favo*rablc à l'idée que le liquide contenu dans cette vessie serait de Teau aérée et respirable, plutôt que le produit de la sécrétion de* reins.

Les analyses de ce liquide, que nous avons fait connaître, démontrent, par la présence de l'urée ou de Tacide urique, à la vérité, dans de faibles proportions > qu'il a les qualités essentielles de l'urine.

La forme de la vessie urinaire des Ghéloniens est très-variable. Elle est oblongue dans le caret ; pyriforme, à fond très-large, dans Yimyde concentrique ; les chélydres serpentine et lacertine^ Schweig i en cœur dans Vémyde d*Europe et plusieurs r(7r/M^â proprement dites; transversale dans la tortue de Perrault, qui compare sa

(t) Vdr dans la tnmTéne édition du Uègnê animal de M. Gutier, la pi. S dei Reptiles , exécutée tous mes yeux.

S98 XXXI* LEÇON. t>E l'urine et des organes urinaires.

forme à celle de Tallantoïde de certains mammifères; profondément bilobée dans Yemys omata ; de telle sorte qu'elle simule deux vessies. Il arrive même dans le cas de vessies urinaires bilobées, que les deux lobes ne sont pas toujours symétriques, et que l'un des deux est resté très-petit ; ces dernières différences se montrent, selon l'observation de M. Lesueur^ dans des individus de la même espèce. J'ai remarqué , dans ce cas, que le petit lobe avait, en même temps, les parois plus minces et moins musculeuses.

Cependant les vessies urinaires des tortues terrestresy qui sont extrêmement vastes, paraissent avoir généralement des parois très-minces et très-peu musculeuses.

Un urèthre extrêmement court s'ouvre dans la paroi inférieure du cloaque dont la cavité présente de chaque côté deux bourrelets en avant l'un de Tautre; l'antérieur est percé de l'orifice du déférent ou de l'oviducte , et le postérieur est traversé par l'uretère. ]

a. [p^essies anales accessoires. Nous croyons devoir faire connaître , à la suite de cette description de la vessie urinaire , deux vessies symétriques déjà indiquées par Perrault (i), et figurées par Bojanus^ dans Yémyde d* Europe (â), mais sur lesquelles mon ami M. Lesueur vient de donner des renseignements précieux (3). Ces vessies , qui sont très-considérables , et dont la capacité excède celle de la vessie urinaire, n'existent ni dans les tortues de terre ^ ni dans les tortues de mer; elles manquent aussi dans les trionyx. Douze espèces d'^'-

(1) Mém» dû i*Aêad, des Se, ^ U m, troisième partie, p. 188. — (S) Op. cit, pi. xxTii, fig. 156 et 157. — (3) Compte rendu des técMccs de C Académie du Sciences t séance du 7 octobre 1839, p« 456.

ART. m. YESSIB CRINAIRE DES TERTÉBRÉS. 599

tnydes que M. Lesueur a eu Toccasian d'observer dans rÀmérique Septentrionale , en étaient pourvues» Il les a encore trouvées dans deux espèces dechéfydres, les serpentine et tacertine de Schweiger.

Ces vessies lombaires ou auxiliaires^ c'est ainsi que les désigne M. Lesueur, ont été comparées aux vessies anales de beaucoup de mammifères carnassiers. Cette comparaison est soutenable pour la forme et la position 5 et peut-être relativement au plan de composition générale de tout l'organisme; mais elle n'est plus exacte si l'on entre dans les détails de leur structure et de leurs usages. Ce ne sont nullement des organes à parois glanduleuses, interceptant un réservoir de rhumeur sécrétée.

Dans les Chéloniens que nous venons d'indiquer, les vessies accessoires ont une grande capacité qui excède ordinairement, pour chacune d'elles, celle de la vessie urinaire. Leur forme est ovale ou cylindrique,, et leur position est telle qu'elles doivent être comprimées par les muscles du bas*ventre. Les muscles transverses les entourent immédiatement, comme une ceinture, soit de leurs fibres musculaires, sur les côtés extérieurs, soit de l'aponévrose médiane, qui réunit ces deux muscles par leur bord interne et inférieur, et qui recouvre la face inférieure de ces vessies.

Elles peuvent encore être comprimées par les extré* mités postérieures, lorsque l'animal retire ces extrémités dans sa carapace. M. Lesueur a expérimenté, qu'en insufflant de l'air chez l'animal vivant , par le cloaque , il gonflait tellement ces vessies, qu'elles obligeaient l'animal de sortir de sa carapace ces mêmes extrémités et de les déployer au dehors.

600 XXXl^ LEÇON. DE t'uRINE ET DES ORCAHBd VRIBrAIRES.

J'ai trouvé que les parois de ces vessies sont extrêmement minces et formées de deux membranes seulement, Tune externe 9 péritonéale, sur laquelle se montrent un grand nombre de vaisseaux sanguins, y dessinant un réseau admirable , extrêmement fin. L'autre est une membrane muqueuse. Je n'ai pu découvrir entre les deux aucune fibre musculaire.

Les vessies auxiliaires s'ouvrent dans le cloaque, chacune par un large orifice , dans lequel on passe 6eiietnent le doigt, chez des émydes de médiocre grandeur; ces orifices sont percés de chaque côté, mais âti-del& de ceux de l'uretère et de celui du rectum.

L^animal remplit ces vessies d'eau (i) , peut-être aussi d'air, et parait devoir s'en servir pour diminuer la pesanteur spécifique de son corps. Cette explication fait comprendre pourquoi elles manquent aux tortues de terre ^ qui ne vont pas à l'eau , et aux torttâes de tner^ dont le corps plus large, plus aplati , et dont les extrémités en forme de rames, pouvaient les dispenser dé ce moyen auxiliaire de natation; d'autant mieux que la pesanteur spécifique de l'eau de mer est plus grande que celle de rinère.

On comprend encore, par les mêmes motifs, pourquoi les trionyx en sont privées. Leurs extrémités forment des rames plus puissantes que celles àtsémydei^ et leur corps est plus large et plus aplati.

La chtude commune de l'Amérique Septentrionale ou \^cîstude de la Caroline^ Dumer. et Bib., a, suivant

(t) V^m^féê d'Europe, que Townton a mise dans de l*eao colorée, puis dans de l'eau limpidp, et quMl a vue rendre dans ceUe-ci Teau colorée par le cloaque, avait »ans doute absorbé cette eau dans ses vessies accessoires.

ART. UI. VESSIE CRINAIRE 0ES VERTEBRES. 601

M. Lesueur^ de très-petites vessies accessoires ; ce (|ui semble annoncer que ses mœurs sont intermédiaires entre celles des tortues de terre et celles des emydes. ]

a. Dans l'ordre des Sauriens , nous allons indiquer, en suivant la série des familles ^ les genres où Texis^ tence de la vessie urinaire a été constatée , et ceux où elle manque.

Les CrocodHiens n'en ont point; les uretères n'éprou- Tent pas même de dilatation avant de se terminer dans le cloaque. Cependant, outre Furine concrète que ces animaux produisent au dehors, j'ai vu une eau blanche assez abondante que venait de rendre un jeune caïman.

Dans la seconde famille , celle des Lacertiens^ on trouve chez les monitors une vessie urinaire très-prononcée ; il y en a une petite globuleuse avec un long col chez les lézards proprement dits; tandis que je n'en ai pas trouvé dans les sauve-gardes.

Parmi les Iguaniens , les sellions ^ les dragons , les iguanes, les marbrés ont une vessie urinaire ; les agames en manquent.

On en trouve une dans les familles de Geckos et des Caméléons et des Scincoidiens (le tètradactyle , Dégrès?).

Lorsqu'elle existe, c'est toujours une poche simple, oblongue, à parois minces, et très-peu musculeuses dont la capacité proportionnelle est variable, et qui s ouvre dans le cloaque (i)* ]

Page 1