Poumons des Oiseaux
L^nsemble de l'appareil de la respiration des oiseaux se compose des poymons proprement dits et des grands réservoirs d'air qui sont en rapport de coi^ tinuité avec ces organes , et doivent être considérés à la rigueur comme leurs appendices.
C'est dans les poumons proprement dits que se fait l'hématose , ou le changement complet du sang veineux en sang artériel. Us renferment essentiellement, dans ce but, les divisions des artères et des veines pulmonaires. Leur petit volume proportionnel tient surtout à une faible capacité des voies aériennes qui
(1) Voir mes Fragments sur les organes de la respiration dans les animeu» vertéMs. Compte reodu de la séance de l'Académie des Sciencea* do 7 jan* Yier 1839.
les pénètrent en tous sens. Ces voies , quoique com-muniquant toutes les unes dans les autres , sont cependant de trois sortes. La première est la continuation de la branche dans laquelle se divise la trachéeartère pour chaque poumon; c'est la bronche intrapulmonaire. La seconde catégorie est celle des canaux secondaires non respirateurs» qui conduisent Tair immédiatement de cette bronche dans les cellules de toutes les parties du corps. Enfin la troisième catégorie se compose des canaux secondaires et tertiaires respirateurs. Les premiers tirent leur origine de la bronche, comme les canaux aériens non respirateurs ; les derniers ont leur embouchure dans les canaux secondaires. Chez les uns et les autres, toute la partie de leurs parois qui n'est pas percée par les communications nombreuses que ces canaux de différents degrés ont entre eux, présente des cellules nombreuses et très-petites, à travers les parois desquelles s'aperçoit le réseau très-fin des vaisseaux sanguins respirateurs. Un filet élastique, à cordon plus ou moins délié, borde et soutient les ouvertures nombreuses de communication de tous ces canaux (ici les mailles sont ouvertes et rondes); ou limite les très-petites cellules de leur partie respirante (ici les mailles sont fermées et polygonales).
L'autre section de l'appareil de respiration des oiseaux, celle qui se compose uniquement de capacités aériemies ou de cellules qui reçoivent l'air des poumons et le répandent dans toutes les parties du corps de l'oiseau^, est cependant une portion essentielle de cet appareil. Elle supplée , par sa grande capacité , à la faible capacité des voies aériennes intra-pulmo-
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naires. La grande quantité d'air qu'elle renferme a pu passer en partie poiir arriver dans les cellules sur les surfaces respirantes , ou peut y passer à son retour. C'est peut'^tre dans cette double possibilité, dans cette grande proportion d'air respirable mis en contact avec les f aisseaux pulmonaires , qu'il faut attribuer la plus grande mesure de respiration, la plus grande consom« mation d'oxigène, dans un temps donné, observée chez les oiseaux.
L'air des cellules qui contiennent des viscères a^t-il eftcore pour emploi^ de produire une sorte de respiration dans les vaisseaux sanguins capillaires superficiels de ceuxM^i^ ainsi qu'on le dit généralement? Les oi- Seatlx ont-ils aiîisi réellement les moyens d'une double hématose? J'ai déjà élevé des doutes, à ce sujet, dans le texte de ce volume , et je pense que cette opinion^ établie surtout à priori^ devrait être mise encore à l'épreuve, par de nouvelles expériences.
Le mécanisme de la respiration se fait essentiellement par le mouvement de l'air des cellules , qui donne une impulsion nécessaire ^ indispensable, à celui contenu dans les canaux aériens des poumons ; dont l'immo^ bilité^ ou le très^peu de mobilité, les rend à peu près également incapables d'expulser celui qu'ils renferment , ou d'attirer celui du dehors.
Nous comptons pour bien peu de chose, en effet, dans ce mécanisme , che2 la grande majorité des oiseaux, et dans les mouvements ordinaires de respiration, l'action du diaphragme costal (p. 2o8),8ur laplèvredela face viscérale des poumons, pour les dilater; ou celle de l'élasticité du filet qui compose la trame de ces organes. Cette élasticité ne pourrait être mise en jeu, que
dans la supposition d'une dilatation efifectire des capacités intxa^pultnonaires, dans les moments ordinaires d'inspiration ; ce qui tne paraît à présent très-*douteux.
Nous atons donc eu raison de dire , déjà dans notre ancien texte , que Tair est entraîné hors des poumons , principalement par celui qui est chassé des grandes cellules (v. p. 507 et 208), ou qu'il est attiré dans ces organes, par le vide qui se fait dans ces mêmes cel-* Iules (p. ao6).
Un dernier usage des appendices celluleux et aériens des poumons, chez les oiseaux, est relatif à leur pesanteur spécifique, et conséquemment pour faciliter leurs mouvements dans l'air.
C'est ici un nourel exemple de la multiplicité des fonctions que peut exercer un même organe ; qui nous donne en même temps un aperçu du changement possible de ses usages, commç cela a lieu pour la vessie natatoire des poissons.