‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 5 sur 124 · Dans les Reptiles · texte numérisé non relu

Dans les Reptiles

Le poumon double ou simple des reptiles s'étend d'avant en arrière dans la cavité viscérale, quelquefois jusque dans la partie k plus reculée de cette cavité , suivant sa forme et son volume relatif. Il peut donc être en rapport avec le cœur, en avant, lorsque celuici n'est pas enfermé dans une cavité particulière, avec Tœsophage et l'estomac, avec les oraires et les oviductus , avec les intestins , enfin avec les reins.

Il en résulte que , par sa position , le poumon des reptiles est exposé à toutes les causes de compression ,

ââ XXIX^ LEÇON. ART. IT. POMMONS D£9 VERTEBRES*

suite de l'augmentation de volume de l'un ou Tautre de ces organes, particulièrement de l'œsophage, de l'estomac, des ovaires et des oviductus; et qu'il peut être refoulé par les viscères sous-jacents, lorsque le corps de l'animal pé^e sur le sol , par toute sa face inférieure , et que celle-cî est compressible. Cela est surtout rettiarquable chez les Ophidiens]^ dont le poumon, se prolongeant sur les côtes et au-dessus de l'œsophage , de l'estomac et du foie, jusqu*au-delà de ces viscères; doit être comprimé toutes les fois que Tanimal avale une proie d'un certain volume ; ce qui gêne sans doute alors là circulation pulmonaire,' et contribue probablement à l'engourdissement qu'éprouvent les serpents après qu*ils ont fait un repas copieux.

[Dans les grenouilles et les crapauds ^ comme les poumons sont libres ^t flottants dans la plus grande partie de leur étendue, ils peuvent être tellement refoulés et comprimés à l'épôque la plus avancée de la gestation de ces animaux,^ que leur respiration doit être réduite à un bien faible degré. On peut en dire autant de ceux des Salamandres et des TtiionSy quoiqu'ils soient moins libres. ]

G. De la forme générale des poumons , et d€ leur volume

relatif.

(La forme du poumon^ comme celle du foie , n'eat pas aussi essentieile qu)e sa . structure. C'est surtout celle-ci qui délermkie et donne la mesure de l'hé^ matose doat cet organe est chargé , ou de l'action de l'air «ur le swg. Quant à la première ^ elle dépend de.

' ï. SITUATION, IPÔfmEf ETC. 23

ia forme et ûe retendue -de là capadté datis laquelle le peuiûon ^est tM>ïilén« , et des organes qlîii s'y trouveBt «fetiafïés avec lui. Le tîœtit devant en être rapproché fe "{Ahs possîMe , sa place "a été déterminée entre les 4ettx inoîtiés plus on inoîns 'symétriques d'un même organe , qui , de simple qu'il aurait été srans cette cirronstance, -est deyenu tAultiple dans îa plupart des anhnatïx vertâvrés. }

) . /Mns 4es Mammifkres.

Dans Vhomme et les autres mammifères , la forme générale des poumons est conique comme celle de la cavité qui les renferme! Ils ont leur base large et concave pour s'adapter à la convexité du diaphragme , et la plus grande partie de leur circonférence convexe, pour remplir la concavité des côtes. On les trouve le plus souvent sépares en lobes, qui reçoivent l'unedes 4eux bronclieis , ou l^un des rameaux formés de leurs premières divisions; ou bien ils sont plus ou moins divisés par des scissures légères. ÇeS lobes sont ordinairement plus nombreux dans les mammifères que dans l'homme ; mais cette règle n'est pas sans beaucoup d^exceptîons , comme on peut le voir dans le tableau ci-après. Il y en a toujours plus au poumon droit qu'au poumon gauche. 11 paraît que leur nombre varie quelquefois, même dans les individus d*une seule espèce. A plus forte raison peut-îl varier dans les espèces d'un même genre, et dans celles de genres et d'ordres différents. [Cependant, s^il n'y a pas un rapport constant entre la forme des poumons et les familles et les ordres naturels, on pourra voir dans les tableaux que nous avons

24 XXIX* LEÇON. AKT. II. POU MON 6 BBS VERTE BAÉS.

dressés, que ce rappK>rt existe généralement.] Les mamniiiféres ont, de plus que Thomme, un petit lobe accessoire appartenant au poumon droit, qui s'écarte de ce poumon , et se place en arrière du cœur entre ce viscère et le diaphragme [en s'avançant danslacavité gauche de la poitrine.

Le plus grand nombre des divisions du côté droit est constant dans tous les mammifères chesL lesquels les poumons sont partagés en lobes. Elles nous ont paru dépendre, en partie, du plus grand volume du poumon droit , lorsque le cœur est déjeté à gauche ; en partie de la veine cave ascendante, qui le rencontre et le divise en sortant du diaphragme, pour s'élever ou s'avancer jusqu'à l'oreillette droite. Cependant ces deux causes n'expliquent pas toutes les différences.

Lapremière est extrêmement remarquable dansbeaucoup de mammifères, au point qu'on pourra, en considérant notre tableau, mesurer pour ainsi dire d'avance le degré de déviation du cœur à gauche, par l'absence ou le petit nombre des divisions du poumon de ce côté. Elle m'a surtout frappé dans les Insectivores^ qui ont le cœur très-oblique du côté gauche, et dont le poumon correspondant n'a pas de division, tandis que le droit a quatre lobes^. Beaucoup de Rongeurs sont dans le même cas.

En général le résultat auquel m'ont conduit mes dernières recherches, est que la forme et les divisions des poumons se rapportent assez bien aux genres et aux familles naturelles ; je pense même que plusieurs dés exceptions apparentes que je n'ai pu encore vérifier par de nouvelles observations^ viendront se ranger dans la règle commune.

|. SITUATIOOr, FORME, ETC. â5

vV ^%x remarquable que , dans les grandsL Cétacés , ^^\i\ \es poumons n'ont aucune division , le droit conserve un volume plus considérable que le gauche (i); c'est à la position du cœur, dont la pointe est plus ou moins déviée à gauche , que je crois devoir rapporter la cause de cette différence. ]

Page 1