‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 67 sur 124 · FRANCHIES DBS POISSONS^ ITS · texte numérisé non relu

FRANCHIES DBS POISSONS^ ITS

che a deux séries de lames appartenant à deux arcs branchiaux.

Dans ce dernier groupe ^ il existe au plus sept branchies semblables (les mceun)^ plus souvent cinq, ou quatre et demie ( les sélaciens ) ; tandis que les branchies libres, renfermées dans une seule poche , yarlent seulement de trois à quatre , sans compter la demihrâQchie accessoire de Topereule , qui manque aases souvent.

Le nombre de chacune des doubles rangées de lames branchiales qui constituent une branchie est très-considérable; il pous a paru varier beaucoup, ainsi que leur grandeur proportionnelle. Ces différences, bienapr préciées, montreraient probablement des rapports etotre l'étendue et le nombre des lames, et le naturel plus ou moins actif de certains poissons.

Les séries de lames peuvent être unies entre ellea de deux manières. Chaque lame d'une série est liée par UD tissu fibreux, dans une étendue plus ou moins fwûdede son bord interne, à la lame correspondante de l'autre série, ou aux laines voisines de la même série. Jlpeut n'y avoir que le premier quart, la moitié, les deux tiers, les trois quarts de ce bord ainsi lié, dans les poissons dits à branchies libres. Quelquefois même les deux rangées de lames paraissent à peu près séparées lune de l'autre.

Dans d'aqtres cas, il y a une cloison mitoyepne qui réunit non-seulement les deux lames correspondantes dechaque rangée, mais qui, se prolongeant d'une prfire de lames à l'autre, lie ensemble toutes ces paires de la-

^es; assez courte dans V alose ^ elle est fort haute, et

relève jusqu'au dernier tiers des lames dans Yesttirgeon»

i^6 XXIX*^ LEÇOîf. ART. III. BRANCHIES DES VERTÉBRÉS.

C'est cette même cloison qui, se prolongeant au-delà des lames branchiales, dans les sélaciens, pour se joindre aux téguments, sépare chacune des deux séries de lames d'un même arc , dans deux poches distinctes.

Dans beaucoup de poissons, cette cloison joue un rôle important dans le mécanisme de la respiration des poissons, par la quantité de faisceaux musculeux ou de muscles distincts qu'elle renferme , et par la nature fibro-élastique de son tissu principal (i). Nous lui donnons, par toutes ces raisons, le nom de diaphragme branchial, et nous nous réservons de la décrire plus particulièrement à l'article du mécanisme de la respiration dans cette classe.

Nous verrons, dans Vespadon, un troisième moyen d'union des lames d'une même série ; mais c'est une circonstance d'organisation toute particulière , qui ne devait pas entrer dans cette description générale. ]

§ II. Structure intime des branchies en général.

[ L'étude de la structure intime des branchies des poissons doit se rapporter, i° aux organes sur lesquels les vaisseaux sanguins respirateurs viennent s'étaler, ou qui les protègent; a* à ces vaisseaux eux-mêmes.

(I) Voir notre Mémoire sur le mécanisme de la respiration dans les poissons. Annales dês Sciences Naturelles , S»" série , n° d'août 183?.

Branchies DES poig^OKS* 477

a. l)fs soutiens et des organes protecteurs des vaisseaux

sanguins respb^ateurs*

Nous avons déjà vu que Ton cottjpte dans la plupart despm5^7î5, [et plus particulièrement dans les poissons' osseux^] au plus quatre branchies complètes de chaque côté, composées chacune de deux rangées de James cartilagineuses ou osseuses, de forme allongée et triangulaire, [rarement libres, plus souvent] jointes ensemble, dans [une partie variable de] leur longueur parleur bord interne. Ces lames, ou ces paires de lames, sont î^ppuyéespar leur base, ainsi que nous Favons déjà dît, sur la convexité d'arcs osseux ou cartilagineux, [qui formentcorame autant de sections d'axes^] dont elles semblent les rayons.

[Les lames branchiales, étroites et longues, se terminant assez généralement en pointe comme des lames d'épée, ont encore été comparées aux barbes d'une plume , ou à une petite faulx ( i ) . *

Leur substance est cartilagineuse ou osseuse. Elles sont, à notre avis, aux branchies des poissons, ce que les cerceaux cartilagineux ou osseux dos voies aériennes sont aux poumons des trois classes supérieures.

Leur base, par laquelle chaque lame repose vîs-àns ou rapprochée de celle correspondante de l'autre ^érîe, sur Tune des moitiés latérales de l'arc branchial, etadhère à la convexité de cet arc, est un peu élargie et

(4>Z)« Feniey, Mémoires de rAca^éinte 4e» Scîenees, année i9d^, |». S6il,

oblique^ en s'inclinant de la ligne médiane du même arc vers Son bord;

Ces lames nou^ ont présenté deux types distincts. Dans le premier, qui nous a paru le plus communale plus général, la lame est pleine, quoique trés-sensiblement plus épaisse le long de son bord interne , et plus mince le long de son bord externe.

Dans le second, la lame n'est pleine que dans son bord interne; elle est fenêtrée, du côté externe, par de petites lames transversales, qui tiennent à cebord, comme les dents d'un peigne «à sa tige. L'extrémité de ces dents, ou de ces lamelles transversales, est garni, dans l'état frais, par un bourrelet composé de la veine artérielle, qui se continue de l'une de ces extrémités à l'autre , à travers leurs intervalles, et de la continuation de la muqueuse modifiée , qui recouvre cette veine. Ce bourrelet forme le bord externe de chaque lamé. Le saumon^ V alose et Vesturgeon nous ont offert cette composition moins gjénérale.

Ces dentelures varient d*aillçurs beaucoup en étendue et donnent en se rxiccourcissanl, au bord externe de la lame osseuse, l'apparence d'une scîe, ou bien celle d'un peigne. C'est ce qui se- voit dans le trigte, dans VanakaSf dans beaucoup de cyprins^ tels que le meunier, le nez, la tanche^ la rotangle;àdLXï%\di carpe ^\t bord interne- est aussi dentelé dans son premier tiers.

La lame osseuse peut d'ailleurs être tronquée à son extrémité libre, comoie dans beaucoup de cyprins , au lieu d'être effilée. Cette lame n'a pas toujours toute l'étendue de la lame membraneuse qu'elle soutient Dans le Mtmonj la canthéf^, elle est beauemip pins étroite c[U€ celle-ci, dopt çlle n'a géjoiéralemeût que la

BRANCHIES DES P0lSS0l»S. 179

moitié de la largeur. De même elle ne se prolonge pai toujours jusqu'à rextrémité des lames membraneuses, ce qui denne à celles-ci pins de flexibilité, plus de mobilité. Dans la canthère brème elle ne soutient que la première moitié de la longueur de la lame (f).

Dans les poissons à branchies fixes, les lames bran^ chiales ne sont plus osseuses, ni même cartilagineuses.

Lendmbre des îames branchiales, dans chaque rangée, varie beaucoup d'une famille à l'autre. Du Verney en indique i35 dans la caffe. J'en ai compté laS dans lemmnfcf, 76 dans le rougeuil^ i4o dand la tanche, i35 dans le bi^rbeau et la carpe y 55 dans Iç gùujon, 175 dans Vatose, laS dans Vanguilki 80 dans la laie) il n'y en a ^He 45 dans la chimhre; Y esturgeon en a 1^0; la raie bouclée en a 58, dont le bord libre est denté; le squale rockirren a 48, doût le bord librevest tout uni. ] '

Toutes ces lames et tous les vaisseaux sont recouverts par un prolongement 4e la membrane qui tapisse l'inté^ rieur de la bouche, et qui s'amincit^ à cet effet, Consî*» fablement. C'est encore ici une ressemblance entre les branchies et les poumons.

[La tauquetise, qtii se contîdtie ainsi de la cavité buet^^ale, à travers les fentes branchiales, dans la cavité de ce nom, dont elle tapisse lesparois, contourne en même tenips chaque arc et se prolonge, de sa convexité, èuf les deux f^ce« de chaque lame , depuis la base jusqu'à la pointe. EHe j forme une série de petits plis ttansver-^ ses, plus ou moins prononcés et larges, ou presqiie ef-

Jt I iii> iiiii'l.'^ ■! -Ilih nliilii .IJ I lgi»i*»ii»— i^.^j|

(i) M. Lerebouiiêt, Dissertation dtée, p. 444.

180 XXIX' lECON. AKÎ. 111. BRAKCniES DE« VEKTEBÎliS.

faces, suivaut les familles ou les genres, dont Texistcnce est destinée sans doute à augmenter beaucoup la surface sur laquelle viennent se diviser les vaisseaux sanguins respirateurs.

Cette disposition que nous avions décrite, dans notre première édition, comme particulière aux Sélaciens, se retrouve d'une manière plus ou moins évidente dans les poissons à branchies libres. C'est elle qui rend le profil extérieur de chaque lame beaucoup plus large qu'il ne le serait , si elle était simplement recouverte par la muqueuse tendue et sans pli sur ses deux faces. Oji conçoit combien cette organisation est favorable à la respiration, en multipliant les surfaces. J'insiste d'autant plus sur cette structure qu'elle parait avoir été inaperçue, malgré son importance physiologique, par plusieurs des anatomistes qui se sont occupés de ce sujet intéressant (i).

Chaque pli forme une safUîe arrondie du côté externe, coa)me du côté interne de la lame. Nous verrons tout-à-I'heure que les rameaux qui se détachent de la branche artérielle marginale, ou les racines qui se rendent dans la branche veineuse du tranchant opposé de la lame, contournent ces saillies pour suivre le bord libre de ces plis.

(1) J'en exeepte Bosenthal^ o. c. plus bas, qui a tu ces plis dans la moîUé externe de chaque lame, et If. Uariln'Saint'Angê, qui représente cette disfiosition ( Tableau de ia eireulation ^ publié en 1888 ). La fig. 80 donne celle de la coupe d^une lame et de la surface de deux pi» inférieurs qui se correspondent ; mais ces deux plis sont d\>p arqués , et on ne voit pas la coupe de la lame osseuse qui les sépare. M, Aîê$i$tmérmi a également décrit les plia transTerses danx les lames braoobiales des md/^ ( ùe pueiumapparaiit retpirai'umis, etc. Bonmm,

BRANCHIBS DES POISSONS. 181

la muqueuse respirante devient d^uue minceur extrême pourfornier ces plis transverses des laines branchiales. Ceux-ci varient beaucoup en nombre, dans une espace donnée et en étendue , suivant les espèces. Tantôt ils occupent toute la longueur de la lame, comme dans les Sélaciens , et les Suceurs, parmi les cartilagineux. Parmi les poissons osseux ils sont également étendus dans le chaboisseau du Groenland^ ïanabas ; dans le brochet, Vhetérobranche ; dans la lote, le lump ; dans Vanguille.

Le plus souvent la muqueuse respirante est tout unie et sans pli dans le quart ou le tiers interne de la lame, mesurée suivant sa largeur et dans sa partie basilaire; tandis que la portion terminale, plus mince, de cette lame , en est toute garnie. On peut en conclure que cette portion terminale est surtout celle où doit s'eflfectuer Tacte de la respiration ; ce que prouve encore la coïncidence de cette structure avec sa plus grande mobilité*

Schneider j dans la traduction allemande de l'ouvrage de Moiiro, et M. LerebouUet ( dans sa Dissertation , p. i52) ontcherclié à calculer l'étendue de la surface respirante, en y comprenant celle de tous les plis. Le. premier l'a évaluée à i5 pieds quarrés, pour les brapchies d'une grande rak ; le dernier estime que la surface respirante égale, dans la lamproye marine^ 27 fois et demi, environ , celle du poisson. ]

b. Des vaisseaux sanguins branchiaux.

Chaque branche de l'artère, pulmonaire se glisse par l'extrémité inférieure des arc^ brajpcliiaux , eBtre lejir

183 XXIX' LKÇOlf. AIIT. m. BaAKCBIES DES VERTÉbRÉS.

Burrnce conrexe et la base des paires de lames, et rampe 8?jr leipîUoii decettesurface jusqu'à rextréfïutéopposée, c'est-à-dire en s'élevaut toujours :'eikî fournit à mesure un rameau à chacune de ces paires de lames et diminue en même temps de diamètre.

Ce rameau s'élève le long de la ligne de réunion des deuxièmes, et, [desquelles ne sont plus unies,] il se divise en deux branches , dont chacune répond à leur bord interne devenu libre, et s'élève jusqu'à leur sommet. 11 en naît un grand nombre de ramuscules qui s'en détachent par paires à angle droit, [et suivent, en se dirîgeant*''du côté interne au côté externe de chaque lame, le bord libre des nombreux plis transverses que la muqueuse forme sur leurs deux faces.

C'est sur les deux côtés de ces plis, et dans leurs intervalles, que s'étalent les vaisseaux sanguins capillaires respirateurs, formant nn réseau selon les uns; que d'autres figurent se divisant en pinceaux pour se continuer dans les radicules de la veine pulmonaire ou des racines de l'aorte.

Ces vaisseaux capillaires, d'une grande finesse, m'ont paru , en effet , dans plusieurs cas , disposés d'abord en pinceaux, pliitôt qu'en réseaux ; ce qui doit les rendre plus perméables au sang et en faciliter la circulation Cependant les plis transverses de la membrane branchiale, examinés au microscope, nous ont montré constamment un îPéseau vasculaire. ] *

Les dernières divisions de l'artère pulmonaire se continuent avec ks premières racines de ï'artère du corps , ou, comme on le dit ordinairement, de la veine pulmonaire ; celle-ci reçoit sucoessivemeat et régulièrement toutes ses f adicules, dan^ un rameau qui règne

ABAUCHISS DBd POISSON$. 483

le long du bord externe de chaque laine et qui s'y réunissent à angle droit. Des rameaux semblables $e rendent de toutes les lames à une branche commune qui suit, comme la branche de Ta rtère pulmonaire, la convexité des arcs, mais plus en dedans qu'elle, et croît en diamètre à niesure qu elle s'élève , au contraire, de cette dernière. Elle se dégage enlin de dessous la partie supérieure des branchies, pour donner naissance aux artères du corps, comme nous l'avons dit dans la leçon précédente.

Telle est la conformation" la plus générale des branchies, d^nsles poissons, [avec l'indication très-succincte des principales modifications qui ont été observées dans ce plan principal de leur organisation intime. ] Outre lesdifférencesdont nous avons parlé, dans la forme et la grandeur proportionnelle des lames, qui sont plus ou moins allongées ; dans leur nombre; [dans l'étendue de leur réunion ; ] il y en a dans la disposition des rameaux de l'artère pulnionaire, dont les deux branches sont réunies quelquefois par une branche latérale communiquante, avant de parvenir au sommet des lames, etc. ; mais les détails de ces différences ne doivent pas entrer dans notre plan. Nous aurons à en indiquer de plus importantes, en parcourant la série des ordres de cette classe, ainsi que nous allons le faire.

§111. Des frincipal€s différence$ que présentent les bran*chies, dans leur structure intime, suivant les Ordres et fej Familles.

[\^ Les Acanthoptérygiens. Beaucoup de poissons de

cet ordre ont une fausse branchie , ou branchie accès-

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soîre, que cache ropercule. et quî est appliquée en dedans de celui-ci et de Tos temporal (i).

On la voit dans un enfoncement que présente cette partie, où elle est lacliement fixée à la muqueuse.

Broussonnet avait déjà remarqué qu'elle existe dans la plupart des Àcantlwptéry^iem d'Artedi.

Elle manque dans les /><?f/i;/if/ï en flûte , et dans le genre batraclius , parmi les Pectorales pedictilées.

Au reste, cette fausse branchje, ainsi que TappeUe avec justesse Brovssonvet ^ est souven^: rudimentaire et généralement de très-peu d'importance.

Elle n'a point d'arc osseux qui la soutienne, ni qui Fagite. Ses lames cartilagineuses sont extrêmement minces. Leur nombre peut être rédoit à neuf (le genre blennim) ; ou à douie (le genre gobius) ; à quinze (le genre zeus)% ou s'élever à vingt (dans les squammipennes) i à trente [Vararrhictias lupus, les trigtes^ etc.) ; à quarante {la perche^ les labres) ; et même à quarantehuit et à cinquante ( les sciènotdesy les scares) (2).

Quelquefois la fausse branchie se compose de filaments (5) au lieu de lames ; c'est ce qu'on voit dans la vive , trachinus draco, L.

La membrane quî recouvre ces lamés forme des plis beaucoup moins nombreux, beaucoup moins prononcés que dans les vraies branchies.

fi) Drougsonnety Mémoire de T Académie des Sciences, de 1785» sur la respiration des poissons, et Meckel, o. c, t. vi, p. 179-186. Ce dernier auteur insiste avec détails bur cette brancliic accessoire , que Broussonnet avait d<:crile en premier lien , avec beaucoup^ de soin. — (3) Hasmihal, sur la structure des branbies ; Mémoire de la Société des Naturalistes de Berlin , l, i , p, 2. Qertii), iWi Meckei , d. c. — (3) Rosenlhal , ïbid. , p. 3.

BRANCHIES DES POléSONS. 185

Le sang Yemeux qui y parvient est celui des veines de l'opercule ; elles le versent dans la veine artérielle de la première vraie branchre.

On trouve dans cet ordre , relativement aux vraies branchies, quelques différences dans leur nombre ordimiire, soit réelles, soit seulement apparentes. Ainsi, il n'y a que trois vraies branchies dans la famille des Pèctorales pediculées ^ à l'exception des ohironectes^ qui en ont quatre (i).

Vespadon (xiphias gladius) paraît au premier coupd'œil avoir le double des branchies des autres poissons, ainsi qu'Arîstote l'avait déjà remarqué: c'est qu'ici les rangées de lames sont entièrement libres par leur bord interne; mais toutes les lajnes d'une même rangée sant iixées entre elles d'une manière particulière. En effet,

• chaque lame s'unit à ses deux voisines par de petites «lamelles transversales jusque près de son extrémité, 'en sorte que la surface de la branchie ressemble plu-

• tôtàun réseau qu'à un peigne. Ce n'est que vers le •bout que les pointes des lames deviennent libres et «forment ainsi un double bord à la branchie (2). >

Il résulte de cette disposition, que toutes les lames principales du même côté, perpendiculaires à l'anneau qui les soutient, réunies entre elles par de courtes et nombreuses lamelles transversales, sont en même temps tenue s par ces lamelles, de manière à laisser toujours entre elles de petits intervalles, qui permettent à l'eau d'y circuler.

(1) Ca?ier, lUgnc animal, t. ii, p. 25J. — (2) Hiniûîre Naturelle dos poissons^ par MM. Cuvier et Vakuciennes^X* tiii , p. 265, article de M. Cttvhr,

Ons9it que dans rorgam^tion-ordioaire , l^s lames se collent entre elles, dès que l'eau ne les sépare plus, et que c'est là la véritable cause de l'asphyxie des poissons dans Tair, parce qu'elle produit l'imperméabilité des vaisseaux sanguins branchiaux.

Les deux rangées de lames de chaque branchie sont séparées jusqu'à la base et noù soudées par une portion de leur bord interne, dans plusieurs autres genres de la famille des gobioides , tels que Yanarrhichas lupus et les bUnnies.

Une famille entière de ce même ordre, celle des Pharyngiens labyrinthi formes, à les os pharyngiens supérieurs tellement développés, ainsi que nous le verrons en décrivant le mécanisme de leur respiration , que la branche supérieure de chaque arc branchial est repoussée en bas ; les lames branchiales qu'elle i^upporte en sont singulièrement raccourcies. Celles de la branche inférieure nous ont paru aussi relativement plus petites et très-séparées.

â** Parmi les Mulacoptérygiens ^abdominaux, les saumons et les dupés ont une fausse branchie , dont les lames sont soutenues par une tige osseuse ou cartilagineuse.

Les rangées de lames des branchies normales he sont point soudées entre elles dans le brochet j Vexocei.

Il existe dans I9 famille des sihtroïdes une organisation branchiale qui est unique jiisqu 'à présent dans la classe des poissons. Nous aurons soin de montrer ses analogies, après l'avoir fait connaître. ]

Elle a été observée, pour la première fois, danslç si-

'^lurus anguillariSfEAssELQ. , par M. Geoffroy, notre célèbre

ami, jqui a fait depuis lors, de cette espèce, son genre

heterobranchm.] Nous avons yu, dans ce poisson, outre les branchies ordinaires , do^t li^s lames sont plus courtes qu'on ne les trouve généralement, quatre branchies accessoires, deux pour chaque côté. Ce sont des arbres creux (i), à ramifications très-nombreuses, et dont les parois semblent être de nature artérielle. La surface extérieure de ces arbres est couverte parles ramifications des branches de l'artère pulmonaire , qui augmentent en nombre, et deviennent plus fines à mesure que les arbres se divisent davantage. Les dernières extrémités de ces ramifications s'ouvrent dans les rameaux des arbres, et laissent transsuder, par une foule de villosîtés qui paraissient à la surface interne de ces rameaux, l'injection qu'elles ont reçue du tronc puimo? naire. Les troncs de ces arbres s'ouvrent eux-mêmes dans les racines de l'aorte , au moment où elles se dégagent de dessous les branchies. Ils peuvent donc être considérés , non-seulement comme des organes respiratoires, servant à combiner le sang veineux plus întîmeoiçnt avec le fluide ambiant ; mais encore comme des espèces de cœurs (ja) placés à l'origine des principales artères du corps, et imprimant un mouvement plus ac^ céléré au sang qui parcourt ces artères. Cette organisation donne ^ sans <loute, à l'animal qui en jouit, un naturel plus ac^f , plus d'irritabilité et pjus de force réelle.

[Une circonstance^ dont nous n'avions pas parlé dans la description précédente, .que nous avions faite cependant d'après nature sur un exemplaire dont Tar-

(i) M. Geoffroy les a décrit comme pleins. — (2) La même comparaison a Àé Alite récemment pour les branchies des téréb^tts.

168 XXIX' LEÇON. ART. III. BUANCillES DES VERTEBBëS.

tère pulmonaire avait été injectée, c'est l'état rudimentaire , le manque absolu de lames branchiales dans toute la partie supérieure des arcs branchiaux. Elles y sont remplacées-par une simple membranetrès-mince, résistante, non vasculaire, à bord libre dentelé, dont la direction suit la longueur de la branche supérieure de ces arcs. Il est singulièrement remarquable de voir ia présence et le développement des branchies accessoires rendre les branchies ordinaires moins complètes.

Sans doute , ainsi que nous Tavons dit, il n'y a aucun autre exemple connu de semblables branchies accessoires • parmi les poissons qui ont passé l'état de fœtus; mais, dans ce dernier état, les raies et les squales ont des branchies externes qui pourraient leur être comparées, de sorte qu'on serait fondé à considérer ces branchies accessoires comme une sorte de permanence de l'état d'embryon.

Cette réflexion me conduit à faire remarquer encore leur ressemblance avec les branchies externes des amphibies, et plus particulièrement avec lea branchies permanentes des sirènes^ du protee et du mmobranchus laleralis.

On a observé que dans les loches ( cobitis fossUis ) les lames branchiales avaient une forme pyramidale. Gela tient à l'ampleur des plis de la muqueuse respirante, qui recouvrent entièrement, dans ses deux faces, la tige cartilagineuse qui les soutient et qui ont la forme de lamelles triangulaires dont l'étendue va eh diminuant de la base à l'extrémité de chaque lame.

3** Parmi les Malacoptérygiens subbrachiensj on trouve une fausse branchie dans les pleuronectes et les cyclop' tères.

BRANCnmSDEâ POISSONS. 189

4* Les Malacoptérygiens apodes , sauf les gymnotes ( i ) t\\tî ammodytes àdiXïS lesquels il existe une fausse branchie, ne s'écartent pas, pour la structure, la disposition et le nombre des branchies , de l'organisation la plus générale.

Ces derniers cependant auraient, suivante JR, Tretkaiius, des lames branchiales en foTme de tubes coniques très allongés , en dejiors desquels ce savant figure* une ai^ète chevelue de même longueur (2). he Lançon, dans lequel nous avons cherché avec soin cette singulière structure, nous a montré des lames branchiales Iongués, effilées à leur extrémité, ayant leur bord interne épais et arrondi, et des plis transverses très-serrés, qui seoiblent, sous certains aspects, former un corps compacte, et ne se détachent bien les uns des autres qu'à l'extrémité de chaque lame, qui prend l'apparence d'une plume. Quant à l'arête chevelue que décrit et %ure Treviranus , je ne sais à quoi attribuer ce que je crois devoir regarder comme une illusion, sinon au cordon qui se détache, dans beaucoup d'espèces, du tord externe de la lame.

5° LesjL<?pAe76rûncA^5 doivent cette dénomination aune structure toute particulière de leurs branchies, dont on saisira cependant les rapports avec le plan général. ]

Celles de Y lUppocampe , entre autres , semblent , au premier coup-d'œil, s'écarter de la conformation gênéraie, beaucoup plus qu'elles ne le font en efiFet.' Elles sont composées de huit rangées de panaches, réunis

(1) Mttht^ op. dt. , t. Ti, p. 181. ^ (S) ObserratUNiB d^Anatomie et de ^ogie, itr eahier* Bremea, 1899, pi. v» %^ 29 et 80» ( En eliemaud. }

190 XXIX* LEÇON, kit. ni. ÉRANtllrtS DÈS VERTÉBRÉS.

pat paires, de sorte qu'elles répondent aux quatre branchies ordinaires. Les rangées extérieures n'ont que cinq panaches ; celles qui les suivent en ont six , On en compte sept dans lès troisièmes , et huit dans les deux moyennes; ce qui donne une forme arrondie à la totalité des branchies. Chacun de ces panaches» dont Textrémité ^st arrondie , est formé d'une lame cartilagineuse [tendineuse], Axée sur Tare branchial , qui soutient d'auti'es petites lames membrano-vasculaîres, bien séparées entre elles, comme dans les ratV^, et rangées contre les premières dans le sens des arcs.^ On voit que cette structure n'est pas essentiellement différente de celle décrite en premier lîeO.

[La description précédente, que nous avions faite en 1 8o4 , et dont noiis^ venons de vérifier l'exactitude pour les syngnathes ^ coxnme^ourV hippocampe j convient sans doute aux autres lophobr anches. Kous ne pouvons nous empêcher de remarquer que les brancliies n'étant pas composées de houppes, comme celles des larves des batraciens anoures, elles ne pourraient leur, être comparées complètement ; nous ajouterons que la désignation de l'ordre n'était peut-être pas convenable , puisque la tige de chaque petite branchîe est un support pour plusieurs séries de lamelles, et ne donne pas attache â des fils dont l'ensemble formerait une houppe.

Ajoutons encore que les tiges qui répondent aux lames branchiales des autres poissons, sont très-courtes et plus étroites à leur base qu'à leur extrémité, et qu'elles forment^ sur chaque arc branchial, iin double rang dont les panaches sont alternatifs et non opposés, ainsi 4}ue nous Tavons dit àsûs notre mtith ttxtt i les la*

SftANCaiES DES ?01SI^01#^» 1Ô4

melles qui composent ces panaches répondent eiactefnent aux plis transverses des lames branchiales des iélaciens, qui se voient d'ailleurs dans le type général des branchies des poissons.

6* L'ordre des Plectognathes comprend deux famille*,dont l'une, celle des Gymnodontes, n'a que trois branchies, tandis que l'autre , celle des Sctérodèrmes ^ en a quatre, comme à rordinaîre.

On trouve dans Tune et l'autre famille une branchie accessoire.

Les molesy qui appartiennent aux Gymnodontes , ontj outre la lame cartilagineuse principale, en forme de faulx, deux lamelles accessoires, découvertes par M. Alessandriniy que nous décrirons avec le mécanisme de leurs branchies (i).

1* Les Chondroptérygiens à branchies libres , comme ceux à branchies fixes , ont d'abord un caractère eoitiïïiun d'organisation de leurs branchies , qui les distingue des poisson^ osseux ; c'est celui d'avoir la cloison lûembrano - musculeuse, entre les deux rangées de lames de chaque branchie, plus étendue. Lorsque cette cloison ne dépasse pas l'extrémité des lames, la bran- Aie reste libre, comme dans V esturgeon; mais lorsqu'elle les dépasse et qu'elle va s'attacher aux parois du sac branchial , la branchie est dite fixée.

ïi^ïï^V esturgeon^ les vraies branchies sont au nombre de quatre de chaque côté, composées chacune, comme dans le plan général, d'une double rangée de lames, qui tiennent à autant d'arcs branchiaux. Il y a

(ij Dp* ciL pi iif Cii> A-^

192 XXIX' LEÇON. ART. in. BRANCHIES DES VERTÉBRÉS.

de plus une simple rangée dé petites lames attachées à l'opercule par leur borcl externe formant la branchie accessoire operctilaire^ puis une seconde branchie accessoire, que nous appellerons palatine y ^2Lrce qu'elle est attachée à la voûte du palais, au-devant des arcs branchiaux supérieurs (i).

Chaque lame est composée, comme un peigne, d'une bande longitudinale cartilagineuse, plate, qui en forme le bord interne , et de lamelles transversales. La membrane qui les recouvre ;♦ et sur laquelle se. divisent les vaisseaux sanguins respirateurs , forme un grand nombre de petits plis réguliers, dirigés en travers.

Une cloison musculo-membraneuse , sorte de diaphragme branchial, sépare les deux rangées de lames de chaque branchie, et réunit à la fois les lames de chaque rangée. Nous décrirons plus en détail cette cloison et ses muscles, en parlant du mécanisme de la respiration dans cette classe.

Dés vaisser.ux sanguins très -nombreux se détachent régulièrement et successivement de chaque branche artérielle , ou se réunissent aux branches veineuses qui longent les lames branchiales ; ils forment à mesure unramuscule transversal répondant à chaque pli.

La branche veineuse de chaque arc branchial, ou la veine artérielle, a un diamètre beaucoup plus grand et des parois beaucoup plus épaisses que la branche artérielle ou que l'artère veineuse » dont les parois sont très-minces comparativement.

(1) Voir, pour lés détails VAnatomU comparée de i' Appareil Uesplraioîre^ par A» LereboulUt, p. 192 et 149»

BRAVCHIBS PES POISSONS. 193

Les branchies de la chimère de la Méditerranée ont beaucoup de rapports avec celles des sélaciens, et pour* raient très-bien, à notre avis, justifier la réunion de ces poissons dans un même ordre»

Déjà M. Cuvier avait observé, qu'en pénétrant au« delà du seul trou par lequel elles s*ouvrent au dehors, de chaque côté , on voit qu'elles sont attachées par une grande partie de leur bord , et qu'Û y a réellement cinq trous particuliers au fond du trou général ( i )«

Cette description s'applique exactement à la chimère de ta Méditerranée , sauf pour le nombre des trous bran^ chiaux internes , qui n'est que de quatre. Ce sont de larges orifices d'un nombre correspondant de poches branchiales, ayant, à la vérité, leur bord détaché de la peau. Chacune de ces poches a des parois minces, qui ne sont point musculeuses, ni soutenues par des rayons cartilagineux.

Les trois premiers arcs branchiaux supportent trois branchies , ou trois doubles rangées de lames , séparées par une cloison , et le quatrième arc ne soutient que la paroi postérieure de la quatrième poche branchiale ^ avec la série de lames branchiales qui lui adhère.

L'opercule membraneux, ou du moins la peau qui en tient lieu, a sa paroi consolidée par vingt -trois rayons cartilagineux branchîostèges. Cette même paroi supporte une série de lames branchiales un peu plus courtes que celles des branchies complètes.

Toutes leflames branchiales sont molles , sans car-

(i) ^ign» animal , t. li, p« SSl.

^ f 94 XXIX* LEÇON. AKt. III. fiRANCBlCÂ DES VERTÉBIliS.

tllage intérieur; leurs deux faces sout plissées en ira* vers, comme dans l'esturgeon et les sélaciens.

8^ Les Chùndroptérygienê à branchies fixes sont ainsi

appelés, parce qu'au lieu d'une seule poche branchiale,

'dans laquelle les quatre arcs branchiaux, avec leur

double série de lames, se meuvent librement, comme

' dans les poissons à branchies libres, il y a ici un nom-

, bre de poches proportionné à celui des branchies, aux

parois desquelles les lames branchiales sont fixées par

un de leurs bords.

Voici d'ailleurs, d'une manière plus détaillée , le rapport de ce nouvel arrangement avec l'organisation la plus générale.

Les doubles rangées de lames branchiales constituant . une hranchie, dans les poissons à branchie3 libres, sont attachées , dans l'ordre des poissons à branchies fixes^ aux parois antérieure et postérieure des deux poches qm 4e suivent. Les parois de ces deux poches voisines . soDt ainsi formées en avant et en arrière, par une cloi- 9op mitoyenne, qui sépare les deux séries de lames d'une même branchie, laquelle, ainsi que nous l'avons déjà exprimé, n'est qu'une extension de cette sorte de diaphragme branchial qui se voit à l'état rudimentaire, ou plus ou moins développé, entre ces deux séries de lames d'une même braift^hie, dans la plupart des poissons osseux. Il en résulte que chaque poche renferme, en général, contre sa paroi antérieure, la ran- {4e postérieure de lames appartenant à l^branchie qui précède; contre sa paroi postérieure, la 'rangée an té-* xieure des lames de la branchie suivante.

Mais il existe encore quelques différences de structure et de nombre, dans les branchies ou leurs lames, qui distinguent les familles de cet ordre. }

1»R ANCHIBS D£S POISSOKS. 1 95

Nous décrirons , en premier lieu : a. Les branchies d^$ Sélmms. On eh trouve cinq dans les racV^etles squale»^ qui n'en font, à proprement parler, que quatre et demie, parce que la dernière poche branchiale n'a qu'une rangée de lames [fixées par leur bord antérieur à sa paroi k même côté. Dans les quatre précédents, la paroi pos* térieure, comme la paroi antérieure, supporte une se» rie de lames. Il résulte de cet arrangement , ainsi que nous Tenons de le faire remarquer, que les deux rân^ geesde lames, appartenant à un même arc branchial, sont séparées par une cloison assez compk'quée, eom^ posée, entre autres,] de rayons cartilagineux sur lesquels elles s'appuient, et d'une couche de faisceaux QQosculeux , qui seront décrits dans l'article suiTant.

Les lames branchiales principales en supportent de plus petites, rangées par série transversales, etquileur soniperpendiculaîres; ces dernières nous ontparu uniquement membraneuses et rasculeuses. C'est sur elles ^u^&etalent les plus fines ramifications des vaisseaux aspirateurs. [ On retrouve ici la structure intîaie des J^ranchies, que nous avons indiquée comme type de la classe. ]

^ rameau de l'artère pulmonaire fournit, à cha^e P^ire de lames, deux ramuscules; le plus grand suit '^Wd interne des lames, et le plus petit leur bord externe, à côté de la veine pulmonaire, ou plut&f du ranieau qui forme une des racines de Tartére do corps» ^ premier s'anast Jmose à quelque distancé de l'extré^ i^ité d«s lame», dvec un rameau transversal qiR passe doue lame à l'autre, et fomie ainsi une a^rtète cdoum^puante pour tous kofs rameaux in^ruM*

[b. Dan» les^ Sm^un^ les lameji hv anclrialessoiit in#

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