‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 69 sur 124 · QUI ONT DES POUMONS · texte numérisé non relu

QUI ONT DES POUMONS

Les phénomènes mécaniques de la respiration, dans les animaux qui ont des poumons, consistent dans la^ contraction et la dilatation alternative de ce viscère , et, en même temps, dans l'introduction et la sortie d'une certaine quantité d'air, ce qui constitue. proprement l'inspiration et l'expiration. Chez les animaux à circulation pulmonaire complète, ces deux mouvements se succèdent constamment à de courts intervalles. Il n'en est pas de même dans les reptiles , dont le sajié n'a pas besoin d'avoir traversé les poumons pour jetourner aux parties ; les piouveménts de la respiration sont beaucoup moins fréquents dans ces animaux, et n'ont lieu que de loin en loin. Les puissances gui lo^ produisent ne sont pas absolument les mêmes dans les mammifères , les oiseaux et les reptiles. Examiqons-Iès successivenient dans ces trois classesi ' ' . ;

t98 XXIX' LEÇON. AIT. tT* UicinSUB m tk EE8PIRATI0N.

A« J)an$ Œomtne et dans le$ Mammifères^ a. Du mécanisme de l'inspiration.

Ce mécanisme est entièrement hors des poumons. Ces Tiscères , resserrés de tous côtés dans la cavité de la poitrine , ne peuvent résister à Tair qui s'y précipite par la trachée*artère , à mesure que les parois mobiles de cette cavité tendent , en se dilatant, à faire un Tide entre elles et la surface extérieure des poumons ; alors Tair agît, par sa pesanteur, contre les parois des vésicules pulmonaires , développe ces vésicules et augmente ïéur volume. Le mécanisme de Tinspiration réside conséquemment dans les parois de la cavité thoracîque, dont nous connaissons déjà la composition par ce qui a été dit dans la troisième leçon de cet ouvrage, et dépend en même temps de la pesanteur de Fair.

L'agent qui, dans V homme et les mammifères, contribue le plus â dilater la poitrine , est, sans contredît ,fe diaphragme (i). Cette cloison a , dans tous ces anipiaujt , la même nature et les mêmes rapports. [Ses piliers, ou sa portion lombaire, ont généralement un développement remarquable. Sa partie tendineuse centrale a constamment là même formé, même dans les monotrêmes; et sa partie cbarnue costale a une force proportionnée a la plus grande étendue de ses attaches et de son action. Cependant le diaphragme des marn-

ai) Yoir t X 9 P* S2i du présent outrage , où nous nous sommes réservé de revenir sur sa description et ses usages.

DANC^ L^ffOlOfS %r DâNS LES HAICMIFÂRES. 1 99

mifms présente da0s sa structure quelques différences que nous deyons indiquer ici, quoiqu'elles ne soient pis toutes relatives au mécanisme de la respiration. ]

iVous observerons premièrement que son étendue augmente nécessairement plus ou moins avec la Ion-- . peur du tronc et le nombre des côtes } sans cela ^ seâ . attaches [ à celles(-ci reculant avec elles , ] il rétrécirait : beaucoup la cavité abdominale , lorsque leâ dcrnièreil . côtes sont rapprochées du bassin, comme dans le rhinocéros^ Véléphant ^ le cheval^ le paresseux unau* Pour éviter cet inconvénient, qui serait d'autant plus grand que les viscères abdominaux sont très-tolumi«- Deux dans ces animaux , particulièrement dans les . trois premiers, le diaphragme est trèS-étetidu et forme une sorte de cul-de-sac faisant une faillie cOn^dérable dans la cavité thorâeique, Ouvert très-obliquement dans la cavité abdominale , augmentant beaucoup son étendue, et contenant une partie de ses viscères, [Cette disposition prolonge, du coté des vertèbres , la cavité, thorâeique et la raccourcit vers le sternum.

On a observé, dans des cas très-^rares, chez Thomme,. des faisiceaiix musculeux se prolongeant extraordinai-.. rement des piliers du diaphragme sur lœsophage. Meckisli a trouvé plusieurs fois cette organisation dans IVxirA. kun, où elle parait normale (i).

J'ai vu dans \e& semnopithèif(j(eê, et dans plusieurs au-; très singes, les piliers du diaphragme former autour de l'œsophage un anneau musculeux très-fort, dont les deux côtés s'entrecroisent en avant et forment une

(1) Système d'Anatomio e&mparée, !• ni, {u 4<^1 de Vé^sA,^ tlhmvùd^

200 XXIX* ISÇON. IKT. lY. MÉGANISHE DE tA RESPIRATION.

saillie prononcée sur la partie tendineuse de ce muscle du côté de la cavité thoracîque. Cette organisation, qu'on retrouve dans les chauve^iouris , semble propre aux animaux grimpeurs , ou à ceux qui , comme ces derniers, dorment la tête en bas. Le sphincter œsopha- ^en du diaphragme me semble avoir pour but de fermer l'estomac de ce côté, et d'empêcher la sortie des aliments, dans la position renversée (i)«

Une autre particularité de ce muscle, est celle observée dans la famille des chameaux^ où il renferme un petit os dans l'épaisseur de la partie moyenne de son bord tendineux vertébraK Cet os avait plus d'un pouce de long et un demi-pouce de large dans un chameau adulte (â). ]

Dans les inspirations ordinaires , qui se font doucement et sans effort , lé diaphragme agit presque seul, et sa contraction est suffisante , à peu de chose près, pour augmenter convenablement la capacité de la poitrine. Elle n'est donc aidée que faiblement, dans ce cas , par les releveurs des côtes , nommés ainsi pf)rce que dans l'homme ils relèvent en effet ces arcs osseux, les portent en dehors , et augmentent ainsi le diamètre transversal de la poitrine. Les plus importants de ces muscles sont, sans contredit , les intercostaux externes et internes (intercostiens) ; mais ils sont soutenus, dans leur action, par les scalènes (trachéto-costiens) , les releveurs propres {transverso'costiens) y et les petits den-

(i) Voir moD Mémoire sur Festomac dès semnopithèques, «te., inséré parmi œn de la Sodélé d^ffistoire Naturelle de Strasbourg, t. ii. — (3) Ueehel^ hX' ciiifQi d*Aiiatomîe et de Phynologie, t. v, ti et vxii, où se trouvent des observations de cet auteur et de MM. /t9g«r et LéucharK

DANS l'homme et DANS LES MAMMIFÈRES. SOI

télés postérieurs supérieurs -(dorso^costiens) ; tous décrits dans Tart. iv de la troisième leçon (t. i, p. 3i5 et suivante s ).

Dans les fortes inspirations , ces muscles agissent avec plus d'énergie et d'effet ; ils développent plus sensiblement les parois de la poitrine ^ aidés alors par d'autrès muscles; les grands dentelés {scapuloH:ostien8)j et les grands et petits pectoraux {iteimo-costiens et cosfo-^ eoracoidiens) j dont l'action, dans les efforts, peut se porter sur la poitrine ^ lorsque l'extrénoiité antérieure est immobile»

c. Du mécanisme de l'expiration.

n n'est point , coihme celui de l'inspiration , entièrement hors des poumons , et dépend encore de l'organisation de ces viscères.

La portion de ce mécanisme qui est hors des poumons , est due principalement aux muscles du basr^ ventre, qui sont, à cet égard, les vrais antagonistes du diaphragme. Leur action alterne en effet avec celle de ce muscle; lorsqu'il a refoulé en bas et en dehors les viscères abdominaux pendant l'iiispiration, les muscles dé l'abdomen compriment, à leur tour, ces vis-. cères, les repoussent avec le diaphragmé, vers la poitrine, dont ils diminuent la cavité, et produisent ainsi l'expiration ou l'expulsion de l'air des poumons.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de ces muscles, le^on troisième, art. iv. Leur action est tellement importante dans l'expiration , comme celle du diaphragme dans l'inspiration, que c'est particulièrement par le gonflement et la contraction alternative

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du ventre , produit par ces deux puissances ^ que Ton juge , dans les mammifères comme dans l'homme , des mouTcments de la respiration.

D'autres puissances accessoires servent encore à l'expiration 9 et en composent le mécanisme*

1* L'élasticité des cdtes mise en |eu dans l'inspira* tion par les muscles releveurs ; dés que ces muscles cessent de se contracter, les c6tes qu'ils ont relevées , et dont ils ont ouvert les arcs, reprennent, par cette force, leur état naturel, s'abaissent, ferment leur arc, et diminuent le diamètre transversal de la poitrine*

2"" Tous les muscles qui abaissent les côtes ont le même usage. Tels sont les muscles droits du basventre , et les obliques , que nous venons de considérer comme ayant un autre effet, servant au même but; le triangulaire du sternum , le carré des lombes, ïe sacrolombaire et le très-long du dos.

Toutes ces puissances sont communes à lliomme et aux mammifères, et ne pré«entent pas de différences bien remarquables, si ce n'est pelles que nous avons d^à décrites (leçon m, art iv) ; entre autres relativement au long-dorsal et au sacro^lomhaire , qui sont très-petits dans les chauve*$ourit , ainsi que les autres muscles de l'épine, et dont llnfluence dans la respiration est conséquemment nulle, ou à peu près»

lia seconde portion de ce même mécanisme , qui ré* side dans les pounQK>ns, consiste :

l'^Datis l'éldsticité des tuyaux aériens mise en feu par l'air qui les dilate.

j}^ Dans la contraction de ces mêmes tuyatix déterminée par les fibres musculaires qui les entourent.

n vésulle de cette histoire , que les poumons des

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maanniftres sont purement passifs dans rinspirafion , tandis qu'ils participent , par leur pn^pre force , aux mouvements de l'expiration*

B. Dans tes Oiseaux.

Le mécanisme de la respiration doit produire y dans ces animaux 5 l'entrée de l'air, non-seulement dans les poumons, mais encore dans les grandes cellules , et sa sortie de ces mêmes parties. Il ne peut donc plus être absolument le même que dans les mammifères.

La situation reculée des poumons qui sont enfoncés dans les intervalles des côtes , de chaque côté de la co« lonne vertébrale » et par conséquent près de la.portiozi des parois de la poitrine, qui ne jouit de presque aucune mobilité pour les dilater ou les resserrer, en est la première cause principale. [Il faut se rappeler encore que les poumons sont adhérents dans toute leur face vertébrale et costale p^^: du tissu cellulaire , orga^sé en cellules et en canaux aériens et recevant, beaucoup 4^ msseaux sanguins respirateurs ou pulmonaires; qu'ils ne sont. recouv€;rts par la plèvre que dans leur face viscérale , et que h dilatation dont ils sont susceptibi^s de ce côté , comme nous le verrons tout-à-1 'heure, est plutôt relative aux canaux qui conduisent dans, quelques cellules. ]

La seconde diiKérence est la dispersion des grandes cellules dans la cavité commune^ Il en résultt^, ej^ effet, que la respiration des oiseaux ne pouvait avoir pour principal ageât un diaphraguie «^mblable , pour la ai<^ tuation et pour là structure , à celui des marotmiètei^

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