ART. 111. DANS LES GASTÉROPODES
§ I. Des organes de la respiration.
A. Dans les Gastéropodes pulmonés.
Les Gastéropodes pulmonés sont ainsi appelés parce que tous les animaux de cet ordre ont un poumon. Les principaux genres où on le remarque, sont le colimaçon (iielixjy la limace, la testacelle et la parmacelle parmi les terrestres ; il est à présumer qu'il y en a aussi dans hgatine zèbre ^ à qui Ton attribue le même genre de vie. Parmi les aquatiques ^ il y en a un dans Vonchidie^ le bulime des étangs , le planorbe ; ce poumon est une cavité plus ou moins grande , qui communique au dehors par un trou étroit, [ouvert généralement, avec TaDus , sur le côté droit du bouclier, quand il n'y a pas de coquille extérieure, ou du collier, quand celle-ci existe. ]
Les parois de la cavité sont parcourues d'un lacis presque infini de vaisseaux sanguins, rampant dans une substance un peu spongieuse. Cette cavité est placée sur le col, et s'ouvrant au côté droit de la poitrine dans le colimaçon j la limace^ le bulime^ le planorbe; sur le dos, et s'ouvrant en arrière dans la testacelle; sous le bouclier qui est au milieu du dos , dans la parmacelle^ et s'ouvrant vers le milieu de son bord droit ; enfin , sur la partie postérieure, et s'ouvrant en arrière souslè bord du manteau, dans Vonchidie.
[ Quelques descriptions plus détaillées serviront à donner une idée plus complète du poumon de cet ordre de gastéropodes, les seuls mollusques qui soient pourvus d'un organe de respiration aérien.
36d XXt* lEÇOlX. dSCT. I. RESPIRATION Dfid MOLtr«Qtm«<
La cavité pulmonaire de la limace est à peu près ronde et beaucoup plus petite que celle du colimaçon. Le réseau yasculaire s'y compose de mailles presque semblables entre elles, et couvre le plancher de la cavité comme son plafond, dans tout ce que n'occupent ta le péricarde , ni le sac gliititieux.
Celle du colimaçon est beaucoup plus graûde et presque triangulaire; son plancher est absolument sans réseau vasculaire, et n'offre qu'une simple membrane qui recouvre la cloison fibreuse interposée entre cette cavité et la partie moyenne de celle qui comprend les autres viscères. Tous ces vaisseaux adhèrent au plafond de la cavité pulmonaire ; les uns viennent du pourtour du collier, c'est-à-dire du canal veineux qui le borde; les autres de toute la longueur de la veine parallèle au rectum , en passant sous celui-ci et par le canal de la viscosité. Les plus petits de ces vaisseaux feont à peine visibles à la loupe ; ils se réunissent successivement en tàmeaûx qui finissent tous en branches, lesquelles se réunissent en un gros tronc commun pour aboutir i l'oitiltette du cœur s ce ttonc commun est donc la veine pulmonaire.
Lé système des vaisseaux pulnionaires du colimaçon ressemble doiic davantage à un arbre, et celui delà limace à un véritable reseau. DaiiS celui-ci , les veines pulmonaires h'âbôutissent pas à un troiic; unique, mais elles se rendent par plusieurs branches à l'oreillette du cœur (i).
(!) Mémoire de M. Cuvcer, sur la limace et le cUlmaçon^ p. 31 et SS, et pi. 1 It 2.
AKT. III. DAN8 LBS GAStiROPOOKS. 363
Vagatine a sa cavité pulmonaire disposée absolument comme celle du colimaçon , parmi les pulmonés aquatiques (i).
Vonchidie^ qui n'a ni coquille extérieure, ni même QD bouclier renfermant une coquille intérieure, comme la limace, a sa cavité pulmonaire sur. la partie postérieure de son corps ; ce sont dé même les parois latétules et supérieures seulement qui montrent un lacis devaisses^ux respirateurs ; tandis que la paroi inférieure est simplement membraneuse. L'issue de cette cavité scvoît en arrière de son plancher (2).
Dans le limnée stagnai^ le réâeâu vasculaire du poumou est bien moins apparent que dans le colimaçon ; Touverture du poumon est percée sous un lobule du collier, du côté droit et non loin de Tanus (5).
Il faut indiquer ici , à la suite de Torgane respiratoire des pulmonés , le poumon des cycbstomes , qui consiste de même en une cavité simple , dont Touverture se voit auMleêsus de la tête , et dont les parois sont dessinées par un réseau de vaisseaux respirateurs.
Les hélicinêê Sont dâUd lé même cas (4). ]
(i) Voir son anaComie par M. Qaoy , Voyage de V Astrolabe, et pi. S5 du Rignc animal.
(I) Mémoire de If. Cuvler »ar Vtmehidiê , p« 6 et 5 , et pU fig« v.
(8) Sur le Limnée et le Planorbe^ Mémoire de M. Gutier, p. 4 et 6.
(4) C'est à oauM de ce caractère des organes de la k^splratlon que M. de F0ruuae sépare ces deux geftres des pectinibrasches, et en fait son ordre des pulmonés operculés. M. Cuvier aTait jugé à propos, malgré celle difTérence im- P<i>tuite9 de laisser dans la premlèl^ femille des peetinibrûneha^ celle des iro- ^'^» I cause de Tensemble de leurs caractères «iigaiiifpies.
364 tXf lEÇON. SECT. I. RESPIHÂTION DES MOLICSQDES.
B. et G. Dans les Nudibranches et les Infirobranclies.
Les branchies saillantes au dehors représentent tantôt des panaches ou des arbres , comme dans les tritonies, où elles forment une espèce de haie tout autour du corps ; et dans les doris , où elles sont rassemblées en cercle autour de Tanus sur le derrière du dos; [ tantôt des houppes distinctes et séparées , disposées sur deux rangs le long du dos , et alternativement plus petites et plus grandes , comme dans les thethys ] ; tantôt de petites lames ou écailles, comme dans les éolïdet^ où elles sont disposées comme des tuiles sur le dos. Dans la scyllée^ ce sont des pinceaux de filaments, dispersés sur des feuillets charnus, ou espèces d'ailes dressées sur le dos ; dans le glaucus , elles représentent des nageoires rayonnantes, en forme d'éventail.
[Dans les laniogères^ elles forment deux séries de petites lames finement divisées en peigne. Les cavo&m les ont en forme de filets, disposées sur le dos par rangées transversales.
Dans les flabellines^ ce sont aussi des filets à cinq ou six branches de chaque côté du dos, attachés comme des rayons.
Dans les tergipes, elles sont formées d'une rangée, de chaque côté du dos, de petits tentacules cylindriques, terminés chacun par un petit suçoir.
Les phyllidies^ que M. Guvier sépare dans son ordre des Inférobranches f ont leurs branchies sous le rebord avancé du manteau , et composées de deux longues
suites de feuillets qui se voient de chaque côté du corps {i)i
D. Les Tectibr anches
[Ont les branchies divisées, en forme de feuillets non symétriques, et recouvertes plus ou moins par le manteau. ]
Dans le pleurobranche , ce sont de petites lames rangées par séries transversales sur les deux faces d'une lame saillante au côté droit du corps, dans un sillon qu'intercepte du côté supérieur le rebord du manteau , et le pied du côté inférieur.
[Les branchies des apfysies sont tout autrement situées : c'est à la face dorsale du corps qu'elles sont retirées sous un opercule composé d'un repli du manteau et d une coquille simple, cornée, contenue dans ce repli. Il est détaché du côté droit pour l'entrée ou la sortie de Teau des branchies ; elles flottent sous cet opercule et y montrent leur composition très-compliquée ; cesont des feuillets qui, après s'être divisés deux ou trois fois dichotomiquement , en ont d'autres plus petits, et ainsi de suite jusqu'à une petitesse extrême.
Les premiers de ces feuillets sont attachés à une membrane en forme de demi-croissant, qui est le pédicule de la branchieet l'organe conducteur des vaisseaux sanguins respirateurs.
(i) Voir les Mémoires de M. Cnvier sur les Dorit, les TrUoniti^ les 77î^f/iyi, ^SeyllUs, les Eotidet et let Glaueui, enfin sur les PhylUdiess et son Hégne Àrdmal, t. iii, p. 50 et suit.
366 XXX" LEÇON. 8SCT. I. aBâPIRATlON DES MOlLOSQtJES.
Les subdivisions artérielles et veineuses sont dans le même ordre et le même nombre que ces feuilleta.
Les artères branchiales qui viennent du vaisseau situé le long du bord concave de h membrane ou du pédicule en forme de croissant , régnent le long du bord superficiel de chaque feuillet. Les veines régnent au bord de chaque feuillet voisin du bord concave de la mertîbranc générale (i).
Dans les notarches^ Cuv, , et les bur$atelle$^ BiairyiLLiij» les branchies restent è découvert ; elles forment dans ce dernier genre , une série régulière et décroissante de feuilles pinnées ou composées, dont les pétioles sont fixés, comme d^ns les apfyaies^ à MU Hg^* ment semi-lunajre (a).
Les dolabelles onX les branchies de mém^ à la face dorsale du corps, muis plus en arrière que hsaplym*
C'est aussi dans la moitié postérieure dç h face dorsale qu'il faut chercher, dans les acérés ^ la fosaç où ellea sont retirées. On voit dans cette partie uo çrou^y du côté droit, qui s'enfonce sous la coquille (daus les bu^ lées et dans les bulles ) et dans lequel ^ont les branchies. Elles y sont attachées, comme dans les apfysUu ^^^ deux faces d'une membrane triangulaire, adhérente par un de ses côtés au dos^ sous le toit que lui >prête le manteau ou la coquille; ce sont des feuillets traps* verses, subdivisés eux-mên^esen feuillets plus petits (3).
(1) Mémoire dç M» Çuvier sur le geiur« J^iyêia, pt. 18, et pi. f cl 9.
(3) Voir 1(> trailé de Malacologie d« M. de Blaiuville ; et la noaTelle édiU da Rêi,'»e animal ; Mollutquct^ p!. 3i, fig^ A« et Qs* tl% pour les branoblel des M» tarohca , d*apr^s M. Ranj: y Monographie d^ Oj^lysmi,
(3) Mtaipire de N* Curiert sur tos aUm, pi. i d si^
Le gastroptère a cependant sa branchie assez en avant du côté droit; elle déborde le petit bouclier qui (rouvre le corps en avant (i).
DaQ9 les ombrelles t on trouve lea branchies formées en pyramides lamelleuse^ et placées sous un léger rebord du manteau, qui eat un peu aaillaut en avant et du côté droit. ]
E. Les Hétérapodes
[Ont, pour la plupart, les branchies en forme de plu** mes, ou pectinées, situées sur l'arrière du dos et pro-« tégées, le plus généralement, avec le cœur, le foie, dans une coquille conique ou contournée.
On voit ainsi les plumes des branchiesflotter sous le bord antérieur d'une coquille conique , dans les Carinaires et les firoles. Les atlantes ( YatUtnte de Kéro^ dren ) , dont la coquille est turbinée , ont une petite hranchîe pectitiée, suivant M. Quay et Galmard (2).
M. Cuvier n'a pu découvrir de branchies saillantes dans les phylliroës ; MM.^ Quay et Gaimardy qui ont vu ce singulier mollusque dans rétat frais , pensent aussi que quelque partie plus vasculaire de leurs téguments en tient lieu (3). ]
■.4WI.IW .-,-111 .J4.i I.J . vP i. J» ^ L'i^ « 1>J Jt ■ W
(i) Voir Ja nouTelle édlt. du Bè^nû Animal: Mollusques, pi. S5 » fig. 3, et ?. 8. u, et les Mémoire» de Bf. DelU^Chiaje, pL il , flg« 1-8. (2) Voyage de ï^ Astrolabe ^ L ii, pi. 29 , flg* i8 «t ?••
368 XXX* LEÇOIV 8EGT. I. RESPIRATION DES MOLLUSQUES.
F. Dans les Pectinibranches.
Les Gastéropodes à coquilles , dont nous n'avons point parlé ci-dessus , ont leurs branchies saillantes ; mais dans Tintérieur d'une cavité qui occupe le dernier tour de la coquille. L'ouverture en est le plus souvent fort large , et s'étend dans tout le dessus du col de ranimai, entre le bord du manteau et le corps.
Souvent aussi une partie du rebord charnu du manteau se prolonge en un petit canal, logé dans un canal pareil de la coquille , et propre à conduire l'élément ambiant dans la cavité branchiale , même pendant que l'animal est tout rentré dans sa demeure pierreuse.
On remarque ces canaux dans tous les genres démembrés de ceux que Linné avait nommés buccin^ mU' rex et strombe.
Dans la plupart des genres de cet Ordre, les branchies forment une , deux ou trois séries de lames transversales, occupant presque toute la longueur de la ca« vite branchiale , et une petite partie de sa largeur seulement Elles sont attachées au plafond de cette cavité. Ces branchies figurent , tantôt un prisme , tantôt une espèce de plume qui serait fixée par toute la longueu^ de sa tige. Plusieurs genres s'écartent cependant de cette forme générale.
[Nous allons entrer dans quelques détails sur ces dit férences, en suivant l'ordre des familles, telles qu< M. Guvier les a adoptées dans le Règne AnimaL
i" Parmi les Troclwides^ l^valvée, dite le porte-plu metj a la branchie faîte comme une plume ; elle sur de dessous le manteau, quand Tanimal veut respirer
ART. II r. DANS LES GASTÉROPODES. 369
et s*agite au dehors par des mouvements de vibration. Dans la paltidine vivipare ^ les branchies se composent de trois rangées de filaments coniques , disposés très-régulièrement. La cavité qui les renferme est largement ouverte entre le corps et le bord de la coquille; cependant il y a un demi-canal, qui commence au bord de cette ouverture du côté droit, et se prolonge assez avant dans la profondeur de la cavité branchiale ; c'est un moyen dV faire entrer Teau, quand Tanimal est dans sa coquille.
Il n'y a que deux rangées de feuillets branchiaux , triangulaires et dentelés, dans \di janthine.
Dans le turbo pica , les peignes des branchies sont de même au nombre de deux ; ils y sont composés d'une multitude de feuillets triangulaires, et séparés Ters le fond de la cavité branchiale, par une cloison qui n'occupe pas le quart de la longueur de cette cavité.
Cette cloison est complète dans les pkasianelles^,et divise en deux loges la cavité branchiale , généralement unique dans les Gastéropodes, Les deux peignes qui occupent ces deux loges sont longs, de forme cylindrique et composés d'uùe multitude de barbes perpeadiculaires à une base commune (i).
MM. Quoy et Gaimard ont observé, au plafond de la cavité respiratoire des Ampullaires , à côté d'un peigne tranchial long et unique, une grande poche remplie d'air, sorte de vessie natatoire.
2* Les Capuloides ont une seule branchie développée, attachée en travers à la voûte de la cavité respiratoire, et composée de lames étroites, ou de filets souvent très- *■ ..Il - -,. — ., ■ ■ - ■ ■ ■ ^. ^ ■ .^ ^ -,
(1) Mémoire de M. GnTier sur la Janthlne et h PhasîancUe, p. i2 et 19.
370 xxx* iEçoR. na. i. i2spnuTio!i d25 mollusque.
longs* 11 y a de plus, dans quelques cas, une brancUe rudimentaire. ]
Le Cabochon ( PaieHa kungariea , List. ) a sa bran* chie en fonne de petites lames longues, placée en dedans d'une cavité au-dessus de son col et fonnant une série transversale autour du bord de cette cavité.
[ Dans les Crépidules, la brancbie principale est composée de longs filaments attachés sous le bord antérieur de la cavité branchiale ; il y a de plus une petite bran»chie lamelleuse (i). La branchie se compose de nom" breux filets longs et minces comme des cheveux , dans les Calyptrées.
Les Cryptostomes ont un large peigne branchial, am une branchie rudimentaire (s).
Dans les Sigareis, le manteau commence à former un demi-canal qui conduit dans la cavité branchiale; tandis que dans les précédents, l'entrée de la cavité branchiale est une simple fente. Ici les branchies forment au plancher de cette cavité deux bandes en écharpe de petites lames transverses (3).
3* Les Buccinoides ont dans l'ouverture de lerr coquille spirale, à l'extrémité de la columelle, une échaocrure ou un canal qui correspond au syphon du manteau par lequel l'eau entre dans la cavité branchiale, ou en sort.
La série des lames branchiales varie suivant les genres. ] Il n'y en a qu'une série dans le murex tritona; une grande et une petite dans le buccinum undatun (4)*
(i) M. de BlaliiTille, Dietionnairû ée» Sdtneet ftdiarûdm ^ t. SS, p. Sfift.— (3) M. JLereiwuUet, Obgervatians médites, — ('S})!. Cuvier, Mémoire sur le Sigatci , etc. — (A) Mémoire ^de M. Covler eur le graod Buccin ( Bucesnm undatum, L. )/ pi fig* 3f d. et d\
▲HT. m. DANS IMM âASTiR0PQ1IB9« 3?!
[Il y en a de même deux, de grandeur inégale, dans YEbume boueu$e (i).
Dans la Struthiolaire crénetèe^ la branehie se compose de filaments très-^fins et longs , au lieu de lances courtes (s). ]
[ lia foripe allongée et très-rétrqite du corps domine ici cellç de la cavité bi's^nçbi^le, qui est située d^ailleurs çon^n^e (^^qsl^s pectinibraqch^Si ej celle de la branchfe que cçttç c^vitç renferme. ]} n'y a qu'une rangée de peignes l;ir^Qcb|auic ^vx h cOté gauche de la cavité branchiale, dans les vermets (3).
Ce peigne se compose, dans les Siliqitaires , d'une grande quantité 4^ feuillets déliés et comme tubuleux (4). ]
Q. L,ei Sqpitilfréinche^
[Ressemblent aux pectinibrançhes po urla forme et la position générale des branchies. Cependant comme Içiir coquille §st très-peu ou nullement turbinée, elle recouvre et protège les branchies comme une sorte de bouclier; de là la dénomination de cet ordre, que M. Cuvier a d'ailleurs institué pour d'autres caractères plu£f importants,' entre autr§§ celui d'avoir les sexes réunis^ etc. (5).
(i) M. Quoy, Voyage ôbV Astrolabe, •— (S) MM. Quoy et Gaimard, Voyage de VAMiroUbe et BOweUe édit. du Bàgn^ animtii, I^UM*9Hf*, pi* 49* fig- if ^ - (3) Régne animai, nouvelle ^dit, pi. «S, % 8 ^«utT? — (A) Ui4tt f^f* p, '- (^ WoWye Règne animai f t.iii,p» ii^
372 XXX* tEÇOR. 8ECT. I. MgPIKATIOrf DBS MOtttîSQCIS
Dans les lialiotides^ le manteau est profondément fendu au côté droit pour l'accès de leau dans la cavité blranchiale ; Tenu qui passe par les trous de la coquille petit pénétrer dans cette cavité à travers cette fente.
Dans les fissuretles, il y a de chaque côté et symétriquement un peigne branchial, situé sur le devant du dos ; Teau s'y rend par une petite ouverture percée au sommet de la coquille.
Les émarginules ont l'entrée de la cavité branchiale au bord antérieur du manteau et de la coquille, et formée par une échancrure de l'un et de l'autre (i).
Les parois ont, de même que les fissurelles, un peigne branchial de chaque côté ; mais seulement en avant (2), ]
J. Les Cyclobranches;
Dans les oscabrions et les patelles j qui composent cet ordre, les branchies forment un cordon tout autour du corps sous le rebord du manteau. [Ce sont de petits feuillets ou de petites pyramides formant un cordon plus ou moins complet, comme dans les inférobranches ; mais s'en distinguant par leur hermaphoditisme (3).]
Au reste, quelle que soit la forme des branchies dans les Gastéropodes, la marche du sang y est la même; chaque division et subdivision reçoit un vaisseau ou un rameau de vaisseaux de l'artère pulmonaire qui dérive
(i) NouTeUeédit. ùxxRignû animal, pi. 65 « fi^. l'*, et M. Çi/oy, Voyage de V Astrolabe, — (2) Voyage de YAttrolabe , par M. Quoy, — (S) Mémoire de M. GuTie»; 9ur VHaiMde^ le Sigani, le genre Patclhj etCi pi. ui» fig. 9 et i4.
▲HT. III. t)AM8 LES GASTÉROPODES. S73
de la veine cave , et en rend un de même ordre pour la veine pulmonaire qui se rend dans le cœur. C est de la position des branchies que dépend celle du cœur, ainsi que la direction des gros vaisseaux.
[Dans les mollusques comme dans les animaux su* périeurs , le cœur est toujours à portée de l'organe de la respiration (i).
Une autre circonstance remarquable de position relative ou de connexion, c'est celle que l'on trouve entre Tanus et l'issue ou l'entrée de la cavité pulmonaire ou branchiale ; quoiqu'on n'y aperçoive pas nettement, dit M. Cuvier (2), quelle liaison si nécessaire il doit y avoir entre l'anus et l'orifice de la respiration , la nature l'a conservée dans presque tous les mollusques.
Nous croyons que cette connexion tient au mécanisme de la défécation , lié ici , comme dans les vertébrés, au mécanisme de la respiration; car il faut voir ici beaucoup moins le rapport des deux orifices en question, que celui de l'intestin rectum avec les parois contractiles de la cavité respiratrice (3).
En résumé, nous venons de voir que les Gastéropodes ont des organes de respiration aquatique ou aérienne.
Dans le premier cas, et c'est celui de l'immense majorité de ces animaux , ces organes peuvent être toutà-fait à nu à la surface du corps ; ce sont alors des téguments , modifiés dans leur forme et dans leur structure, pour le déployement intérieur des vaisseaux
W^i->*MI«>«^*>
(1) Mémoire sur le genre Doris, p. 9. — (2) Mémûire sur VOnchidiet p. 4* - (3) Nous avoBs déjà doooé celle eipUcatiou » U v, p* 7â.
374 XXX* IKÇON. SfiCT. I. RBSPfRATIOir DS9 MOU08Qt£6.
sanguins respirateurs qui les péliètrent et qui y fo^ ment un réseau capillaire dans ce but fonctionneh
Ces productions affectent toutes sortes de formes et de positions.
Quand le Gastéropode a une coquille , l'organe de respiration est toujours contenu , en partie ou en tota* lité, dans une cavité que protège cette coquille , et sa position en constamment à la face dorsale du corps. La branchie peut eticoi^e , dans ce cas , être considéréecomme une production de la peau ; mais de la peau rentrée en elle-même , pour former la cavité rcspîîratrice.
La forme, la striicture^ le dévelopement propoMionnel de la branchie varient beaucoup , ainsi que nous venons de le voir; moiud cependant que lorsqu'elle reste à découvert
Enfin , quaûd Torgaîie de respiration est aérien, c'est une cavité simple , à paroi non divisée , ne donnant appui aux vaisseau)^ respirateurs que par son plafond et ses côtés ; mais pas du tout par feon plancher. Celui-ci, comme nous le Vei'robs dans le paragraphe suivant, est une sorte de diaphragme qui sépare la cavité pulmonaire de la cavité viscérale. ]
S IL Du n^antsme dé la teipitation pulmonaire ou
branchiale.
Dans les gastéropodes pulmOnés, l'orifice de la cavité pulmonaire peut s'ouvrir et se fermer au gré de l'animal ; et la cavité se dilatant ou se contractant en même temps, admet l'air ou l'expulse» Comme toutes ses parois sont charnues, et qu'il n'y a aucune char*
Ait. III. DAfTfl tu aAÊtiMjfomê. 375
pente osseuse, il n'y a d'autre mécanisme que Tactioa musculaire ; il ne peut guère abaisser son diaphragme.
[Mous ajouterons à ces réflexions de M. Cuvier, que les muscles des téguments communs, dans les pulmonés à coquille intérieure ( la limace ) , ou sans coquille [Vonchidie) , doivent agir pour resserrer la cavité put* monaire.
Le même mécanisme doit servir à dilater ou à res-^ serrer la cavité branchiale , dans les Gastéropodes Tec^ tibranches , Pectinibranc/ies , T ubulibr anches , Scutibranches et Cyctobranches.
Le diaphragme qui forme le plancher de la cavité pulmonaire et le plafond de la cavité des viscères , produit en partie par sa contraction la dilatation de la cavité pulmonaire. Il s'aplatit dans ce moment et refoule en dehors les viscères qui sont au-dessous , par un mécanisme analogue à celui de notre diaphragme.
Sans doute qu'il y a encore des actions musculaires d'un autre genre, particulièrement dans les pulmonés qui ont une coquille ; car d'une part l'animal respire et fait gonfler son poumon, même lorsque la portion de coquille qui le recouvre est enlevée ; d'autre part il respire aussi lorqu'il est entièrement rentré dans sa coquille (i).
Pour les décrite spécialement il faudrait entrer dans des détails anatoraiques qui font plutôt partie de l'histoire des téguments et des organes du mouvement.
Quant aux Nudibranches , et même aux Inférobran--
(1) Sur la lÀmaec et \^ Colimaçon » Mémoire dté » de M. Cuvier, p. 2S.