XXX* LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DES HOLIUSQUBS
cites ^ leurs branchies étant entièrement découverles, ou très-peu couvertes, ce sont encore les téguments, les parties du manteau auxquelles elles sont attachées qui doivent les agiter. D'ailleurs , tous les mouvements de natation de ces animaux ou ceux de Teau salée qui est leur séjour, renouvellent autour de ces organes le fluide respirable. ]
§ III. D'un système de canaux aquiferes, considéré comme moyen accessoire de respiration et de mouvement*
[Ce que nous avons dit des branchies accessoires dans les Céphalopodes , ayant quelque analogie avec ce qui a été publié par M. Delle-Chiaje, sur le système des canaux aquifères sous-cutanés et abdominaux des Gastéropodes et des Ptéropodesj nous donnerons» dans ce paragraphe , un résumé des descriptions de ce savant.
Nul doute que les Gastéropodes aquatiques, et sans doute les Ptéropodes, n'ayent plus ou moins la faculté que M. Cuvier attribue aux Gastéropodes hétéropodes, ^e pouvoir gonfler leur corps en le remplissant d'eau, d'une manière qui n'est pas encore bien éclaircie (i). M. Laurillard a vu les Eolides, qui sont des Nudibranchesy se mouvoir dans l'eau, comme en glissant sur un plan solide et résistant. Il pense que la faculté dont parle M. Cuvier leur sert à rendre leur corps spécifiquement moins pesant, et facilite leurs mouvements dans l'eau ; de même que la pénétration de Taîr dans toutes les parties du corps de l'oiseau facilite ses mou-
V (^) ^^S^C' animai^ t. lix , p. 57.
ART. III. DAMS t£fi GASTÉBOPODBS. 377
vements dans l'air. Il pense aussi que ces colonnes de liquide qui pénètrent entre les diverses parties du corps, empêchent celles-ci d'être refoulées les unes contre les autres, lorsque ces animaux, arrivés à une grande profondeur, sont soumis à une pression considérable.
Mais de même qu'on a expliqué que cette pénétration du fluide respirable dans d'autres cavités que celles des poumons , que son contact avec d'autres organes pouvait aussi servir à l'oxygénation; ainsi pourrait-on envisager les effets de cette pénétration de l'eau dans les dififéreates parties du corps des mollusques. Cette vue pourra me justifier peut-être d'en traiter avec les organes de la respiration.
Selon M. Delle-Chiaje (i), le système des canaux aquiféres commencerait à la surface du corps, par un nombre variable d'orifices percés en avant, sur les côtés et en arrière du pied. Ces orifices seraient les embouchures extérieures de canaux qui conduiraient le fluide ambiant principalement dans la cavité abdominale. Rien , dans cette disposition , ne parait s'éloigner beaucoup de ce que nous avons décrit comme cavités branchiales accessoires dans les Céphalopodes. Les canaujf; en question seraient même, dans les Gastéropodes aquatiques , tout-à-fait analogues aux canaux péritonéaux des Sélaciens f des Lamproyes^ des Saumons, etc.
C'est à tort, cependant, que M. Delle-Chtaje suppose que dans les Doris le canal excréteur que nous
(I) Descripzionc di ua uuovo apparato aquosi» etc. Mcmorie,etc., !« 1825, eilûstïtuiioni di Ânuiomia comparaia, t, i, p. 178-394» einoli p. 3S7. Napoli,
378 UX^ IBÇOlf* BE(ST. I. HESPIRATlOir M9 M0tLUSQtI£8.
avons fait connaître, d'après M . Curier, avec le foie de cet animal, et qui s'ouvre à côté de Tan us, pourrait bien être un canal aquifère. Mais cet anàtomiste expérîmenté dit avoir reconnu, dans le même animal, difcrs orîfices ovales sur les côtés du pied.
Chez les Théthys qui se gonflent d'eau, il n'a pu découvrir les voies par lesquelles entre ce liquide. C'est, il le suppose , sur le bord du pied où Ton voit, dans les apfysie$9 une série d'orifices ovales.
La carinaire de la Méditerranée a évidemment la faculté de se gonfler d'eau, sans qu'on ait pu trou?er, jusqu'à présent, les voies par où pénètre ce liquide. Mais elles sont indiquées , dans l'ouvrage que nous venons de citer, pour une ou plusieurs espèces des genres Buccin 9 Murex ^ Cône^ Nérite^ Ormier et Patelle.
M. Delle^Chiaje a vu pénétrer le mercure, qu'il avait injecté par ces orifices, dans le Buccinum gaUa, à travers le pied , jusque dans la cavité abdominale.
Meckel (i), qui a constaté souvent, dans beaucoup d'espèces, l'existence d*une quantité d'eau remarquable entre les téguments et les viscères , principalement dans les interstices des faisceaux musculaires, û'a jamais pu faire sortir cette eau, quelque pression qu'il ait fait subir à l'animal vivant ou mort, par des ouvertures naturelles. Mais elle s'écoulait rapidement lorsqu'il faisait des piqûres dans quelque partie du corps, surtout à la face dorsale» Ses observations ont été faites particullèremen t sur des Nudibranchesj des InférobrancAes et des Tectibrunches*
tmm
(i) S/8tème d'anatom !« comparée , ? i , p. 72 et «uiv. , de réditlon aUemande.
âftT< tr. DANS an ACi&PHALCg» 379
Il en conclut que Tedu est absorbée par toute la surface des corps , et qu'il n'existe pas » ches^ ces molitifiques , de systèine de canaux aquifères, ayant à Textérieur des orifices distincts*
C'est dôhc encore une question indécise, que la détermination des voies précises par lesquelles pénètre l'eau dans le corps de ces animaux.])
ARTICLE IV
Dans leê jicéphales.
§ L Des branchies.
Les Acéphales ont leurs branchies en forme de feuillets , cotnpoâéà chacun d*une double lame et d'une double série de vaisseaux, très-régulièrement serrés les uns près deô autres , comme les dents d'un peigne fin, tous transverses & la longueur des feuillets. Les uns dé ces vaisseaux sont artériels , et viennent d W gros tronc q;ui rampe sur toute la base du feuillet; les autres Sont veineux , et rentrent dans un autre tronc qui ïatnpe le long du premier, les deux genres de vaîèsëàux sont perpendiculaires à leurs troncs respectifs.
a^ Dès branchies éûhs Us Acéphales tèsîàcés.
hea Acéphales testacés ont quatre feuillets branchiaux^ deux de chaque côté , enfermés entre les deux lobes de leur manteau, et entre lesquels pàSse le pied quand il en a un.
380 IXt* LEÇOlf; SEGT. I. ftESPIEATION DES MOLLUSQUES.
La face interne des quatre feuillets triangulaires qui entourent la bouche , et tiennent lieu de lèvres ou de tentacules, est aussi striée par des vaisseaux semblables à ceux des branchies , et pourrait bien servir de même à la respiration, ou à Toxygénation du sang. [Ce ne serait jamais, à la vérité, qu'un moyen très-accessoire; le principal usage de ces feuillets étant de servir ati toucher, comme Texprime le mot de tentacules pai lequel M. Cuvier les désigne. Meckel observe à ce sujet que leurs proportions sont en quelque sorte inverses des branchies.
Les branchies des Acéphales testacés montrent une grande uniformité dans leur nombre et leur disposition symétrique.
La forme des feuillets branchiaux varie avec celle du manteau et de la coquille ^ et conséquemment avec la forme générale de tout l'animal.
Nous traiterons dans le paragraphe suivant de la manière dont ces feuillets sont enveloppés par le manteau, et des modifications que le mécanisme de la respiration en reçoit.
Leur structure est généralement lamelleuse, c'està-dire qujs les deux surfaces de chaque feuillet sont divisées par des plis longitudinaux et transverses plus ou moins saillants.
Mais cette structure se change quelquefois en une forme plus divisée; ce sont alors, au lieu de plis, des filaments très-nombreux flottants dans l'eau; telles sont les branchies des spondyles^ des peignes et des arches (i). ]
(i) JiSechet^ op. ciU, p. Oo, et Bàgno animal, nouveUe édition; Mollusques, pi. 74» fig* h a.
Àfiï. IV. dahs les acéphales. 38t
b. Dans les Acéphales sans coquille.
Dans les Bipkores ou Salpa et Thalia, la branchîe ne fait qu'un ruban étroit , traversant obliquement Tintérieur du corps. [ Elle est composée d'une double membrane formée par un repli intérieur de celle qui tapisse l'enveloppe générale; ce repli s'élève obliquement de la partie ventrale de la grande cavité du corps , un peu en arrière de l'orifice postérieur de cette cavité, vers la partie dorsale et antérieure de cette même cavité, jusque très-près de l'orifice buccal. Ce feuillet branchial est, de même que ceux des acéphales testacés, garni d'un réseau vasculaîre dont les ramifications sont en grande partie transversales et parallèles (i). ]
Dans les Ascidies^ les branchies forment de même un seul feuillet, ou plutôt un très-grand sac à réseau vasculaire extrêmement fin, au fond duquel est la bouche. [Cette cavité, ou ce sac branchial , varie beaucoup pour l'étendue , pour la profondeur et pour la forme. Les parois montrent constamment, dans leurs tissus, une infinité de petits vaisseaux qui se croisent à angles droits , et interceptent des mailles quadrangulaires ; au microscope , on remarque des vaisseaux plus petits qui subdivisent encore les mailles.
Les petits vaisseaux verticaux viennent des vaisseaux transverses, et ceux-ci tiennent, parleurs extrémités, à deux troncs, aussi verticaux, qui occupent chacun
^mt
(i) Utakoirç de M. GaTier, idf let Tkalk» et sur les Bipham^
384 XXX* lEÇOIf. 8ECT. I. RESPIRATION DES MOLLUSQUES.
communiquant au dehors que par le canal inférieur du double tube, rejettent ou reçoivent Teau par ce canal (i).]
Ces animaux peuvent, en partie, retirer leurs tubes dans la coquille, au moyen de deux muscles rétracteurs plats, en éventail, attachés aux lobes du manteau; mais ce n'est pas par l'action musculaire seulement qu'ils les dilatent; nous avons souvent observé dans les photades qu'elles les étendent à la fois en longueur et en largeur ; il faut qu'il y ait alors un gonflement vasculaire, ou une sorte d'érection.
b. Dans les Acéphales sans coff utile.
[ Dans la famille des Biphores^ le manteau ou l'enveloppe commune forme un grand sac ouvert par ses deux extrémités ; les contractions ou les dilatations alternatives de ce cas produisent un courant d'eau dans son intérieur, lequel est dirigé de l'ouverture qui répond à l'anus vers celle qui répond à la bouche ; ce courant, qui sert aux mouvements de l'animal, à son alimentation, etc. , sert encore à sa respiration. En effet, il renouvelle l'eau mise en contact avec la branchie en ruban, étendue obliquement dans la longueur de ce sac.
Dans les ascidies^ les choses se passent comme dans
(1) Ces rapports des deux tubes , même lorsqu'ils ne sont séparés que par une cloifon, sont entre autres très-cl^ircment indiqués dans la pi. 15, fig. 3 du Mémoire de M. Aiidomn , sur Tanimal de la glycimère {Annales des Sciences Naiu' relies , t. 38). Nous Terrons dans le paragraphe suivant^ Tanus avoir aussi , dans le manteau des ascidies» un orifioe qui lui est propre.
ART. IV. DANS IiES ACEPHALES. 385
les testacés de Tordre des Enfermés ; c'est-à-dire, que Teau qui va dans ce sac branchial par l'ouverture supérieure du manteau, et qui s'y trouve précipitée par la dilatation de celui-ci, n'a d'autre issue que cette même ouverture. Ce sont les contractions du manteau qui l'en font ressortir.
Il ne faut pas perdre de vue d'ailleurs que c'est an fond du sac branchial que se trouve la bouche, et que la cavité branchiale est la seule par laquelle entrent les substances alimentaires. ]
§ IIL D'un système de vaisseaux aquiferes dans les
Acéphales.
[Plusieurs anatomistes admettent, comme dans les classes précédentes, un système de vaisseaux ou de canaux aquiferes, pouvant être considéré comme un moyen accessoire de respiration.
C'est à ce sujet que M. Cuvîer s'était exprimé comme il suit dans notre première édition :]
M. Poli admet de petits canaux respirateurs, ductus respiratorii ^ qui auraient leurs orifices dans les petits tentacules placés d'ordinaire au bord postérieur du manteau, ou autour de l'ouverture du tube branchial; qui de là pénétreraient jusqu'à un certain réservoir, doù le mercure injecté passe dans l'intérieur des branchies. Je n'ai rien pu voir de pareil, et la respiration m'a semblé se faire dans les acéphales, comme dans les autres mollusques et comme dans les poissons,
388 XXX* LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DEÔ MOtllîSQCES.
premiers , il en revient d'autres qui entrent dans un vaisseau veineux parallèle au vaisseau artériel. Les deux vaisseaux veineux du même côté , c'est-à-dire celui d'un lobe et celui qui lui est opposé, entrent dans le cœur correspondant.
Ainsi que l'avait présumé M. Cuvîer, c'est aussi le manteau des térèbratules ^ et non leurs bras, qui leur sert d'organe de respiration.
La partie libre de ce manteau montre, du côté delà valve perforée, quatre vaisseaux principaux, et du côté opposé un seulement (i). C'est surtout vers la circonférence des lobes du manteau qu'on aperçoit du côté interne leurs ramifications vasculaîres. Le pourtour de ces lobes est d'ailleurs finement traversé par un grand nombre de cils vibratiles.
Dans les orbicules^ ce sont encore les lobes du manteau, restés ici, comme dans les térébratules, tout nrAs et sans plis, qui servent d'organes de respiration. Les vaisseaux sanguins y étalent leurs ramifications vasculaîres, lesquelles vont en se réunissant de la circonférence vers les parties centrales et viscérales de ces lobes (2).]
§ IL Mécanisme de la respiration.
[Les Brachiopodes étaut fixés aux corps sous-marins^ n'ont que les mouvements très-bornés de leurs valves, ceux de leurs bras, et l'action des cils qui bordent les lobes de leur manteau pour renouveler l'eau autour
(1) Nous les avons décrits, ainsi que les cœurs, t. T, p. 384 » diaprés M. Oweo ; j vcir pour les branchies le Mémoire cité de ce saront , p, 55 et 56. I
(2) Voir le second Mémoire de M. Owen , sur Tanatomie des Tcrébratui§s et ÇrbicuiêM , Annale» de« Science Naturelles , 2« série , t. 5 , pi. 4 et ^
AaX. VI. DANS £^S CIR&UOPODES. 389
d'eux, éloigner ainsi les excrétions qui sortent de leur corps, et attirer à eux les substances alimentaires et l'eau aérée ou respirable. ]
Jusqu'ici on peut dire que, dans tous les mollusques, le système respiratoire est aussi ^complet que celui de le circulation.
ARTICLE VI
Des organes de la respiration dans Us Cirrhopodes.
§ L Des branchies.
Dans les animaux singuliers nommés anatifes et balanes , qui composent cette classe , il y a de chaque côté, à la base des bras, ou tentacules, des feuillets coniques, en nombre pareil à celui des bras, mais dirigés en sens contraire , c'est-à-dire vers le dos, et couchés contre le corps sous le manteau.
[Le nombre de ces productions pyramidales adhérentes au dehors de la base des tentacules varie selon les espèces. On distingue les vaisseaux qui se rendent des branchies vers le dosdeTanîmaUoù se trouve le cœur (i).
Nous avons déjà dit que le système vasculaire semble interrompu dans l'intérieur des pyramides branchiales, qui forme une lacune, comme la vessie, la lame ou le tube branchial des crustacés , et ne montre point de réseau capillaire (2). ]
(i) Mémoire de M. Guvier, sur les Anatifes et les Bulamu, (3) Voir le U f i , p* 981 de cet ouvrage.
393 XXX* LEÇON. SKCT. II. RESPIRAT. DES ANlif. IRTICTJliS.
ARTICLE I
Des organes de respiration dans les Crustacés.
[ La classe desCrustacés se compose, en général, d'a- Qiinaux aquatiques, destinés à passer dans l'eau une grande partie ou la totalité de leur vie , et qui ne vivent dans Tair, et dans l'air humide seulement^ que par exception.
Aussi , leurs organes de respiration sont-ils presque toujours des branchies, c*est-à«dirc des parties saillantes, en forme de larges feuillets, de lames étroites, de tubes simples ou ramifiés, dans lesquels le fluide respirant pénètre et circule, et autour desquels le fluide respirable se meut et se renouvelle.
Nous ferons connaître successivement les divers ordres de la classe, en décrivant d'abord les brauchies proprement dites ; puis les parties qui en constn tuent le mécanisme, pour le renouvellement du fluide respirable.
Les branchies des Crustacés varient beaucoup dans leur position, dans leur nombre, dans leur forme, et, jusqu'à un certain point, dans leur structure et dans le mécanisme qui leur est annexé.
Nous indiquerons même quelques Crustacés chez lesquels on ne connaît pas d'organe particulier pour la respiration ; elle paraît s'effectuer, chez eux, par les téguments ; qui sont d'ailleurs , par suite de leur position et de leurs rapports avec l'élément ambiant, les organes les plus naturelfi de cette fonction. ]
A, Dans les Décapodes.
§ I. Des branchies proprement dites.
[Relativement à leur position, les branchies desD^capodes sont attachées en partie à la base des pieds et des pîeds-mSchoires , en partie près de cette base, sur le rebord latéral et descendant du thorax , où elles sont recouvertes par le bouclier, qui les retient dans une prison assez étroite.
Leur nombre peut différer d'un genre à l'autre. Quant à leur structure, nous verrons que la partie qui a pour fonction de mettre le fluide nourricier en contact avec le fluide ambiant, est une lame composée de deux feuillets entre lesquels vient circuler le fluide nourricier, ou bien un tube dans lequel ce fluide pénètre et se meut. Lorsque les lames sont proportionnellement larges, et qu'elles peuvent retenir une certaine quantité d'humidité dans leurs intervalles, elles indiquent un crustacé qui a, toutes choses égales d'ailleurs, plus de moyens de vivre hors de l'eau que celui chez lequel les branchies sont en forme de franges ou de brosse, c'est-à-dire de tuyaux ou de filaments. Parmi ces derniers , aucun ne vit naturellement hors de l'eau ; tandis qu'un grand nombre des premiers passe une partie de sa vie dans l'air humide. D'autres circonstances qui tiennent à la position des branchies, à la poche plus ou moins fermée qu'elles occupent, au mécanisme qui y conduit l'eau et l'en fait sortir, et dont nous traiterons en parlant de ce mécanisme, influent, sans doute plus ou moins, sur le séjour aquatique ou aérien de ces animaux. J
396 XXIX* JLEÇON. 6ECT. 11. RESPIRÂT. DES ANIM. ARTICGléS.
La première brancliîe thoracique n'est pas plus longue que la seconde branchie maxillaire , et ses lames n'ont pas même l'ampleur des lames de celle-ci. Elle est cachée 5 dans sa position, derrière la seconde du même nom, qui est très-sensiblement plus grande. La troisième est comme la précédante. Les quatre suivantes sont, à la fois, les plus longues et les plus amples.
Nous avons plus particulièrement examiné, parmi les Brachyures arqués ( section 2* ) , le crabe tourteau et le xantho floridus , Leagh. Le nombre des branchies est de même de deux maxillaires et de sept thoraciques.
Dans la troisième section, celle des QuadrUatères,h tkelpkuse fluvialile a de même neuf branchies pyramidales, dont les deux premières sont maxillaires. La septième et la huitième de ces branchies ont la face externe de la pyramide plus étroite que les latérales. La dernière et les précédentes forment des pyramides à faces plus égales. Toutes ont leur sommet assez incliné en arrière.
L'uca lœvis n'a que cinq branchies thoraciques, outre les deux maxillaires. La première de celles-ci est rudimentaire, et composée seulement de quelques lames en palette. La seconde a la forme normale, c'est-à-dire qu'elle est composée de deux séries de lames décroissantes formant une petite pyramide.
La première thoracique est sensiblement plus longue, à sommet très-eflBlé ; la seconde est encore de grandeur médiocre; les trois dernières sont les plus grandes, ayant la face externe de leur pyramide très-large, et Tartère branchiale qui la divise d'un très-gros calibre.
Le gécarctn ruricole^ qui appartient à la même section, a de nouveau les neuf branchies ordinaires, dont sept thoraciques. Celles-ci vont en diminuant, du moins pour la longueur, de la troisième à la septième. La deuxième est comme la troisième. La première^ plus petite que la seconde , est cachée sous elle. La forme de toutes ces branchies est normale, c'est-à-dire que c'est une pyramide formée par deux rangées de lames symétriques ; sauf la dernière, dont la rangée postérieure seulement parait large et plate du côté externe, tandis que la rangée antérieure de ses lames forme une surface étroite et arrondie du même côté.
Les grapses (^grapsus varius, L.) se distinguent de même par la forme asymétrique de leur septième branchie thoracique.
Nous avons remarqué qu'elles avaient une texture molle, qui contraste avec la consistance et l'épaisseur plus grande qu'elles nous ont montrée dans les deux genres précédents.
Les Triangulaires ou les genres de la cinquième section que nous avons examinés sont : les acanthonix [acanthonyx lunalaius , Lam. ) , les pises (pisa coraiiina Leagh) , et les maîa^ Leagh {maia squinado et maîa cris-^ tata^ Risso). Le nombre de leurs branchies est normal, c'est-à-dire de deux et de sept dans les deux derniers genres. Je n'ai trouvé que six branchies thoraciques dans le premier ; mais cette anomalie de nombre était probablement individuelle. Les arêtes de leur pyramide sont émoussées de manière à donner à chaque branchie une forme conique ou demi-conique.
Dans les matas j la pyramide branchiale se distingue par le plus grand nombre de ses faces; ce qui vient de
400 XXX' lEÇOK. SECT. II. RESPIRAT. DESANIM. ARTICT3LÉS.
les six suivantes, la seconde est rudimentaire dans sa partie inférieure, la troisième dans sa partie supérieure, la cinquième dans sa partie inférieure, la sixième dans sa partie supérieure, et la huitième dans sa partie inférieure. Les autres ont les deux pyramides qui les composent également développées. Les lames, très-nombreuses, sont comme de petites palettes, ayant la forme d'un triangle isocèle, adhérent par son sommet et libre par ses trois côtés. Les deux séries de lames interceptent un sillon profond du côté extérieur, dans lequel se voit rcgrtère pulmonaire. La veine est le long de la carène que forme la branchie du côté externe.
La partie inférieure de la portion adhérente de la troisième branchie porte un tubercule charnu, avec un paquet de soies, qui ressemble à une rame d'annelîde.
Les birgues ont le même nombre de branchies, avec cette même disposition. Elles sont très-petites, relativement à la capacité de la cavité branchiale, qui est trèsgrande, et relativement au volume de tout le corps.
Le même type de l'appareil branchial se voit encore dans un genre anormal, celui des porccUanes^ que nous détachons, à cause de cela, de la quatrième section des Macroures de Latreille, et que nous rapprochons des Paguriens ( i ) .
A la vérité, les lames branchiales des porcellanes sont plus étroites à proportion, et arrangées de chaque côté d'une tige commune^ comme les barbes d'une plume;
(1) Celte analogie de structure des branchies, mêmi avec relies des crabes,^ coïncide d'une manière remarquable dans ce genre, avec relargis^emeot du tho« rax et h queue retroussée en-dessouf .
ART. I. DANS LES CHUSTACi^S. 40â
elles ont, en un mot, la structure pennifonne, que nous distinguerons de celle des crabes y qui est plus propre à retenir Teau.
Il y a douze branchies de chaque côté, formant deux séries au-dessus l'une de l'autre, disposées en quinconce; mais tellement rapprochées, que tout l'appareil branchial occupe un très-petit espace. Elles sont attachées au-dessus du premier article des pattes.
Le lamelles sont, comme des barbules, placées sur deux rangs, de chaque côté d'une tige commune; mais relevées et rapprochées par leur bord externe, de manière que la branchie semble pliée sur la ligne moyenne, qui parait enfoncée.
Nous les avons étudiées sur un individu de X^Lpercellaneii larges pinces, de cinq lignes de longueur. Chaque branchie avait trois quarts de ligne de cette dimension , sur un quart de large.
Les gàlathées [Galatliœa strigosa^ S.) ont quatorze branchies pyramidales, qui ont beaucoup de rapports, dans leur structure, avec les branchies des Pagures. Elles sont composées de deux rangées de lames rondes, en palettes, ne tenant à la tige commune que par une petite partie de leur circonférence, libres dans le reste de leur étendue. Les premières de la base sont petites, serrées et rapprochées de la ligne moyenne, contre les plus grandes , qui vont ensuite en diminuant et en s'écartant, par série, de manière à laisser un large et profond sillon un peu au delà de cette base, lequel répond à la plus grande partie de la ligne médiane externe de la pyramide.
Comme dans les pagures, on voit que chaque pyramide est composée de deux autres, adossées par 7. 26
409 XXX* LEÇON. SSGT. II« RB8P1RAT. BZS Alfllt» ARTIGtliS.
leur base, dont l'inférieure est restée plus petite que l'autre , ou inéme est rudimentairc , et ne fait que garnir la base de celle qui lui est supérieure. C'est de l'endroit de réunion de ceâ pyramides, que part le pédicule qui fixe ce^ branchies. Il y en a oniei dans la rangée inférieure , qui tiennent par paires au premier appendice maxillaire et aux ligaments de l'ai* ticulation des quatre premières pattes avec le thorax« Une seule, mais la plus grande, répond à la cinquième patte; de manière que ces onze branchies reçoivent une certaine impulsion lorsque les hanches de ces pattes sont agitées.
Trois autres branchies sont attachées au-dessus des précédentes, dans les intervalles de leurs trois dernières paires. 11 y a un enfoncement dans le thorax, à l'endroit de leur attache, et elles ont le volume delà der« nière branchie inférieure.
Les deux sections suivantes des Macroures ^ celtes des Locustes et dtsljomards^ ont des branchies bien différentes pour la structure, de tous les crustacés précédents. Elles sont composées de tubes ou de filaments qui montrent, dans leur arrangement et leurs proportions , deux types distincts.
; Dans le premier, les branchies ont encore la forme pyramidale. ] Les pyramides branchiales, quoique placées semblablement, sont plus nombreuses et plus compliquées que dans les brachiures; au lieu d'avoir, des deux côtés de leur plan vertical, des lames empilées, elles y ont des rangées de filaments cylindriques, de manière que leurs faces sont hérissées comme du velours , ou plutôt comme une brosse. Le nombre de ces manaents est quelquefois de plusieurs mîlUers par pyra*
àET. I. DAKS t£ft GRCSTAdts. 403
mîde; chaque pyramide a, [comme celles des bran chyures, ] sa grosse artère et sa grosse veine, qui abour tissent dans le corps.
[DansTautre type, les tubes sont plus longs» moiq» nombreux, flottants comme des panaches»
Nous verrons tout à l'heure des exemples de ces deuji types, entre autres dans deux espèces très-rapprochées pour les formes extérieures et qu'on a cru Ipng-tempft congénères ; je veux parler du homard ^% de Vçcrevm^ commune.
Les scy tiares {Scyllarus arciu$, L.), de \dt section àts Locustes de LATREitLE, ont vingt-une branchies de chaque côté, toutes en brosse , ou composées de filaments tubuleux, attachés par séries régulières et multipliées, de chaque côté d'une ligne médiane, ou sur un double plan; ou bien entourant cette ligne coujnu* les soies d'une brosse ronde. Quinze de ces branchies sont fixées aux anneaux du thorax, au-dessus des deux premiers appendices maxillaires et des cinq pieds, La base des mêmes appendices maxillaires et la hanche des quatre premiers pieds porte un pédicule mobile, auquel est attachée une branchie et une lame branchiale, 11 y efi a donc six qui l'agitent plus ou moins avec les pieds, ou les pieds-machoires. Les autres n'ont point de mobilité dans leur attache. Toutes ont une forme pyramidale; mais, dans ces dernières, les tubes sont plus courts et les pyramides plus grêles.
La langouste commune ne présente aucune différence essentielle dans le nombre, la position, ni dans la structure de ses branchies et des lames accessoires.
Les branchies des nep/irvps de la section des //tfmards [Nephrops norwegicus) sont aussi en brosse , et
404 XXZ' LEÇON. 8CCT. IL RE8PIHAT. DBS ÂRIX. AKTIGUliS.
de forme pyramidale, maïs aplaties par leur face interne. Il y en a vingt disposées par group es , pour la plupart. La première branchie tient au quatrième appendice maxillaire ; elle est rudimentaire. Les deux suivantes sont attachées au cinquième de ces appendices. Des dix-sept autres branchies, quatre sont attachées aux quatre premières pattes, et les autres sont disposées par paires au-dessus des cinq pattes et des deux pieds-^méchoires, contre la voûte des flancs; excepté la dernière , qui est isolée. ]
Il y a dans le homard cinq groupes de quatre pyramides chacun, et une pyramide solitaire en ayant et en arrière, dont l'antérieure est fort petite. C'est donc en tout vingt-deux branchies de chaque côté. Le premier groupe est attaché à la paire de mâchoires la plus extérieure, et la pyramide solitaire, qui est en avant, sur la paire de mâchoires que celle-là cache. Le deuxième groupe est sur les grosses pattes en tenaille; les autres sur les pieds suivants, excepté le dernier, qui n'a qu'une pyramide solitaire. Dans chaque groupe, il y a une pyramide, la plus extérieure, qui est attachée au pédicule de la lame de parchemin, et se meut avec elle ; les trois autres adhèrent au corps même, et n'ont pas de mouvement propre. La première, solitaire, est aussi sur sa lame ; mais la dernière tient au corps, et n*a derrière elle qu'un rudiment de lame,
[Ainsi que nous l'avons déjà dît, le second type des branchies , dans les deux sections des Locustes et des Homards, telles que nous les avons réduites, se voit dans Yécrevisse commune [Astacus Jluviatilis^ Edwards). On en compte dix-huit, dont neuf thoraciques, de figure pyraniidale,formant une série supérieure. Les trois pre*