C. Dam les jémpMpodes
§ I. Des branchies.
[ Ce sont assez généralement des branchies vésiculeuses attachées à la base de leurs pieds thoraciques, et plus ou moins découvertes entre les deux rangées de ces pieds. Dans ce cas, ces appendices sont évidemment des organes analogues aux lames branchiales des décapodes, qui ont été modifiés pour la respiration.
On a décrit, dans les ancées, les pranlzes, les typbiSf les apseudes, etc., des branchies arborescentes, situées sous la queue. De là la dénomination de phytibranches que Latreiue avait donnée au groupe dans lequel il réunissait ces différents genres, dans la première édition du Règne nnimal.
Les crevettines ont certainement des branchies vésiculeuses. Nous les avons constatées dans la crevette des ruisseaux^ où ces bourses sont attachées à tous les pieds, à commencer de la seconde paire.
Les phronimes ont six vésicules branchiales entre les dernières pattes.
Vhiella a une double lame attachée i la hanche de
la plupart des pîeds thoracîques (i), qu'on pourrait considérer comme l'analogue des lames ou des vésicules branchiales d'autres amphîpodes. Cependant, M. Straus décrit, comme appendices branchiaux, les doubles paires de lames en forme de feuille et ciliées, qui sont attachées, comme appendices natatoires souscaudaux, aux sept derniers segments du corps. C'est une détermination analogue à celle de Latreille pour d'autres amphipodes, les phytibranches, dont nous ayons déjà fait mention. ]
§ II. Du mécanisme de la respiration.
[Chez les crevettines^ M. Milne-Edwards a obserrë que les vésicules branchiales étaient couvertes, du côté extérieur, par les pièces épimériennes des quatre premiers anneaux thoraciques, et par l'article basilaire des trois dernières paires de pattes : les mouvements des fausses pattes abdominales produisent un courant d'arrière en avant qui renouvelle l'eau autour de ces branchies ainsi encaissées (2). Quant aux brariches arborescentes sous-caudales, si tant est que cette détermination, que nous n'avons pu vérifier, soit exacte, les mouvements de natation de l'animal doivent suffire pour renouveler l'eau^utour de ces organes» ]
(1) Mémoire sur VHUUa^ par M. Straus-Durckfieim. Mémoires du Muséum de Paris, U 18, p. 51, et pi. 4, fig. 9, 10, 11 et 13, g, h. — (2) Respiration des Placés 9 Mémoire cité , p. 190 du t. xi des Annales d^$ Seitnu» ffaturctlcs , deuxième série.
430 XXX' LEÇON. fiEGT. II. RESPIRAT. DEtf INIM. ARTICttiS.
D. Dans les Lœmodipodes.
§ I. Des branchies.
[Les crustacés de cet ordre ont des branchies fort simples; ce sont des lames vésiculeuses , ou des tubes tenant à quelques-uns des segments moyens du corps, à côté des membres, ou remplaçant ceux-ci.
Ainsi, nous avons vu , dans la chevroUe linéaire [caprolia iinearis), deux vésicules ovales, suspendues de chaque côté du troisième segment du corps, et autant au quatrième, au lieu d'autres membres.
Dans les leptomères [ieptomera pedata)^ c'est à Tintérieur des trois paires de pattes intermédiaires que sont attachées les vésicules branchiales (i).
Les cyqmes les ont un peu différentes, suivant les espèces. 11 y a, le plus ordinairement, un tube simple très-allongé, attaché de chaque côté du troisième et quatrième segment du corps, au lieu de membre; ce serait en tout quatre branchies. M. Roussel de Vaur zéme^ à la vérité, décrit et figure ces tubes comme doubles ou bifurques, après un court pédoncule commua, dans le cyamus ceti (2). Nous les avons trouvés simples dans des individus de la même espèce, mais avec une rainure longitudinale, suite de leur affaissement, qui leur donnait une apparence double.
(i) Iconographie dn Hègne animal, pL 19, fig. ~ (2) AnnaUs da Seitnm Naturelles, deuiième série, 1 1, p. 248, et pi. 6, fig. I, 2 et 3«
Le même savaqt les a vus simples dans le eyame ivr rant et le cyqme grêle. 6
Un ipdjvidu encore plus petit que cette dernière espèce, et d'une espèce différente, distingué par la forme des segment^ du corps, arrondis et séparés de chaque côté dans le quart de leur largeur, avait quatre lames braqclûales Tésiculeuses au lieu de tubes. ]
§ II. Mécanisme de la respiration.
[Le mécanisme de la respiration, dans ces branchies découvertes, est dépendant du mouvement du liquide dans lequel l'animal est en repos ou s'agite. 11 se complique des naouvcments des membres, lorsque les branchies sont annexées à ceux-ci. }
£• Dam les Isopodes.
§ I. p,es franchies.
a. Cof^id^ations générales.
[Cet ordre de crustacés se distingue, entre autres, par la nature, par la position et par la fortne de ses organes de respiratio^.
Copstamment placés sous les derniers anneaux du corps, ce sqnt en partie des lames operculaires ou protectrices, ayaqt au moins la consistance du parchemiq; en partie des feuillets ou des vésicules membraneuses respîratrices au branchiales, à parois moUeç et trèsminces. Ces lames de différentes sortes, ou qui peuvent être toutes r^spiratrices, comme dans les bopyres, à en
439 XXX* lEÇOlf. SEGT. II.,R£SPI11AT. DES ÀNm. iKTICUliS.
juger du moins par leur nature molle et perméable, sont rangées par double série symétrique. Leur plus grand nombre normal paraît devoir être de dix pour chaque série. Quand il y en a moins, on trouve ce nombre complété, dans quelques cas, par des lamelles rudimentaires [Vaselle (feau douce) , situées où seraient les lames principales, dans le plan général. Outre ces lames ou lamelles du plan général, il existe souvent des lamelles très-petites, accessoires , en ayant et en dehors des cinq paires de lames de chaque série.
Quelquefois il y a une paire de ces lames accessoires très-développées, et formant comme un volet qui s'ouvre ou se ferme sur les branchies (les Idotéides).
Les dix lames de chaque série, quand elles existent, sont toujours rapprochées deux à deux, et articulées sur une même partie du segment sous-caudal correspondant, soit immédiatement, soit par l'intermédiaire d'un pédicule. Nous appellerons lame recouvrante la plus extérieure de chaque paire, et lame recouverte la plus intérieure.
Parmi les lames qui sont développées, la première, qui est en même temps la plus extérieure et la plus forte, est souvent assez, grande pour couvrir tout l'appareil branchial. C'est alors un véritable opercule, un organe paraissant uniquement protecteur.
Les lames branchiales vésiculaires sont essentiellement respiratrices. Ce sont des lacunes dans lesquelles le fluide nourricier est épanché momentanément pour l'acte de la respiration. Leur vide peut être divisé en canaux parallèles, ou arborescents, ou disposés en réseau, par des adhérences de la membrane interne de ces* vésicules, qui dessineraient l'un ou l'autre de ces
A». I. DANS LES CRUSTACES. 433
arrangements. C'est ce que j'ai déjà indiqué et décrit dans les feuillets branchiaux des limules (i) et dans ceux des crabes»
Des feuillets analogues, qui sont très-minces, transparents, encore un peu de nature cornée, comme des opercules, à peine membraneux, forment un passage des lames operculaires aux lames vésiculeuses : de sorte qu'on ne peut pas toujours décider si ces feuillets ou même ces lames operculaires sont exclusivement protectrices et non respiratrices. Nous avons même constaté que les lames recouvrantes, chez les cloportes, ont un Tide dans leur épaisseur, qui est le siège d'une circulation active. En effet, ces lames recouvrantes, assez molles dans letat frais, et cependant résistantes» y sont composées de deux feuillets doublés par un sac membraneux, dont la cavité forme ime lacune dans laquelle le sang s'épanche et se meut.
11 n'y a qu'une nuance, quelquefois insensible, entre une de ces lames recouvrantes ou operculaires, considérablement amincie, mais conservant encore un peu de cette consistance du parchemin des opercules, et les parois membraneuses des vésicules. On conçoit que leur arrangement intérieur, pour la circulation, peut être le même ; que la circulation peut s'y faire de la même manière; mais que l'action du fluide ambiant, pour la respiration, peut être plus ou moins facilitée ou empêchée par les parois plus minces ou plus épaisses de ces lames; plus perméables pour la respiration, ou
(1) Mémoire sur quelques points de i'orgaoùsatioAdes lirnuUs, etc.» lu à i'Aca- <iéioie des Sciences, 1838.
434 XXX' LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICUlis.
plus denses pour protéger l'appareil contre les agents extérieurs.
11 y a donc, dans Tordre des Isopodesy comme dans tous les autres Crustacés, du moins d'après nos propres observations, un appareil de respiration essentiellement aquatique ou branchial.
Cet appareil se compose de lames saillantes, cornées ou membraneuses, dans l'épaisseur desquelles le sang pénètre et circule pour y recevoir l'action du fluide respirable. La plus extérieure de ces lames peut n'être que protectrice et operculaîre, comme celles qui soutiennent les feuillets branchiaux des limules^
De très-simples modifications dans cet appareil ont suffi pour donner à quelques Isopodes^ qui sont généralement, comme les autres Crustacés y des animaux aquatiques^ la faculté de vivre dans l'air humide. II a suffi d'empêcher la dessiccation des feuillets respirateurs ou des vésicules membraneuses respiratrîces, en augmentant l'étendue et la consistance des lames qui les recouvrent, et en arrangeant leur mécanisme de manière qu'elles conservent toujours une lame d'eau entre elles et la vésicule respiratrice ou le feuillet respirateur qu'elles protègent.
Les détails descriptifs dans lesquels nous allons entrer^ en prenant successivement nos exemples dans les sections de cet ordre, telles que Latreille les a établies dans le Eègne animal de Cuvier, feront mieux comprendre ces généralités. ]
b. Descriptions varticuiières.
[i* Les Bopyres^ genre parasite de la première sec-
▲RT. I. DAN8 LES CnVSTkCÉS. 435
tîon, ont, sous les segments de la queue, cinq paires de lames branchiales, diminuant considérablement de grosseur de la première à la dernière, se recouvrant très-peu, sauf la pénultième, qui cache assez la der^ nière. leur bord se relève ters le haut, de manière à former un godet à leur base. Ces lames n*ont point de vésicules entre elles ou derrière elles. Ce sont con-* séquemment les vessies branchiales elles-mêmes, soit en totalité, soit en partie.
Nous commençons ici par un exemple exceptionnel, puisqu'il n'y a que cinq lames au lieu de dix pour cha* que série. C'est qu'ici les lames operculaires semblent manquer. Elles étaient inutiles pour cet animal parasite, qui vit sous la carapace de crustacés décapodes, constamment protégé par cette carapace.
2*" Les Isppodes de la deuxième section, on les Cynuhthoadésj ont à la jfois des lames branchiales protectrices et respiratrices , disposées par dpuble série , sous I^s derniers anneaux du corps. Chaque série se compose de cinq paires de lames, qui sont les unes, en plus petit nombre , de nature cornée ; dont les autres sont des vésicules ou des feuillets membraneux. Il y a en outre et assez souvent des lamelles rudimentaires.
Les cymoihoéê ont dix lames branchiales dans chaque série, sessiles ou rapprochées par paires. JNous avons du moins observé ce nombre dans le cymothoe œstrum et dans une espèce plus petite, encore indéterminée.
La première et la plus extérieure de ces lames est operculaire non-seulement par sa position extérieure, mais encore par sa consistance cornée et par son étendue, qui lui permet de recouvrir les neuf autres lames branchiales; toutes sont minces, et paraissent. avipir