‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 92 sur 124 · ART. I. DANS IE8 CRCSTACÉS · texte numérisé non relu

ART. I. DANS IE8 CRCSTACÉS

Dans la troisième paire, la plaque interne est beaucoup plus grande que Texterne.

La quatrième et la cinquième paire se composent d'une lame operculaire extérieure et d'une lame branchiale respiratrice très-particulière par sa structure. Les opercules de ces deux paires sont grands, concaves du côté de la branchie qu'ils protègent, de forme irrégulièrement triangulaire, ayant leurs angles arrondis , et leur sommet dirigé en arrière et recourbé vers le liaut(i).

Celui de Topercule de la seconde paire porte cinq tubercules saillants qui le distinguent.

Les deux seules lames branchiales , essentiellement respiratrices , qui existent dans cet appareil, et qui sont protégées, comme nous venons de le dire , par les deux dernières lames operculaires, doivent être décrites en détail.

Toutes deux ont une assez grande étendue , moindre cependant que leiir lame recouvrante , à laquelle elles sout attachées par leur bord le plus avancé. Leur forme est celle d'un ovale qui aurait été replié en dedans, ou d'uD triangle dont les angles auraient été plus ou moins tronqués et arrondis. Leur contour est un bourrelet d'où partent, du côté interne, un nombre variable de plis vésiculeux parallèles, qui vont aboutir, en se portant obliquement en arrière, vers le côté interne delà lame, celui de la ligne moyenne. La première de ces deux lames respiratrices a six ou sept plis semblables sur

(f) latrtiHe semble avoir remarqué cette disposition,! orsqu^il dit des spheroniidei : c Ltun appendices branchiaux sont retourbis intérieurement.

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chaque face; la seconde, qui est plus étendue, en a dix. Ces plis forment autant de vésicules, qui divisent la vessie principale ; elles sont remplies d'un sanggrumelé, blanc de lait, dont leurs parois transparentes prennent la couleur, comme celle des poches branchiales ordinaires. Le bourrelet auquel elles aboutissent, ou celui duquel elles partent, parait contenir leur canal afférent ou efférent. C'est sans doute par ce canal qu'elles communiquent entre elles ; c'est aussi ce bourrelet qui maintient ces plis. Dès qu'on l'enlève de chaque côté, tous disparaissent, et la lame branchiale qu'ils divisaient se trouve réduite à une simple poche, composée, comme à l'ordinaire, d'une double membrane.

On ne peut s'empêcher de faire remarquer ici combien ces deux lames branchiales respiratrîces sont protégées: 1* par leur position enfoncée dans une cavité branchiale assez profonde; a* par leur lame operculaire respective, dont l'étendue et la forme concave est si bien arrangée pour s'adapter à leur ampleur et à leur épaisseur ; 3* enfin par les trois paires précédentes de lames operculaires, qui sont petites et séparées pour ne pas empêcher l'accès de l'eau aérée jusqu'aux vésicules branchiales, mais dont le bord libre est garni de longues soies propres à empêcher les corps étrangers d'y pénétrer (i).

Le spkérotne géant (sphœroma gigasj Leach) a la

(1) M. Savigny, d^ailleurs si exact et si pénétrant dans ses recherches, a bien figuré les lames operculaires des sphéromcs^ Egypte, pi. il des Crustaeés, fig. 1-5, mais il n'a pas reconnu la structure plissée des feuillets vésiculeux.

même organisation branchiale. Dans une espèce de la Méditerranée, les plis des deux paires de vésicules étaient beaucoup plus nombreux et plus fins; il y en avait jusqu'à vingt-cinq pour chaque vésicule.

4* Les branchies des Idotéides, qui forment la quatrième Section des îsopodes, sont aussi sous-caudales et vésiculeuses ou lamelleuses. Elles ont un opercule pour chaque série, lequel est composé de deux pièces jointes bout à bout, et immobiles Tune sur Tautre. Cet opercule s'ouvre sur la ligne médiane comme un battant de porte (i). Il est articulé par une grande portion de son bord externe , sous le bord correspondant du dernier segment du corps, et doit être considéré comme un appendice de ce dernier segment , qui aurait pris ici un haut degré de développement. Il ne doit pas compter, à notre avis, dans la série des lames branchiales.

Dans Vidotea Iricuspidata, Desm., chaque opercule est une lame cornée, résistante, joliment ponctuée de petits points noirs, articulée dans les trois quarts antérieurs de son bord externe, sous le bord correspondant des trois anneaux de l'abdomen. Ces deux opercules recouvrent complètement et ferment exactement la cavité branchiale.

Les lames molles et minces, vésiculeuses, que cette cavité renferme, sont au nombre de dix de chaque côté, tenant par paire à un seul pédicule, qui les meut de manière à leur donner une position verticale. On les trouve dans cette position, lorsque l'animal respire ac-

(i) Rigne AninuU, t. XT, p. 1^9, et Egypte, pi. il des criulaeés , fig. 6,

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tivement, ce qui a fait penser qu'elleslui servaient d'organes de natation ; mais leur peu de consistance me fait douter qu'elles puissent avoir cet usage.

Dans le stenosoma lineare^ Leagh, c'est absolument la même structure ; seulement les lames branchiales sont ici plus étroites.

5"" Dans la cinquième section, celle des ji sellâtes^ nous avons examiné, avec soin, l'appareil branchial de Vaselle d'eau douce^ et nous lui avons trouvé plus de rapports dans l'organisation de ses branchies, avec les isopodes de la deuxième section qu'avec ceux de la troisième et de la sixième.

Il y a en effet un grand opercule qui recouvre toute la série suivante des lames branchiales qui sont des feuillets minces ou des vésicules respirantes. Sous ce grand opercule se voit d'abord une vésicule allongée, petite, attachée à son angle interne. Cette première paire de lames branchiales operculaire et vésiculeuse est suivie de deux autres, dont la lame recouvrante nous a paru, dans beaucoup d'individus, un simple feuillet comprimé et mince, et dont la lame reco^uverte était seule, dilatée en vessie ou vésicule.

Les de^ux paires de lames branchiales qui seraient nécessaires pour compléter le nombre normal de dix, semblent remplacées par un appareil rudimentaire ; (déjà indiqué vaguement dans la figure a de Vaselle d'eau douce, du Dictionnaire des Sciences naturelles). Cet appareil se compose, en avant, d'une lame ovale de chaque côté, pédiculée, portée sur une pièce carrée. Cette lame tient lieu de la première paire de lames branchiales.

La seconde paire est représentée par un grand pédi-

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cule recouvert d'une membrane plîssée, et supportant, par son bord libre et postérieur, en dehors, une lamelle bi-articulée , tenant lieu de pièce operculaire recouvrante, à bord cilié; et en dehors, une vésicule trèspetite, représentant une lame branchiale vésiculaire ou respirante.

Ajoutons , pour compléter la description de l'appareil branchial de Yaselle d'eau douce, que ses lames branchiales respirantes, vues au microscope, ne montrent aucun réseau, mais un dépôt sanguin inégale** ment répandu dans leur poche, et lui donnant une apparence marbrée.

6"" La sixième section des isopodes, celle des Cbportu des^a, comme la troisième, ainsi que nous l'avons déjà observé , plus de lames operculaires que de vésiculeusçs branchiales (i).

On trouve, dans la ligie océanique, cinq lames branchiales operculaires pour chaque série , analogues i celles des cloportes, et se recouvrant de même. La première est cordiforme ; elle a un petit appendice antérieur. La seconde est plus grande ; elle a un lobule externe, qui en est profondément séparé. La troisième est la plus grande. La quatrième et la cinquième sont un peu moindres. Elles sont articulées à l'extrémité d'une côte, qui forme la portion inférieure de la queue correspondante. Elles se meuvent sur ce point.de dedans en dehors, et d'arrière en avant, comme des volets. Les deux premiers de ces opercules n'ont point de vésicules développées. On voit, en place, une expansion mem-

U) Noos concluons qa'il faudrait rapprocher ei tphéromidu dei êioportUtes,

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C'est surtout de ce côté qu'on peut découvrir la structure de cet organe. Un peu en deçà du bord de la lame branchiale, à peu près à la partie moyenne de la longueur transversale du corps blanc, se voit une fossette ovale, qui parait comme une boutonnière. Observée au microscope, cette fossette, en posant la lame un un peu de champ, montre dans le fond de la carité quelques points noirs , qui paraissent être les embouchures des canaux dont ce corps serait composé. Ces canaux sont arborescents, et.se ramifient en avant et en dehors, de manière que leurs derniers ramuscusles, qui forment la circonférence du corps blanc de ces deux côtés, semblent de fines trachées, et que la couleur blanc mat de la partie épaisse du corps blanc se change ici en un blanc argenté.

Dans une espèce nouvelle ? de porcellion qui se trouve à Paris et à Strasbourg, et qui se roule en boule, comme les armadilles , toutes les cinq paires ^e lames branchiales sont pourvues de cette sorte de trachée aérienne circonscrite j, dont la grosseur va en diminuant de la première à la cinquième. C'est du moins le nom que nous croyons pouvoir donner à ce corps blanc, et l'usage que nous présumons qu'il peut avoir (i).

(i) LaireilUy dès îZiht annonçait à TlnAitut, que leseloportef restent par nne partie jaunâtre percée d^un trou et contenant à l'intérieur de petits filaments, qui ae voit dans leurs quatre premières paires de lames sous-caudales. ( BUtoir* des progrès des Sciences NaturelUs^ par M. Gutieb, t. m, p. 315. Paris, 1828.) Le même auteur écrivait dans le Bègne animal, édit. de 1817: Les écailles braa* diiales et supérieures au-dessous de la queue ont une rangée de petits trous donnant passage à Tair. Enfin, dans le même ouTrage (deuxième édit. , 1839), il répète que dans les cloportities terrestres, les premiers feuillets du dessous de la queue offrentune rangée de petits trous où l'air pénètre et se porte aux organes de respiration qui y sont renfermés. M. Milne-Edaards a adopté cette manièie de voir de Latreille. Voir pL 71, fig. i, m. et i, U duBdgtimmûnutL

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Observé au microscope sur le vivant, on voit facilement une circulation de globules sanguins dans le vide de la lame qui renferme le corps blanc. Ces globules se portent évidemment vers les ramifications de la circonférence de ce corps, qui ont l'aspect brillant et argenté des trachées; ils disparaissent entre ces ramifications.

Dans les cloportes^ qui n'ont pas de corps blanc, on peut suivre les mouvements des globules dans toute l'étendue des lames, qui paraissent contenir de grandes lacunes ; mais il y a des parties, à la vérité, où cette admirable circulation est plus visible, où les courants de globules sont plus nombreux.

En général, c'est le long du bord externe des lames que parait s'effectuer leur retour. Cependant il y en a aussi qui partent de ce bord pour se diriger vers la ligne moyenne, et comme pour parcourir, dans ce sens, toute rétendue transversale de la lame. Us arrivent vers l'angle externe de la lame , où ils passent dans le vaisseau efférent. C'est aussi vers cet angle que le vaisseau afférent les verse dans la lacune de la lame. Ces deux vaisseaux ne forment point de lacune hors de la lame : ils sont placés à la base l'un devant l'autre , et on y voit les globules du sang y circuler en sens contraire.

Concluons de ces observations que, dans les cUhpor/^5, les lames sous-caudales ont encore complètement la structure des lames branchiales des autres isopodes; tandis que, dans les porcellions et les armadilles^ il y aurait , dans les deux premières lames de chaque série , une sorte de trachée circonscrite pénétrant dans ^ lacune de cette lame à la rencontre du s^ng qui s'y meut.

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