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Quant aux trois autres lames, les choses se passeraient comme chez les cloportes ^ ce seraient encore des branchies; mais des branchies qui peuvent respirer dans l'air, parce que leur arrangement est tel^ qu'il reste toujours une lame d'eau entre les lames operculaires et respiratrices (i).
Lorsque toutes les lames ont des corps blancs, comme nous l'avons observé dans l'espèce de PorcetUon dont nous avons déjà parlé, la transformation serait plus complète. Ce serait le plan des organes de respiration des insectes, qui apparaîtrait modifié, en ce que l'organe est circonscrit, à proportion de l'étendue de la lacune qui existe dans les réservoirs du fluide nourricier.
Cependant cette manière de voir et d'expliquer la signification des corps blancs, n'est pas partagée entièrement par M. le professeur Lereboullet, Cet anatomiste, qui a étudié ces corps avec moi, n'a pas trouvé^ dans des observations qu'il a faites plus fard seul, que leurs ramifications fussent tubuleuses. Il considère ces ramifications comme des membranes laciniées flottant dans les lacunes.de la lame, et servant à diviser le sang qui se meut dans cette lacune (2).
Enfin dans les Tylos^ dont M. Milne-Edwards forme un groupe distinct des cloportides^ sous le nom de Tylosiens j il existe un appareil branchial tout particulier.
(1) éette existence d^organes de respiration de deux natures ne serait pas pins étonnante que ce qui a lieu parmi les vertébrés ,. cbex les Batraciens perennibnit' ehes , et chez quelques aranéidesy qui ont à la fois des poumons et des trachées; à la Térité , dans ce dernier cas , ce sont des organes de respiration de même nature, mais de structures différentes.
(2) Voir le Mémoire Sur les organes respiratoires des Crustaeés isopodes^pf MM. Ouvernoy et Lereboullet, dans Vlnsiitut , f 9 décerab. 1839, p. hhS et soi- Tantes ; et les Comptes rendus de FAcad. des Sciences , i*^ semestre de I840.
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Des lames operculairjes incomplètes , attachées, comme les volets operculaires des Idotéides^ sous Textrémité des anneaux sous -caudaux, se portent de là, en travers, vers la ligne moyenne. Ces lames tiennent au troisième , au quatrième et au cinquième an- Deâu abdominal. Elles vont en augmentant de la première à la troisième, de sorte que la paire de celles-ci se touche presque sous la ligne abdominale.
Ces lames protègent imparfaitement les branchies proprement dites. Celles-ci sont logées dans une cavité sous-abdominale analogue à celles des sphéromides. Elles consistent dans quatre (peut-être cinq) branchies de chaque côté, dont chacune se compose d'une série transversale de petites poches, ouvertes en dessous par une fente linéaire, et renfermant de nombreux petits canaux arborescents, dans lesquels le fluide nourricier doit pénétrer pour la respiration.
Au premier coup d'œii, lorsqu'on compare la figure de cet organe publiée par M. Savigny (i) avec notre description des branchies des spliéromes , on est tenté d y voir beaucoup de rapports; mais les diflFérences seraient bien plus sensibles d'après la description que nous venons de donner, en suivant celle publiée par M. Milne-Edwards (2). ]
§ IL Du mécanisme de la respiration.
Les lames operculaires qui protègent les vésicules l^ranchiales sont constamment articulées par un pédi-
(1) Dans le grand ouvrage sur TEgyple, Crustacés ^ pi, 43, fig. 1.— (2) His- ^oirt Naturelle des Critskiccs , t. 3, p. 187 et 15S.
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cule, OU une partie saillante de leur bord antérieur, à la partie externe du segment sous^caudal le plus rapproché. Cette articulation est telle que4 dans les uiouyements de respiration, les deux lames opcrculaires correspondantes, se soulerant par leur bord interne et postérieur, qui sont libres, s'écarteht Tun de Tautie et de la ligne moyenne, où se montre une ouTerttire plus ou moins bâillante, qui conduit le fluide respirable entre ces lames opereulaires ou respiratrices et sur les vésicules branchiales, quand elles existent distinctes des premières. Chaque lame branchiale doit ayoii'^ pour fies toouvements, au moins un muscle abductear et uû adducteur ; ce qui resie à vérifier.
Il est à remarquer que^ dans les cloportes j le&pioreet^ lions et les armadilles4 il s'écoule toujours nhe (certaine quantité de liqtiide aqueux d'dntre les lamés opereulaires, lorsqu'on les soulère fortement, surtotit d'entre celles des cloportes. Ce liquide parait destiné à tenir les lames branchiales humectées, et à les maintenir dansun état de mollesse nécessaire à leùl* perméabilité pour la respiration. Il se conserre entre elles dans leurs mouvements modérés d'écartement. De sorte que 1 air il est mis en contact avec le sang des lames respiratrices des chportides en général, du moins par leurs taces qtii se touchent, qu'à travers cette lame aqueuse.
Cette circonstance fait comprendre^ pour les çbportideSj la nécessité d'une habitation humide et à l'abri dé l'action desfséchànte dé la Itimiérè, et là possibilité de vivre dans Taif , a tetlei double condition.
Si Ion se rappelle que, chez les porcellions et les «rmadilleSf chaque lame respiratrice, contenant un corps blanc ^ a son feiiillet externe ou inférieur de nature
Art. I. DANS lÈs cftusfAdIs. àÈ\
'- cornée^ et son feuillet supérieur seulertiènt membraneux, et que la boutonnière, au fond de laquelle paraissent des trous présumés respirateurs, est ouverte
' entre ces deux feuillets, on concevra que Inaction dii muscle abducteur^ dirigée sur k feuillet inférieur, pourra Técarter davantage, oiiirlr cette boutonnière, et servir à dilater le vide de la lanie , s'il existe , qui cornmuniquerait par ces trous avec l'extérieur, pour l'in-
t spiration. L'expiration modérée arriverait naturelle-
i nient par l'application des feuillets les uiis contré les autres. Ce n'est au reste qu'avec réserve qiië nous don-
I nous l'explication de ce mécâxïîsme , après toutefois l'avoir beaucoup étudié sur le vîvarit. ]
F. Dans les Branchiopodes.
§ I. Des branchies.
r [ La détermination des organes de la respiration, dans , ct% animaux^ qui sont, en partie, microScopi(Jues, ou à peu près, n'est pas tellement certaine qu'elle ne doive être acceptée avec quelque douté. Il faudrait, pour qiie cette détermination fût considérée comme incontestable, qu'on eût démontré que le sang qui doit respirer dans ces organes, s'y rend des différentes parties du corps, couame dans les décapodes^ etc'., et qu'jl se porte des branchies au cœur, avant dé retourner aux trtênieà parties du corps. C'est ce qui n'a pas été prouvé jusqu'à présent.
Dans la première section des Branchiopodes^ celle de» Lophyropes , les cypris ont une lame branchiale de chaque côté^ attachée à la première paire de mâchoires,
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dont le contour supérieur porte une rangée de dix-neuf filets très-longs (i). Il y aurait encore, à la base des mandibules, une petite lame branchiale, avec cinq di-
gîtations (2).
La détermination des branchies , dans les daphnie$, varie aussi, suivant les observateurs. M. Stram n'accorde cette fonction qu'à la lame bordée de soies barbues, qui se voit à la base de la troisième et de la quatrième paire de pattes (3). Latreille regarde encore comme respîratrices toutes les soies terminales des autres paires
de pieds (4).
Les Phyllopes^ dénomination des crustacés de la seconde section du même ordre, ont, à la partie inférieure du corps, une double série d'appendices foliacés, servant à la fois d'organes de natation et de respiration. On trouve en effet, dans leur composition compliquée, des lames aplaties, à bord cilié, vésiculeuses, tenant au premier article de ces appendices natatoires, et servant particulièrement à la respiration.
Dans la limnadie d'Hermann , de la famille des Ceratophthalmes , il y a vingt- deux pattes branchiales. Chaque patte se divise en deux branches, dont l'interne, fortement ciliée, est plus particulièrement considérée comme servant à la respiration (5).
Uartemia satina^ qui appartient à la même famille des Cératophthalmes, a onze pattes thoraciques de chaque côté, lorsqu'elle est complètement développée, que
(1) Mémoire sur les Cypris, par M. II. Straus. Mémoire du Mu3éum, t. vn. -^ (2) Latreiltfif Règne animal , t. iv, p. 159. — (5) Mémoire sur les Daplmiest Règne animal, t. v. — (fi) Règne animal, t. it, p. 165. — (5) Mémoire sur la Limnadie, par Ad. BrongniarU Mémoire du Muséum de Paris, t. yi, 1830.