ABT. I. DANS LES GRDSTAGÉS
un seul rang. Le réseau de canaux que j'ai examiné plus particulièrement dans le crabe tourteau est plus serré et plus fin,; mais il m'a paru résulter, au fond, de la même composition organique.
Le sang arrive des diÉféren;tes parties du corps dans un sinus veineux qui répond à chaque branchie. L'artère branchiale descend le long du bord interne de la nageoire, en diminuant à mesure de diamètre. C'est le long de cette artère que se voient douze ou treize plaques cornées, la plupart en carène, qui la protègent. Le sang qui a respiré est versé, des feuillets branchiaux de chaque branchie, dans une veine située du côté opposé à l'artère; elle se continue vers le cœur, qui en reçoit ainsi cinq de chaque côté. ]
§ II. Du mécanisme de la respiration.
Pour terminer cette description des branchies, il ne nous reste plus qu'à faire connaître les muscles qui les mettent en mouvement. Ce sont proprement les muscles de la rame qui les supporte. Chaque moitié de cette rame, qui forme une nageoire distincte, a deux muscles, l'un protracteur, qui la déploie en la tirant en avant dans la direction perpendiculaire, et l'autre ré^ tracteur ou adducteur, qui la porte en arrière et la relève, ou replie ainsi les branchies dans leur cavité.
1* Le premier ou le muscle proiracteur s'attache en avant sous la ligne vertébrale du bouclier, en dehors des apophyses en forme de lames, qui descendent de cette ligne.
11 est considérable, et se divise en nombreux faisceaux, qui se dirigent en rayonnant vers le bord exté-
45S XXX^ LEÇON. iSECT* lU RS0PIIAT« DES AHIH. ARTICUlis.
rieur de la rame, et croisent la direction des feuillets i la base desquels ils adhèrent; ils pénètrent même entre ces feuillets et les pièces cornées sur lesquelles ils se terminent.
Il résulte, de cette double attache, que ce ir^uscle, ea portant énergiquement en avant la rame branchiale, déploie en même temps les feuillets branchiaux, entes écartant les uns des autres.
2^ Le muscle rétracteur ^ moins considérable, se fixe, en arrière, à la base des mêmes apophysçs, et se porte de dehors en dedans pour s'attacher à la partie interne de la nageoire, et agir plus directement sur la série dii même côté des pièces cornées. On peut suivre sa direction, à la face postérieure de cette partie, à travers Isl peau transparente qui les revêt.
S"" Il existe un troiêième muscle^ on ne peut pas plus singulier par la structure de, son tendon.
On observe à la peau dp l'abdomen, de chèque c6té et au milieu de Tintervalle qui se voit entre deux paires de rames, un enfoncement très-prononcé, qui est Torifice assez, large d'un tube conique, dans lequel on peut facilement introduire un stylet jusqu'à environ deux centimètres de profondeqr (i). Ce tubp, en forme
(t) L^^bbé C. RaDzani (Osservazione sut Llmttio Potifemp, Mémoire eomprii dans le Recueil intitulé i Opuseoii Scientifiei, Bologna, i84S) a tu cet enfoncemsBt, ^ pfQse^ (copmi^ çinii\ts qu'il pjte, qu*il réppixl k de petits osdele|s 4ont Teiuplpi es( (!e soutenir les branchies. Ces pi i^.tendus osselets sont les tendons ossifiés que nous décrlTons. Clusius (Exotic. lib. iri,cap. uv) ayait déjàtronTâ ces tendons ossifiés, c Media prona parte, scu lacunarum anguslarum* quasi • cultfi n^ucrppe imprçssarun» ))ini or4ines apparebant, quibus ipterna testa •parte, totidem plana ossiculay veluti abruptarum costarum fragmenta, ret^ •poodebaol. »
AftT. r. oAirs tE« cRvarAcàs. 459
d'entonnoir, est un tendon creux, adhérent à une assez grande étendue de la peau de l'abdomen, par suite de cette singulière organisation, qui a sans doute pour but d'augmenter ses points d'attache ; il appartient à un muscle qui remonte, avec le protracteur ^ sous la voûte du second bouclier, et réunit ses faisceaux à ceux de ce muscle, pour se terminer aux apophyses descendantes de la ligne médiane dorsale de ce bouclier. Si la paire correspondante de ces muscles appartenant au même intervalle agissait isolément, elle devrait sans doute rapprocher les deux nageoires entre lesquelles elle se trouve, en tirant en haut la peau qui les unit, et en la raccourcÎ3saot d'avant en arrière ; mais les muscles de tous ces inteiralles devant agir ensemble ,* leur action se balance, et doit avoir un effet contraire, celui de maintenir les ramep dans la direction perpendiculaire, et conséquea^ment dans l'^hduction. Ce serait donc, si je ne me trompe , un abducteur pu un abaisseur des rames. Je compare ceg enfoncements que produisent dans les tégipments, les attaches de ces tendons creujf, aux faux stigmates dorsaux 4e$ aranéid^s. C'est un rapport de plus à signaler entre cette classe et les Umies (4). ]
(i) L» description qu^on vient de lire des branchies des Limules, faisait partie <l'un Mémoire que j'ai lu à PAcadépiie des Scieqce^, le (7 septembre 1838, et qui ^été imprimé par çxtraH dans |e cpfppte repda dp pett^ 3é^ncc, Ce Mémoire a pour titre: Sur quelques points de l* organisation des Limules^ €t description ;?/*<« partieulière de t^urs branchies; en même temps que mes recherches, qui datent de 1837, me conduisaient à la connaissance de la véritable organisation des branchies de ces animaux , de leurs principaux vaisseaux sanguins et de leur cœur. M< le professeur Van DEa-HcEVBv, à Leyde^ parvenait à des résultats analogues et les publiait dans ses Recherehô$ ^ur i'm^ioire NaturMU et CuntatomÎM des Li- »n«/M. Leyde, 4838.
460 XXIX* LEÇON. 8KCT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICT3Lis.
ARTICLE IL
Des organei de ta respiration dans la classe des
Arachnides.
[La classe des Arachnides se distingue de la précédente par ses organes de respiration. Ce sont des capacités destinées à recevoir Tair en nature, qui montrent que les arachnides sont des animaux essentiellement aériens^ dont quelques-uns ne vivent dans l'eau que par exception.
Ces capacités peuvent avoir la forme circonscrite de petites poches, plus ou moins compliquées, dans lesquelles le sang vient chercher l'élément respirable^ elles caractérisent en général Tordre des Arachnides pulmonaires. Chez d'autres arachnides, elles prennenth forme de vaisseaux ramifiés, recevant l'air par des ouvertures symétriques de la surface du corps, et le portant dans toutes les parties, à la manière des trachées des insectes; c'est ce qui a lieu pour l'ordre des A rachnides trachéennes. Ces deux groupes, à la vérité, sont moins séparés Tun de l'autre qu'on ne l'avait cru d'abord par la considération de ces différences dans les organes de la respiration.
On a découvert (i), il y a peu d'années, que deux espèces d'arachnides à poumons, appartenant à deux genres différents, ont, avec une paire de capsules pul-
(4) Mémoire de M. Dugès^ sur les arachnides « Ànnatês des Sciences If atu' relies, deuxième série , t. ti, p. 188.